Chroniques / Review I


ARENA - XX – CD/DVD - Metal Mind Records - 2016

Par Philippe André

 

 Pourquoi en 2016 écrire sur un album en public du quintet britannique ARENA ? Même si cela n'engage que votre humble serviteur, & si l'on excepte les glorieux ancêtres des années soixante-dix, ARENA est aujourd'hui l'un des cinq meilleurs groupes affiliés à la musique progressive en termes de qualité musicale & surtout en termes de régularité.

 

Sur leurs huit albums studios, le moins bon est incontestablement l'avant dernier "The Seventh Degree...." seulement représenté sur ce live par deux titres "Rapture" aussi énervant  qu'il est en studio & "The Tinder Box" ; un titre du second album "Pride" le conclusif "Crying for Help 7" & trois de "Contagion", de là à dire que Clive NOLAN & sa bande ont eux aussi leurs préférences, il n'y a qu'un pas que je franchirais allégrement & sans hésitation. Au menu & a contrario, nous ne trouvons pas moins de cinq morceaux issus de la masterpiece "The Visitor", dont l'immanquable "Crack in the Ice" avec présentation des musiciens & cinq également du dernier album studio "The Unquiet Sky", ce qui est plus logique puisque ce live est tiré de la tournée européenne d'ARENA.

 

 

L'immense nouveauté c'est bien sûr, le péplum "Moviedrome" tiré de "Immortal ?" joué pour la première fois sur scène depuis quinze ans, car de l'avis même de Clive, ce morceau est extrêmement compliqué à mettre en place pour une restitution scénique, ARENA nous l'offre ici pour un bonheur auditif sans précédent, dix-neuf minutes du plus pur nirvana musical. Coté musiciens, le lyrisme de John MITCHELL à la six cordes fait des merveilles, mister NOLAN est avantageusement mis en valeur, ce qui n'est jamais facile pour un claviériste, & le nouveau chanteur (le quatrième de l'histoire du groupe) Paul MANZI est la vraie révélation de cette tournée car il se réapproprie avec maestria & flamboyance tous les titres chantés auparavant par d'autres que lui, sans aucun doute le tout meilleur vocaliste qu'ait jamais possédé ARENA.

 

Un mot aussi pour la version tellurique mais néanmoins hautement mélodique de "Solomon" issu du premier opus du groupe, c'était il y a vingt ans, un autre monde, une autre époque. Un véritable album en public pour les fans & pour les autres aussi......

 

Cote : 5/5

 

 

Pistes :

 

CD 1

1. The Demon Strikes (5.25)

2. Rapture (4.31)

3. Double Vision (4.35)

4. Crack In The Ice (6.03)

5. Moviedrome (18.58)

6. How Did It Come to This ? (4.25)

7. Salamander (3.59)

8. Bedlam Fayre (5.46)

 

CD 2

9. Serenity (2.15)

10. The Unquiet Sky (5.39)

11. Traveller Beware (7.03)

12. The City Of Lanterns (1.46)

13. Riding The Tide (4.23)

14. Hanging Tree (7.19)

15. The Tinder Box (3.41)

16. Solomon (13.37)

17. Don't Forget To Breathe (5.12)

18. Crying For Help 7 (5.27)

 

Musiciens :

Paul Manzi - chant

John Mitchell - guitares

Clive Nolan - claviers

Kylan Amos - basse

Mick Pointer - batterie

 

 

ARENA – XX (DVD) – Metal Mind Records - 2016

Par Richard Hawey

 

Quand on me parle d'ARENA, j’ai toujours en tête leur passage au studio de Profil lors du lancement de leur fameux album « The Visitor ». Je me souviens de l’effervescence qui régnait dans le studio. Pour nous c’était un privilège incroyable que le groupe nous offrait. Au même titre que Pendragon ou IQ, le groupe de Mick POINTER et Clive NOLAN reste pour moi, et pour plusieurs d’entre nous, une référence majeure au néo-progressif anglais.

 

Il n’est pas question ici de refaire la chronique de « XX », Philippe s’est occupé de cela avec brio. Je désire seulement vous présenter brièvement le DVD qui accompagne l’album double. Le tout a été enregistré le 9 avril 2015 au Kinotear « Rialto » à Katowice en Pologne.

 

Au départ d'images de forêts et d'orages, on perçoit les premières notes de musique avec un son plutôt haut en couleurs, avec un premier passage à la guitare de John MITCHELL. Côté musical, tout cela semble conforme à un ARENA d'une belle cuvée. Les moments forts sont nombreux en commençant par « Moviedrome », « Crack in the Ice » ou « Solomon » une relique toujours bonne à écouter. S’il y a un reproche à faire s’est au niveau du rendu visuel qui est plutôt sombre. On a de la difficulté à bien voir les visages des musiciens sur certaines prises de vue. Toutefois les prises de vue sur les solos, sont dans l'ensemble plutôt réussies. Sur le son rien à dire c’est quasi parfait. Vous aurez droit à quelques extras comme une entrevue avec Mike POINTER et Clive NOLAN, les deux membres fondateurs.

 

À la fin de l’écoute de ce « XX » j’étais heureux de les avoir revu et cela même s’il y a quelques imperfections visuelles. La performance de chacun est magistral et professionnelle. Enfin je souligne les prouesses vocales de Paul MANZI, vous serez impressionné.

Cote 4/5

 

Un grand merci à Metal Mind Records.

 

PROFUNA OCEAN – In Vacuum – Freia Music – 2016

Par Richard Hawey

 

PROFUNA OCEAN est un jeune quatuor de rock progressif alternatif fondé en 2008, qui nous vient des Pays-Bas. En 2009, le groupe sort son premier album « Watching to Closing Sky ». L’accueil qui lui est réservé est très bon, surtout que ce premier album est assez court. À cette époque nous pouvions notés des influences de Porcupine Tree et de Pineapple Thief.  Plus tard le groupe s’isole afin de travailler sur le deuxième album, ce qu’ils veulent avec ce nouvel album c’est de mieux définir leur son, s’éloigner un peu des influences relevées sur « Watching the Closing Sky ». La période d’écriture et d'enregistrement de l'album « In Vacuum » a été très soutenue et le résultat est assez évident, « In Vacuum » est intense et inspiré. Nous retrouvons toujours la présence d’influences nommées plus tôt, mais en moins évident. Le groupe offre un style de musique où les mélodies toujours présentes sont vives, toujours supportées par une musique puissante.

 

Dès le début « In Vacuum » captivera vos oreilles avec des compositions de qualité, bien tournées, une interprétation intense et techniquement sans reproche, et une production optimale. Tout cela est réalisé dans un style accessible, à la fois mélodique et efficace. La complicité entre les guitares et les claviers fonctionne à merveille, quelquefois les sonorités sont légères et délicates, à d’autres moments elles sont plus agressives. Les guitares apparaissent en règle générale à l’avant-plan, menant les réguliers changements de rythme avec autorité. Profitant de leur large palette de sonorités disponibles, les claviers apportent la dimension, l’envergure, les couleurs et les climats. Les interventions en solo sont limitées au strict nécessaire. Le duo basse et batterie ne se satisfait pas d’un rôle de figurant, il consolide sans défaillance le travail des deux autres. A l’inverse, le chant demeure toujours posé, quasi léger, loin de l’emballement général. J’ai noté quelques exemples qui, je crois, vous inciteront à aller chercher plus d’information. Dès la première chanson « Thousand Yard Stare » vous savez ce qui vous attends, l’introduction et les refrains sont appuyés par une guitare tranchante avec de temps à autre des passages bien définis de mellotron, toujours appréciés, j’aime beaucoup. « Hanging in the Balance » est le plus long titre de « In Vacuum », le tout débute sur les chapeaux de roues grâce à la batterie et à la basse qui appuie la guitare, malgré le rythme rapide le chant apaise un peu le tout. Les sonorités de claviers surtout au moment du refrain est délectable. Vers la troisième minute tout se calme avec les sons de violons exécutés par les claviers mais ça ne dure pas longtemps, j’adore cette pièce avec ces multiples changements. En résumé « Hanging in the Balance » est intense, super bien exécuté avec un chant bien dosé.

 

« Losing Ground » semble plus conventionnelle dans ses premières notes mais c’est une illusion, lorsqu’elle se développe nous sommes transportés ailleurs. « Beautiful Sunrise » offre à vos oreilles une intro remplie au ras bord de guitare et de mellotron avec la section rythmique qui se laisse aller. Soyez sans inquiétude ça se calme. C’est une autre chanson qui fera votre bonheur sans hésitation, le développement musical est surprenant et original, encore une fois c’est un titre intense. La pièce titre « In Vacuum » est un court instrumentale dominé par les claviers, il sert d’introduction à la chanson qui ferme l’album « Clean Slate ». Cette pièce suit le schéma déjà tracé depuis le début, pas de perte d’énergie inutile.

 

Que dire sinon que l’année 2016 promet énormément, « In Vacuum » est le premier album sorti cette année que j’ai écouté. Ici je vais reprendre une phrase que j’ai écrite plus haut : Le groupe offre un style de musique où les mélodies, toujours présentes, sont vives, supportées par une musique puissante. Voilà ce qui résume bien la nouvelle production de PROFUNA OCEAN. Recommandé ! 

Cote 4.5/5

 

 

Pistes

1.Thousand Yard Stare (7’29)

2.Awakening (4’54)

3.Hanging in the Balance (13’30)

4.Losing Ground (8’00)

5.Ghost (5’09)

6.Beautiful Sunrise (10’37)

7.In Vacuum (1’11)

8.Clean Slate (11’42)

 

 

Musiciens

- Raoul Potters / Chant, Guitares
- Rene Visser / Claviers.
Synthétiseurs
- Arjan Visser / Basse
- Fred den Hartog / Batterie

 

SONUS UMBRA – Beyond to Panopticon – Autoproduction – 2016

 

Par Richard Hawey

 

Initialement formé au Mexique en 1990, SONUS UMBRA appelé à cet époque Radio Silence, est une formation qui malgré un certain succès se sépare en 1994. Quelques années plus tard le groupe se reforme toujours sous le nom de Radio Silence et sort un premier album en 1999 qui leur vaut de signer avec une petite étiquette. C'est à ce moment que le groupe change de nom pour SONUS UMBRA. Trois albums suivront dont « Snapshot form Limbo »en 2000, « Spiritual Vertigo » en 2003 et « Digging for Zéros » en 2005. Puis c'est un long silence de huit ans SONUS UMBRA revient sur la map progressive avec « Winter Soulstice ». Cette année revoici le groupe avec un nouvel album « Beyond to Panopticon ». Mais qu’est-ce qu’un « Panopticon » ? En français, on dit « Panoptique », c’est un type d’architecture d’édifice carcéral imaginé par les frère Bertham, philosophe utilitariste. L'objectif de la structure panoptique est de permettre à un gardien, logé dans une tour centrale, d'observer tous les prisonniers, enfermés dans des cellules individuelles autour de la tour, sans que ceux-ci puissent savoir s'ils sont observés.

 

Vous avez certainement en mémoire la prestation de SONUS UMBRA au Festival Terra Incognita de 2014. Le public présent ce soir-là est sorti totalement satisfait, il venait de vivre une belle soirée. Luis NASSER et ses talentueux compagnons musicaux, sont de retour avec un nouvel album « Beyond to Panopticon ». Et c’est une excellente surprise que nous avons là, « Beyond to Panopticon » est légèrement différent des albums précédents. Ce nouvel opus montre une approche plus mature du groupe et la vision musicale est plus complexe et tourmentée. Il ne s’agit pas d’une expérience musicale facile et superficielle, au contraire, SONUS UMBRA nous présente un voyage musical où les compositions sont riches, remplies d’images audio. « Grotesquerie » ouvre l’album, c’est un instrumental de plus de six minutes. Parlant de durée, l’album est relativement court, un peu plus de quarante minutes, n’ayez pas de crainte il n’y a rien à mettre de côté sur cet album. Revenons à cette ouverture, si vous êtes familier avec la musique du groupe vous reconnaitrez le style du groupe. Toutefois musicalement « Grotesquerie » est complexe à souhait, l’incursion de la flute, du piano et d’une guitare acoustique donne un autre sens à la composition et cela même si le côté électrique est présent. Le second titre « Alone Together Alone » offre aussi dans son introduction de beaux passages de flute qui me rappelle Jethro Tull. Encore ici le développement musical est complexe sans être difficile d’approche, l’arrivée du chant masculin et féminin adoucie le tout. Suit « Blood & Diamonds » qui avec la présence de la guitare électrique et de la flute nous rapproche une nouvelle fois de Ian Anderson et Jethro Tull. Le duo de chanteur fait un très bon travail, bien soutenu par une bande d’habiles musiciens. « Paramnesia », un second instrumental, nous présente un court duel flute et clarinette en entrée. La guitare en profite pour se donner en spectacle et elle réussit son coup. La section rythmique, j’en ai peu parlé jusqu’ici, fait un travail tout à fait exceptionnel. La suivante débute lentement, « Love Undone » est la plus courte de l’album et peut-être aussi la plus faible même si la flute avec cette fois le violoncelle font ce qu’il faut pour charmer. L’album se termine avec « Channel Zero » qui débute avec quelques effets sonores, le tout dans un atmosphère sombre. La guitare acoustique est bien présente tout au long de la pièce avec quelques incursions de flute. « Channel Zero » est selon moi la plus dérangeante car elle sort des cadres du groupe avec sa finale terrifiante.

 

SONUS UMBRA évolue, il sort des sentiers qu’il avait tracé jusqu’à maintenant. Donc votre zone de confort sera peut-être un peu ébranlée. Mais c’est ce qui fait la beauté de cet album, le groupe nous présente une partie de son nouveau visage, il nous apprivoise. J’ai hâte de voir ce qu’il dévoilera sur le prochain.

 

Cote 4/5

 

Pistes

 

1. Grotesquerie (6:33)
2. Alone Together Alone (8:52)
3. Blood and Diamonds (9:01)
4. Paramnesia (5:07)
5. Love Undone (4:33)
6. Channel Zero (9:10)

 

Musiciens

 

- Roey Ben-Yoseph / Chant, Percussion
- Tim McCaskey / Guitares acoustique & électrique
- Brittany Moffitt / Chant
- Luis Nasser / Basse, Effets Sonores, Percussion
- Rich Poston / Guitare électrique, claviers
- Steve Royce / Flute, claviers
- Andy Tillotson / Batterie, guitare acoustique
Avec:
- Colleen Corning / Clarinette, clarinette basse
- David Keller / Violoncelle

 

MARTIGAN - Distant Monsters – Progressive Promotion Records 2015

Par Richard Hawey

 

MARTIGAN est une formation allemande qui revient sur la scène progressive en nous présentant son cinquième album « Distant Monsters ». Pour le groupe et pour les fans c’est cinq ans de silence, le dernier en date est paru en 2009 sous le titre « Visions ». Pour ceux qui ne les connaissent pas, je peux vous dire que les influences du groupe passent pas IQ, Pendragon, Jadis ou Marillion. Toutefois, il est juste de noter qu’ils ne sont pas une copie des groupes prénommés, MARTIGAN a sa propre identité musicale. La formation n’a heureusement pas beaucoup bougé depuis 2009, pour ce nouvel opus seul le bassiste a changé puisque c'est maintenant Mario KOCK, qui reprend avec Alex BISCH (batterie et percussions) la section rythmique. Le leader Oliver REBHAN est toujours derrière ses claviers et son piano, épaulé encre une fois par Kai MARCKWORDT au chant et par Bjorn BISCH pour les guitares. « Distant Monsters » est paru au mois de décembre 2015 sous l’étiquette Progressive Promotion Records, oui encore eux et c’est tant mieux.

 

L’album s’ouvre avec " Theodor's Walls" qui place tout de suite le ton qu’aura l’album, le piano et la guitare se charge de placer l’atmosphère. Le chant fait son entré, il me rappelle un peu Fish ou Mark Trueack d’Unitopia sur certaines intonations. Voici un morceau qui offre un grand plaisir d'écoute grâce aux performances des musiciens. Excellent morceau qui vous donnera le goût d’aller plus loin. "Lion" est introduite par la batterie, présentant un travail de mixage exemplaire, pour une composition où l'on ressent des arômes de Pendragon. L'ombre d'Unitopia est encore bien présente avec aussi des développements mélodiques qui vous rappelleront peut-être Genesis, une ambiance vocale et musicale qui en font un morceau complet avec à nouveau un magistral solo de guitare. "Simplicius" offre quant à lui une très belle ballade. Tout en douceur le chant et le piano nous bercent, grâce à une superbe orchestration. "Complicius" est proche de Peter Gabriel et du style de travail de Carptree. Un autre superbe solo de guitare s'impose à nos oreilles pour notre plus grand plaisir. "The Lake" est un grand épique de plus de quatorze minutes qui constitue un véritable étalage du savoir-faire de MARTIGAN. On compte au sein du morceau de nombreux passages techniques où, chaque instrument est mis en valeur comme le duo claviers/guitare digne des duos Banks/Hackett. Cette composition vous en donnera pour votre argent, elle vaut à elle seule le coût de l’album. C'est avec le piano que s’ouvre "On Tiptoe", le titre le plus court de « Distant Monsters ». La pièce se présente dans un environnement plutôt temporisé jusqu’au moment où la voix grimpe. Le saxophone vient renforcer de belle façon la section musicale. "Fire on the Pier" nous emporte à nouveau vers du néo-progressif bien dosé, les claviers et la guitare ouvrent une fois de plus pour un tempo entrainant et chaleureux. On peut sentir une légère présence de Genesis sans qu’elle prenne toute l’espace, et vous aurez droit à la généreuse contribution de Bjorn BISCH sur sa guitare et un jeu irréprochable d’Oliver REBHAN sur ses claviers. Sans oublier la batterie d’Alex BISCH qui nous démontre toute sa technique. "Take me or leave me" clôture en douceur ce fabuleux album, le piano et de chant prennent délicatement la première partie jusqu’à ce que la guitare insère doucement quelques notes. La section rythmique s’installe toujours dans une atmosphère relativement calme.


MARTIGAN nous propose ici un vrai régal pour nos oreilles, les compositions se laissent apprivoiser avec l’aide de musiciens chevronnés. Ne laisser pas passer cet album sous aucun prétexte, car il regorge de mélodies et de moments techniques prodigieux
!

