Chroniques / Review II

EL TUBO ELÀSTICO – El Tubo Elàstico – Autoproduction - 2015

Par Richard Hawey

 

L’année 2015 a été assez fertile en découverte musicale du côté de l’Espagne, même s’il est difficile d’avoir accès aux productions de cette contrée, plusieurs groupes nous ont privilégiés en nous envoyant leur album. La plupart d’entre nous connaissons plusieurs bonnes formations venant de l’Espagne comme Numen, Kotebel, L’Herba D’Hameli et plus récemment Eric Baule et plusieurs autres. Ce que l’on remarque aussi c’est que ce pays a une histoire reliée à la musique progressive et quelques irréductibles ont décidé d’écrire d’autres pages à cette histoire. EL TUBO ELÀSTICO, est un de ceux-là, ce quatuor est originaire de Jerez au sud de l’Andalousie. Le groupe est formé par Alfonso ROMERO (guitare basse, synthétiseurs), Carlos CABRERA (batterie, percussions), Daniel GONZÁLES (guitare, synthétiseurs) et Vizen RIVAS (guitare, synthétiseurs). Les membres du groupe ont une certaine expérience, ils ont joué avec d’autres groupes cela parallèlement au projet EL TUBO ELÀSTICO. Les musiciens ont décidé de placer toute leur énergie sur EL TUBO ELÀSTICO. Leurs influences sont très diverses, on pense au progressif, au symphonique, space rock, le math rock ainsi que le post rock.

 

Les présentations étant faites, passons à l’analyse de cet album éponyme. Première constatation, c’est un album très agréable à écouter. Du jazz fusion assagi, marié à du post rock inventif pourrait convenir en première approche. Les guitares occupent une grande place et elles sont plus souvent rythmiques, peu portées sur des solos sans fin. Basse et batterie, ont une touche jazzy indéniable, complètent cet ensemble. Des claviers font quelques timides apparitions mais le cœur de la musique n’est pas là. Comme je le disais plus tôt vous ne retrouverez pas de grande technicité, de performance endiablée, de solo ébouriffant, le post rock prend le pas sur la fusion le plus souvent. Les trois quart d’heure se laissent écouter agréablement d’autant que la production met bien en valeur tous les instruments. Mes titres préférés sont « Pandora » avec son petit côté jazzy et sa mélodie qui envahit les oreilles.  Les arrangements rythmiques du quatuor méritent une écoute attentive car ils sont très subtils sur quelques passages comme sur les premières notes de « Camaleón », une excellente pièce ou sur les superbes titres « Ispra I » et « Ispra II ». Sur la première partie vous aurez droit à une guitare qui évolue tout en virtuosité sans être excessive. Tandis que sur la seconde partie c’est les synthés qui nous offrent une très belle performance. C’est une musique qui se déguste avec un bon volume, cette façon de faire vous permettra d’assimiler toutes les subtilités que renferment cet album.  


Profitez de l’occasion pour gouter à la musique de ce groupe espagnol car elle pourrait plaire aux amateurs de post rock favorable au jazz léger. En tout cas cet album m’a plu dès la première écoute. Saisissez l’occasion de mieux connaître le progressif espagnol d’autant plus qu’ils sont sur Bandcamp en téléchargement libre.

Cote 4/5

 

 

Pistes

1. Pandora (6:50)

2. Camaleón (7:34)

3. Ispra I (5:48)

4. Ispra II (3:09)

5. Rojo (7:10)

6. El Enjambre (8:14)

7. Vampiros y Gominolas (6:12)

 

 

Musiciens

Alfonso Romero / basse et synthétiseurs

Carlos Cabrera / batterie et percussions

Daniel Gonzáles / guitare et synthétiseurs

Vizen Rivas / guitare et synthétiseurs

FREQUENCY DRIFT – Last – The Gentle Art of Music – 2016

Par Denis Boisvert

 

Voici une formation allemande mature et confiante qui continue de produire des opus prog cinématiques de grande qualité. Leur dernier-né : ‘Last’ est un peu sombre mais dans la même lignée et thématique que les ‘Ghosts’ et ‘Laid to Rest’ qui l’on précédé. La facture musicale est la même : mélodique à souhait, mellotron languissant, voix féminine et envolées de guitares superbes en support. La formation classique du claviériste se fait bien sentir, la harpe ajoute un côté céleste. On somme un style crossover avec une riche palette d’expression et une liberté de choix de style qui surprenamment donne un produit fini qui est reconnaissable d’album en album.

 

‘Last’ est peut-être un peu trop funéraire à mon goût (comme Molok de Gazpacho d’ailleurs) mais si vous voulez du bon mélancolique vous y êtes. J’ai aimé la variété des pièces, les riches ambiances mellotroniques spécialement les flûtes, les moments plus doux quasi-celtiques et la belle nouvelle voix de Melanie Mau qui remplace subtilement et adéquatement la vocaliste d’avant. J’avais découvert ce groupe avec ‘Over’. ‘Summer’ qui a suivi tenait le cap et était un peu plus enjoué. ‘Last’ est très bon, sinon un peu meilleur que les 2 autres. La pièce ‘Treasured’ vaut le détour et exprime l’influence Floydienne qu’on entend souvent avec les groupes germaniques.

 

Définitivement un album rempli de belles subtilités, de multiples perles soniques, qui fera sourire leurs fans et qui enchantera ceux qui oseront les découvrir. Chaudement recommandé.

Cote 4.5/5

 

Pistes:

1. Traces (7:08)
2. Diary (5:31)
3. Merry (5:08)
4. Shade (5:52)
5. Treasured (8:25)
6. Last Photo (7:59)
7. Hidden (5:34)
8. Asleep (8:31)

 

Musiciens:

Andreas Hack: claviers, guitare, theremin
Nerissa Schwarz: harpe, Mellotron
Wolfgan
g Ostermann: batterie
Melanie Mau: voix
Martin Schnella: guitares
Rainer Wolf:  basse

 

PANDORA SNAIL– War and Peace – Artbeat – 2015

 

Par Denis Boisvert

 

Ha! Les énigmatiques russes, (pas juste au hockey sur glace!). Pandora Snail, ce groupe prog éclectique venant de Russie nous en mets plein les oreilles avec ce très bon opus qui est en plus leur première offrande. Vous pouvez lire ce qui suit ou aller directement à vos écouteurs et vous tapez le magnifique ‘James Pont’ de 16+ minutes. Un morceau superlatif ! On y notera un son moderne, dynamique et vibrant, inventif et plein de surprises. J’adore ce violon un peu tzigane qui se présente les cordes dans plusieurs morceaux et qui rappelle un tout petit peu par moment les élans de David Cross sur Crimson et par d’autres fait œuvre de chanteur.  On passe par des moments jazz cabaret, puis des fugues dignes des bons moments de Gentle Giant et des ambiances plus menaçantes franchement dans la mire d’un Fripp. Les claviers sont bien présents et le pianiste a sûrement une formation classique. L’ensemble de l’œuvre est instrumental. 

 

Rien à redire sur les qualités des musiciens.  La facture sonore est bonne mais manque un peu de définition dans l’enregistrement. Les morceaux sont diversifiés mais inégaux en qualité comme c’est souvent le cas sur un premier album. Le thème de la guerre est traité de façon littéraire et non pas à coup de canon et d’effets spéciaux comme c’est souvent le cas dernièrement pour les groupes qui s’essaient sur ce thème.  Vous serez agréablement surpris par la douceur et la mélodieuse tristesse bien traduite par le violon de pièces comme ‘By The Mountain River’ et ‘Mother’s Tears.  ‘Satori’ offre une belle conclusion nostalgique puis agitée et complète cet album bien conçu.

 

Définitivement un groupe à suivre. ‘James Pont’ mérite un téléchargement. Les proggeurs qui aiment le violon seront servis à souhait, ceux qui le détestent auront une indigestion. Mais pour un son différent, des textures riches et une trame mélodique vous y trouverez votre compte. Une belle trouvaille.

 

Cote 4/5

 

Pistes:

 

1. Dilemma (5:52)
2. By The Mountain River (3:48)
3. To Catch The Wind (3:53)
4. Submarine (5:21)
5. James Pont (16:36)
6. Mother's Tears (4:22)
7. Red Rivers (2:08)
8. Stones' Names (3:57)
9. Dance Under The Bullets (3:08)
10. After The War (4:51)
11. Satori (8:05)

 

Musiciens:

 

Ulyana Gor: claviers, voix
Oleg Gorgadze: guitares, voix
Kirill Klyushin: basse, contre-basse
Artem Gareev: violon
Igor Cheridnik: batterie et percussion

 

BAROCK PROJECT – Skyline – Indie – 2015

Par Denis Boisvert

 

J’ai malheureusement fait ma première écoute de BAROCK PROJECT après avoir soumis ma liste des meilleurs albums de 2015. Écoutant distraitement je fus frappé par la richesse des claviers, la qualité sonore, la virtuosité des musiciens et l’humeur espiègle des pièces. En écoutant Overture mes synapses ELP se sont immédiatement activés (il n’y a pas assez de nouveaux groupes dans cette lignée). La voix de Pancaldi est superbe et fait de ce groupe un groupe plus British que RPI.  Voici donc un album superlatif, bien conçu, sans faiblesses et éminemment jouissif. Chaque morceau vous transporte vers un autre horizon de plaisir auditif.