Cote 4.5/5

 

 

Pistes

1. Theodor's Walls (12:09)
2. Lion (White, Wild & Blind) (9:33)
3. Simplicius (7:45)
4. Complicius (5:59)
5. The Lake (14:27)
6. On Tiptoe (5:33)
7. Fire on the Pier (11:50)
8. Take Me or Leave Me (7:49)

 

 

Musiciens

- Kai Marckwordt / Chant, Guitare, Saxophone
- Oliver Rebhan / Claviers, Backing Vocals
- Alex Bisch / Batterie, Backing Vocals
- Björn Bisch / Guitare
- Mario Koch / Basse

 

PANZERBALLETT – Breaking Brain – Gentle Art of Music – 2015

Par Denis Boisvert

 

PANZERBALLETT, quel nom évocateur et ma foi bien choisi ! Ce quintet munichois ne vous laissera pas indifférent. Ils sont sâprement difficiles à classer et ils en sont sûrement très fiers. Je les mets quelques parts entre le King Crimson heavy des 90s et la folie créatrice de Zappa. Fusion, jazz, métal, prog, math mais bien eux-mêmes malgré tout. Des musiciens établis, jouissifs. On dit que leurs spectacles sont impressionnants. Breaking Brain est un roulement effréné de rythmes où se relancent un saxophone staccato et 2 guitares glissantes. La basse déconstruit le tout et la batterie tente de maintenir la machine en marche. Vous voyez le genre. Du jazz métal plein d’adrénaline. 

 

"Euroblast" met la table, puis "Typewriter II" nous sert un bijou d’intelligence avec comme trame les sons de ces vieilles dactylos retour de chariot et cloche en sus. "Der Saxdiktator" continue de fouetter les troupes. "Mahna Mahna" est un clin d’œil. "Smoochy Borg Funk" annonce l’horrifique "Frantik Nervesaw Massacre". "Shunyai" joue avec les mots et "Pink Panther" ferme la marche. (Ils ont cette habitude de resservir des classiques comme Take Five avec leur sauce Tabasco).  J’ai écouté plusieurs fois et la surprise demeure, l’iconoclastie reste pure et puissante. Ma mère aurait détesté ce vacarme organisé, raison de plus pour le réécouter.

 

Définitivement un mets différent qu’on ne peut pas servir tous les jours. Mais dans ce tumulte on sent la pulsation vitale, la lutte de la survie, le délire urbain et la liberté d’expression. Donner vous la peine d’échantillonner sans chercher la logique, de goûter les phrasés exquis et le mariage de ces excellents musiciens et qui sait, peut-être que les chars d’assaut se mettront à danser…

Cote 4 sur 5

 

 

 

Pistes :

 

1. Euroblast (7:10)

2. Typewriter II (6:11)

3. Der Saxdiktator (8:41)

4. Mahna Mahna (2:37)
5. Smoochy Borg Funk (6:12)
 

6. FrantiK Nervesaw Massacre (7:42)

7. Shunyai/Intro (2:05)

8. Shunyai (8:26)

9. Pink Panther (6:20)

 

Musiciens:

 

Jan Zehrfeld: guitares
Josef Doblhofer: guitares
Alexander von Hagke: saxophone
Heiko Jung: basse
Sebastian Lanser: batterie
Invité: Trilok Gurtu: percussion

 

TIME HORIZON - Transitions - Melodic Revolution Records - 2015

Par Philippe André

 

Nous avions laissé TIME HORIZON fin 2011 avec un très bon premier album "Living Water", que j'avais chroniqué en son temps pour progressive-area.com ; en quatre années que s'est-il passé ? Dorénavant Ralph OTTESON le claviériste est seul maitre à bord ce qui prouve la difficulté à mener de pair vie musicale & vie personnelle, le second album présenté ici aurait dû voir le jour il y a deux ans !!! A noter quand même la participation du batteur/chanteur originel Bruce GAETKE sur quatre titres dont le morceau d'ouverture "Only One Way" qui nous met bien dans l’ambiance TIME HORIZON.

Votre question : c'est quoi l'ambiance TIME HORIZON ? Réponse : un panachage de néo prog & de rock symphonique qui se déplace parfois vers du stadium rock, le mixage réalisé par Billy SHERWOOD n'y étant certainement pas étranger. Ecoutez pour cela le titre introductif qui rappelle vraiment le JOURNEY le plus progressif, le meilleur de STYX ("Only Today" pour la rythmique très proche) ou le YES tant décrié de "90125" mais que tout le monde a écouté & fredonné un jour ! Nous retrouvons aussi sur un titre "Prisoner" une vieille connaissance à l'orgue Hammond en la personne de Tony KAYE (un peu pataud toutefois), Billy SHERWOOD déjà évoqué pour une guitare bien sage sur "The Moment is Here" (qui s'avère l'un des morceaux que j'apprécie le moins......)& nous terminons la liste des guest stars avec Jake LIVGREN, oui le neveu de ...... qui chante & ma foi fort bien le titre conclusif " Love is Here", ce titre qui met aussi en valeur Michael MULLEN au violon & qui nous rappelle inévitablement...........KANSAS, bon sang ne saurait mentir. A signaler aussi le très bel & énergique instrumental "About Time" nanti d'une guitare volubile, le délicat, acoustique puis électrique & autre instrumental "Water Girl" & à l'opposé le basique & lourdingue "River of Sorrows".

Vous l'aurez compris, TIME HORIZON nous propose une œuvre agréable, pas géniale mais tout à fait honorable, attendons le troisième album avec peut être une base de musiciens plus stable, la formation américaine y gagnerait probablement en cohésion & en régularité.

Cote :4/5

 

Pistes :

1. Only One Way (6:56)

2. Only Through Faith (2:10)

3. Only Today (6:59)

4. Prisoner (8:53)

5. The Moment is Here (4:44)

6. About Time (5:09)

7. You're All I Need (5:38)

8. River of Sorrows (4:24)

9. Water Girl (4:24)

10. Love is Here (7:26)

 

Musiciens :

Ralph Otteson - Keyboards, vocals

Allen White - Electric and upright basses

Dave Miller - Lead, rhythm and acoustic guitars

 

Avec l'aide de :

David Wallimann - Lead, rhythm and acoustic guitars (3, 4, 6, 8, 9, 10)

Lang Bliss - Drums (3, 9, 10), Drums and Percussion (9)

Tony Kaye - Hammond B3 (4)

Billy Sherwood - Lead Guitar (5)

Jake Livgren - Vocals (10)

Bruce Gaetke - Drums (6), Drums and Vocals (1, 5, 7)

Jeff Garner - Guitar (1, 5, 7)

Michael Mullen - Violin (10)

Dan Eidem - Drums (8)

Gary Gehman - Backing vocals (3)


CONQUEROR – Un’ Altra Verità – Ma.Ra.Cash Records – 2015 (CD/DVD)

 

Plusieurs fans de prog italien connaissent CONQUEROR, ils sont les auteurs de cinq albums studios entre 2003 et 2014, le dernier étant « Stems ». Cette formation sicilienne a été fondé par le batteur Natale RUSSO en 1994. Depuis le groupe a subi quelques changements dans leur line-up, RUSSO est le seul membre original du groupe. Contrairement à ce que plusieurs pensaient, Simona RIGANO au chant et claviers les a rejoints seulement en 2002, un peu avant l’enregistrement de l’album « Istinto ». Donc le groupe a décidé d’enregistré un premier concert et le filmer. C’est ce qui a été fait au Teatro Communale de Giardini Naxos à l'occasion de leur tournée pour promouvoir « Stems ». La musique sur «Un' Altra Verità » se compose en grande partie des titres de cet album (les cinq premiers), plus des chansons de leurs précédentes réalisations. Le line-up, mise à part RUSSO et RIGANO est complété par Ture PAGANO (guitares) et Peppe PAPA (basse). Nous apprenons sur le site du groupe, qui est très instructif en passant, que PAPA a été remplacé par Enzo CARINCI.

 

Personnellement, je ne suis pas un grand fan des enregistrements live. En revanche, lorsqu’un album live est bien réalisé avec un échantillonnage représentatif des réalisations du groupe et qu’il permet à l’auditeur de connaitre le répertoire du groupe sans avoir à acheter toute la discographie, je crois que c’est un bon coup. En ce qui concerne CONQUEROR et le CD/DVD « Un’ Altra Verità » cet argument est tout à fait exact. La qualité sonore sur le CD est excellente et le DVD est filmé en HD en utilisant cinq caméras différentes. Le CD sonne comme s’il avait été enregistré live en studio, les réactions du public sont seulement entendues au début et à la fin des chansons.

La musique de CONQUEROR offre un rock progressif symphonique italien à son meilleur. Elle n'est pas trop complexe, mais assez variées pour découvrir de nouveaux aspects de leurs compositions. L'ambiance qui prévaut est un peu mélancolique, en mettant l'accent sur des mélodies accrocheuses. Cela rend la musique de CONQUEROR très accessible. Les passages intenses de claviers qui alternent avec des solos de guitare mélodique et les parties de piano avec guitares rocheux. Les claviers de Simona RIGANO sont omniprésents, mais laissent suffisamment d'espace à la guitare et à la basse. La voix de Simona est douce et chaude, et son jeu de clavier polyvalent n'est jamais au détriment de sa performance vocale. Musicalement on peut faire quelques rapprochements avec certains groupes italiens comme The Watch ou Il Tempio delle Clessidre. Aucun des dix titres (plus celui supplémentaire inclus sur le DVD) ne se détache du lot, la formation est capable de garder le même degré de qualité tout au long de l'album. J'ai particulièrement apprécié « Gina » pour sa complexité et la performance des musiciens, « False Idee » à cause de son refrain accrocheur, « Sigurta » pour sa variété et « Pensieiri Fragili », à cause de la belle mélodie au piano.

 

Le CD/DVD est présenté sous la forme d’un beau digipack à trois panneaux et comme je le disais, la production sonore et visuelle est excellente. Vous aurez droit à une piste supplémentaire sur le DVD et pour ceux qui se demanderont pourquoi elle n’est pas sur le CD, je l’ignore. Il y a aussi quelques extras sur ce DVD, entrevue avec quelques membres du groupe et plus.

 

Avec "Un' Altra Verità"on peut être confronté à différentes options : si vous êtes un grand fan du groupe à la recherche de chacune de leurs sorties, alors il vous faut l’acheter ! Si vous êtes un maniaque du Rock Progressif Italien mais n'avez jamais entendu parler de CONQUEROR, et vous souhaitez découvrir leur musique, alors ce coffret est aussi pour vous. À noter que le DVD est en format PAL.

Cote 4.5/5

 

 

Pistes

1.Gina (11:13),

2.Di Notte (7:25),

3.False Idee (7:31),

4.Un' Altra Realtà (6:29),

5.Sigurtà (9:37),

6.Pensieri Fragili (7:48),

7.No Photo (6:44),

8.La Strada del Graal (6:07),

9.Cormorani (1:07),

10.L'Ora del Parlare (6:58)

 

Musiciens

Simona Rigano / Claviers & chant

Natale Russo / Batterie

Ture Pagano / Guitare

Pepe Papa / Basse


UNIFIED PAST – Shifting the Equilibrium – Melodic Revolutions Records – 2015

Par Richard Hawey

 

UNIFIED PAST est une formation américaine qui roule sa bosse depuis 1999. Après quelques changements au line-up et six albums plus tard le groupe nous propose « Shifting the Equilibrium » paru chez Melodic Revolutions Records en septembre dernier. UNIFIED PAST est formé de Stephen SPEELMAN (guitares et claviers) Victor TASSONE (batterie), Dave MICKELSON (basse) et Phil NARO, (chant), un autre vétéran qui est le nouveau venu du groupe et son arrivé apporte un véritable plus à l’album. Ce dernier est bien connu pour avoir été la voix de plusieurs groupes dont Corvus Stone et Druckfarben. Les influences vont vers des groupes comme Rush, Dream Theater ou Yes, mais vous entendrez aussi quelques sonorités proches de Spock’s Beard.

 

C’est un début puissant avec « Erasure Principle », un morceau fort qui permet à la fois à Stephen SPEELMAN et à Phil NARO, de donner un aperçu de la direction que veut prendre la formation avec « Shifting the Equilibrium ». Une composition envoutante alliant complexité et mélodie, garnie d’un refrain accrocheur. C’est une excellente mise en bouche.  « Smile (In The Face Of Adversity) » qui est introduit par les claviers, nous fait basculer dans une longue chanson où sont combinés rock psychédélique et progressif. C’est une mélodie transformée en pièce maîtresse par la flambée des instruments et la partie vocale proche de Yes de Phil NARO. Sur cet album, « Etched In Stone » se démarque par le travail du guitariste Stephen SPEELMAN, qui projette un paysage musical reflétant bien ses propres inspirations nommées plus haut. Cependant, les éléments déterminant du titre sont les harmonies vocales, misent en évidence tout au long des onze minutes de ce titre. « Peace Remains In This World », présente à l’auditeur des méandres mélodiques et des voix majestueuses avec son sens de l’harmonie, ses guitares fulgurantes et une section rythmique impressionnante. Suit « Deviation From A Theme (Of Harmonic Origin) », un instrumental qui permet aux musiciens de développer leur technicité, solo de guitare, basse et batterie à l’unisson, une composition de haut vol. L’album se termine avec « Today is the Day » est fortement influencé par Yes. C’est un bijou de prog dynamiques et mélodiques qui met en valeur la voix de NARO, joliment accompagnée de synthés séduisantes et d’un travail de guitare majestueux. C'est une épopée fantastique pour clore ce magnifique album.

« Shifting the Equilibrium » est un album magnifique, les performances vocales de Phil NARO sont un des atouts de l’album, sans oublier le jeu de la guitare et des claviers tenu par Steven SPEELMAN et de la section rythmique qui est sans faille. Et je n’ai pas encore parlé du contenant, vous aurez sans doute remarqué la magnifique pochette qui est l’œuvre d’Ed UNITSKY, cet artiste de renom qui a travaillé avec plusieurs artistes comme The Flower Kings, Unitopia, Manning, The Tangent et j’en passe. Donc, il ne vous reste qu’à passer à l’action et vous procurez ce superbe album. Chaudement recommandé !

Cote 4.5/5

 

Pistes

1. Erasure Principle
2. Smile (In the Face of Adversity)
3. Etched in Stone
4. Peace Remains in the World
5. Deviation from a Theme (of Harmonic Origin)
6. Today is the Day

 

Musiciens

- Stephen Speelman / guitars & claviers
- Victor Tassone / batterie
- Dave Mickelson / Basse
- Phil Naro / chant

SEVEN REIZH – La Barque Ailée – Autoproduction – 2015 – France

Par Richard Hawey

 

SEVEN REIZH c’est Claude MIGNON musicien de son état et Gérard LE DORTZ écrivain et graphiste. Les deux amis qui se connaissent depuis longtemps, décident de créer en 1999 le projet SEVEN REIZH. Le duo est imprégné par la musique progressive mais aussi par le celtique et la world musique. C‘est en 2001 que les compères nous offrent le premier album de SEVEN REIZH « Strinkadenn Ys » qui, à la surprise des deux amis, fait l’unanimité chez les amateurs de progressif. Ce qui caractérise ce projet c’est que la musique est accompagnée d’un livre qui raconte une histoire et que le chant est en breton. Quelques années plus tard, soit en 2006, un second Cd/livre parait sous le titre « Samsâra ». Deuxième succès où une nouvelle fois le mélange de musique celtique à celle du prog est un régal visuel et auditif. Je me dois d’ajouter ici que les nombreux artistes qui collaborent aux deux premiers projets sont exceptionnels. Nous voici en 2015 avec la nouvelle production de cette équipe de rêve qui nous présente aujourd’hui sa plus récente création « La Barque Ailée ». Ce dernier projet est le plus ambitieux de tous car « La Barque Ailée » est le premier volet de deux, le second tome intitulé « L’Albatros » sortira en 2016. Ce concept est inspiré par l’histoire du marin et pilote Jean Marie Le Bris et du nom de ses machines volantes. Je veux absolument vous parler de la présentation du premier volet qui est absolument hallucinante, c’est plus de soixante minutes de musique accompagnée de deux cent cinquante pages d’aventures extraordinaire de ce pionnier de l’aviation qui est tombé dans l’oubli. Comme pour les deux albums précédents plusieurs musiciens de grand talent se sont greffés au projet et le chant est en anglais, en kabyle et en français.

 

En plus de Claude MIGNON qui s’occupe des guitares et des claviers, nous retrouvons quelques musiciens que nous avons entendu sur les deux précédents albums. La chanteuse à la voix d’or Bleunwenn MÉVEL qui a participé au premier album de SEVEN REIZH, Farid Aït SIAMEUR (Taÿfa) chanteur kabyle à la voix chaude qui est là depuis le début. Il y a aussi du chant en français qui est tenu par Stéphanie THÉOBALD et une nouvelle venue Astrid AUBRON qui chante en anglais. Il ne faut pas oublier les chœurs Stimmung et Solfanelli du conservatoire de Brest. Du côté des musiciens que l’on peut nommer comme réguliers il y a Olivier CAROLE à la basse, Gurvan MÉVEL à la batterie et percussions et Gwenaël MÉVEL joue, quant à lui, divers instruments à vent.


L’album débute avec le superbe titre « Sarpant Nij », il offre à l’auditeur un départ agressif avec des influences vaguement orientales où la guitare électrique, le violon et les percussions nous présentent leur capacité. Bleunwenn et Farid alterne sur les parties chantées, le tout accompagné d’un doux piano. Ce titre vous fera frissonné à coup sûr. « Seven » se caractérise par ses ambiances médiévales soutenues par le cymbalum (instrument à cordes frappées) et la cornemuse, et de beaux passages de flûte, le tout appuyé par des percussions subtiles. « Imram » débute par des voix féminines et un merveilleux violon, puis le chant de Farid et Bleunwenn s’installe accompagnés par la section des cordes, plus tard rejoints par le piano et la batterie. « An Touriou II » a la même mélodie vocale « An Touriou » du précédent album « Samsâra », mais avec paroles en anglais et une humeur édifiante par rapport à l'atmosphère inquiétante de son prédécesseur. Dans le refrain, une guitare délicate gémit en arrière-plan, rejoint plus tard par cornemuse. « Harp » est, comme le titre l'indique, concentré sur la harpe celtique, mais nous entendons aussi l’accordéon, le violon et la guitare slide. La chanson est interprétée avec émotivité par Stephanie et elle est chanté principalement en français.  « La voie du Milieu » est la deuxième plus longue piste et est très dynamique. Farid, Bleunwenn et le chœur prennent en charge le chant avec brio. La chanson alterne entre des passages plus doux et des moments plus lourds. « Kemmañ » est la piste la plus longue et comporte plusieurs sections. Astrid, Farid et Bleunwenn alternent sur chant. La chanson commence avec les cordes et le piano, avant que la guitare de Claude MIGNON ne les rejoigne. Ce titre me fait beaucoup penser à du Pink Floyd, surtout en raison du jeu de la guitare mais aussi de la présence du saxophone. C’est un grand moment que SEVEN REIZH nous offre avec cette chanson. Et écouter la finale qui vaut le coup. « Autre Lettre à Louis Mignon » est un instrumental jouer au piano seulement, elle clôture l’album sur une note mélancolique.

Cette sortie de « La Barque Ailée » est sans contredit un moment important pour la musique progressive tous styles confondus. Les deux principaux acteurs, Gérard Le DORTZ et Claude MIGNON nous démontrent encore une fois leurs grandes qualités respectives. Le livre qui accompagne l’album est disponible en trois langues, français, allemand et en anglais sur le site du groupe. Chaudement recommandé!

Cote 5/5

 

Pistes

1. Sarpant Nij (7:04)
2. Seven (8:09)
3. Imram (6:16)
4. An Touriou II (5:36)
5.
Harp (5:50)
6. La Voie Du Milieu (10:16)
7. Kemmañ (14:38)
8. Autre Lettre À Louis Mignon (4:43)

 

Musiciens

- Claude Mignon / Piano, synthétiseurs, lap steel, guitares électriques acoustiques
- Gérard Le Dortz / Paroles, graphiques
Avec:
- Astrid Aubron / chant
- Farid Aït Siameur / chant
- Bleunwenn Mével / chant
- Stefanie Théobald / chant

- Doro T / chant
- Marcel Aubé / Ehru (violon chinois)
- Loïc Bléjean / cornemuse
- Cyrille Bonneau / Duduk
- Olivier Carole / Basse
- Sébastien Charlier / Harmonica
- Mathilde Chevrel / Violoncelle
- Jonathan Dour / Violon
- Philippe Durand / Cor
- Ronan Hilaireau / Piano
- Régis Huiban / Accordéon
- Bernard Le Dréau / Saxophone, clarinette
- Erwan Le Gallic/ Scottish bagpipes
- Shane Lestideau / Violon
- Gurvan Mével / Batterie, percussion
- Gwenaël Mével / Sifflets, bombarde, Flûte
- Michel Hoffmann / Hautbois
- François Pernel / Harpe celtique
- Thierry Runarvot / Double basse
- Olivier Salmon / Guitares électrique et acoustique
- Mihai Trestian / Cymbalum
- Conservatoire De Brest led by Cécile Le Métaye / Choeur


NAD SYLVAN – Courting the Widow – Inside Out – 2015

Par Richard Hawey

 

Nad SYLVAN est un artiste qui comme plusieurs autres, porte plusieurs chapeaux. En plus de sa carrière solo, il est du projet Unifaun, qui je crois annonce un nouvel album prochainement. Il a aussi chanté avec Steve Hackett et n’oublions pas Agent of Mercy où il a œuvré sur trois albums. Parlant de sa carrière solo, il nous présente son quatrième album « Courting the Widow » qui est sorti chez Inside Out. Sur ce dernier album s’affiche la crème du rock progressif : Steve Hackett, Roine Stolt, Nick Beggs, Jonas Reingold, Nick D’Virgilio et j’en passe. Nad SYLVAN n’avait pas sorti d’album solo depuis 2003.


« Courting the Widow » est l’histoire d’un vampire qui effectue un voyage en bateau, traversée qui doit le ramener chez lui. L’album contient deux titres anciens, écrits pour Agent of Mercy mais qui ne furent jamais achevés. Les six autres ont été composés par Nad après ses tournées avec Steve Hackett. Avec Nad, nous renouons avec ce rock progressif qui doit énormément au Genesis de la belle époque, même si l’esprit est plus moderne, vous retrouverez sur bien des morceaux comme « Echoes of Ekwabet », cette nostalgie du passé.

 
Donc nous voilà au 17ième siècle avec ce vampire à bord d’un navire qui doit le ramener chez lui, un être assez abject pour tuer son fils afin de séduire la veuve. Tous les morceaux ne gravitent pas autour du vampire comme « Echoes of Ekwabet » qui évoque une tribu indienne ou « Ship’s Cat » où Nad parle du chat qui est à bord du navire. La musique vogue entre rock, progressif classique, symphonique, funky en passant par un air plus folkorique, ‘The Killing of the Calm’ où vous entendrez Annbjørg LIEN au violon et Rob TOWNSEND à la flûte. Autant dire que l’album est varié au niveau des atmosphères sonores, en exemple, ‘When The Martyr Carved His Name’ qui mélange avec brio presque tous les styles.

 

L’album contient des titres magnifiques comme « Echoes of Ekwabet », « Long Slow Crash Landing » ou « Courting the Widow ». D’autres comme « Ship’s Cat » serviront de pause dans l’histoire. « The Killing Of The Calm » et « When The Martyr Carved His Name » sont aussi des pièces intéressantes de par leur écriture, elles ont été composées à l’époque d’Agent of Mercy. Après « To Turn The Other Side » qui est une longue suite de vingt-deux minutes, elle passera comme une lettre à la poste et enfin « Carry Me Home », qui est plus pop et ouvre très bien le concept. Au milieu de tout cela traversent de superbes passages servis par de fabuleux musiciens qui méritent le détour.

Cote 4/5

 

Pistes

1. Carry Me Home - 7:20

2. Courting The Widow - 6:14

3. Echoes Of Ekwabet - 9:41

4. To Turn The Other Side - 22:06

5. Ship's Cat - 5:05

6. The Killing Of The Calm - 5:34

7. Where The Martyr Carved His Name - 7:46

8. Long Slow Crash Landing - 6:45


Musiciens

Nad Sylvan / Chant, claviers, piano, guitars

 

Invités

Steve Hackett/ Guitares

Roine Stolt / Guitares

Lars Drugge / Guitares

Nick Beggs / Basse, chant

Jonas Reingold / Basse

Roger King / Piano

Nick D'Virgilio / Batterie

Gary O'Toole / Batterie

Doane Perry / Batterie

Rob Townsend / Flute, saxophone

Annbjorg Lien / Violon

Jade Ell / chant


MILLENIUM – Time Vehicle the Best of… - Lynx Music – 2015

Par Richard Hawey

 

Depuis très longtemps MILLENIUM est un de mes groupes polonais préférés et je ne m’en cache pas. Aujourd’hui je vous parlerai de cette nouvelle compilation double qu’est « Time Vehicle the Best of… ». Nous savons déjà que les références du groupe sont près de célèbres formations comme Pink Floyd, Pendragon et IQ sans oublier Collage et quelques autres. MILLENIUM avec « Time Vehicle the Best of » en est à sa quatrième compilation, toujours bien reçu par les fans. Le tout vous est présenté sous la forme d’un double digipack numéroté.

 

Les deux grandes qualités de cette double compilation sont l’accessibilité de son contenu et ses mélodies accrocheuses. Si vous n’avez jamais écouté un album de MILLENIUM, sachez que les compositions offrent un style néo progressif  plutôt mélancoliques. La voix de Lukasz GALL  est superbe comme à l’habitude tandis que la guitare est excellente. Les claviers sont à la hauteur de nos attentes et même plus. Comme je le mentionnais plus tôt, ce double « Best of.. » vous propose une sélection complète de la carrière du groupe, avec une ou deux pistes de chacun de leurs 11 albums studio. C’est près de quatre-vingt minutes de musique par Cd. Vous y trouverez plusieurs éditions radios, une nouveauté « Time Vehicle » et les meilleures pièces du groupe depuis sa création. Cette nouvelle production vise clairement de nouveaux auditeurs, il y a deux nouvelles chansons : la chanson-titre « Time Vehicle » qui est un merveilleux exemple de néo  progressif mélodique, tandis que « Woman & Man » est une rareté de leur dernier album studio. Les chansons ne sont pas présentées par ordre chronologique, ce qui ne dérange rien à l’écoute ce qui veut dire que le montage a été exécuté de façon intelligente.

 

J'ai vraiment apprécié ce « Time Vehicle the Best of.. » qui porte bien son nom en passant. Pour ceux qui ne connaissent pas MILLENIUM, ce double est fait pour vous. Pour les autres, il comblera vos espérances et peut-être quelques trous discographiques. Chaudement recommandé!

Cote 4.5/5

 

Pistes

Cd1

1. Time Vehicle (New Track) (9:05)
2. Born in 67 (8:55)
3. Numbers... (Radio Edit ) (7:20)
4. We Try Again (8:55)
5. Road to Infinity (Radio Edit) (10:40)
6. Demon (7:11)
7. Hundreds of Falling Rivers (Radio Edit) (5:35)
8. In the World of Fantasy? (12:30)
9. Circles of Life (7:03)

 

Cd2

1. Woman & Man (Rarity from In Search of the Perfect Melody Session 2014) (7:03)
2. The Prose of Life (Radio Edit) (4:45)
3. Embryo (Radio Edit) (11:57)
4. Light Your Cigar (Radio Edit) (6:09)
5. Back to the Childhood (4:11)
6. Over & Over (5:38)
7. Chaos (Radio Edit) (3:19)
8. Madman (Radio Edit) (6:12)
9. Drunken Angels (6:28)
10. For the Price of Her Sad Days (6:09)
11. White Crow (Radio Edit) (4:42)
12. Ego (10:35)

 

Musiciens

- Piotr Płonka / guitares
- Krzysztof Wyrwa / basse
- Tomasz Paśko / batterie
- Ryszard Kramarski / claviers


APOGEE - The Art of Mind – Progressive Promotion Records - 2015

Par Denis Boisvert

 

Le multi-instrumentaliste Arne SCHÄFER nous propose un autre album. Projet solo pour ce musicien de Versus X, ‘The Art of Mind’ s’ajoute à sa production régulière (8 CD sur 20 ans). Plus symphonique que crossover ce prog est solide, bien structuré et suffisamment complexe pour cultiver votre intérêt. Ses forces sont une production de grande qualité, une composition sans faille mais aussi sans fascination. 

La pièce titre fait un peu exception car elle seule vaut le détour.  Une intro classique et des synthés en leitmotiv qui nous annonce un joli morceau en plein dans ce que le prog offre de mieux. La guitare qui fait compétition aux claviers, un ton sérieux et pompeux, des passages lyriques solides et les vingt minutes s’envoleront vite et bien. En général, la dynamique et le registre de la voix me fait parfois penser à ‘Comedy of Errors. La voix d’Arne est correcte et expressive mais on imagine ce qu’un chanteur  comme Steve Rothery pourrait ajouter.  Vous reconnaitrez sans doute des passages qui vous rappelleront peut-être du Yes ou Thick as a Brick et d’autres qui me font penser à certains groupes nord-européens comme Mindgames. Peut-être y-a-t-il trop d’ingrédients dans la recette?

Ne vous méprenez-pas ce que ‘The Art of Mind’ perd en originalité il le recouvre aisément par une facture sans reproche et une composition riche et bien tournée.  Certains adoreront, d’autres lui trouveront des moments intéressants. Pour un one man band c’est un effort louable.

Cote 4 sur 5

Pistes:

1. The Art of Mind (19:54)
a) Psychocosmic Order
b) Across the Border
c) The Dividing Point
d) The Ultimate Perception
e) Footprints
2. Inside the Wheel (8:56)
3. The Games you Play (9:31)
4. The Price to Pay (8:06)
5. Sea of Dreams (9:05)

Musiciens

Arne Schäfer: voix, guitares, basse, claviers
Eberhard Graef : batterie et percussion


ARMONITE – The Sun is New each Day – Merry Go Sound – 2015

Par Richard Hawey

 

ARMONITE est maintenant une formation bien différente de celle qui a vu le jour en 1996. Gardez juste en mémoire que le noyau dur du groupe est le duo italien formé de Paolo FOSSO, compositeur-arrangeur des titres, et de Jacopo BIGI. Les deux partenaires musicaux, après avoir joué dans plusieurs groupes et avoir sorti leur premier album en 1999 dans leurs années d’études, ont ensuite chacun pris un chemin de vie musical différent : enseignement du violon pour Jacopo, promotion de la musique contemporaine pour Paolo. Le duo a décidé de relancer la machine à composition avec ce nouveau « The Sun is New Each Day ».

 

Pour cet album  composé à distance, les italiens se sont attaché les services de quelques musiciens dont un plus connu que les autres, je parle ici de Colin EDWIN, bassiste de Porcupine Tree et que l’on a retrouvé sur le second album de Burnt Belief. Il y a aussi Jasper BARENDREGT, batteur hollandais, Marcello ROSA qui fait vibrer son violoncelle sur deux titres, sans oublier un mystérieux AKIRA, qui a réalisé les vidéos de quelques titres de cet album. A noter que l’album a été masterisé dans les fameux Studios d’Abbey Road. Un dernier mot enfin sur la pochette originale, dessinée par Cyril ROLANDO, L'album est très court, environ trente-cinq minutes, toutefois comme chaque minute compte vous serez emballé certainement par la première piste superbe. Il y a deux ou trois chansons avec des motifs du Moyen-Orient, sur« Insert Coin » qui est un hommage aux premiers jeux électroniques, ceux d'un certain âge s’en souviendront. L'inspiration sur les autres pièces vient de sources diverses comme le livre Le Petit Prince. Sur « Le Temps qui fait ta Rose » c’est un piano mélancolique quasi classique et le violon qui nous montre ce que le groupe peut faire. Avec « Satellites », c’est l’espace qui est mis à l’honneur avec le violon de Jacopo qui fournit plusieurs changements d’ambiance où l’on retrouve une pause classique plus classique tout à fait exquise. La dernière piste « Bastian’s Happy Flight », est tirée du film Neverending Story qui a été écrite par Klaus Doldinger (ex leader du groupe allemand Passport). L’album est magnifiquement joué, tout le monde participe à la mélodie avec un plaisir ressenti chez l’auditeur.


Ce qui fait l’attrait de « The Sun is New Each Day » c’est sa diversité qui, malgré tout, conserve une excellente cohésion. Les performances techniques sont aussi à souligner, le tout à l’intérieur de moins de quatre minutes par titre. Faut le faire et ça me fait penser aux groupes qui ont marqués le prog italien dans les années fastes, ici je pense à Quella Vecchia Locanda. Et j’y pense, il y avait du violon sur leurs albums, non?

Cote 4/5



1. Suitcase War (3:45)
2. Connect Four (3:22)
3. 'G' as in Gears (3:20)
4. Sandstorm (3:43)
5.
Slippery Slope (3:17)
6. Satellites (3:47)
7. Die Grauen Herren (2:47)
8. Le Temps Qui Fait ta Rose (3:25)
9.
Insert Coin (3:36)

10. Bastian’s Happy Flight (3:17)

 

Musiciens

- Paolo Fosso – claviers

- Jacopo Bigi – violon

- Colin Edwin / bass
- Jasper Barendregt / drums


SEVEN STEPS TO THE GREEN DOOR – Fetish – Progressive Promotion Records – 2015

Par Richard Hawey

 

SEVEN STEPS TO THE GREEN DOOR, ce sont officiellement cinq musiciens allemands qui en sont à leur quatrième album. SSTTGD, pour ceux qui ne connaisse pas, offre un rock progressif atypique, parfois léger avec de magnifiques harmonies vocales. La guitare stupéfiante de Martin, les claviers et saxo de Marek, la batterie d’Ulf et les voix de Lars et d’Anne, plus un nombre indécent d’invités font, une fois encore, de ce dernier album, un petit bijou.


« Fetish », ce sont huit morceaux de plus de sept minutes et une courte mise en bouche (sans jeu de mot) de quarante secondes. L’album s’achève sur une pièce épique dépassant le quart d’heure, voila qui devrait ravir les amateurs de prog. Sur « Fetish », le ton est plus sérieux que sur les précédents albums du groupe, la musique vise plus la cohérence que le grand n’importe quoi génial auquel ils nous avaient habitués auparavant. L’expérience acquise avec le dernier Flaming Row et le passage de Marek chez United Progressive Fraternity n’est sans doute pas étranger. Le groupe ne perd rien de son style, au contraire il s’affine et ça n’en est que meilleur à écouter. « Fetish » parle des addictions, de notre société, du vice et de la surconsommation médiatique dont nous sommes gavés, nous lecteurs de webzines et membres de réseau sociaux. Sans se vouloir moralisateur, SSTTGD met en musique des scènes de la vie courante avec une grande intensité, appuyé par la force de leurs instruments. Autant sur les précédents albums, les morceaux, pouvaient être parfois inégaux, autant sur « Fetish », il n’y a rien à jeter. Le disque est génial de la première seconde à la dernière. L’arrivée de Martin SCHNELLA n’est sans doute pas innocente à cette progression, son jeu de basse et de guitare apporte une nouvelle dimension à la formation. Le côté acoustique est mis entre parenthèse, privilégiant un son plus rock et une musique moins fantaisiste.

 

Mélanie MAU au chant débute et conclue l’histoire. Les voix laissent place au titre le plus original de l’album, « Porn! », composé de sections mélodiques et de passages instrumentaux où claviers, basse, guitares et saxophone s’aventurent sur un terrain peu conventionnel. Des harmonies vocales lancent « Still Searching », une pièce dans l’esprit du groupe américain Izz. Martin s’éclate à la guitare, frisant un jeu funky alors que Marek ressort des sons de claviers préhistoriques. Au coeur du titre, des voix à capela offrent un break remarquable avant de repartir pour cinq minutes réellement magnifiques. « Inferior », entre basse métal, rythmiques brésiliennes et choeurs pourrait être comparé au rock éclectique de Profusion. Autour d’un refrain très classique, le groupe construit une musique complexe et facile à écouter en même temps, un joli tour de force. Dans « Imprisoned » vous sentirez sans doute comme un air d’Ayreon ou de Flaming Row, le côté métal du chant de Lars, des chœurs et l’écriture, tout y est. Des bruitages urbains et percussions nous guident vers un instrumental métal industriel qui se conclut sur une sublime section vocale aérienne.
« Bound In Chains » met du temps à nous surprendre. Il mélange alors des lignes droites et des dérapages contrôlés, juste ce qu’il faut au bon moment pour rester captivé.