 

‘Gold’ captive. ‘Overture’ est tellement Emersonnien que c’en est épeurant. Les claviers classiques sont huileux et s’accompagne d’un beat infernal à la Palmer avec en sus le côté théâtral symphonique. Ce n’est qu’en recherchant YouTube que j’ai constaté l’engouement du claviériste Zappini pour les « covers » d’ELP dans sa jeunesse. Ah! mais ceci ne les limite pas. ‘Skyline’ la pièce titre apporte ce côté troubadour symphonique qui seyait si bien à Jethro Tull. Des clones! Jamais! ‘Roadkill va marier sans prétention rock et mélodie, Zappa et Alan Parson. ‘The Silence of The Wake’ est un autre beau moment avec sa guitare acoustique et son lyrisme. La courte ballade qui suit ‘The Sounds of Dreams’ montre encore la maîtrise mélodique et la maturité du groupe. ‘Spinning Away’ explore une autre direction rock et moderne. ‘Tired’ s’annonce en piano mais laisse place rapidement à du prog symphonique de premier cru. La pièce suivante ‘ A Winter’s Night tient le cap et prépare la finale, l’excellent ‘The Longest Sigh’, plus dans la tendance crossover à la Trick of the Tail.

 

Je me répète mais chaque morceau est solide, exécuté avec brio et dans une humeur soulevante et positive comme peu de groupe savent le faire, Moon Safari par exemple. Vous ne serez pas désappointé. Pas surpris de voir cet album sur les listes des meilleurs de 2015, leur place est pleinement justifiée.  Un album ciselé avec goût et souci du détail même dans l’art de la pochette. Certains reconnaîtront le coup de pinceau de Paul Whitehead, l’artiste derrière Nursery Cryme et FoxTrot entre autre.

 

Définitivement un coup de cœur.

Cote 5/5

 

Pistes:

1. Gold (8:40)
2. Overture (3:40)
3. Skyline (10:21)
4. Roadkill (5:59)
5. The Silence of Our Wake (10:47)
6. The Sound of Dreams (2:21)
7. Spinning Away (6:06)
8. Tired (9:58)
9. A Winter's Night (4:38)
10.
The Longest Sigh (7:57)

 

 

Musiciens:

Luca Zabbini: claviers, basse, voix d’accompagnement
Luca Pancaldi : voix principale
Eric Ombelli : batterie

Marco Mazzuoccolo / guitares
Invités: Vittorio De Scalzi, voix et flûte sur pièce #3

 

SUBSIGNAL – The Beacons of Somewhere Sometime – ZYX/Golden Core Records – 2015

Par Denis Boisvert

 

Nouvelle itération de ces néo-progistes allemands. Le duo principal Menses et Steffen demeure et ils signent la plupart des pistes. Le style a peu évolué même si l’effort est là. J’ai essayé à plusieurs reprises et le coup de cœur n’est jamais venu. En partie cela vient d’un mixage avec peu de définition qui donne un son flou et un peu vaseux (eh oui même sur deux systèmes différents en plus de 2 types d’écouteurs de qualité) C’est malheureux car l’album a ses bons moments. Il y a un peu plus de clavier et des guitares classiques intéressantes. La thématique est mélancolique. Les paroles sont un peu faciles (perdus dans la traduction ?) Le lyrisme est là mais la belle voix rock de Menses n’est pas constante. Il y a bien un opus majeur d’une vingtaine de minutes mais encore là rien pour soulever les passions quoique le 3ième mouvement est bien tourné. Au pire on est dans le déjà fait déjà entendu. Au mieux on pourrait entendre du rock à la Yes des années 80. Malgré une notoriété en Europe et des albums précédents bien reçus on aurait été en droit à s’attendre à un peu plus.

 

Il y a des intros prometteuses mais on reste sur sa faim.  And The Rain Will Wash It All Away est très bien réussi et vaut un détour. Les musiciens sont expérimentés et habiles mais je trouve que le groupe fait du sur-place et son identité manque de clarté. On remarquera des caméos de Wallner (RPWL) et Arnold (United Progressive Fraternity). Le titre de l’album (Les balises de quelque part quelquefois…) est bien porté.

 

Aurait pu mériter un quatre mais la qualité sonore fait perdre un demi-point. Pourra plaire aux amateurs de prog plus pop avec un côté métal non agressif. Leurs fans seront contents avec la continuité. Autrement il faudra se faire sa propre idée.

Cote 3.5 sur 5

 

Pistes:

The Calm (1:39)

Tempest (6:57)

A Time out of Joint (6:37)

And the Rain Will Wash It All Away (7:25) 

Ashes of Summer (6:18)

A Myth Written on Water (5:01)

Everything Is Lost (8:36)

The Beacons of Somewhere Sometime (23:19)

(Part I: Maelstrom (5:04), Part II: The Path (7:08), Part III: In This Blinding Light (5:03), Part IV: A Canopy of Stars (6:04))

 

Special Edition bonus track: Swansong (2:19)


Musiciens:

Arno Menses: voix
Markus Steffen: guitares
Luca di Gennaro: claviers
Ralf Schwager: basse
Dirk Brand : batterie
Invités: Jana Urbanová flûte, Albert Clemente: piano,Peavy Wagner: voix
Kalle Wallner: guitare solo (3), Marek Arnold: saxo,  Frank Rohles :voix d’accompagnement

 

ELLEVEN – Transfictions – Progressive Promotion Records 2015

Par Richard Hawey

 

Le groupe ELLEVEN est né grâce à l’idée qu’ont eu Tom JARZINA et Stephen SCHOLZ, deux anciens membres de la formation néo-progressive bien connu Chandelier, ils ont quitté depuis. À cette époque le duo désirait composer un rock progressif plus léger, ils rencontrent la chanteuse Julia GRAFF et fondent ELLEVEN en 2001. Armin RIEMER aux claviers, Carsten HÜTTER aux guitares, Roger WEITZ à la basse et Herry RUBARTH à la batterie complète la formation. Un premier album intitulé « Insight » est réalisé en 2007, puis c’est le silence.


Mais ELLEVEN est de retour cette année avec « Transfiction », publié chez Progressive Promotion Records. Le quintette joue un néo-prog au rythme proche du pop où se glissent des sons venus des années glorieuses. La voix de Julia, au timbre particulier, me rappelle celle de Sonja Kristina à certains moments et même s’il vous semble fragile elle saura vous charmer. Les claviers vintages de Armin RIEMER et le jeu de guitare de Carsten HÜTTER m’ont conquis dès la première écoute. Vous entendrez probablement des ressemblances avec Rothery sur la guitare, du Banks aux clavier et du John Jowitt à la basse mais ça s’arrête ici. La batterie de Roger ne s’impose guère et accompagne le tout discrètement. Il est vrai que le côté pop prog lui laisse moins de liberté d’expression. Le premier morceau de l’album, ‘Try’, est un bon exemple de leur démarche musicale : une écriture à la The Gathering avec un refrain basique suivi d’un virage où le rétro progressif prend la direction des opérations. La guitare de Carsten s’impose, portée par les orgues de Armin. Le chant de Julia se fait planant et la magie opère. Puis Roger et Herry relancent la rythmique pour conclure près de huit minutes vingt de musique. Sur le titre qui suit, ‘Not The One’, claviers, basse et batterie construisent un néo-prog vintage dans la veine de IQ avec quelques touches de guitare acoustique. S’il n’y avait ce refrain un tantinet décalé, ‘Not The One’ serait une bombe.


Le groupe a dédicacé ‘Sakura Tree’ aux victimes du drame de Fukushima. Une ballade marillionesque avec en son centre une section instrumentale plus fournie.
‘Blurry Road’ est un de mes titres préférés, après trois minutes trente où flotte un très beau refrain, surgit un magnifique rebondissement de soixante secondes et une envolée à la guitare digne des grands moments du rock progressif. Le très rythmé début de ‘Anyway’ aux claviers tranche avec les couplets épurés où Julia chante, c’est ce qui fait son charme. Pink Floyd s’invite vers la moitié du titre avant le retour du néo-prog. ‘Reproduction’ reprend l’écriture à la IQ, un morceau lent et récitatif où vous apprécierez le jeu de la basse. Des claviers vintages grondent en arrière-plan, les guitares se font plaisir, le chant colle à l’ambiance, splendide ! Avec ‘Dust and Light’ nous attaquons la pièce la plus longue de l’album, onze minutes qui s’aventurent une nouvelle fois du côté des derniers albums de Marillion. La guitare est à l’honneur, toujours portée par les claviers fabuleux de Armin. Pop bluezy progressif, ‘Dust and Light’ est une autre des perles de cet album. ‘Losing Tracks’ termine Transfiction en beauté, simplement avec des orgues, un chant bien en place et un gimmick bien vu à la guitare.

 

C’est à force d’écoute, qui ne sont pas vraiment désagréables, que nous apprécions ce « Transfictions », il y a là une richesse musicale insoupçonnée. Cet album regorge de superbes moments dans des styles différents comme le prog-rock, le rock atmosphérique ou plus pop. Le tout ne vous laissera pas indifférent, c’est certain. Quant à la voix de Julia GRAFF, elle saura vous conquérir. À découvrir !

Cote 4/5

 

 

Pistes

1.Try [2307] - 8:17

2.Not The One [2910] - 7:03

3.Sakura Tree [2002] - 7:08

4.Blurry Road [0611] - 8:10

5.Anyway [2201] - 6:12

6.Reproduction [2809] - 8:18

7.Dust And Light [0307] - 11:11

8.Losing Tracks [2301] - 4:54

 

Musiciens

Julia Graff / Chant, guitare

Carsten Hütter / Guitares

Armin Riemer / Claviers

Herry Rubarth / Batterie

Roger Weitz / Basse


CORVUS STONE – Unscrewed – Auto production – 2015

Par Marc Thibeault

 

Voici le 3ième album de CORVUS STONE : 9 vieilles chansons revampées et/ou remasterisées ainsi que 4 nouvelles chansons. La « pierre de corbeau » ou le « corbeau de pierre » a décidé de remettre au goût du jour ce qu’il considère comme étant le meilleur de son répertoire. Les 2 finlandais Petri Lemmy LINDSTRÖM et Pasi KOIVU, l’anglais Colin TENCH et les états-unien Robert WOLFF et Blake CARPENTER sont les piliers de ce groupe talentueux qui existe depuis 2012.

 

«Brand New Day» est une pièce Rock instrumental. Un peu rétro mais avec du rythme. «Early Morning Calls» est d’abord sortie sur l’album CORVUS STONE II sous le titre «Early Morning Call» et était une pièce instrumentale. L’ajout des voix de Sean FILKINS et Phil NARO et aussi de la guitare ont complètement transformé la chanson. Une Valse Rock. J’aime bien «Joukahainen Without Chips» avec la lamentation de la guitare électrique. Les changements de styles de guitares électriques rendent la pièce instrumentale unique en son genre. «Horizon» fait Southern Rock à souhait. Originalement sur le premier album, c’est une pièce instrumentale énergique.

 

«Landfill» ressemble à une pièce médiévale sauf lors des petites incursions de guitares électrique. Cette pièce instrumentale détonne assez des autres, ce qui la rend d’autant plus agréable à l’écoute. «After Solstice» est probablement la pièce instrumentale la plus Prog de l’album avec ses variantes de styles et de rythme. Originalement sur le premier album, elle fait presque bande à part. J’aime bien. «Jussi Pussi», qui est aussi sur leur premier album, sonne comme une toune égarée de Frank Zappa. Amusant! «Scary Movie Too» me rappelle vaguement quelque chose. J’aime le jeu de la guitare basse sur cette pièce et les variantes de sons fait par la guitare électrique nous font penser à quelques chanson-thèmes de films. Cette pièce du premier album a été revampée et rallongée de plus de 3 :15. Encore une fois la guitare est partout. «Petrified In The Cinema Basement» est un instrumental qui sonne presque comme du Jazz Manouche. Le rythme entrainant lui donne une touche Western. «Lost And Found Revisited» est une pièce du premier album (encore!) qui a été prolongée d’un peu plus qu’une minute. Un beat militaire avec une touche musicale qui tire vers le médiéval. Le style ressemble à une chanson de l’Alan Parsons Project (Turn Of A Friendly Card, Pt. I). «Cinema Finale» est une pièce instrumentale qui sonne comme un croisement entre du Pink Floyd et de l’Alan Parsons Project des belles années. Issue elle aussi du premier album, elle est ici divisée en deux parties ; 03 :09 pour la première partie (Petrified In The Cinema Basement) et 06 :02 pour la deuxième. «Pack Up Your Truffles» est un jazz-blues instrumental relax.  «Mustaches In Massachusetts» fait aussi partie du répertoire du premier album. Un jam-session où l’orgue, la guitare électrique et la guitare basse roule passionnément au rythme de la batterie.

 

Un bon album avec un style un peu Rétro, une musique variée et des styles un peu éclectique qui lui donne une touche colorée. « Unscrewed” est disponible en téléchargement seulement.

Cote: 3.5/5

 

Pistes

1. Brand New Day (03:51)        
2. Early Morning Calls   (03:52)
3. Joukahainen Without Chips (02:53)
4. Horizon (Remix) (01:52)
5. Landfill (03:44)
6. After Solstice (Remix) (04:05)
7. JussiPussi (Remix) (02:45)
8. Scary Movie Too (07:38)
9. Petrified In The Cinema Basement (New version) (03:10)

10. Lost And Found Revisited (Extended) (03:28)

11. Cinema Finale (Remix) (06:02)

12. Pack Up Your Truffles (02:06)

13. Moustaches In Massachusetts (Remix) (04:18)

 

Musiciens:

 

- Petri «Lemmy» Lindström / guitare basse
- Pasi Koivu / claviers
- Colin Tench / guitares

- Robert Wolff / percussions, batterie

Artistes invites:

- Blake Carpenter / voix, multi-instrumentiste

- Sean Filkins / voix

- Phil Naro / voix

- Stef Flaming / voix, guitares, percussions

- Paul Marshall / Batterie

 

WHITE RAVEN – The First Breath – Lynx Music – 2015

Par Richard Hawey

 

WHITE RAVEN c’est Piotr WOJCIECHOWSKY, multiinstrumentiste de son état. Piotr nous présente aujourd’hui son premier album publié chez Lynx Music. La Pologne, comme je le disais dans une autre chronique est une terre fertile pour les créations musicales de toute sorte. Donc avec « The First Breath » Piotr réalise un rêve qu’il faisait il y a longtemps. Les compositions ont été créées sur une longue période, ce qui n’empêche pas l’album d’être cohérent. Le style de WHITE RAVEN est proche de Vangelis, Mike Oldfield ou de Jean-Michel Jarre. Donc l’électronique, le rock progressif, le style cinématographique ressortent de façon significative de cette production. Toutefois, les quatorze titres, dont deux dépassent les dix minutes et un les neuf minutes, gardent l’auditeur attentif tout le long, l’ensemble s’écoutent très bien, pas de longueur inutile, ni l’envie de passer à la pièce suivante.

 

C’est dans cet esprit que je débute cette chronique, la pièce titre, premier long titre, ouvre l’album de façon grandiose, symphonique à souhait avec ses claviers majestueux, une guitare qui nous arrive des hauteurs du firmament un peu à la manière de Mike Oldfield. La mélodie est très accrocheuse, « The First Breath » se laisse déguster doucement. Les enchainements sont rapprochés ce qui aide à conserver notre attention. C’est une musique qui raconte l’histoire du Corbeau Blanc (White Raven) mais se sera aussi la vôtre. Si l’ensemble penche vers l’électronique, il y a aussi d’excellents moments où le piano est magique comme sur « Silence » avec en arrière-plan les synthés à la façon Vangelis, je pense à « Chariots of Fire ». Même effet pour « Few Paths, One Story », un titre qui nous fait frissonner de satisfaction. « Eclipse », avec ses neuf minutes, est introduit par le piano simplement, il en découle une très belle mélodie, puis les percussions entrent dans la danse. Plus loin le rythme s’accélère avec l’arrivée des synthés et un bon solo vient compléter cette excellente pièce. « To the Stars » est un superbe titre où les accords nous amènent vers les nuages et vers l’espace. Sur « Follow Me » c’est la finale qui se prépare avec ses nappes de claviers et un rythme lent qui prend vie et qui nous amène vers une mélodie remplie d’espoir. Arrive « Last But Not Wasted Breath: The First Breath – Finale » un peu comme sur « The First Breath » l’introduction qui s’étire doucement nous prépare à une finale symphonique et quasi classique d’un album vraiment bon. Et ma foi c’est presque un autre rendez-vous qui nous est proposé.

 

Ceux qui auront le privilège d’écouter la musique de Piotr WOJCIECHOWSKY (White Raven) auront la chance de vivre différentes émotions, toutes très agréables. Le voyage qui vous est offert sera magique et soyez sans crainte vous serez comblés de plusieurs façons.

Cote 4/5   

 

Pistes

1. The First Breath - 12:42

2. Second - 2:15

3. Abandoned Dreams - 3:15

4. Be Different - 4:53

5. Silence - 3:32

6. Few Paths. One Story - 6:26

7. In The Deep Dream - 2:35

8. Eclipse - 9:46

9. Reasing Dreams - 2:00

10. The Last Journey - 4:49

11. To The Stars - 4:51

12. Who Are You - 2:42

13. Follow Me - 4:16

14. Last But Not Wasted Breath: The First Breath - Finale - 11:26

Musicien

Piotr WOJCIECHOWSKI – Tous les instruments


TESSERACT – Polaris – KScope – 2015 – Grande-Bretagne

Par Denis Boisvert

 

TESSERACT se sont fait connaître en faisant la première partie de Devin Townsend. Plus Métal que Prog voilà la question! Il faut dire que leur album précédant en avait séduit plus d’un en partie grâce à la voix assez magique de leur soliste de l’époque qui offrait une prestation riche, mélodique et émotionnelle. La cuvée Polaris présente un nouveau chanteur Tompkins qui fait très bien cependant.