La relation conflictuelle parent enfant est au cœur de ‘Last Lullaby’, traitée de façon opéra progressif. Alicia et Lars se retourne les répliques. Après une longue ouverture, ‘Set In Motiion’ laisse la place au piano, au saxophone ainsi qu’au chant. L’ambiance est ici assez différente avec de nombreux rebondissements vocaux et instrumentaux. Et puis vient ‘Ordinary Maniac’, le titre fleuve de l’album qui remplit le CD au maximum. Pour changer, c’est en acoustique que commence le marathon. Le côté plus lourd ne tarde pas à s’imposer avec de grandes sections instrumentales où Marek et Martin s’en donnent à cœur joie, pleines de petites bizarreries qui sont la marque de fabrique du groupe.


« Fetish » est incontestablement le meilleur album de SEVEN STEPS TO THE GREEN DOOR. Sans perdre l’originalité qui fait le charme de leur musique, le groupe a gagné en maturité pour nous livrer des titres cohérents et forts qui ne peuvent laisser indifférent. Et c’est pour cela que je lui donne une note parfaite. Recommandé !

Cote 5/5

 

Pistes

1. Possible Delayed (0:39)
2. PORN! (8:50)
3. Still Searching (9:55)
4. Inferior (7:03)
5. Imprisoned (9:08)
6. Bound in Chains (8:53)
7. Last Lullaby (9:01)
8. Set in Motion (8:39)
9. Ordinary Maniac (16:10)

 

Musiciens

- Ulf Reinhardt / batterie
- Marek Arnold / claviers, sax
- Martin Schnella / guitares
- Lars Köhler / chant
- Anne Trautmann / chant
with:
- Arno Menses (Subsignal) / chant (8)
- Daniel Mash (Machine, UPF, Ex The Tangent) / basse
- Steve Unruh (UPF) / violon (9)

- Justo Suarez – percussions  

- Melanie Mau – chant (1, 2, 3, 9)

- Sören Flechsig – chant (5, 6, 9)

- Lars Begerow - chant (5, 7)

- Elisabeth Markstein – chant (9)

- Stephan Wegner – chant (3)

- Annemarie Schmidt – chant (5)

- Alicia Pfeiffer – chant (7)    

- Luca Di Gennaro – synth solo (finale 9)


RIVERSIDE – Love, Fear And The Time Machine – Mystic Productions / Inside Out – 2015

Par Marc Thibeault

 

À mon goût, l’un des meilleurs albums de l’année!

Le son Métal lourd est parti, laissant place à un son qui, comme l’a dit le chanteur & bassiste Mariusz DUDA lors d’un entrevue à noisefull.com : «n’a pas de cris, ni moments violents ou trop de distorsions de guitares : l’album a comme thème la recherche de la paix avec soi-même. J’ai cru que ce serait le son approprié pour ce thème. Nous sommes loin des débuts de 2001 lorsque le guitariste Piotr KOZIERADZKI et le batteur Piotr GRUDZINSKI, qui jouaient dans des groupes de style Métal / Doom (Unnamed pour GRUDZINZKI) & Death Métal (Hate et Domain pour KOZIERADZKI), décide de créer un groupe pour jouer du Néo-Prog après avoir entendu «Clutching At Straws» de Marillion dans la voiture de KOZIERADZKI. Le claviériste Jacek MELNICKI se joignit à eux dès la première répétition & Mariusz DUDA lors de la deuxième. DUDA montra ses talents de chanteur après quelques répétitions. Le reste, comme on dit, fait partie de l’histoire de la musique!

 

«Lost» débute comme bien des albums du groupe : un début légèrement planant avant d’embarquer sur un son plus Prog-Rock après 2 :22. La guitare est plus à l’avant, les claviers plus en recul, mais le son RIVERSIDE est encore très présent. «Under The Pillow» est très Prog-Rock : tantôt la guitare domine, tantôt la guitare électrique, tantôt les claviers, toujours la voix de DUDA qui sert de fil conducteur. «Addicted» nous entraine avec son ‘riff’ efficace de guitare basse. Un léger sentiment d’urgence se fait sentir dans le rythme autant que dans la voix de DUDA. J’adore la fin imprévisible de la chanson! «Caterpillar And The Barbed Wire» est comme le RIVERSIDE des premières années mais avec un son plus Rock. La voix presque triste de Mariusz DUDA est la touche finale sur cette splendide composition. «Saturate Me» est une pièce en montagne russe qui monte graduellement et redescend en douceur. «Afloat» est une courte pièce sans percussions, très intimiste. La pièce la moins forte de l’album. «Discard Your Fear» est ‘radio-friendly’ et pourrait passer pour du PORCUPINE TREE s’il n’y aurait pas la voix reconnaissable d’entre mille de DUDA. «Towards The Blue Horizon» débute comme bien des pièces de PORCUPINE TREE mais prend son temps (un peu plus de 3 :10) avant d’être plus fidèle au son RIVERSIDE. Très bonne pièce. «Time Travellers» est mélancolique avec la guitare acoustique et les synthétiseurs qui dominent. Jolie. «Found» me fait penser un peu à «Conceiving You» de l’album «Second Life Synderome». Des vocalises qui nous emportent lors du refrain, le solo de guitare planant et un rythme guitare basse / percussions qui nous bercent à travers. Ca clos à merveille cet album!

 

Le sixième album studio des 4 polonais frappe en plein dans le mille! Plus Néo-Prog, moins Prog-Metal, les polonais vont s’attirer les fans de groupes comme (évidemment) PORCUPINE TREE ou PINEAPPLE THIEF. Le show du 19 septembre à L’Impérial promet d’être plein d’énergie Prog-Rock!

Cote: 4.5/5

 

Pistes

1. Lost (Why Should I Be Frightened By a Hat?) (5:51)
2. Under the Pillow (6:47)
3. #Addicted (4:52)
4. Caterpillar and the Barbed Wire (6:56)
5. Saturate Me (7:08)
6. Afloat (3:11)
7. Discard Your Fear (6:42)
8. Towards the Blue Horizon (8:09)
9. Time Travellers (6:41)
10. Found (The Unexpected Flaw of Searching) (4:03)

 

Musiciens:

- Mariusz Duda - Voix, guitare basse, guitare acoustique

- Piotr Grudziński – Guitares

- Piotr Kozieradzki – Batterie

- Michał Łapaj - Claviers


DELIRIUM - L'Era della Menzogna - Black Widow Records - 2015

Par Philippe André

 

Vous étiez où en 1971 ? Moi je n'écoutais pas encore du prog mais cela n'allait pas tarder !!!

1971 & "Dolce Acqua" premier album de DELIRIUM avec déjà un claviériste prometteur Ettore VIGO, et le seul membre toujours présent, quarante quatre années plus tard en 2015 ; Martin GRICE, saxophoniste/flutiste de son état arrive lui en 1972 pour les deux disques suivants & se profile à l'horizon un méga trou de trente cinq ans jusqu'en 2009 & la parution de "Il Nome del Vento". Nous avons donc aujourd'hui entre les oreilles la suite logique "L'Era della Menzogna" que l'on peut traduire par "Le temps du mensonge".

 

DELIRIUM est ce que j'appellerais poliment un groupe de gentils barrés, tant la musique s'avère complexe avec passages énergiques alternants avec passages apaisés de par la somptueuse utilisation de la flute de monsieur GRICE qui illumine cet opus d'un bout à l'autre. Tous les titres oscillent entre trois & sept minutes excepté l'épique terminal qui culmine à plus de onze minutes.

 

Le second plus, car il y a un second plus, c'est la remarquable voix d'Alessandro CORVAGLIA, connu entre autres pour son travail avec LA MASCHERA DI CERA, une voix que les fans de progressif transalpin apprécient particulièrement, l'Alessandro se distinguant particulièrement dans le titre éponyme où tous les octaves de son gosier en fusion explosent soutenus brillamment & tour à tour par le saxophone & la flute de Martin GRICE (encore lui) & la très belle guitare lyrique de Michele CUSATO.

 

Parmi les autres belles réussites de cet album, citons le titre introductif "L'Inganno del Potere", "Il Nodo" fluté en diable (oui oui toujours le même MG....),°l'entrainant "La Voce dell'Anima" plus chanson italienne que ça, n'est pas possible & surtout la perle "Il Castello del Mago Merlino" où quand l'épique musical rejoint l'épique littéraire, Martin GRICE égale David JACKSON sans hésitation ce qui donne inévitablement un petit coté VAN DER GRAAF au morceau, le rock progressif que nous aimons tant est là dans toute sa beauté, toute sa splendeur passée, présente & future.......

 

Bravo DELIRIUM pour cette très bonne réalisation, la meilleure de la botte en 2015.

Cote : 4/5

 

Pistes :

1. L'Inganno del Potere (6:26)

2. Il Nodo (6:35)

3. L'Angelo del Fango (3:45)

4. Fuorilegge (4:15)

5. La Deriva (3:54)

6. L'Era della Menzogna (6:55)

7. La Voce dell'Anima (3:31)

8. Basta (5:17)

9. Il Castello del Mago Merlino (Come un Tempo) (11:20)

 

Musiciens :

Ettore Vigo - Claviers

Martin Grice - Saxophone, Flute

Fabio Chighini - Basse

Michele Cusato – Guitare électrique

Alessandro Corvaglia (La Maschera di Cera) – Chant, claviers, guitare acoustique

Alfredo Vandresi (Narrow Pass) - Batterie

 


NEO PROPHET – T.I.M.E. – Freia Music - 2015

Par Richard Hawey


Le nouveau NEO PROPHET a été construit sur les fondations de l’ancien NEO-PROPHET. Le nom a été légèrement modifié, on a simplement enlevé le trait d’union. Court retour en arrière jusqu’en 2005, quatre musiciens belges expérimentés se sont unis, la créativité et l'enthousiasme étaient au rendez-vous. De cette association est né « Monsters » en 2009. À cause de différents musicaux,  Rudi LINS (batterie) quitte le groupe et est remplacé par Wesley JAQUES en 2009. Les années 2009 et 2010 vont servir à composer de nouvelles chansons. Malgré le fait que près de 80% des nouvelles chansons soient écrites Sjoerd BRUYNEEL (claviers)  décide de quitter à son tour tard en 2012. NEO PROPHET s’est relevé et accueille deux musiciens de grands talents, le claviériste Pieter Van Der BROECK (Quantum Fantay) et le guitariste du même groupe, Tom TAS. Malgré le fait que plus des trois quart de l’album soit déjà écrit les quatre musiciens décident de réécrire toutes les chansons ce qui donnera « T.I.M.E. ». L’album est paru chez Freia Music le 15 mai 2015.


Vous l’aurez deviné « T.I.M.E. » parle du temps. Les paroles évoquent le fait que l'homme mène un combat constant entre la réalisation de ses désirs et le temps qui peut tout abolir, venir effriter cette volonté, cette énergie. Vous êtes projeté dans cet album dès le premier titre, 'Horizons' et après une introduction space, l’orgue voit le jour, la guitare acoustique qui accompagne la batterie puis les claviers et la guitare électrique termine le morceau. L'album jongle avec des titres relativement longs de 6 à 9 minutes dans lesquels les changements de rythme relancent bien la machine comme sur  "The Divide-The Divine" et "Generation Games", et "In Social Skies". Aussi avec des titres en mode plus classiques comme "Around the World" plus pop-rock, ou déroutant comme "Nemesis" avec ses quelques séquences volontairement découpées. Il y a un invité de marque sur l’album, le chanteur de MINDGAMES, Bert SCHRAM qui évolue sur deux titres de la suite "Orchestral Death", "In Social Skies" et "The Genuine Me". En parlant de cette suite, elle offre à l'auditeur une finale exceptionnelle.


T.I.M.E est un très bon album, qui ravira les fans de néo-progressif.

Cote 4/5

 

Pistes

1. Horizons (3:12)
2. Divide and Divine (9:19)
3. Around the World (5:06)
4. The Pendulum Swing (4:39)
5. Generation Games (7:37)
6. The Hourglass (8:09)
7. Nemesis (6:48)
8. The Art of Aging (1:53)
9. Orchestral Death - Pt.I In Social Skies (7:33), Pt.II Need to Write my Song (1:51), Pt.III The Genuine Me (6:30)

 

Musiciens

- Hans Six / Chant & chœurs, basse
- Wesley Jaques / batterie
- Pieter van den Broeck (Quantum Fantay) / claviers, chœurs
- Tom Tas (Quantum Fantay) / guitares, chœurs

 

LIGHT COORPORATION – Rare Dialect - RéR Megacorp 2011

Par Richard Hawey

 

Pour faire un lien dans la discographie de LIGHT COORPORATION, j’ai débuté cette suite de chroniques, (quatre au total) avec le dernier album de cette formation « Chapter IV – Before the Murmur of Silence ». Aujourd’hui je vous présente le premier « Rare Dialect », d’ailleurs le titre est à propos car LIGHT COORPORATION offre à ses fans une forme unique de communication c'est-à-dire l’improvisation. Soutenu par Chris Cutler, dirigeant du légendaire label indépendant RéR, batteur de Henry Cow, Art Bears entre autres, LIGHT COORPORATION crée avec « Rare Dialect » une première ébauche de travail unique, progressive et surprenante.

 

L’album est, il me semble divisé en trois blocs, l’enchainement entre les pièces se fait sans coupure. Le premier bloc comprend les pièces entre « Transparencies » et « Ethnic Melody From The Saturn ». Elles sont menées par la batterie, le saxophone et le violon. La cohésion entre chaque piste est assez exceptionnelle. Le degré d’improvisation est assez élevé, aucun ordre directif de départ ne semble déterminé. Les thèmes abordés sont riches et énergiques, écoutez « Tokyo Streets Symphony », et sa rythmique envoutante qui revient hanter l’auditeur sur plusieurs titres. Avec « Maestro X » le rythme est plus lent, la batterie est toujours très présente et le jeu du saxophone, déroutant pour certains mais très efficace. Changement de cadence sur « Ethnic Melody From The Saturn », les solos de violon sont de toute beauté, la guitare et le saxophone appuient le tout de façon à nous charmer et c’est réussi. Le second bloc nous offre avec les titres « The Legend Of Khan's Abduction » et « The Seven Wells (Evening Sound Session) », le premier est plus empirique, tandis que le second nous propose  plus d’équilibre. Le dernier bloc nous présente quatre titres qui passent de l’expérimentation à quelque chose d’un peu plus cohérent. Cette section demande une écoute répétée et attentive avec une certaine ouverture d’esprit. Pendant l’écoute de « Rare Dialect » on pourrait imaginer qu’il y a, ici et là, un petit quelque chose d’écrit, mais n’est pas le cas.

 

LIGHT COORPORATION a réussi un énorme travail avec une vision très large. « Rare Dialect » est rempli d’idées où les moments de surprise sont abondants. Oui cet album est pour les aventureux qui ont une certaine ouverture d’esprit. L’essai vous convaincra !

Cote 4.5/5


*Suivra la chronique du deuxième et du troisième « Alien from Planet Earth » (2012) et « About » (2013).


 

Pistes

1. Transparencies (0:46)
2. Tokyo Streets Symphony (10:29)
3. Maestro X (5:52)
4. Ethnic Melody From The Sat
urn (5:25)
5. The Legend Of Khan's Abduction (6:09)
6. The Seven Wells (Evening Sound Session) (5:06)
7. Merchaw Zman (Coming - Given Birth One More Time - From Death To Life - Transparencies) (9:52)

 

Musiciens

- Mariusz Sobański / guitares, violoncelle
- Paweł Rogoża / saxophone

- Robert Bielak / violin
- Krzysztof Waśkiewicz / basse
- Miłosz Krauz / batterie


LIGHT COORPORATION – Chapter IV – Before the Murmur of Silence – RéR Megacorp 2014

Par Richard Hawey

 

LIGHT COORPORATION n’en finit pas de créer, quatre albums et un DVD depuis 2011. LIGHT COORPORATION a pourtant mis sept longues années avant de sortir le premier disque. En effet, ce groupe polonais a été formé autour de 2007 par Mariusz SOBAŃSKI (guitare) qui a dû travailler beaucoup avant de pouvoir sortir un premier album, car on le sait la musique avant-gardiste n’est pas la plus facile à publiciser. J’avoue tout de suite que je ne connaissais pas cette formation et que c’est par accident que j’ai découvert leur dernière production « Chapter IV – Before the Murmur of Silence ». De plus mon apprentissage avec la musique de LIGHT COORPORATION s’est fait en accéléré, ayant reçu du groupe leur quatre album je me suis surtout concentré sur le premier « Rare Dialect » et qui fera l’objet d’une prochaine chronique tout  comme les autres.


« Chapter IV : Before the Murmur of Silence » continue sur le chemin parcouru jusqu’ici par le groupe c’est à dire l’improvisation. Toutefois le groupe a voulu en donner un peu plus, la venue de d’autres musiciens ont ajouté des textures qui vont plus loin que l’expérimentation. « Chapter IV : Before the Murmur of Silence » se structure de manière plus conventionnelle, pas plus simple mais mieux amenée. Les timbres, les nuances, les envolées, les rythmes : tout se libère dans l’espace avec une compacité et une dynamique exceptionnelle. Sept musiciens évoluant dans l’ombre comme si une très faible lumière pouvait les guider à l’instinct. Certains passages sont virulents, d’autres plus imagées, le mélange semble naturel. Mariusz SOBAŃSKI est un musicien qui a de grandes ambitions, un travailleur acharné et les résultats son là. Que faut-il ajouter de plus que vous dire de vous y attarder.


Découvrir LIGHT COORPORATION et son dernier album « Chapter IV : Before the Murmur of Silence » m’a amené vers un univers que je ne maitrise pas totalement. Mais qui n’ose pas n’avance pas. Comme je l’écrivais au début, mon éducation sur la théorie de LIGHT COORPORATION s’est fait en accéléré vous verrez bien si j’ai aimé ou pas. Pour ce dernier album c’est oui.