 

« Polaris » est bien roulé, solidement construit, engageant et stimulant. Les musiciens sont doués et on sent la recherche d’un son original débuté sur l’album précédant ‘Altered States’ qui s’était vu attribuer un prix en 2013. On est dans la palette de ce prog nouveau, plus accessible et bien exécuté comme Sound of Contact ou Synaesthesia et certainement Anathema récente cuvée. Le rock et la guitare prédomine et la complexité du rythme associée avec une subtilité recherché dans le lyrisme. Les pièces sont relativement courtes mais originales et diversifiés et offrant un éventail d’émotion. Dans le registre plus doux j’ai apprécié l’envoûtant ‘Tourniquet’ où la basse élastique fait un excellent travail. ‘Cages’ ouvre avec un pad atmosphérique et une guitare simple et harmonique puis nous emmène en crescendo vers une finale plus gutturale et colérique. Le dessert est à mon humble avis la magnifique ‘Seven Names’ qui contient tout ce que TESSERACT fait de bien, alliant sensibilité et puissance, mélodie et angst et qui ne laisse pas indifférent.

 

Les fans seront conquis. Tout amateur sérieux de prog métal y trouvera son compte. L’album est-il meilleur qu’Altered States? Je vous laisse la décision!

Cote 4/5


Pistes:

1. Dystopia (6:51)
2. Hexes (5:17)
3. Survival (4:25)
4. Tourniquet (5:59)
5. Utopia (5:33)
6. Phoenix (3:53)
7. Messenger (3:34)
8. Cages (5:28)
9. Seven Names (5:40)


Musiciens:

Acle Kahney: guitare
James Monteith: guitare
Jay Postones: batterie
Daniel Tompkins: voix
Amos Williams: basse


IL TEMPIO DELLE CLESSIDRE – Live in Seoul – Black Widow Records 2014

Par Richard Hawey

 

MUSEO ROSENBACH a enregistré en 1973 l’inoubliable l’album « Zarathustra », voilà c’est ici que l’histoire commence. Et maintenant, presque quarante ans plus tard, IL TEMPIO  DELLE CLESSIDRE nouveau groupe italien joue dans son intégralité l’album « Zarathustra » avec en plus la présence du chanteur de MUSEO ROSENBACH, Stefano « Lupo » GALIFO. Que dire de plus, que j’aurais aimé être là. Le boitier contient deux DVD, le premier a été enregistré à Séoul au Soho Art Hall le 8 octobre 2011. Il est divisé en deux parties, la première nous présente l’intégral de l’album « Zarathustra » et la seconde partie offre les compositions du groupe.

 

Comme je le disais plutôt, la première partie du premier DVD est consacré à une performance de 2011 de l'œuvre mémorable de Museo Rosenbach de 1973 « Zarathustra », cependant, on ne parler ici d’une reprise intégrale qui serait à mon avis un manque de respect flagrant du groupe. Au lieu de cela, IL TEMPIO DELLE CLESSIDRE a complètement réinventé ce classique. Tous les thèmes familiers apparaissent encore, mais ils sont tissés à la façon d’ITDC, improvisations instrumentales et arrangements vocaux plus actuels. L'exécution des cinquante minutes suivantes se joue avec une grande énergie par un groupe de musiciens totalement passionnés par cet œuvre vénéré du RPI. Par rapport à l'original, les percussions, la basse et les guitares électriques ont une puissance supplémentaire comparée la version originale. Il est à noter aussi que l’accent est mis sur les claviers tenus par Elisa MONTALBO. La voix de Stefano « Lupo » GALIFI est aussi forte et dominante qu’à l’époque. Un élément nouveau renforce la pièce, c’est le duo entre Stefano et Elisa qui est absolument magnifique.

 

Sur la seconde partie nous voyons le groupe nous offrir ses propres compositions du premier album, une performance théâtrale fortement dominée par Elisa MONTALBO, mais sans oublier celles de tous les autres membres du groupe. Le deuxième DVD offre des images de diverses prestations liées à certains festivals tels que leur présence au Nearfest Apocalypse, leur premier concert à Gênes en 2009 et divers bonus et une galerie de photos.

 

J’ai vraiment essayé de vous décrire avec le plus de fidélité possible ce que qui est présenté dans ce coffret. Mais c’est quasiment impossible de vous faire vivre ce qui s’y passe, alors je vous dirai simplement procurez-vous cette œuvre qui mérite votre attention, aucune hésitation à avoir. Recommander!

Cote 4.5/5

 

Pistes

DVD 1 - Live at Sohol Art Hall - Seoul Oct. 8th, 2011
Part 1
1.
Zarathustra
a) L'ultimo uomo
b) Il Re di ieri
c) Al di là del bene e del male
d) Superuomo
e) Il tempio delle clessidre
2. Degli uomini
3. Della natura
4. Dell'eterno ritorno

Part 2
1. Verso l'Alba
2. Insolita parte di me
3. La Stanza Nascosta
4. Le due metà di una notte
5. Danza Esoterica di Datura
6. Faldistorum
7. L'Attesa
8. Il Centro Sottile

Extras:
1. Seoul Extra Footage ?
16 min
2. Exposè Live Review
3. Galerie de photos

Total 120 minutes approx.

DVD 2
1. Very First Live Appearance - Live in Genova, Teatro della Gioventù, 2009 - 50 min.
2. Prog Liguria (5 min.)
3. 2 Days Prog +1 (30 min.)
4. Music on the Road TV Show (10 min.)
5.
NEARFest Apocalypse (20 min.)

 

Total 115 minutes approx.

 

Musiciens

- Elisa Montaldo / piano, claviers, orgue, concertina, chant, effets
- Stefano "Lupo" Galifi / chant
- Giulio Canepa / guitares
- Fabio Gremo / basse
- Paolo Tixi / batterie


STATE URGE – Confrontation – Lynx Music – 2015

Par Richard Hawey

 

Voici l’album numéro deux de STATE URGE qui nous vient de Gdynia (Pologne), qui se compose de Marcin CIESLIK (guitare, chant), Krystian PAPIERNIK (guitare basse), Michal TARKOWSKI (claviers et synthétiseurs) et Marcin BOCHENSKI (batterie). Ce quatuor nous a offert son premier album en 2013 avec « White Rock Experience ». Il faut dire que ce premier opus a reçu plusieurs éloges. Le groupe a débuté carrière en réalisant deux EP autoproduit: "Underground Heart" (2011) et « What Comes Next? » (2012), qui a reçu des critiques positives ce qui a motivé le groupe à aller de l'avant. À la fin de l'année 2012 STATE URGE signe avec Lynx Records, le résultat est la sortie de leur premier album. En octobre 2014 le groupe entre en studio pour enregistrer leur deuxième album: « Confrontation ».

 

Si vous voulez un premier avis « Confrontation » est vraiment un superbe album de Rock Progressif qui impressionne l'auditeur par sa musicalité classique et la maturité de ses thèmes. «Confrontation » est un concept album sur un homme qui tente de résoudre les dilemmes intérieurs qui se posent lorsqu'il doit affronter sa propre personnalité contre les responsabilités de la vie réelle. Ce conflit est raconté avec des paroles chantées en anglais sur huit pistes, qui s’enchaînent entre elles, formant un morceau continu qui nous rappelle les groupes comme Porcupine Tree, RPWL, Marillion. Les musiciens prêtent davantage d’attention à l'intégralité de leurs chansons qu'à l'individualité, montrant la grande capacité lorsqu'ils utilisent la musique pour transmettre une émotion. Les mélodies vocales suivent la norme britannique du néo-prog, et l'instrumentation crée l'ambiance sans être lourde préférant rester dans des limites plus mélodiques et sensibles. Les guitares flottent sur les solos bien conçus, Soul ; claviers sont plus orchestrales que solennelle et viennent dans une variété de textures ; la basse serpente entre guitares et claviers, et tout est piloté par une batterie bien sentie.

 

L'album s'ouvre avec deux titres vigoureux au rythme rapide qui apporte la turbulence des conflits intérieurs intégrés dans leurs arrangements : la chanson-titre, « Confrontation », est entraînée par une basse pulsée et des riffs comme "Rush" et "Riverside" ; alors que le « Revival » l'achève avec une longue séquence instrumentale décorée avec des claviers plus hard rock et un piano jazzy.  «Liquid Desease» est puissante et impressionnante, comme un mélange de Porcupine Tree et IQ et donne suite au drame avec un chant fougueux, un solo de guitare désarmant, pianos oniriques et synthés grandioses ! Le rythme ralenti sur « Cold as a Lie » avec ses magnifiques mélodies vocales et « Midnight Mistress » où nous retrouvons beaucoup d’émotion dans un climat dramatique. Les deux sont imprégnés d'une ambiance spirituelle qui sont remplis d'orgues d'église, de chœurs angéliques, étant entraîné par des accords de guitare superbes. La ballade « New Season » est une chanson avec des guitares acoustiques classiques qui pousse sur le solo de guitare, douce-amère, mais avec une note d'espoir ; et commence à exorciser les démons sur « Before the Dawn », une ballade psychédélique avec une influence vers le rock alternatif. La saga se termine avec « More », une chanson qui apporte la rédemption finale sur ses mélodies.

 

Dans l'ensemble, « Confrontation » est un album de progressif remarquable qui marquera l'auditeur, il vivra une expérience mémorable remplie  d’émotion. Recommandé!

Cote 4.5/5

 

 

 

Pistes

1. Confrontation (3:59)
2. Revival (4:26)
3. Liquid Disease (7:10)
4. Cold as a Lie (5:47)
5. Midnight Mistress (8:31)
6. New Season (5:12)
7. Before The Dawn (4:00)
8. More (10:12)

 

Musiciens

- Marcin Bocheński / drums, percussion
- Marcin Cieślik / vocal, guitar
- Krystian Papiernik / bass
- Michał Tarkowski / keyboards


CONTROLLED BLEEDING & SPARKLES IN GREY – Perversions of the Aging Savant – Off Records 2015

Par Richard Hawey

 

Le nom de SPARKLES IN GREYvous dit sans aucun quelque chose, ce n’est pas la première fois que Profil vous présente ce groupe italien. C’est avec « Thursday Evening » paru initialement en 2013 puis « The Calendar » sortie l’an dernier. Un court rappel s’impose, le groupe s’est formé en 1990 suite à l’initiative de Matteo UGGERI. Le groupe intègre plus tard Cristiano LUPO, Alberto CAROZZI et Franz KROSTOPOVIC. SPARKLE IN GREY offre une musique éclectique mélangeant le post-rock ambiant avec quelques éléments de folk. CONTROLLED BLEEDING est une formation américaine totalement inconnue de votre humble serviteur. Elle fût formée vers la fin des années 70 par Paul LEMOS. Les membres actuels sont Joe PAPA, Tony MEOLA, Mike BAZINI, Chad SB et Paul LEMOS naturellement. La musique du groupe est très variée, elle offre une combinaison de Mahavishnu Orcherstra, Eno et Fripp. On peut entendre des éléments de free jazz, de prog, d’ambiance sombre et de classique. Donc rien pour s’ennuyer.

 

Vous vous posez certainement une question, c’est un album avec deux groupes? Et bien oui, je ne connais pas toute l’histoire mais disons simplement que l’amitié peu faire bien des choses et c’est pour cette raison que  Paul LEMOS et Matteo UGGERI ont décidé que leur groupe respectif collaborerait à la création de « Perversions of the Aging Savant ». Le processus de composition fût assez laborieux, surtout que chacun des compositeurs étaient à des milliers de kilomètre l’un de l’autre. Malgré ce handicap de taille, ils ont réussi à développer une affinité réelle dans leson et une cohérence stylistique assez impressionnante entre les sections de l'album, sans affecter les caractéristiques individuelles des deux projets.


D’un côté nous avons CONTROLLED BLEEDING qui offre une guitare étoffée, rockeuse à souhait avec quelques effluves progressifs. Mais aussi quelques éléments jazzy, embrouillés et dissonantes. De l’autre, SPARKLES IN GREY nous présente la suite « Idiot Savant » divisée en quatre parties où nous retrouvons ce que le groupe fait de mieux, une musique de chambre émotivement intense agrémenté de piano et d’alto qui en rajoute.  « Perversions of the Aging Savant »brouillent aussi les cartes avec les deux titres finaux « Extra Perversions ». À découvrir!


En conclusion vous serez probablement déstabiliser, car nous sommes loin du néo, très loin. Le monde de la musique offre une multitude de choix à ceux qui désirent les découvrir. Si votre curiosité musicale n’a pas de borne réellement définie et que vous avez l’esprit ouvert «Perversions of the Aging Savant » sera pour vous.

Cote 4/5 


Pistes


FIRST SECTION

“The Perks of Being a Perv” Controlled Bleeding

 

1– Intro

2– Garage Dub

3– Springtime in Brooklyn

4– Perks Pt. 1

5-6– Birdcanned Pt. 1 & 2

 

SECOND SECTION

“The Rant of the Idiot Savant” Sparkle in Grey

 

7–  Idiot Savant Pt. 1

8–  Idiot Savant Pt. 2

9–  Idiot Savant Pt. 3

10– Idiot Savant Pt. 4

 

EXTRA PERVERSIONS

(CD)

Sparkle in Grey:

11- Mevlano pt.1

 

Controlled Bleeding:

12- Live in Brooklyn

 

 

 

Controled Bleeding

 

Paul Lamos – guitares, instruments

 

Joe Papa – voix (1)

 

Chad SB – électronique

 

Mike Bazini – électronique

 

Tony Meola – batterie

 

Jay D’Onofrio – percussions

 


 

Sparkle In Grey

 

Matteo Uggeri – électronique, ordinateur

 

Alberto Carozzi – guitares

 

Cristiano Lupo – basse, saxophone

 

Franz Krostopovic – violon

 


 

Invités :

 

Luca Sigurtà – bruitage

 

Simone Riva – batterie


3RDEGREE – Ones and Zeros Vol: 1 – 10T Records – 2015

Par Richard Hawey

 

Tous nous nous souvenons de leur présence dans le line-up du Festival Terra Incognita de 2014. Peut-être que 3DDEGREE n’a pas fait l’unanimité chez les gens présents, mais il n’en reste pas moins que leur plus récent opus « Ones and Zeros Vol : 1 m’a conquis totalement. On reprend donc la même équipe avec George DOBBS (chant, claviers et percussions), Robert James PASHMAN (basse, claviers et chœurs), Pat KLIESCH (guitare et chœurs), Eric PSEJA (guitare et chœurs), Aaron NOVEL batterie) et un petit nouveau Bryan ZEIGLER (guitare et chœurs) pour encenser un rock progressif résolument moderne. Que se passe-t-il lorsque les mises à jour de l'un des appareils électroniques portatifs s’étendent au-delà du simple téléphone ou ordinateur, que se passe-t-il lorsque la technologie commence à restaurer la biologie ? C’est ce que « Ones and Zeros Vol : 1 » nous parle.


Une courte intro de 17 seconde introduit « Gravity » qui est un rock découpé avec par des riffs de guitare accompagné d’un chant et des chœurs très présents. Les liens avec Echolyn se font sentir ici. Des passages plus calmes et plus atmosphériques temporisent l'ensemble, sur un fond de synthétiseurs. Voilà une composition qui va comme un gant à la démarche musicale du groupe, avec un morceau melting-pot bien construit. Tranchant par les guitares et planants pour le reste, le travail vocal apporte ici un petit côté désinvolte. Le rock reste d'actualité avec la suite où, les guitares électrique et acoustique portent un chant et des chœurs toujours bien présents. Bizarrement, la drôle d'alchimie offre à l'auditeur quelque chose d'entrainant et rock avec en arrière-plan, ce petit côté décalé truffé de narrations synthétiques. On remarque aussi un gros travail des synthés et autres claviers, qui contrebalancent la place de choix que prennent les guitares et le travail vocal. Instruments à claviers qui apportent çà et là des moments atmosphériques, qui élèvent la structure des chansons qui restent furieusement attrayantes. Plus on avance dans l'album, plus les compositions me plaisent, avec toujours ces introductions de synthétiseurs et ces arpèges de guitares savamment bien dosés. Approchant de près une ambiance soul, on se met à bouger sur ce rythme foutrement engageant
! La ballade pop-rock n'est pas non plus oubliée, avec une guitare acoustique qui porte cet excellent travail vocal souvent proche des Beatles.


Que dire de ce nouvel opus, si ce n'est qu'il est bien plus accessible au grand public. 3RDEGREE offre ici un recueil de chansons rock qui touche tout de suite l'auditeur, grâce à une savante architecture réalisée par une poignée de musiciens des plus doués. Recommandé!