Cote 4/5

 

Pistes

1. New States of Mind (Repetitive)
2. In a Tangle
3. With a Chance of Cloudy
4. Three Headed Monster Sight Unseen
5. Basements of Heaven
6. Sealing Wind into Bottles
7. Before the Murmur of Silence (Based on a True Story)
8. Space Travel in an Old Painting

 

Musiciens

- Mariusz Sobański / guitares, violoncelle
- Paweł Rogoża / saxophone
- Kuba Jankowiak / trompette
- Witold Oleszak / grand piano acoustique
- Piotr Oses / double basse
- Krzysztof Waśkiewicz / basse
- Miłosz Krauz / batterie, percussion


THE RAPTOR TRAIL – The Raptor Trail – Autoproduction 2015

Par Richard Hawey

 

THE RAPTOR TRAIL est certainement un nom inconnu pour la plupart d’entre vous et c’est normal. Peut-être que vous avez encore en mémoire le nom de JUPITER COYOTE, qui a une certaine époque pas trop lointaine ont connu un certain succès sur la scène rock. Mais revenons à THE RAPTOR TRAIL et ses origines, le groupe nous arrive du sud des États-Unis plus précisément de la Géorgie et de la Caroline du Nord, Gene BASS et John MAYER, qui réside à Macon en Géorgie ont joué ensemble dans les années 80. Pour résumer MEYER, MAYES et BASS ont attendus longtemps pour créer leur premier album. Enfin, c’est en 2014 que les planètes s’alignent et le projet d'enregistrement en studio se concrétise qui plus tard sera appelé THE RAPTOR TRAIL. THE RAPTOR TRAIL est composé de Gene H. BASS (batterie, percussion), Matthew B.MAYES (Chant, guitare, banjo et guijo), John M. MEYER (Guitares électriques et acoustiques, basse). Le trio offre un style se rapprochant du progressif avec une forte influence rock qui me fait penser à des groupes comme The Allmann Brother’s ou Wishbone Ash.

 

La première chanson que MEYER et MAYES ont écrite ensemble est « The Raptor Trail », c’est d’ailleurs la pièce qui ouvre l’album puis le tout a déboulé  pour donner douze chansons et plus de soixante quinze minutes d’excellentes musiques. Vous aimez les belles mélodies secondées par une très bonne guitare, vous y trouverez votre compte. Je le disais plus tôt l’album s’ouvre avec la pièce titre, excellente chanson qui se laisse écouter avec un premier solo de guitare en finale qui vous donne le goût de continuer. Et vous aurez droit à un traitement se rapprochant du premier avec « Gravity Times Ten » et c’est comme cela sur la plupart des chansons. « Look Outside » est plus rock, sans casser la baraque, elle fait son effet. « Come & See » offre un mélange de blues rock avec en son centre un autre très bon solo de guitare et une finale à couper le souffle. « Amorous » est celle qui se rapproche le plus des groupes nommés plus haut, les musiciens se donnent à fond. Le dernier titre « Now » est le plus long avec près de neuf minutes, il est dans la veine des pièces précédentes avec toujours cette excellente guitare.

 

Quelquefois il arrive qu’une agréable surprise m’attende dans ma boite aux lettres, je dis agréable car cet éponyme m’a offert que du bon temps. Loin de moi d’affirmer qu’il révolutionnera le monde du prog, non, car ce n’est pas du progressif au sens du terme et il est probable qu’il ne plaira pas aux inconditionnels du genre. Mais si vous aimez les belles mélodies, une guitare très bien maitrisée et accrocheuses alors THE RAPTOR TRAIL est pour vous.

Cote 4/5

 

Pistes

1.  The Raptor Trail (7:22)

2.  Gravity Times Ten (7:24)

3.  Truk (6:07)

4.  Smaller Than You (4:34)

5.  Look Outside (7:09)

6.  Come & See (6:47)

7.  Pawn (5:11)

8.  Wilma (3:54)

9.  Never (5:59)

10. Amorous (7:21)

11. 32 (4:46)

12. Now (8:38)

 

Musiciens

Matthew B.MAYES (Chant, guitare, banjo et guijo)

John M. MEYER (Guitares électriques et acoustiques, basse)

Gene H. BASS (batterie, percussion)


MAGIC PIE – King for a Day – Karisma Records – 2015

Par Richard Hawey

 

Il y a dix ans déjà débarquait de Norvège MAGIC PIE avec « Motion In Desire » ça se passait en 2005, le groupe combinait subtilement le rock progressif de l’âge d’or et un hard rock. Formé à l'aube du nouveau millénaire, leur rythme de travail est resté stable, pas exactement prolifique et accrédite le vieil adage qui dit que la quantité  ne veut pas dire qualité ou le contraire. Leur dernière production « Suffering Joy » remonte à 2011 et on se souvient de l’histoire entourant sa sortie. Donc aucune nouvelle de MAGIC PIE jusqu’à tout récemment avec l’annonce de la sortie de « King of a Day ». Avec ce nouvel album arrive deux changements, le premier au line-up avec l’ajout du claviériste Erling HENANGER et le second, MAGIC PIE est maintenant avec  Karisma Records.

 

Tout d’abord parlons production, « King of a Day » égale compétence grâce à la contribution de l’ingénieur Rich MOUSER dont le CV comprend  Spock’s Beard et Transatlantic. Cet album éclate avec énergie et malgré un changement mineur au line-up, la chimie du groupe est restée la même. Le résultat est explosif et convaincant. De la grosse guitare sur  « Trick of the Trade », de l’acoustique arrosée de voix et de riffs bien dodus sur « Introversion », de la ballade avec  « According To Plan », du folk sur « Tears Gone Dry » et le  superbe « The Silent Giant ». Pour rester dans le thème je dirai que la table est mise pour la pièce de résistance avec la chanson titre « King of a Day » et ses vingt-sept minutes. Ce titre enchaîne une série de sections tout à fait magnifique. La guitare de Kim STENBERG donne des vertiges et on oublie le temps qui passe pour se laisser porter par ce déboulé remarquable. L’indéniable talent de compositeur de MAGIC PIE joue ainsi, et pour notre plus grand plaisir, avec ce sens du mélange, cette fascination pour les puzzles mélodiques qui ne souffre pas de baisse d’intensité.

 

J’entends sur « King of a Day » un groupe qui semble avoir retrouvé son identité. Le groupe a gardé ses merveilleuses harmonies vocales et a ajouté quelques traits de métal. Avec tout ceci nous sommes très près de la description de ce qu’est MAGIC PIE aujourd’hui.

Cote 4/5

 

Pistes

1. Trick of the Trade (6:09)
2. Introversion (12:24)
3. According To Plan (6:35)
4. Tears Gone Dry (12:14)
5. The Silent Giant (5:22)
6. King For A Day (27:29)

 

Musiciens

- Kim Stenberg / guitares, chant
- Airikur Hauksson / chant principal, guitare
- Eirik Hanssen / chant, guitare
- Jan Torkild Johannessen / batterie
- Erling Henanger / claviers, choeurs
- Lars Petter Holstad / basse, choeurs


ELEPHANTS OF SCOTLAND – Good Morning, Gettysburg (Live at Rosfest 2014) – Autoproduction 2015

Par Richard Hawey

 

ELEPHANTS OF SCOTLAND a été fondé en 2010 et il s’est passé beaucoup de choses pour cette formation du Vermont depuis sa création. Mais tout d’abord laissez-moi faire les présentations, Adam RABIN (chant et claviers), Dan MacDONALD (basse et chant), John WHYTE (guitare et chant) et Ornan McLEAN (batterie). EoS nous présente un premier album en 2013 intitulé « Home Away from Home »,  il connait un succès surprenant. L’année suivante le groupe nous offre leur second opus  « Execute and Breathe », donc deux albums studios en deux ans. Puis cette année un live en provenance du Rosfest. Et pour couronner le tout, nous avons eu la chance de les voir au festival Terra Incognita le 16 mai dernier.

 

L’album arrive en version Cd/DVD, treize chansons qui pour beaucoup s’enchainent pour nous donner un ensemble dès plus intéressant. Le DVD offre quant à lui une pièce bonus, un mixe studio 2015 de la chanson « Geograph » paru sur « Home Away from Home ». Ayant vu la prestation de EoS avant d’écrire cette chronique je peux vous dire sans l’ombre d’un doute que la soirée fut magique. L’ordre des chansons sur l’album est sensiblement la même que lors de la prestation à Québec. C’est « Starboard » qui ouvre le bal et la formation du Vermont s’y donne à fond, c’est un premier grand moment de la soirée. La pièce « Endless (pt.1) totalement instrumentale est pleine de rebondissement et nous amène vers la seconde partie, celle-ci chantée, son début acoustique change drastiquement en un rythme plus échevelé. La finale est l’affaire des claviers de RABIN, second excellent moment. « Amber Waves » offre une belle mélodie qui nous reste dans la tête avec son refrain accrocheur et sa mélodie simple mais très efficace. « Mousetrap » tiré du premier album est solide d’un bout à l’autre et une nouvelle fois le groupe a le don de nous accrocher avec des mélodies qui nous donne l’envie de taper du pied. Nous entrons maintenant dans le dernier droit du spectacle avec « Boxless » qui ouvre la séquence suivi de « TFAY » avec sa montée en puissance et de l’hypnotique « The Seed ». Ce bloc musical est superbe, près de seize minutes d’émotions, de changement de rythme et d’ambiance. La finale appartient à « A Different Machine » et « Errol Mc Squisitor » qui chacun ont marqué leur album respectif.

 

Pour avoir été en contact avec Adam RABIN, je savais qu’il cherchait des endroits pour qu’ELEPHANTS OF SCOTLAND se produise sur scène. On peut souvent avoir un doute sur les capacités d’un groupe à s’exécuter en direct et il nous arrive d’avoir raison mais pas avec EoS. L’album « Good Morning, Gettysburg » ainsi que leur prestation au Festival Terra Incognita de cette année m’ont emballé. D’aucune façon l’auditeur ne sera déçu de ce live qui mérite son achat.

 

Le DVD a été enregistré en haute définition et l’audio en 24 bits multipistes.

Cote 4/5

 

Pistes

CD/DVD
1. Starboard (8:34)
2. The Other Room (4:33)
3. Full Power (5:07)
4. Endless (pt. 1) (3:34)
5. Endless (pt. 2) (6:48)
6. Amber Waves (7:58)
7. Home Away From Home (3:54)
8. Mousetrap (7:03)
9. Boxless (4:35)
10. TFAY (5:00)
11. The Seed (6:19)
12. A Different Machine (6:08)
13. Errol McSquisitor (9:41)
(Download-Only Bonus)
14. Geograph (2015 Mix) (6:33)

 

Musiciens

- Dan MacDonald / basse, chant
- Ornan McLean / batterie, percussion
- Adam Rabin / chant, claviers
- John Whyte / guitare, chant    


INNER ODYSSEY – Ascension – Autoproduction – 2015

Par Marc Thibeault

 

J’ai eu le coup de foudre pour ce jeune groupe de Québec lorsqu’ils sont venus promouvoir et vendre leur premier album (Have A Seat, 2011) dans l’entrée de la salle de spectacle La Chapelle (Vanier) lors d’une des Conventions Terra Incognita. Leur spectacle à la Convention de 2014 a été bien au-delà de mes attentes! Professionnels sans pour autant se prendre trop au sérieux!

 

Au début un quintet, le groupe se présente aujourd’hui  en quatuor pour cet album (le chanteur Pier-Luc GARAND DION ayant quitté, le chant est maintenant fait par le percussionniste / batteur Étienne DOYON).  Quoique différent de «Have A Seat», «Ascension» n’en demeure pas moins un très bon album Prog-Rock avec ses alternances de styles musicaux variés. Ici de légères ressemblances avec  Pendragon ou It Bites, là des sons à la David GILMOUR / Pink Floyd, mais toujours avec sa touche personnelle, Vincent LeBOEUF GADREAU est le maître d’œuvre musical sur cette création. Il nous avait surpris avec son « side project» ISOS en 2014, un album plus personnel & intime que ce qu’il avait fait avec Inner Odyssey. Le mélange de son «side project» & du 1iere album d’IO donne ce qui semble être la suite logique de leur évolution (leur «ascension»?) musical.

 

L’album débute avec  «Why Am I Here (Ouverture)» qui nous rappelle légèrement le style de Steven Wilson sur ses albums solos ou lorsqu’il est dans son duo BLACKFIELD, mais ici s’arrête la comparaison. Le «son» Inner Odyssey du premier album refait surface à travers l’album, mais en plus nuancé. Un peu de Flamenco dans la pièce «A World Of My Own» surprend mais s’intègre bien dans la chanson. Il y a un petit bout de Jazz Manouche dans le milieu de la chanson «Losing Your Mind» avant de repartir de plus belle! La finale de la chanson «My Purpose» me fait un peu penser à un bout de «Fly From Here» de YES. Le début et la fin Hard de «Lifelong Misery» rappelle un peu le style de Dream Theater. «Retrospection» nous entraine tellement bien dans son sillon que l’on passe les 6 :30 en un clin d’œil. «Where It Begins, Where It Ends (Finale)» termine quand même assez bien l’album.  J’aime la façon dont les musiciens ont monté d’un cran leur jeu sur leurs instruments. Les pièces les moins fortes sont «Crawl» & «You Are Not Alone». Étienne DOYON se tire quand même bien d’affaire au chant.

 

Suite logique du premier album, «Ascension» montre une certaine maturité des musiciens. La musique est (s’cusez-là) écœurante et les paroles intelligentes. C’est un groupe très prometteur à mes yeux (et à mes oreilles).

Cote: 3.5/5

 

Pistes:

1- Why I Am Here (Overture) (5:42)

2- Something More (4:32)

3- A World Of My Own (6:21)

4- My Purpose (7:36)

5- Losing Your Mind (8:56)

6- Crawl (3:20)

7- Lifelong Misery (7:11)

8- Introspection (2:43)

9- Retrospection (6:30)

10- You Are Not Alone (6:13)

11- Where It Begins, Where It Ends (Finale) (10:02)

 

Musiciens:

Vincent Leboeuf Gadreau / Guitares,

Mathieu Chamberland / Synthés, claviers,

Étienne Doyon / Percussions, batteries, chant,

Simon Gourdeau / Guitare Basse

 

TWOMBLEY BURWASH – Grak – Autoproduction 2014

Par Richard Hawey

 

TWOMBLEY BURWASH, vous me direz mais c’est quoi ce groupe? Je vous réponds que c’est une formidable collaboration entre un père Kevin McDADE et son fils Bruce. Les deux principaux acteurs manipulent presque tous les instruments et en plus ils chantent. Ce projet a pris cinq ans à voir le jour et comme ils le précisent ils y travaillaient les fins de semaines lorsqu’ils étaient libres. Bien sur ils ne sont pas seuls, Pete LAFFAN est à la basse sur les deux premiers titres « Buzzard of Us » et « 100 Species », la batterie est tenue par Gareth ROBERTS et Stephen McDADE un autre membre de la famille est au violon sur la finale de « Buzzard of Us » et Helen FORBES au chœur. 

 

Le titre de l’album est « Grak » et pour l'heure que dure l’album l'auditeur sera placé devant plusieurs évidences comme un excellent chant, des changements de tempo capricieux et une quantité époustouflante d'instruments manipulés avec grand soin. Il est très difficile de faire quelques comparaisons car vous serez confronté à plusieurs liens mais sans en avoir la totale certitude. L’album ouvre avec « Buzzard of Us » et  ses 9 minutes qui donnent le ton, un mélange de sonorité folk avec le magnifique violon que nous retrouvons ici et là sur ce titre et le jeu de la mandoline ce qui me fait penser à Red Jasper. Il y aussi le côté plus rock grâce à une excellente guitare, à la basse et à la batterie. Ce premier titre vous attire littéralement vers le second, « 100 Species ». C’est près de 13 minutes de musique qui nous démontre tout le savoir faire des compositeurs, ses quelques incursions minimalistes d’orgue et de trompette, ses belles harmonies vocales et sa courte section plus techno qui s’enchaine à une autre plus progressive. Vous y écouterez des orchestrations vraiment étonnantes et c’est peut-être cet élément qui rend cet album si attrayant. Il y a des subtilités que vous découvrirez au fil des écoutes comme le jeu du piano ou les solos de guitare acoustique. On poursuit notre aventure avec « Cabaret Night » qui est la chanson la plus courte et j’oserais dire la plus normale lorsque l’on parle de style, elle est imprégnée d’une excellente guitare avec la présence de claviers qui se détachent tout à coup du lot. Il vous suffit d’écouter le solo d’orgue vers la fin de la chanson. « Zzzvv » est dans un style de rock psychédélique sans exagération. Le début est très accrocheur avec sa rythmique et le jeu de guitare ce qui m’amène à penser à certains moments à quelques groupes néo. La finale est assez imposante et grandiose. Arrive la finale avec l’épique « A Sense of Texture » 22 minutes où vous entendrez plusieurs références à la musique électronique, une gracieuseté de Bruce. Cette piste est remplie à ras bord de texture de toutes sortes. L’imagination des compositeurs n’a pas de limite, c’est un album ambitieux et courageux et qui a le mérite d’être excellent.

 

La présentation un peu loufoque sous la forme d’une bande dessinée est contradictoire d’avec son contenu plus sérieux mais cela représente bien Kevin et Bruce McDADE. Et comme l’a écrit Kevin, ces 60 minutes de musique représentent plusieurs journées de travail acharnés. Le résultat est fabuleux! À vous de le découvrir, je vous le recommande.

Cote 4.5/5


Pistes

1. Buzzard of Us (9:26)
2. 100 Species (12:46)
3. Cabaret Night (6:27)
4. Zzzvv (9:24)
5. A Sense of Texture (22:08)

 

Musiciens

- Bruce McDade / Guitares électriques, choeurs, Psy-Trancery (?), Programmation et claviers
- Kevin McDade / Basse (3,4,5), Guitares Acoustiques et Électriques, Mandoline/Octave Mandoline, Bodhran, Chant, Programmation et Claviers
- Pete Laffan / Basse (1,2)
- Gareth Roberts / Batterie, sacs de plastique
- Helen Forbes / Choeurs
- Stephen McDade / Violon (1)

 

 


UBI MAIOR – Incanti Bio Meccanici – AMS Records 2015

Par Richard Hawey

 

Petit cours d’histoire en de début de chronique, le groupe fût fondé en 1999 autour de Gabriele MANZINI (claviers) UBI MAIOR sort en 2005 son premier album « Nostos » qui marque un excellent début pour cette jeune formation. Les deux années suivantes sont consacrées à donner des concerts pour soutenir ce nouvel album. En 2008 le groupe est très occupé à composer et à réaliser le second album « Senza Tempo » qui parait en 2009. Juste après la sortie du second album, le guitariste Stefano MANCARELLA quitte le groupe et en 2011 Marcella ARGANESE est accueilli pour le remplacer. L’influence musicale du groupe vient surtout des formations phares du progressif italien comme PFM, BANCO, Il BALLETTO Di BRONZO et quelques autres mais aussi de quelques gros bonnets britanniques. Six ans après la sortie  de  «Senza Tempo », ce quintette démontre à nouveau son amour pour le rétro-prog, et cette dernière sortie confirme les influences nommées plus tôt. Publié en février 2015 par le label AMS Records, « Incanti Bio Meccanici » nous  montre un répertoire ambitieux de quatre pistes dont la longueur mérite que l’on s’y attarde. Deux des quatre chansons jouent dans les vingt minutes tandis que les deux autres oscillent autour des dix minutes et plus.