Cote 4.5/5

 

Pistes

1. Hello, World! (0:17)
2. The Gravity (7:51)
3. This Is The Future (4:36)
4. Life (3:08)
5. The Best & Brightest (4:06)
6. Circuit Court (5:20)
7. Life At Any Cost (8:50)
8. What It Means To Be Human (5:31)
9.
We Regret To Inform You (5:23)
10. More Life (5:34)

 

Musiciens

- George Dobbs / Chant, Claviers, percussion, Guitare
- Robert James Pashman / Basse, Claviers, Chant
- Patrick Kliesch / Guitares électriques, Guitare acoustique, chant, Claviers
- Eric Pseja / Guitares électriques, Guitare acoustique, chant
- Aaron Nobel / Batterie, Percussion
- Bryan Zeigler / Guitare électrique, chant


THE ARISTOCRATS – Tres Caballeros – Boing! Music – 2015

Par Marc Thibeault

 

Plus Rock que Prog, les pièces de ce troisième album vont plaire aux amateurs de Rock instrumental.  Le trio The ARISTOCRATS a vu le jour lorsque, pour le NAMM Bass Bash de 2011 à Anaheim (Californie), Bryan BELLER (bassiste) et Marco MINNEMANN (batterie) ont demandé à la dernière minute à Guthrie GOVAN (guitares) de remplacer nul autre que la légende du Fusion Greg HOWE pour faire une représentation.  Le britannique GOVAN et les 2 américains BELLER (Nashville) & MINNEMANN (allemand demeurant près de San Diego) ont tout de suite combinés leurs goûts & styles différents pour former un groupe au son Rock et Jazz-Fusion. Leurs influences vont du Jazz des années 70 au Prog Britannique en passant par les virtuoses Joe SATRIANI & Steve VAI et le génie de Frank ZAPPA. Ces musiciens virtuoses de studio ont travaillé avec divers autres artistes, entre autre, Steven WILSON sur son album Hand.Cannot.Erase.

 

La première pièce, «Stupid 7», fait beaucoup penser à du Zakk WYLDE en solo mélangé avec du Joe SATRIANI! ANIMALS AS LEADERS serait aussi un bon comparatif. Funky à souhait, le 3 :54 passe en coup de vent! «Jack’s Back», plus mollo, sert presque d’intermède de 6 :07 avant de repartir de plus belle. «Texas Crazypants» fait beaucoup penser à du SATRIANI. Ca ressemble aussi à une des pièces de l’album instrumental solo de Stéphane DUFOUR, le guitariste d’Éric Lapointe! Assez bon. «ZZ Top» est encore une fois très SATRIANI. Contrairement à ce qu’on peut penser, il n’y a aucun hommage quelconque aux mythiques barbus. La pièce la moins forte de l’album. «Pig’s Day Off» nous amène dans un style hybride de Steve VAI et de Frank ZAPPA. «Smuggler’s Corridor» fait dans le vieux Rock, style VENTURES. «Pressure Relief» me fait beaucoup penser à «Outside Now» de ZAPPA. Du bonbon. «The Kentucky Meat Shower» ressemble à un mélange de Steve VAI & Zakk WYLDE. Un bon Rock. «Through The Flower» est la plus longue pièce de l’album mais aussi celle que je trouve qui identifie mieux le trio : les influences musicaux sont là, mais beaucoup moins présent que sur la majorité des autres pièces de l’album.

 

Quoi dire sinon que cette album est, comme l’a mentionné Bryan BELLER lors d’un entrevue pour Bass Magazine, ‘’moins agressif que nos 2 premiers albums’’. C’est un bon album de Hard Rock instrumental, mais on est loin du Prog. Avis à ceux que ça intéresse : les ARISTOCRATS vont bientôt partir en tournée en première partie de Joe SATRIANI (si ce n’est pas déjà commencé). Tres Caballeros

Cote: 3.5/5

 

Titres

1. Stupid 7 -  03 :54
2. Jack's Back -  06 :07
3. Texas Crazypants -  05:21
4. ZZ Top -  05:15
5. Pig's Day Off -  06:05
6. Smuggler's Corridor -  08:12
7. Pressure Relief -  06:57
8. The Kentucky Meat Shower -  04:49
9. Through the Flower -  11:27

 

Musiciens:

- Guthrie Govan / guitares
- Bryan Beller / guitare basse
- Marco Minnemann / batterie


AUDIOPLASTIK - In The Head of a Maniac – Bad Elephant Music - 2015

Par Philippe André

 

Pour AUDIOPLASTIK, vous prenez un chanteur guitariste passé entre autres par DARWIN'S RADIO & FROST, le claviériste présent sur les dix albums de THRESHOLD depuis 1993, & un multi instrumentiste fréquenté dans DARKWATER & PAIN OF SALVATION, vous mixez le tout & vous êtes prêts pour la dégustation.

 

Si vous êtes donc familier des formations précités cet AUDIOPLASTIK  ne vous surprendra guère, ça cartonne, ça bétonne, ça détonne pendant cinquante quatre minutes, un opus qui passe comme une lettre à la poste certes mais que vous aurez oublié dans six mois car il n'y a là malheureusement aucune once d'originalité, ma question est même la suivante : peut on sensément considérer cet album comme du rock progressif ? Nous n'allons pas jeter le bébé avec l'eau du bain car évidemment les musiciens se sont donnés du mal & du temps pour composer & arranger ces treize titres, en parlant de bain je vous engage fortement à siffloter "Tonight" ou "Over Now" sous la douche, ça va très bien se passer.......

 

Si vous appréciez le chant suave & voilé de Declan BURKE, un seul conseil allez écouter ou réécouter "Template for a Generation" le second album de DARWIN'S RADIO paru en 2009 & vous constaterez que c'est d'un tout autre calibre à tous les niveaux (voix, mélodies, arrangements, passages purement musicaux......)


AUDIOPLASTIK, une œuvre correcte mais sans plus..........

Cote : 3/5

 

Pistes :

1. Leave The World Behind (0:57)

2. Tonight (4:38)         

3. Bulletproof (4:04)

4. Over Now (3:52)      

5. World Of Wonder (4:27)      

6. The Sound Of Isolation (4:33)          

7. It Matters So Much (5:07)    

8. Leave Me Here(5:40)           

9. Traveller (1:42)       

10. Star (4:32) 

11. Now (4:48)

12. John Doe (3:58)     

13. Distant Skies (5:22)

 

Musiciens :

Dec Burke - Chant, Guitares, solos sur 5 & 13

Richard West - Claviers et choeur

Simon Andersson - Guitares, basse, programmation, claviers, solos sur 7 & 10 

 

SPOCK’S BEARD – The Oblivion Particle – InsideOut Music – 2015

Par Marc Thibeault

 

OUI!!!!!!!! C’est un retour aux sources pour les musiciens américains!

Même si les albums précédents avaient tous un petit quelque chose d’intéressant, celui-ci frappe dans le mille et fait mouche de tout feu! L’album précédant «Brief Nocturnes & Dreamless Sleep» nous avait déjà donné un bel aperçu de ce qui s’en venait. C’est un délice pour les oreilles d’un bout à l’autre! L’influence du guitariste et chanteur TED LEONARD (ENCHANT, THOUGHT CHAMBER) se fait sentir sur l’album : j’ai l’impression qu’il a poussé ALAN MORSE, DAVE MEROS & RYO OKUMOTO  a finalement débarquer du pilote automatique et de se permettre plus de largesse et de finesse dans leur musique, sans pour autant omettre le son qui les démarquent.  

 

Le tout démarre avec «Tides of Time», une pièce qui nous ramène aux années où NEAL MORSE faisait encore partie du groupe.  On ressent presque l’énergie du groupe tant la chanson est puissante! Une partie de la chanson me fait penser à «The Lamb Lies Down On Broadway» du groupe GENESIS. «Minion» (aucun lien avec  les créatures jaune présentement au cinéma) me fait penser aux belles années de KANSAS, ENCHANT (surement pas un hasard) ou même les vocalises de STYX à leur meilleur. C’est la pièce qui me rappelle le plus ENCHANT. «Hell’s Not Enough» est de style SPOCK’S BEARD des années où NICK D’VIRGILIO y était encore. «Bennett Built A Time Machine» fait penser au style des BEATLES mélangé avec un peu de YES, puis adapté au son du vieux SB. Pièce chantée par le batteur JIMMY KEAGAN, elle est légère et efficace. Sur «Get Out While You Can», on a l’impression d’entendre STU NICHOLSON & GALAHAD! Plus Rock que Prog. «A Better Way To Fly», débute avec une atmosphère musicale de style mystérieuse avant d’enchainer  à un rythme plus effréné, puis de se terminer en douceur. J’aime bien la transition d’un rythme à l’autre sur cette pièce. «The Center Line» surprend avec son intro de piano de style classique. On ne s’attend pas au changement qui suit : un rythme beaucoup plus entrainant et enlevant. Il y a comme un sentiment d’urgence dans la voix de TED LEONARD. J’aime  «To Be Free Again» avec sa façon de nous emmener dans un petit voyage prog, un peu STEVEN WILSON, un peu NEAL MORSE en solo, mais au son SB. «Disappear» mêle les styles de sons du groupe ENCHANT & YES. Très bonne, elle est quand même la moins forte chanson de l’album.

 

Après 22 ans et 12 albums à leur actif, SPOCK’S BEARD nous montre qu’ils peuvent encore se renouveler tout en gardant le son qui les a rendu si populaire. Indispensable à votre discographie!

Cote : 4.5/ 5

 

Pistes

01. Tides Of Time (07:47)

02. Minion (06:55)

03. Hell’s Not Enough (06:26)

04. Bennett Built A Time Machine (06:52)

05. Get Out While You Can (04:58)

06. A Better Way To Fly (09:00)

07. The Center Line (07:09)

08. To Be Free Again (10:24)

09. Disappear (06:41)

Chanson Bonus :

10. Iron Man (06:17)

 

Musiciens:

Alan Morse – Guitare, Voix

Dave Meros –Guitare Basse, Voix, Claviers

Ryo Okumoto –Claviers, Voix

Jimmy Keegan – Batterie, Voix

Ted Leonard – Voix, Guitare


XADU – Random Abstract – Moonjune Records – 2015

Par Richard Hawey

 

Nous avons déjà eu l’occasion de parler de Dusan JEVTOVIC à l’occasion de la parution de son album « Am I walking wrong? » en 2013 et aussi de parler de Xavi REIJA, batteur doué auteur d’un premier album « Resolution » en 2014. Sur ce dernier album, Xavi REIJA avait déjà à ses côtés Dusan JEVTOVIC, qui faisait de petites merveilles à la guitare. Pris séparément, les deux protagonistes sont étonnants mais lorsqu’ils s’associent, ça donne XADU et l’album « Random Abstract ».


Le principe est simple
: un guitariste, un batteur, neuf morceaux équitablement répartis entre les deux au niveau de l’écriture (quatre pour JEVTOVIC, quatre pour REIJA et un morceau partagé). Le mode opératoire est basé sur l’improvisation, ça me rappelle que j’en ai parlé dans une autre chronique, un thème est lancé et les deux partenaires se renvoient la balle. Pourtant, ce disque ne s’est pas fait sur un coin de table. L’enregistrement s’étale sur deux dates relativement distantes. Une première session d’enregistrement a eu lieu en mai 2014 aux studios de la Casa Murada et une seconde session se déroule en février 2015 à Banyeres Del Penedes, en Catalogne. « Random Abstract » est disponible via le label MoonJune Records. Ce que nous révèle ce disque est tout simplement excellent. Les neuf plages contiennent des climats variés où REIJA et JEVTOVIC interagissent avec brio et inventivité. On commence en douceur avec « Secrets » et on monte peu à peu en puissance au cours d’exercices costauds comme « Random Abstract » et sa guitare compressée, le sautillant et funky « Decaying Sky », le capricieux et massif « Something in Between », un « Deep Ocean » champêtre « No Hope » qui termine le disque. Tout au long de ce parcours, Duvan JEVTOVIC n’en finit pas de briller avec des solos musclés et des harmonies raffinées. Quant à Xavi REIJA, il s’impose par sa frappe puissante et précise digne des grands de la baguette.


XADU réalise ici un petit bijou de jazz fusion improvisé, capable de redonner du frais à un genre vénérable qui est peu utilisé. Laissez vos préjugés à la porte et lancez vous.

Cote 4/5

 

Pistes

1. Secrets (6:38)
2. Random Abstract (6:02)
3. Decaying Sky (7:58)
4. New Pop (7:10)
5. Something In Between (7:51)
6. Deep Ocean (6:53)
7. Place With A View (4:56)
8.
Workplace (4:06)
9. No Hope (4:44)


Musiciens

- Xavi Reija / batterie
- Dusan Jevtović / guitare




LIGRO – Dictionary 3 – Moonjune Records – 2015

Par Richard Hawey

 

Avec les productions du label MoonJune Records, nous avons eu l’occasion de découvrir que l’Indonésie était un pays surprenant en matière de jazz fusion. Ayant été capable d’absorber un genre qui lui était étranger, ce pays a fourni un nombre conséquent de formations extrêmement douées en la matière. Dewa Budjana, Simakdialog, I Know You Well Miss Clara ou Tohpati dont nous avons déjà parlés sur notre site et nous avons le plaisir de présenter ici et pour une seconde fois: LIGRO.


LIGRO est en fait un groupe actif depuis 2004. Le groupe est composé d’Agam HAMZAH (guitare), Adi DARMAWAN (basse) et Gusti HENDY (batterie et percussions). Ce dernier partage aussi son temps avec le groupe Gigi, une formation pop incroyablement populaire en Indonésie et dans laquelle on retrouve aussi le guitariste Dewa Budjana. Et lorsque Gusti HENDY ne fait pas de la pop commerciale, il s’affaire dans des formations jazz fusion obscures et feutrées qui bénéficient d’un sacré potentiel musical. C’est le cas de LIGRO, qui distribue ses albums au compte-goutte ("Dictionary 1" en 2008, "Dictionary 2" en 2012 et le nouveau "Dictionary 3" cette année).


Le trio a mis trois ans pour accoucher de ce troisième épisode mais cela valait la peine d’attendre. "Dictionary 3" se compose de cinq titres aux durées généralement très longues (13 à 15 minutes). Il n’y a évidemment aucun chant mais Ligro a néanmoins recours à un invité sur le premier morceau de l’album. C’est le jeune Adé IRAWAN (18 ans) qui vient époustoufler nos oreilles aux claviers. Ses solos virtuoses sur ce "Bliker" donnent d’ailleurs le ton du disque. L’ambiance est aux longues élaborations, aux montées progressives qui finissent toujours par faire éclater des solos de guitare qui laissent pantois. Chaque titre offre ses ambiances particulières, soyeuses et jazzy pour "Bluker", aériennes et psychédéliques pour "Pentagonal krisis", lentes et cosmiques sur "Tragic hero", techniques sur "The 20th century collaseu" (basé sur des œuvres d’Olivier Messiaen et Anton Webern), tranquilles et bluesy sur "Lonely planet". Mais à chaque fois, en plein milieu des morceaux, ces diables de musiciens de Ligro viennent placer des solos furieux et décapants, toutes guitares dehors ou à grands coups de batterie dévastatrice. Techniquement, les types sont des monstres et en plus, ils libèrent des énergies et des émotions fabuleuses dans leur musique.


On aura vite compris que ce "Dictionary 3" est une œuvre à posséder quand on est un amateur éclairé de jazz rock. Les membres de LIGRO réalisent ici un coup fumant avec des démonstrations de force savamment compensées par un feeling subtil et intelligent. À découvrir!

Cote 4/5

 

Pistes

1. Bluker (14:46)
2. Pentagonal Krisis (15:11)
3. Tragic Hero (13:50)
4. The 20th Century Collaseu (11:40)
5.
Lonely Planet (8:20)


Musiciens

- Agam Hamzah / guitare
- Adi Darmawan / basse
- Gusti Hendy / batterie, percussion
Avec:
- Ade Irawan / piano, claviers (1)


JAN-OLOF STRANDBERG & ARMAND SABAL-LECCO PROJECT – Live in Finland–Seacrest Oy Records 2015

Par Richard Hawey

 

Le  compositeur bassiste Finlandais Jan-Olof STRANDBERG n'est pas un inconnu pour moi. J’ai découvert cet excellent musicien avec son album précédent  « Made in Finland » paru en 2012. Sa carrière remonte aux années ’70 où son nom est associé à des artistes de renoms tels que Jukka Tolonen (Tasavallan Presidentti) et Esa Kotilainen (Wigwam). Au cours des dernières années il a travaillé et enregistré avec des musiciens comme Paul Jackson (Herbie Hancock), Dominique Di Piazza (John McLaughlin), Michael Manring et Jukka Gustavson (Wigwam). En outre, STRANDBERG est également membre du groupe Paidarion. Parmi les musiciens avec qui il a récemment travaillé il y a Armand SABALl-LECCO. Il est originaire du Cameroun, mais il est maintenant un bassiste américain et compositeur. Il s’est fait connaitre grâce à sa collaboration avec Paul Simon, mais Armand a également joué et enregistré avec Stewart Copeland, Stanley Clarke, Don Grusin, Ringo Starr, Peter Gabriel, Lionel Richie, ainsi que d'innombrables autres artistes. Cette version a été enregistrée au Studio de SV et celui de Sellosali entre avril et novembre 2014 et a été produite par Jan-Olof STRANDBERG et Sami VIRTANEN.