 

L’ouverture se fait avec « Teodora » qui est le plus long morceau de l'album, un peu plus de vingt minutes. En introduction une séquence d'accords de guitare simple et douce suivi du violon poignant ouvre élégamment ce titre.  Le chant de Mario MOI est expressif et dramatique, l’accompagnement musical est majestueux. La seconde partie me fait penser à MUSEO ROSENBACH, le chant, la mélodie, la présence du mellotron et le piano ajoute à cette section  une fluidité appréciable. On assiste à une augmentation de l’intensité avec le travail du piano et du mellotron, suivi d’un court moment langoureux qui permet au groupe de revenir à la première partie. Le second titre « Alchemico Fiammingo » commence par un bref prélude doux de guitare et violon avant que le groupe aborde la première partie de façon assez joyeuse. Le deuxième partie offre un beau paysage instrumental avec la présence du violon qui traverse cette section. Personnellement j’aime beaucoup cette pièce.  « Il Cancello del Tempo » est la chanson la plus courte de l'album qui nous révèle une spiritualité romantique : l’orchestration des claviers est fabuleuse et la finale est superbe et poignante. « Lo Specchio Di Mogano » clôt l'album avec une autre exposition sonore ambitieuse, une sorte de synthèse des deux premières chansons savamment mélangée avec les airs modernes de la troisième. Il est à noter le travail gigantesque de l’instrumentation avec en particulier sur ce titre, la trompette, le jeu bien équilibré de la guitare et bien sûr les claviers. Et une généreuse mention à Mario MOI pour son chant totalement magique. 

 

UBI MAIOR relève avec brio le défi avec « Incanti Bio Meccanici », le groupe s’est imposé un haut degré de difficulté surtout en raison des vastes voyages musicaux qui composent l’album.  Ce « Incanti Bio Meccanici » est le disque idéal pour tous les collectionneurs de rock progressif qui se sentent nostalgiques de cette époque magique. Totalement recommandé !

Cote 4.5/5

 

 

Pistes

1. Teodora (20.44)
2. Alchemico Fiammingo (12.58)
3. I Cancelli del tempo (9.01)
4. Lo Specchio di Mogano (18.48)

 

Musiciens

- Mario Moi / Chant, Violon, Trompette
- Walter Gualtiero Gorreri / Basse
- Marcella Arganese / Guitares, Sitar
- Gabriele Dario Manzini (Archangel) / Claviers
- Alessandro Di Caprio / Batterie

TAYLOR’S UNIVERSE – From Scratch – Marvel of Beauty - 2015

Par Richard Hawey

 

Comme Robin TAYLOR le disait dans l’entrevue de Profil en 2013, TAYLOR’S UNIVERSE est sa priorité. On peut qualifier sa musique d’avant-gardiste, de progressive ou jazz-rock, il reste que la musique de cette formation reste accessible. Auteur jusqu’à maintenant de treize albums sous l’appellation TAYLOR’S UNIVERSE, Robin TAYLOR’S nous présente « From Scratch » paru en début d’année. Avec Robin  qui s'occupe des basses, claviers, guitares et percussions, l'album dispose de collaborateurs relativement constants comme Karsten VOGEL (saxophone, clarinette), Claus BOHLING (guitare), Thomas Thor Videro ULSTRUP (minimoog), Klaus THRANE (batterie), Finn OLAFSSON (guitares), Jakob MYGING (sax), Carsten SINDVALD (sax) et les chanteurs Jytte LINDBERG, Louise NIPPER et Jan FISHER. « From Scratch » inclue sept pistes de rock progressif, jazz fusion et styles avant-gardistes qui même si elle semble complexe demeure à la portée de plusieurs.

 

L’album ouvre avec « Other Meetings », ce titre s'installe sur une base mélodique simple tenu par la basse, le long solo de guitare agrémenté de wah-wah est tranchant. Puis le moog vient remplir nos oreilles de sonorités coulantes. C’est exactement ce que j’aime de TAYLOR’S UNIVERSE, ce petit côté accrocheur qui revient malgré la complexité de certaines compositions.  « Beta X » est plus baroque, un étrange mélange de free-jazz et d'avant-garde en introduction, puis ça ralenti avec les claviers accompagnés des percussions qui marquent le temps dans un environnement obscure. Quelques vagues de sax agrémentent cette partie très agréable. Le ton devient beaucoup plus sombre et menaçant sur « Balcony People », la guitare & le minimoog s’échange des politesses, l'énergie exprimée dans l'alternance de la guitare et solos de Mini-Moog me rappelle les ambiances de « Other Meetings ». « Interrail », est la piste la plus longue de l’album et c'est la seule piste TAYLOR joue toutes les guitares et il est à noter que Robin TAYLOR s’assoit derrière un second kit de batterie. La texture répétitive est simple, mais elle amènera une certaine forme de tension sombre comme dans un rêve. Les solos de sax incroyables de VOGEL méritent une mention très spéciale. Il faut aussi noter l’importance du jeu des choristes Jan FISCHER et Jytte LINDBERG qui apparait comme indispensable à cette composition. «Laura’s Lullaby » est une charmante tranche de pop jazz mettant en vedette le sax soprano très mélodique de VOGEL, tandis que le varié « Für Louise » commence avec des sons minimalistes avant d'éclater dans un amalgame de rock, jazz et prog chargé avec des solos de guitare savoureux d’OLAFSSON et de minimoog de ULSTRUP. « From Scatch » se termine avec l'obsédant « Autumn River », mettant en vedette rien d'autre que la guitare de BOHLING et les boucles de guitare EBowed de TAYLOR.

 

On pourrait croire que la multitude de réalisation que nous a offert Robin TAYLOR’S pendant les vingt dernières années aurait altérée sa création, et bien soyez rassuré ce n’est pas le cas. Avec « From Scratch », l’auteur nous offre une nouvelle série de compositions de très grande qualité peut importe le style, prog, jazz ou d’avant-garde.

Cote 4/5

 

 

Pistes

Dictionnaire

1. Other Meetings (5:17)
2. Beta X (7:32)
3. Balcony People (7:25)
4. Interrail (9:17)
5. Laura's Lullaby (2:56)
6. Für Louise (5:09)
7. Autumn River (6:57)

 

Musiciens

Karsten Vogel / saxophone, clarinette
Claus Bøhling / guitares
Thomas Thor Viderø Ulstrup / Minimoog
Robin C. Taylor / basse, guitares, claviers, percussion
Klaus Thrane / Batterie
Avec:
- Finn Olafsson / guitares
- Jakob Mygind / saxophone
- Carsten Sindvald / saxophone
- Jytte Lindberg / vocals
- Louise Nipper / vocals
- Jan Fischer / vocals



THE TANGENT – A Spark in the Aether – InsideOut - 2015 

Par Denis Boisvert

 

TILLISON nous revient avec ce qui se veut la deuxième partie de ‘The Music That Died Alone’ de 2003. Le groupe est plus compact, on ne fait plus dans la dentelle symphonique mais bien dans le rock un peu acerbe (par les paroles)  et avec les touches de jazz auxquelles nous a habitué ce compositeur. On reconnaîtra l’art de la couverture d’UNITSKY.  JACKSON est devenu Théo TRAVIS et STOLT est remplacé, très bien d’ailleurs, par Luke MACHIN. La thématique est un peu basée sur la culture américaine comme un britannique l’a connue via la télévision et le cinéma.

 

Essentiellement « A Spark in the Aether » tient très bien la route, on est en terrain familier, les passes d’orgues grasses sont remarquables, les musiciens très accomplis. J’ai aimé le va-et-vient entre le rythme quasi R&B et les moments plus cinématiques. La pièce maîtresse est sans contredit ‘The Celluloid Road’ un montage magnifique de clins d’œil aux icônes américaines agrémenté de clips audio d’époque et qui fait près de 22 minutes (tout un côté de LP pour les anciens). L’autre moment assez fascinant vient de « Aftereugene » une belle variation sur le classique de Pink Floyd, puissant et psychédélique qui captera votre attention même à l’écoute distraite. L’apport de Théo Travis (un spécialiste de Shostakovich soit dit en passant) aux flûtes puis aux saxos avec le fameux cri en apothéose est superbe. Les deux parties de la pièce titre ‘A Spark in the Aether’ sont plus rock et faites pour le concert. Il n’y a pas de pièces faibles.  On sent que les musiciens s’amusent. 

 

Vous en aurez certainement pour votre argent. Un très bon album. Aussi bon que le premier volume. Le prog n’est pas en train de mourir et Andy TILLISON est un très bon conservateur.

Cote 4.5 sur 5

 

Pistes:

1. A Spark in the Aether (4:20)
2. Codpieces and Capes (12:34)
3. Clearing the Attic (9:34)
4. Aftereugene (5:47)
5. The Celluloid Road (21:36)
6. A Spark in the Aether (Part 2) (8:15)

Musiciens:

Andy Tillison: claviers et voix
Luke Machin: guitare
Jonas Reingold: basse
Theo Travis: saxophones et flûtes
Morgan Agren: batterie


LA COSCIENZA DI ZENO - La Notte Anche di Giorno - Fading Records - 2015

Par Philippe André

 

Ce troisième effort discographique du sextet genois LA COSCIENZA DI ZENO(qui n'en est plus un nous verrons plus loin pourquoi.....) risque fort de faire du bruit dans le landerneau progressif international, tant il contient une intense coloration mélodique alliée à une moelle musicale toute proche des sommets.

 

L'approche schématique du cd est toute simple, deux suites de plus de vingt minutes exposées chacune en plusieurs tableaux, la première la plus longue comporte six parties et la seconde en compte quatre ; ce qui saute aux yeux où plutot aux oreilles dès l'écoute initiale c'est la place prépondérante accordée au chant par rapport aux deux disques antérieurs, je dirais tout de go aucun souci tant Alessio CALANDRIELLO est un vocaliste doté d'un talent rare. Les morceaux sont tous enchainés comme dans toute œuvre conceptuelle qui se respecte. L'album dure un petit peu moins de quarante cinq minutes comme au bon vieux temps du vinyle ce qui est parfait dans le cas présent, un album facile à écouter, une musique qui coule de source, illuminée par le nouveau venu Domenico INGENICO, violoniste de son état, voilà pourquoi le groupe n'est plus un sextet mais bien un septuor si vous préférez ne pas mélanger, c'est donc ce violon le roi de la fête, tour à tour plaintif, caressant, dansant et entrainant mais jamais bavard inutilement.

 

Les autres instruments, que ce soit la guitare de Davide SERPICO ou les multiples claviers de Stefano AGNINI et de Luca SCHERANI sont peu mis en avant (une belle intervention du moog quand même dans le titre introductif & une autre dans le troisième « Libero Pensatore »), pas de soli débridés par ci, pas de déluges claviéristiques par là, ils sont simplement utilisés dans une pure tradition progressive souvent en assise mélodique qui donne toute sa saveur à cet opus de LA COSCIENZA DI ZENO.

 

Une excellente galette, candidate avérée pour un top 10 dans quelques mois.

Cote : 5/5

 

Pistes :

I. Giovane Figlia (23:59)

1. A Ritroso (5:26)

2. Il Giro del Cappio (5:22)

3. Libero Pensatore (5:12)

4. Quiete Apparente (1:37)

5. Impromptu pour S.Z. (1:10)

6. Lenta Discesa all'Averno (5:12)

II. Madre Antica (20:08)

7. Il Paese Ferito (5:52)

8. Cavanella (3:09)

9. La staffetta (4:01)

10. Come Statua di Dolore (7:06)

 

Musiciens :

Gabriele Guidi Colombi - Basse

Andrea Orlando - Batterie

Stefano Agnini - Claviers

Alessio Calandriello - Chant

Davide Serpico - Guitare

Luca Scherani (Hostsonaten) - Claviers

Domenico Ingenico - Violon, Mellotron

Avec:

Simona Angioloni (Hostsonaten, Aries) - Chant

Joanne Roan (Hostsonaten) - Flute

Quatuor de violon

 

BEARDFISH – +4626 Comfort Zone – Inside Out - 2015 

Par Denis Boisvert

 

Débutons d’emblée par le titre. Le+4626 correspond à l’indicatif régional du patelin du groupe, la zone de confort elle fait référence à cette tendance naturelle de se cacher derrière nos habitudes prudentes au risque de sclérose possible. Donc un album concept.

 

Il est difficile de ne pas aimer ces sympathiques suédois qui continuent de produire un joli mélange de progressif éclectique puisant tantôt métal léger, tantôt ironie zappaesque et cet entraînant jazz rock. Des paroles sans prétention mais proche du commun des mortels. De bruyants troubadours par moment et des ados arrogants par d’autres.  Bienvenue dans l’univers de Beardfish.  En belle continuité de Mammouth en passant par The Void, 4626 ne déçoit pas. J’apprécie la basse bondissante de Hansen toujours là. ‘Hold On’ est prototypique et ma préférée, ‘Comfort Zone’ nous offre une guitare frippienne à la Red par moment. Les claviers de Sjöblom n’ont rien de grandiose mais donne cet atmosphère de piano cabaret qui nous relaxe et détend à la fois. On voit que les gars s’amusent. ‘King’ débute comme REM et bifurque en gothique. The One Inside en trois parties à des airs de ballade mais est riche et poignant avec des soupçons de Pink Floyd. La pièce épique est certainement ‘If We Must Be Apart’ une montagne russe d’harmonies, de petits bouts inventifs, du prog mature et solide.

 

Le plaisir croit avec l’usage, vous vous surprendrez à chantonner quelques refrains. Les moments bruyants me rappelle une citation de Arjen Lucassen ‘J’aime écouter le prog mais j’aime jouer le Métal’. Décidément de la musique qui vous fait se sentir bien et qui n’est pas simpliste.  Une autre addition de ce groupe en belle vitesse de croisière. Essayez pour entendre…

Cote 4 sur 5

 

Pistes:

1. The One Inside Part 1: Noise in the Background (1:47)
2. Hold On (7:47)
3. Comfort Zone (9:34)
4. Can You See Me Now (3:44)
5. King (5:43)
6. The One Inside Part 2: My Companion Throughout Life (4:05)
7. Daughter / Whore (5:22)
8. If We Must Be Apart (A Love Story Continued) (7:20)
8. Ode to the Rock 'N' Roller (15:34)
10. The One Inside Part 3: Relief (4:33)

 

 

Musiciens:

Rikard Sjöblom: voix et claviers
David Zackrinsson : guitares
Robert Hansen : basse
Magnus Östgren : batterie


LAGARTIJA – Amore di Vinile – Lizard Records 2014

Par Richard Hawey

 

LAGARTIJA est un groupe italien que je connais depuis leur album précédent « Particelle » sorti en 2011. Le groupe s’est formé en 2008 et leurs influences ne sont pas celles de la majorité des groupes italiens. Musicalement LAGARTIJA offre des sonorités fascinantes, un peu comme un caméléon leur musique peut être changeante mais reste toujours raffinée. Ils sont un exemple de rock progressif italien moderne avec une touche proche des caractéristiques du prog italien mais ce qui fait la grande différence c’est l’instrumentation souvent coulante, un mélange d’acoustique et d’électrique savamment préparé pour nos oreilles.

Très peu de gens connaisse le groupe LAGARTIJA, « Amore di Vinile » est leur troisième album précédé du fameux « Particelle ». L’attente a pour ma part été récompensé « Amore di Vinile » est tout sauf semblable à leur précédent avec tout de même la même base. Il est facile pour un auditeur de tomber en amour avec cette nouvelle mouture de LAGARTIJA. Cet album voit le groupe dans un univers plus fluide et contemplatif, c’est un environnement cool sans fioritures qui garde l’essentiel. Il y a tout de même des moments plus relevés comme sur « Fermo » et même la pièce titre qui ouvre l’album. Mais de façon général l’ambiance est rêveuse comme sur « Ferrovia » ou « Ottobre ».  « Anomalies » qui clos « Amore di Vinile » est légèrement plus longue et offre un développement surprenant avec sa finale à la WILSON. Ce que l’on pourrait reprocher aux musiciens c’est le manque de moment fort avec quelques pointes plus tranchantes mais c’est un bien petit défaut. J’aime ce disque et cela pour plusieurs raisons, je commencerai par la voix de Sara ALIANI qui est très attachante et naïve, le travail des guitares de Marco LIBÈ et Andrea POGGI sont nuancées et délicat. Le jeu à la batterie de Michele MOLINARI qui nous montre un musicien doué et le saxophone tenu par Christian PIGA cadre très bien avec l’ensemble. Il arrive à l’occasion que l’on puisse qualifier un groupe progressif de raffiner, LAGARTIJA en est un.

 

LAGARTIJA  est une valeur sûre pour la musique progressive et la musique dans sa généralité. « Amore di Vinile » est un album qui n’a pas de date de péremption, vous pourrez l’écouter dans dix ans et rien n’y paraitra. J’ai bien hâte de découvrir le prochain, j’ai un doute qu’il nous surprendrons à nouveau.

Cote 4/5

 

Pistes

1. Amore di Vinile (4 :43)
2. Ferrovia (4 :13)
3. Ottobre (3 :12)
4. E' Già da un Pò Che Cadono le Foglie (3 :59)
5. Fermo (4 :42)
6. Psiche (4 :39)
7. Carnale (3 :12)
8. Anomalie (6 :59)

 

Musiciens

- Sara Aliani / Chant, basse, Fender Rhodes
- Michele Molinari / Batterie, trompette
- Andrea Poggi / Guitares semi-acoustiques, orgue Farfisa , Fender Rhodes, chant sur 4 - 7
- Marco Libè / Guitares, Fender Rhodes
- Cristian Piga / saxophone
- Alessandro Austoni / Guitare semi acoustique sur 1


PYMLICO – Guiding Light – Autoproduit - 2014

Par Denis Boisvert

 

Voici un autre(!) groupe norvégien. Ils nous proposent déjà un troisième album. Avis aux aficionados, il s’agit d’un album instrumental qui vous tiendra en haleine et qui m’a fait ouvrir les yeux.  Quelle énergie! Quelle passion! Un batteur solide, des lignes de basses étonnantes et une brochette de pièces toutes aussi fascinantes l’une que l’autre.

 

Fruit de la créativité d’Arild BRØTER ce groupe qui produit régulièrement (3ième album depuis 2011) et qui se campe définitivement dans la nouvelle génération aurait pris son nom de la station de train qui mène à l’usine représentée sur la pochette d’Animals de Pink Floyd. On les a classé cross-over mais ils sont plutôt éclectiques mon humble avis. Vous découvrirez une musique qui valse d’un tempo à l’autre avec une ambiance monumentale.  Les sonorités se pourchassent, les synthés sont dosés à merveille.  On retrouve au fil de l’album un peu de la pompe et de la grandiosité d’ELP, des incursions iconoclastes de King Crimson mais aussi des rythmes orientaux, des claviers séquencés, des guitares acides et des atmosphères jazz.  Les moments psychédéliques sont fréquents mais ce qui frappe le plus c’est la cohésion de l’ensemble, la force des thèmes mélodiques et toutes ces belles dentelles que le seul le prog nous offre.  Pour vous donner une idée, écoutez « Piz Gloria »,  un rythme endiablé et des variations musclés.  Les touches de saxophone tiennent un peu lieu de la trame lyrique et ceci est magnifiquement exprimé sur la pièce « Neptune » un opus de 11+ minutes. La guitare et le saxophone conversent longuement dans une atmosphère de cabaret enfumé aux lumières tamisées puis on accélère en tournant pour se revenir au leitmotiv du début. Superbe. « The East Side » est un autre bijou. L’ouverture de saxophone chevrotant met la table pour une belle lancée avec des motifs de piano une batterie décontractée et des synthés flottants.

 

Définitivement leur meilleur album à date. Une belle maturité, des pièces émouvantes! Moi qui n’accroche pas toujours aux albums instrumentaux, j’ai été séduit.  Pour l’instant dans mon palmarès de 2015.  A écouter absolument.

Cote  5/5

 

Pistes:

1. A Day Out (3:52)
2. Sounds of the City (6:43)
3. The East Side (7:47)
4. Wanderlust (5:40)
5. Bobcat (6:28)
6. Piz Gloria (6:24)
7. Neptune (13:48)

 

Musiciens:

Arild Brøter: Batterie, claviers et guitares acoustiques
Øyvind Brøter / Orgue, claviers, piano

 

Avec:
Axel Toreg Reite: Basse
Mads Tvinnereim Horn, Geir Anders Haugen, Mattias Krohn Nielsen, Felix Martin: Guitares
Julie Falkevik Tungevåg, Einar Næss Haugseth, Knut Bjørnar Hillersøy: Claviers

Ivan Mazuze: Saxophones,Even Kruse Skatrud: Trombone, Larry Salzman: Percussion

Vilde Badendyck Katralen: Voix


GRAND TOUR - Heavy on the Beach – Grand Tour Music Recordings 2015

Par Philippe André

 

Il aura fallu sept ans à Hew MONTGOMERY et ses compatriotes écossais pour donner naissance au premier album de GRAND TOURet le moins que l'on puisse dire est qu'ils ont gâté les auditeurs potentiels avec un opus qui dépasse les soixante treize minutes !

 

Petit rappel historique (comme j'aime à le faire...), Hew MONTGOMERY fut l'un des membres fondateurs d'ABEL GANZ en 1980 et Joe CAIRNEY l'emblématique chanteur de COMEDY OF ERRORS depuis 1984 (il l'est d'ailleurs toujours) ; Mark SPALDING et Bruce LEVICK sont aussi musiciens de COMEDY OF ERRORS depuis 2011. Nous sommes donc en présence de musiciens accomplis, nantis d'une expérience du néo progressif à la britannique que beaucoup sont susceptibles de leur envier, et avec  le bagage technique qui est le leur, ils n'avaient pas le droit à l'erreur ! Et rassurez vous chers auditeurs et lecteurs, la satisfaction pleine et entière est incontestablement au rendez vous. Coté voix si vous appréciez la tessiture vocale de Joe CAIRNEY avec COMEDY OF ERRORS, nul doute que vous l'apprécierez avec GRAND TOUR, une voix douce et même doucereuse par moment, légèrement trainante (quasi normal pour un écossais) agrémentée d'un large spectre qui monte haut dans les aigus, une voix reconnaissable entre mille et ça c'est vraiment un plus.

 

Coté musique, rien à redire non plus, même si chacun aura et c'est logique ses préférences pour tel ou tel morceau. Du court (moins de cinq minutes) "It Come to This" introductif et emphatique à souhait avec des choeurs poignants au péplum conclusif "The Grand Tour part two"(avec un final d'une puissance émotionnelle majeure) il n'y a RIEN à jeter sur cet album, ce qui est extrêmement rare et mérite donc d'être souligné. Mes suffrages personnels iront vers "Time Runs Out" pour le travail et la fluidité guitaristique proposée par Mark SPALDING tout au long du morceau et les arrangements de claviers de Hew MONTGOMERY fortement réminicents du ABEL GANZ des eighties ; puis vers "Little Boy and the Fat Man" le seul instrumental de l'album d'une flamboyance rarissime, une magnifique réussite mélodique et artistique.

 

Ensuite le navire écossais se dirige vers "On the Radio" illuminé par le chant poignant et tout en retenue de Joe CAIRNEY, les parties de claviers de Hew MONTGOMERY sont superbes et inventives (mellotron en nappes épaisses, moog en solo débridé), la guitare de Mark SPALDING l'est tout autant, altière et ouatée, lyrique et passionnée, nous atteignons le nirvana musical avec ce morceau, à écouter et à réécouter jusqu'à plus soif....... Le plus nerveux et plus musclé titre éponyme "Heavy on the Beach" avec une belle intro à la guitare basse et au mellotron  (probablement échantillonné ?) continue dans la même veine, mélodicité et tonicité vont de pair, Joe CAIRNEY reprenant le phrasé vocal que nous lui connaissons dans COMEDY OF ERRORS, un degré  en dessous du titre précédent, de grande qualité quand même au plein sens néo progressif du terme.

 

Les titres du second album de GRAND TOURsont déjà majoritairement composés, et c'est là que j'enverrais une requête vers Hew, Joe, Mark et Bruce, laissez nous respirer après ce superbe premier album que chacun puisse assimiler au mieux la richesse, les tours et les détours de cette oeuvre, un magnum opus qui devrait figurer tout en haut de l'affiche pour cette année 2015.

Cote 5/5 

Pistes :

01. It's Come to This (4:58)

02. The Grand Tour part one (8:28)

03. Time Runs Out (9:36)

04. The Horn of Plenty (5:51)

05. Little Boy and the Fat Man (7:46)

06. On the Radio (11:30)

07. Heavy on the Beach (11:17)

08. The Grand Tour part two (14:25)

 

Musiciens :

Hew Montgomery - claviers, basse, choeur

Bruce Levick - batterie et percussion

Mark Spalding - guitares

Joe Cairney - chant


À venir : Une entrevue avec Hew MONTGOMERY


ASTURIAS - Elementals - Asturias records - 2014

Par Philippe André

 

Un petit tour au pays du soleil levant et c'est la première fois que j'y voyage pour Profil. Vous aimez la musique instrumentale ? C’est bon vous pouvez rester.....Dans le cas contraire, bonjour chez vous, à la prochaine fois....... J'exagère un peu mais ASTURIAS produit une musique totalement sans vocaux donc par déduction pas de rythmes entrainants par ici, pas de refrains qui tuent par là et par voie de conséquence difficile de susciter des passages radiophoniques, hormis sur votre radio québécoise préférée ou sur un autre média équivalent. Petit rappel historique, ASTURIAS existe depuis 1987 sous la houlette du multi instrumentiste Yoh OHYAMA et a fait paraitre à l'époque trois albums sur King Records, célèbre label nippon, ASTURIAS étant considéré alors comme la réponse japonaise à Mike OLDFIELD. Puis OHYAMA, qui demeure avant tout un créateur s'engagea dans un trip de quartet acoustique pour les deux albums suivants qui n'ont pas grand chose en commun avec les trois précédents et encore moins avec les deux plus récents dont celui qui nous intéresse ici, ouf ça va vous suivez ?

 

"Elementals" qui représente les quatre éléments (l'eau, le feu, le vent et la terre) est la suite logique de "Fractals" paru en 2011 avec les mêmes musiciens et les mêmes ingrédients musicaux bien sur, le mimétisme allant jusqu'à proposer une suite en plusieurs parties pour clore les albums qui sont de plus d'un minutage approchant. Alors de qui peut-on rapprocher ASTURIAS, à part d'eux mêmes justement ? Réponse facile même si je ne suis pas un musicologue professionnel, de tout le progressif japonais depuis trente ans puisque de nombreuses formations utilisent un ou une violoniste, je nommerais donc OUTER LIMITS, MIDAS ou les plus récents KBB ou FANTASMAGORIA (à noter que Miki FUJIMOTO leader et violoniste de cette formation a joué sur scène avec ASTURIAS il y a une petite décennie).

 

Quelques pointes de jazz rock ornent cet album, principalement deux titres "Time Traveller" et "Honeycomb Structure" que n'auraient pas renié des combos comme KENSO ou AIN SOPH. Vous dire que nous sommes ici au top de la beauté musicale est un peu "bateau", il suffit de voir ma cotation de l'album pour vous en rendre compte, du titre d'ouverture "Deadlock Triangle" bien musclé et éclairé bien entendu par le violon de Tei SENA à la partie finale de la suite "Elementals" sous titrée "Earth Elemental" tout ici est volupté, somptuosité et tous les autres adjectifs similaires qui vont avec.

 

Du grand, du très grand rock progressif............instrumental.......... vous ne pourrez pas dire que vous n'avez pas été prévenu.

Cote 5/5

 

Pistes

01. Deadlock Triangle (6:04)

02. Time Traveler (9:09)

03. Tangram Paradox (5:07)

04. Honeycomb Structure (5:44)

05. Suite of "Elemental" (28:42)

- Undene: Water Elemental (8:18)

- Salamander: Fire Elemental (6:34)

- Sylphide: Wind Elemental (8:06)

- Gnome: Earth Elemental (5:48)

 

Musiciens

Satoshi Hirata - Electric Guitar

Tei Sena - Violin

Yoshihiro Kawagoe - Keyboards

Kiyotaka Tanabe  - Drums

Yoh Ohyama - Bass Guitar

 

NDLR : Une entrevue est prévue avec le leader d’ASTURIAS, Yoh OHYAMA. C'est pour bientôt.


NAVIGATOR - Phantom Ships – Autoproduction 2014

Par Philippe André

 

NAVIGATOR existe depuis l'été 1998 sous forme d'un trio avec Marcangelo PERRICELLI, Rob THURMAN et Michael SORO qui sont tous trois encore dans le groupe aujourd'hui ; 'Phantom Ships"  est le troisième album du quintet étatsunienet sans faire injure à ces musiciens, nous devons avouer bien humblement que les deux premiers opus de 2002 et 2006 sont plutôt passés inaperçus ici au Québec comme ailleurs.

 

Ces bateaux fantomes débutent ni plus ni moins par le plus long titre de l'oeuvre "Life" et ses dix sept minutes avec un chant omniprésent dès les premières mesures, pas le temps d'apprécier la technicité des instrumentistes, c'est plutôt surprenant et surtout inhabituel au sein de la musique progressive ; il faudra trois minutes à NAVIGATOR pour rendre la priorité à l'instrumentation et à ses solistes, ce péplum s'avérant bien équilibré entre passages chantés et passages instrumentaux, un titre qui malgré sa longueur ou grâce à elle s'écoute sans effort (à noter le chant très collinssien de Marcangelo PERRICELLI dans la seconde moitié........."Wind and Wuthering" n'est pas aussi loin que cela). Reprenons notre respiration et passons à la suite avec des morceaux plus courts mais tous aussi passionnants que le titre d'ouverture ; "Open Air" est superbe, nimbé dans un écrin de six cordes qui le rapproche de MOTH VELLUM (pour ceux qui s'en souviennent), beaucoup chanté certes mais bien chanté donc un dièse appuyé pour ce titre, mon péché mignon.

 

"Burned" est radiophonique et aisément fredonnable avec des éclairs de moog bien léchés, l'instrumental "Beautiful River" est beau comme une rivière qui coule !!! paisiblement dans la campagne avec un excellent travail à la guitare basse du nouveau venu Rick CATANESE et les arpèges soyeux de Michael SORO le soliste six cordistes. "Now That You're Gone" continue dans la même verve mélodique, remarquablement porté par le chant posé et reposant de Marcangelo, sa panoplie de claviers se chargeant de faire éclore à nos oreilles un progressif ouaté et chaloupé, accessible et d'un incroyable lyrisme, Michael SORO clôturant l'ensemble d'un beau solo de guitare."Snow Angel" est lui aussi une invitation au voyage genesisssien, on s'y croirait, délicat, sans artifice, ces gars là ont tout compris, un rappel d'importance, nous parlons ici du GENESIS postgabrielien.

 

Avant de partir voguer sur les océans, NAVIGATOR nous offre un grand détour par le second épic du disque, l'éponyme "Phantom Ships" introduit par le cri des mouettes qui laisse la place aux arpèges de six et de douze cordes, ceux ci installent un climat de douceur bienveillante jusqu’à environ la moitié du morceau avant que l'électricité ne revienne sur le devant du bateau, le gouvernail mouline dans tous les sens, les claviers en fusion distillent à profusion des thèmes enchevetrés dans lesquels nous nous noyons avec avidité.........Retour au calme pour les cinq dernières minutes, (mais bon sang mais c'est bien sur) NAVIGATORavec quelques semaines de retard clôt l'année 2014 de très brillante manière avec une efficacité digne des plus grands.

Cote : 5/5

 

 

Pistes :

1. Life (17:04)

2. Open Air (8:22)

3. Burned (5:44)

4. Beautiful River (5:43)

5. Now That You're Gone (7:59)

6. Snow Angel (5:18)

7. Phantom Ships (13:27)

8. Rinascimento (2:01)

 

Musiciens :

Rob Thurman - drums, percussion

Michael Soro - guitars, keyboards

Rick Catanese - basses, bass pedals

Marcangelo Perricelli - keyboards, vocals

 

DAVE BAINBRIDGE – Celestial Fire – Open Sky Records 2014

Par Richard Hawey

 

Pour son deuxième album solo, Dave BAINBRIDGE, guitariste du groupe celtique progressif IONA, souhaitait explorer son autre instrument de prédilection, le clavier. Il en profite d'une part pour toucher un peu à tout, que se soient les percussions plus ou moins exotiques comme le Darbukka (Maghreb, Moyen Orient), ou des cloches indiennes, le Bouzouki (luth grec) ou encore la mandoline. D'autre part, il a convié de multiples intervenants tels que Randy GEORGE, bassiste habituel de Neal MORSE et Troy DONOCKLEY, ancien partenaire d’IONA, à la cornemuse irlandaise. Si une large place est laissée aux différents instruments avec bien sûr le clavier et la guitare joués par Dave BAINBRIDGE lui-même, le chant a souvent l'occasion de se poser sur les mélodies dont il a le secret. Ainsi, on reconnaitra à de nombreuses reprises la voix de l'incontournable Damian WILSON ou encore le chant de Sally MINNEAR (fille de Kerry MINNEAR de Gentle Giant).


Le goût pour la musique celtique déjà fortement présente dans son groupe, s'exprime dès le titre liminaire 'Heavenfield' grâce à une cornemuse plaintive à souhait. On retrouvera ces accents plusieurs fois au cours de l'album. Mais l'artiste britannique souhaitait également rendre un vibrant hommage aux groupes phares du rock progressifs de sa jeunesse. C'est choses faite puisque de nombreux passages évoquent Gentle Giant, Yesou encore Mike Oldfield. Le long titre éponyme 'Celestial Fire' conjugue d'ailleurs parfaitement ces deux principales sources d'inspiration. Ensuite, selon les titres et les passages, c'est tour à tour le rock progressif, plus ou moins nerveux, plus ou moins aérien ou bien l'esprit celte qui s’exprimera. Le tour de force de cet opus consiste justement en cette capacité qu'a le guitariste à mêler ses deux univers pour en faire une musique assez personnelle et globalement prenante. Le choix des chanteurs et chanteuses est particulièrement pertinent puisqu'il renforce ces deux aspects dans une subtilité qui touche au sublime à divers moment. 'In This Moment' est riche de cette diversité et du lyrisme dont sont capables le compositeur comme les interprètes. 'Innocence Found', morceau plus court, a des allures de musique de film. Il évoque Adam et Ève au jardin d’Éden et la magie que nous évoque cette histoire que nous connaissons tous. Au final, chaque titre possède des moments magiques et des mélopées envoûtantes et superbement écrites. 'On The Edge Of Glory' conclut l'album en nous ramenant dans les paysage merveilleux de l'Écosse ou de l'Irlande au son des cornemuses et des choeurs, laissant un goût de poésie et d'apaisement.


Dave BAINBRIDGE délivre une œuvre très aboutie, superbement interprétée et d'une grande richesse. L'univers celtique est magnifié dans un registre à la fois progressif et vaporeux. Ce subtil travail de composition et d'assemblage entre les atmosphères, les instruments et les voix confère une personnalité forte à "Celestial Fire" qui devrait s'apprécier encore davantage en étant pris comme une entité indivisible.

Cote 4.5/5

 

NDRL : Je vous invite à lire l’entrevue que j’ai réalisée avec Dave BAINBRIDGE quelque temps après la sortie de « Celestial Fire ». Elle sera publiée dans les prochains jours.

 

Pistes

1. Heavenfield (1:05)
2. Celestial Fire (15:18)
3. See What I See (6:03)
4. The First Autumn (4:03)
5. For Such a Time as This (10:30)
6. Innocence Found (5:51)
7. Love Remains (13:03)
8. In The Moment (14:23)
9. Heavenfield Reprise (0:47)
10. On The Edge of Glory (3:07)

 

Musiciens

- Dave Bainbridge (Iona) / 6 and 12 String Electric & Acoustic Guitars, Bouzouki, Mandolin, Piano, Organ, Keyboards, Autoharp, Finger Cymbals, Darbukka, Chimes, Indian Leg Bells, Beer Shaker, Tambourine, Backing Vocals
With:
- Collin Leijenaar (Neal Morse, Jordan Rudess, Affector) / Drums, Mellotron Choir
- Randy George (Neal Morse, Alan White) / Bass Guitars, Taurus Bass Pedals
- Gabriel Alonso / Gongs, Timpani, Percussion, Cymbals, Gongs, Crotales, Shaker
- Damian Wilson (Threshold, Headspace, Rick Wakeman, Landmark) / Vocals
- Sally Minnear / Vocals
- Yvonne Lyon / Vocals
- Julia Malyasova / Vocals
- Joanne Hogg (Iona) / Ethereal Vocals
- Frank van Essen (Iona) / String Ensemble, solo Viola, solo Violin
- David Fitzgerald (Iona) / Tin Whistle, Flute, Chinese Flute, Soprano, Alto, Tenor and Baritone Saxes
- Andrea Alonso / Vocals
- Debbie & Evie Bainbridge / Backing Vocals
- David Lyon / Backing Vocals
- Graeme Duffin / Backing Vocals
- Troy Donockley (Nightwish) / Uilleann Pipes, E Low Whistle and D High Whistle
- Martin Nolan / Uilleann Pipes, Tin Whistle
- Todd Reynolds / Solo Electric Violin
- Corinne Frost / Cello


UNITED PROGRESSIVE FRATERNITY – Fall in Love with the World – Inside Out 2014

Par Richard Hawey

 

Après la séparation d'UNITOPIA, Mark TRUEACK, le chanteur à la voix magique du groupe a réuni autour de lui trois de ses anciens coéquipiers, David HOPGOOD (batterie), Tim IRRGANG (percussions) et Matt WILLIAMS (guitare) pour former la  base de son nouveau projet nommé UNITED PROGRESSIVE FRATERNITY. Trois musiciens loin d'être des inconnus sont venus renforcer cette base : Dan MARSH à la basse (Maschine, The Tangent), Marek ARNOLD aux saxo, clarinette et claviers (Seven Step To The Green Door, Toxic Smile) et Guy MANNING aux claviers, guitares, etc... (Mannning, The Tangent). Pour parfaire les présentations, ajoutons la participation de quelques célébrités telles que Jon ANDERSON, Steve HACKETT, Claire VÉZINA et Steve UNRUH, pour ne citer que les plus connues. Avec un tel line-up UPF aurait pu tomber dans la copie d'UNITOPIA ou dans une démonstration technique infructueuse, mais ce n’est pas ce qui s’est passé.

 

Dès les premières secondes d'écoute nos doutes ou nos soupçons se dissipent. « We Only Get One World » ouvre l'album sur une sonorité de flûte orientale, et prend progressivement une richesse symphonique avec l'apparition de chœurs et d'un orchestre mystifiant de réalisme. Cet instrumental d'ouverture nous emmène pendant quatre minutes dans un voyage purement imaginaire. Le timbre particulier de la voix de Mark TRUEACK nous incite au rapprochement avec UNITOPIA, c’est évident, mais elle est aussi empreinte de sensibilité tout au long des huit compositions. Percussions, flûtes, sons de nature et voix off lancent « Choices » qui prend un ton oriental très rapidement. Le titre embrasse les ambiances et les sonorités à grande vitesse sans donner l’impression de vous en mettre plein la vue tant tout cela coule de source. « Intersection » poursuit presque « Choices » au saxophone et percussions, mais le titre se construit rapidement autour d’un refrain magique et accrocheur avec son « Hello, hello, hello… », très simple. A plus de la moitié du morceau, un rebondissement relance la machine, une minute instrumentale bénie qui transforme un beau titre en merveille. Il y a aussi « The Water » avec Jon ANDERSON qui est relativement courte mais très efficace, cette chanson revient à la fin en version légèrement allongée. Suivant « Don’t Look Back, Turn Left » qui plaira à certains, c’est la suite « Travelling Man » qui malgré la douceur de son ouverture, on se réveille assez vite et le ton se durcit sur le refrain. C’est une chanson qui nous offrent des claviers symphoniques à souhait, avec une légère touche orientale, un petit côté SAGA à la rentre dedans. Malgré cette description un peu décousue, l’écriture d’UPF est réellement magnifique et cohérente, elle vous fera plaisir à écouter avec un final magistral. Et puis on finit par « Religion of War », un titre étonnant, nettement moins dans la lignée du reste de l’album, assez direct, facile, grand public, pop rock mais pas désagréable du tout.


Ce premier album d'UPF aurait pu sortir sans choquer sous le nom d'UNITOPIA tant l'âme du défunt groupe est présente. La foudre de l'inspiration créatrice semble avoir frappé TRUEACK & Cie pour la plus grande joie de l'amateur de prog imaginatif et bien ficelé. "Fall In Love With The World" est un magnifique plaidoyer pour l'amour de notre planète servi par un son d'une grande qualité. Très recommandé!

Cote 4.5/5

 

Pistes

1. We only get one world (Overture) (4:02)
2. Choices (8:32)
3. Intersection (8:59)
4. The water (5:22)
5. Don't look back - Turn left (5:37)
6. Travelling man (The story of ESHU) (21:42)
7. Fall in love with the world (4:35)
8. Religion of war (3:50)
9. The water (alternative mix - bonus track) (5:47)

 

Musiciens

- Mark Trueack / chant
- Matt Williams / guitare, basse, chant
- Guy Manning / guitare, claviers, chant
- David Hopgood / batterie, chant
- Tim Irrgang / percussion
- Marek Arnod / saxophone, flutes, piano, claviers
- Dan Mash / basse, chant

Invités:
- Jon Anderson / chant
- Guillermo Cides / chapman stick
- Ian Ritchie / sax, flute
- Jon Barrett / basse fretless
- Steve Hackett / guitares
- Steve Unruh / Violon
- Holly and Brittany Trueack / chant
- Claire Vezina / chant français et anglais


PALLAS - Wearewhoweare – Autoproduction 2014

Écrite par Philippe André

 

Vieux fan de PALLAS depuis le premier album du groupe "The Sentinel" en 1984 et extrêmement déçu par le 'XXV" de 2011 que je n'ai jamais réussi à écouter en intégralité, je me demandais bien ce que pouvait nous réserver ce "Nous sommes ce que nous sommes" ? Les extraits proposés sur le site du groupe laissaient augurer du meilleur et j'ai donc commandé de facto l'album en version digibook. Alors docteur qu'en est il de l'état de santé musicale de PALLAS ? Réponse du docteur mitigée : de l'excellent et du moins bon........on va dire deux tiers/un tiers pour ne blesser ni ne vexer personne et surtout respecter le choix des musiciens qui ont voulu donner le meilleur d'eux mêmes suivant leur propre ressenti et leur propre conception de leur musique.

 

Pour le modeste chroniqueur lambda que je suis, mes préférences vont au titre introductif "Shadow of the Sun" incontestablement l'un des meilleurs titres composés par le quintet écossais durant leur longue carrière, avec l'énorme basse de Graeme MURRAY, le chant possédé de Paul MACKIE (lui qui m'avait franchement laissé sur ma faim dans l'album précédent) et les claviers emphatiques de Ronnie BROWN qui mènent la danse, du néo prog du plus haut niveau, magnifique. "New Life» malgré sa brièveté (moins de cinq minutes) est tout aussi passionnant et met en valeur la guitare de Niall MATHIEWSON, un titre lent mais prenant d'un bout à l'autre ; "Harvest Moon" morceau pour lequel je n'avais pas accroché à la première écoute, lui aussi sur un tempo lent, s'avère un bon cru bien dans la lignée des compositions pallassiennes avec une trame rythmique fortement électro, surprenant ? Non pas pour votre serviteur..... .

 

"And I Wonder Why" continue sur le même mid-tempo comme s'il s'agissait de la part-two du titre précédent avec une guitare beaucoup plus incisive et volontairement plus sale qui racle sévère, certainement un futur classique pour la scène ; nous terminerons avec le morceau conclusif "Winter is Coming" le plus symphonique de l'œuvre présentée ici, qui se rapproche du titre d'ouverture par sa puissance et sa force lyrique, un titre où tous les instruments se mettent à l'unisson pour nous offrir le meilleur.... Quid des trois morceaux intermédiaires (5/6/7) ? "Dominion" après quatre écoutes attentives, je n'accroche pas.........manque d'une ligne mélodique peut être, un morceau très bazarroide (....) et pourtant c'est le plus long titre de l'album, moi le fan des morceaux épiques habituellement comme quoi ! "Wake Up Call" est beaucoup trop répétitif et pas vraiment progressif et "In Cold Blood" un peu gnangnan, un peu mou du bide si vous préférez.......

 

Conclusion, on en revient au début de la chronique c'est à dire du deux tiers/un tiers avec la mention "peut mieux faire", cet album de PALLAS reste malgré les réserves émises un album de qualité qui tient la route.

Cote 3/5

 

Pistes

01. Shadow of the Sun (7:39)

02. New Life (4:51)

03. Harvest Moon (7:19)

04. And I Wonder Why (7:05)

05. Dominion (9:09)

06. Wake Up Call (6:33)

07. In Cold Blood (3:52)

08. Winter is Coming (8:00)

Bonus track

09. Wearewhoweare Megamix (6:38)

 

Musiciens

Paul Mackie - chant

Graeme Murray - basse, 12-cordes, pédales Taurus, chant

Niall Mathewson - guitares

Ronnie Brown - claviers, chant

Colin Fraser - batterie, chant

 

KAYAK - Cleopatra The Crown Of Isis – Autoproduction - 2014

Par Philippe André

 

Seizième album studio en quarante et un an (le groupe existe depuis 1967 mais n'a sorti son premier album qu'en 1973, portant d'autres noms que le pseudonyme actuel) pour les néerlandais de KAYAK, ce qui est relativement peu pour l'un des plus anciens groupes de rock progressif encore en activité ; il faut dire qu'il y a eu un trou de dix neuf ans de 1981 à 2000, du essentiellement à des problèmes financiers ceci pouvant en grande partie expliquer cela.

 

"Cleopatra The Crown of Isis" est donc un concept album défini en vingt quatre tableaux sur un double cd, à l'image de ce que KAYAK avait déjà produit à plusieurs reprises dans sa longue carrière. Nous n'allons pas vous raconter l'histoire de la reine des reines de l'Antiquité, de très nombreux spécialistes sont mieux armés que nous pour cela.

 

Quand est-il de la musique ? Nous avons à écouter et à juger un opéra rock, exercice difficile s'il en est, et bien entendu nous allons y trouver des hauts et des bas, du bon et du moins bon suivant notre sensibilité personnelle ; votre serviteur étant un fan de progressif symphonique, ses titres préférés sont évidemment ceux qui développent le plus le coté lyrique et mélodique de la musique en majorité composé par Ton SCHERPENZEEL. Pèle mêle le symphonisme exacerbé de la formation batave s'exprime pleinement dans le titre d'ouverture "The Living Isis", le long "Alexandria" et sa reprise en fin d'album, " Goodbye Pharos" qui nous offre un solo de piano de toute beauté, l'original "The Ides of March" renforcé par les violons, le sublissime "The Curse of Isis" finement ciselé aux synthétiseurs et porté par la voix toute en retenue de Cindy OUDSHOORN et qui clôt le premier disque .

 

Sur le second cd, nommons "The Crown of Isis" illuminé par la guitare de Joost VERGOOSSEN et les claviers majestueux du maitre de cérémonie Ton himself, "Philae" instrumental inventif et doucereux ou encore "Actium" qui se rapproche beaucoup du KAYAK  de "Merlin" de par sa dualité vocale, l'emploi de la guitare acoustique en ouverture et à mi morceau et les cavalcades synthétisées dans sa seconde partie et enfin "That Sacred Kiss" le titre conclusif pendant musical de la malédiction d'Isis sur le premier cd et religieusement interpreté. D"autres titres nous offrent un format plus chanson comme "She Came, She Saw, She Conquered", "Whatever It Takes" ou "Larger Than Life" mais n'en restent pas moins tout à fait écoutables à défaut d'être indispensables.

 

On me manquera pas globalement de faire le rapprochement avec les deux derniers opus de MANDALABAND, le groupe de David ROHL, qui s'était lui aussi intéressé à l'Ancienne Egypte, il est vrai que ce dernier est aussi un archéologue reconnu en Grande Bretagne et même au delà. Dernière nouvelle en provenance du bateau néerlandais, Cindy OUDSHOORN et Edward REEKERS ont décidé de quitter le groupe fin 2014 après la tournée promotionnelle de l'album présenté ici, donc la question première pour 2015 est : quel avenir et sous quelle forme pour KAYAK ?

Cote 4/5

 

Pistes

CD1

01. The Living Isis (4:08)

02. A Family Divided (2:59)

03. Alexandria (8:27)

04. She Rules My World (3:04)

05. Goodbye Pharos (4:04)

06. Stranger In Rome (4:37)

07. Hail (2:50)

08. She Came, She Saw, She Conquered (5:09)

09. The Ides of March (6:00)

10. Matters of the Heart (3:48)

11. The Curse of Isis (6:04)

CD2

01. Tarsus (4:44)

02. Whatever It Takes (3:26)

03. The Crown of Isis (5:03)

04. Philae (3:26)

05. The Inimitable Livers (3:26)

06. Queen of Kings (7:39)

07. Actium (The Tides Are Turning) (7:47)

08. Setting Things Straight (3:38)

09. The Message (2:30)

10. Larger Than Life (4:23)

11. The Arms of Isis (2:27)

12. Alexandria Reprise (3:01)

13. That Sacred Kiss (4:56)

 

Musiciens

Ton Scherpenzeel - claviers

Edward Reekers - chant, percussion

Cindy Oudshoorn - chant (Cléopatre)

Rob Vunderink – guitar, chant

Joost Vergoossen – guitare solo

Jan van Olffen - basse, double basse

Hans Eijkenaar - batterie

Avec :

Martin van der Starre - chant (Mark Antony)

Alexander van Breemen - chant (Julius Caesar)

Tatiana Manolidou - chant

Mari Joleneas - chant

Maria-Paula Majoor - violon

Daniel Torrico Menacho - violon

Robert Baba - violon

 

 


MILLENIUM – In Search of the Perfect Melody–Lynx Music- 2014 Pologne

Par Denis Boisvert

 

Voici un groupe qui roule sa bosse depuis longtemps, mieux connus en Pologne, ils ont quand même une dizaine d’albums échelonnés sur 15 ans.

 

Leur dernier venu semble ambitieux. En ouverture on trouve une pièce épique de 20 minutes reprenant le thème éternel de l’artiste obsédé à la ‘recherche de la mélodie parfaite’ qui vend son âme au diable. D’emblée on ouvre avec la belle voix de Gall supplémenté par la voix féminine de Leszko. Les guitares sont Floydiennes, mais on retrouve aussi des influences d’Alan Parsons donc définitivement accessible.  De l’avis des artistes on a voulu rendre hommage aux compositeurs classiques et aux pièces progressives classiques entre autres : Echoes, Supper’s Ready et The Turn of a Friendly Card  tous de beaux clins d’œil que l’on reconnaîtra ça et là mais subtilement. On enchaîne avec Girl from a Glass Sphere, un morceau plutôt art rock dans le style Bowie des années 80. Suivra un instrumental plus contemporain puis une belle ballade avec violoncelle, On termine par Over and Over une pièce bien sentie avec des riffs accros et du saxophone (Parsons encore) et la finale de 12 minutes ‘In the world of fantasy?’ avec son atmosphère lourde hantée par une touche Gilmourienne, des accents synthétiques, des grognements mais qui évolue rapidement en un bel ensemble prog avec des moments folk et des moments symphoniques intéressant.

 

Donc une interprétation sans faille, très accessible, certainement varié mais peut-être un peu éclectique.  On aimera le travail vocal, les solides passages de guitares, les mélodies et la capacité de gérer tous ces styles et cette belle inventivité qui vous tient en haleine. Du néo prog qui utilisent bien ses racines mais explore ses propres territoires. Définitivement recommandé,  ils méritent d’être mieux connus.

Cote 4 sur 5

 

Pistes:

1. In search of the perfect melody 19:50

2. Girl from a glass sphere 7:09

3. The mirror of memories 7:00

4. Blood on the rain 4:21

5. Over & over 5:40

6. In the world of fantasy? 12:27

 

 

Musiciens:

Łukasz Gall- voix

Krzysztof Wyrwa- basse et guitare Warr

Tomasz Paśko- batterie

Piotr Płonka- guitares

Ryszard Kramarski- claviers

Invités: Karolina Leszko et Metus - voix, Dariusz Rybka – saxophone et Piotr Bylica – violoncelle



NOUVEAUTÉS À VENIR

Après un long silence de 12 ans voici qu'on annonce un nouvel album pour la formation des Pays-Bas TRIANGLE.

Un groupe qui décide de s’appeler Standing Ovation parait de prime abord prétentieux. Ces 6 finlandais nous ont présentés en 2012 leur premier album "The Antikythera Mechanism". Et voici maintenant leur second "Gravity Beats Nuclear". Les références sont nombreuses, Spock's Beard, Dream Theater pour ne nommer que ceux-là.

 

MOTORPSYCHO nous présente leur quinzième album studio, il a pour titre « Here Be Monsters ».

Et oui un nouvel album pour cette formation suédoise qui paraitra le 14 mars sous le titre "Seaside Air". Une entrevue avec le groupe est prévue. À suivre!

Trio américain auteur d’un premier album baptisé "A is for Ampledeed" en 2013, Ampledeed est assurément une formation originale.

 

Évolutif, moderne et conséquent - sur When We Were Beautiful, DANTE a pris le meilleur des albums précédents pour créer un chef-d’œuvre musical. Disponible sur Gentle Art of Music le 18 mars.

 

 

SECTION IV est une nouvelle formation du Royaume Uni qui offre avec "Superhuman"une musique progressive accessible, remplie de richesses sonores qui rempliront vos oreilles. À découvrir !

 

 

EL TUBO ELÀSTICO, un jeune quatuor originaire de Jerez au sud de l’Andalousie, qui nous présente leur premier album éponyme.

 

 

PROFUNA OCEAN

In Vacuum

FREIA Music

TERRA INCOGNITA FESTIVAL

ROCK PROGRESSIF  

20, 21 & 22 MAI 2016   Québec


Tous les profits de la vente de l'Univers Progressif 4 vont à CKIA !! Merci de nous encouragez ! La compilation est disponible maintenant.