Durant plus qu'une heure, vous pouvez entendre ce que les deux musiciens désiraient réaliser avec leur musique. Ils voulaient créer un mélange entre le fond musical riche de Armand avec ses influences dans la musique traditionnelle africaine, le son funk made in USA et une approche plus européenne avec Jan-Olof et un style jazz-rock, rock progressif et fusion. Leur façon de jouer et d'improviser diffère beaucoup et peut être entendu sur toutes les chansons de ce disque qui ont été enregistrés lors de différents concerts, sauf la première piste, qui est un enregistrement en studio. Et comme mentionné plus haut, Il est évident que les compositions d’Armand SABAL-LECCO « Gizga » et « Couscous Clan » ont plus d'éléments tirés de la musique traditionnelle africaine, jazz, funk américain et reggae. Donc ce n'était pas une surprise d’entendre les influences jazz-rock, rock progressif et fusion sur celles de Jan-Olof STRANDBERG, je parle de « Behind the Curtain », « Two Sisters » et « Dominique ». Et pour ceux qui l’ignorent le premier titre est tiré de l’album du même nom de Paidarion. Sami VIRTANEN (guitare, claviers) est le compositeur des autres pièces « Welcome to the Show » et « Tom’s Nurses ». Avec deux bassistes dans le line-up, il ne faut pas se surprendre que ce « Live in Finland » est une vitrine pour les deux bassistes. Ils improvisent et joue des solos sur leurs instruments tout au long de l'album laissant guère de place pour les autres musiciens de montrer aussi leurs talents. Que les autres musiciens ne sont que des pions sur un échiquier, que vous ne pouvez pas juste dire. Jukka GUSTAVSON est un claviériste légendaire, bien connu pour ses projets en solo et le groupe Wigwam. Occasionnellement, il partage la scène avec Sami VIRTANEN. Sami gère les guitares et certaines parties de clavier. Enfin, le batteur Jartsa KARVONEN, qui est l'un des batteurs les plus utilisés en Finlande.

 

Cette collaboration entre les deux maitres de la basse, Armand SABAL-LECCO et Jan-Olof STRANDBERG est un moment assez unique pour les amateurs de cet instrument qu’est la basse. Si vous aimez la musique improvisée jouer sur la guitare basse et surtout si vous êtes un amateur de musique traditionnelle africaine, funk américain, reggae, jazz-rock, fusion et jazz, il faut acheter cette album.

Cote 4/5

 

Pistes

1- Welcome To The Show (4:10)

2- Gizga (10:11)

3- Two Sisters Intro (2:23)

4- Two Sisters (3:05)

5- Couscous Clan  (12:18

6- Dominique Intro (2:12)

7- Dominique (6:13)

8- Tom's Nurses (14:15)

9- Behind The Curtains Intro (1:53)

10- Behind The Curtains (6:10)


Musiciens

Jan-Olof Strandberg – Basse

Armand Sabal-Lecco – Basse

Sami Virtanen – Guitare, claviers

Jukka Gustavson – Claviers

Jartsa Karvonen - Batterie



RAMSES - Firewall - Sireena records - 2014

Par Philippe André

 

Retour vers le passé, vraiment le passé, c'est ainsi que l'on pourrait qualifier RAMSES en 2014/2015 ; imaginez un groupe qui a sorti trois albums de 1976 à 1981, puis un album en l'an 2000 & enfin ce "Firewall" en toute fin 2014. De la formation d'origine ne subsiste que trois musiciens, la fratrie LANGHORST, Winfried aux claviers & Norbert aux guitares et Reinhard SCHROTER qui à ce moment jouait de la batterie.

 

Pour compléter le tableau, sachez que les deux premières réalisations de la formation germanique ne sont jamais sortis en format cd unitaire, ils existent seulement sous un format compilation paru en 1993, que je vous engage fortement à vous procurer. À l'époque ils sont parus de façon unitaire sous le format vinyle seulement. « La Leyla » (1976) a été produit par Klaus Hess et Conny Plank. « Eternity Rise » (1978) fut produit par RAMSES. « Light Fantastic » (1981) a été enregistré à l'Horus Sound Studio de Frank Bornemann (1981) mais a été produit par Jan JEMEC et par RAMSÈS. Voilà pour l'historique de RAMSÈS.

 

Revenons à nos moutons plus récents avec ce mur de feu paru il y a quelques mois, et la musique du nouveau RAMSES qui n'a que peu à voir avec les glorieuses années soixante dix, nous avons majoritairement affaire à du rock "mainstream" qu'en d'autres temps nous aurions appeler AOR ; AOR ne veut pas dire médiocre, loin de là, cet opus s'écoute facilement & avec plaisir, les mélodies sont bien présentes tout au long des treizes pistes du disque.

 

Parmi les titres à mentionner, signalons "Save the World" nanti d'une magnifique guitare véloce & expressive, "Love in Vain" une ballade symphonique & radiophonique en diable, "Firewall" le morceau titre facilement mémorisable digne du meilleur ASIA, "Thirst in my Heart" introduit par des chants grégoriens & éclairé par un saxophone échantilloné, très beau titre tout en retenue, puis la version publique  de "Look at your Neighbour" mené de main de maitre par la six cordes incendiaire de Norbert LANGHORST & enfin je ne peux passer sous silence le seul instrumental de l'album "Back to the Glades", mon morceau préféré bien sur mais vous connaissez ma dévotion aux titres purement musicaux d'une manière générale.

 

En conclusion rien de franchement mauvais dans cet album, même si & je me répète nous sommes relativement loin des canons du rock progressif de nos vertes années.

Cote : 4/5

 

Pistes :

1. Welcome to the Show (4:43)

2. Save the World (4:42)

3. Love in Vain (4:00)

4. Into the Moments (3:45)

5. All this Time (5:07)

6. Firewall (4:02)

7. Virgin Zone (3:22)

8. Thirst in my Heart (4:47)

9. The Straw that broke the Camels Back (5:51)

10. Look @ your Neighbour ("Live" Version) (7:01)

11. X-mas Song (4:02)

12. Back to the Glades (5:19)

13. Look @ your Neighbour ("Soft" Version) (3:09)

 

Musiciens :

Reinhard Schroter - vocals, keyboards

Winfried Langhorst - keyboards

Norbert Langhorst - guitar

Herbert Wolfslast - bass, acoustic and slide guitar

Carsten Loll - drums

Herbert Natho - vocals on track 13


CIRCLE OF ILLUSION – Jeremias – Foreshadow Of Forgotten Realms – Generation Prog Records – 2013

Par Marc Thibeault

 

Ça fait plus d’un mois que j’ai reçu l’album de CIRCLE OF ILLUSION «Jeremias – Foreshadow Of Forgotten Realms» et, même après l’avoir écouté plusieurs fois et même si je lis d’excellentes critiques partout, je n’arrive pas à trouver autant de bons commentaires à émettre. Pas que ce n’est pas bon, mais il y manque la petite étincelle qui m’inciterait à vouloir le réécouter. À chacun ses goûts! Alors voici quand même ma critique.

 

CIRCLE OF ILLUSION voit le jour en 2011 grâce au claviériste autrichien Gerald PETER. PETER, autodidacte & adepte de multiple styles musicaux (classique, Jazz, Fusion) rêvait de pouvoir créer un opus conceptuel  & unique en son genre. Il s’entoure de musiciens aguerris et certains d’entre eux sont même dans d’autres groupes ou ont leurs propres albums de compositions.  Il y a 3 chanteurs  dans Circle Of Illusion : Taris BROWN, Cara COLE & Elga SHAFRAN, chacun prenant le rôle d’un personnage différent dans l’histoire. Même s’il fut écrit en 2009, l’album « Jeremias – Foreshadow Of Forgotten Realms » ne sort qu’en septembre 2013 et il fait fureur presqu’aussitôt. Le sujet mainte fois exploité des conflits & ambivalences des émotions sert de fil conducteur pour cet album aux couleurs musicaux variés. Funk, symphonique, cinématographique, Rock et  Métal se mêlent et se côtoient sans trop d’accrocs. Le tout est assaisonné légèrement d’autres styles musicaux, comme pour rendre le tout plus accessible.

 

«Overture» démarre l’album comme dans un film d’aventure : musique symphonique cheminant graduellement vers un son plus Rock pour nous embarquer adéquatement dans l’atmosphère de l’album. On ne peut s’empêcher de penser aux bouts symphoniques de l’album  «Six Degrees Of Inner Turbulence» de Dream Theater. «The Beginning» semble aller  vers un air symphonique lorsque… c’est du Funk! La musique se transforme ensuite en Prog-Rock vigoureux. Surprenant et efficace. «The Run» est  dans un style beaucoup plus lourd (à la Dream Theater). Le style Hard & les chanteurs font de bons duels vocaux. «The Memory Returns» nous emporte dans un Prog-Rock Symphonique qui change en fonction des personnages qui chantent. «The Party» est un petit Funk d’un peu plus de 2:00. «Closing Doors» est plus de type Rock Symphonique. «New Age» est un mélange de Symphonique & de Prog-Rock. «Continuum» est comme une chanson de Dream Theater avec différents styles vocaux. «Sarah’s Dream» nous débarque des styles musicaux déjà entendus dans l’album pour nous transporter dans les années 70 pendant ±3 :00 avant de terminer avec un bon solo de guitare. «13th Floor» mêle du style Baroque avec un peu de Metal et de Funk. «Nightmare» est la chanson la plus forte de l’album. Chaque style y est bien dosé et ça donne d’agréables surprises. Un 16 :17 de plaisir! Dommage que ça soit la dernière pièce de l’album!

 

J’ai peut être vu trop de ressemblances avec le travail d’autres artistes pour pouvoir apprécier l’album à sa juste valeur. Si Gerald PETER entend continuer le voyage qu’est Circle Of Illusion, il ne reste à souhaiter que son prochain album soit moins fortement imprégné de ses influences et plus inspiré & personnalisé comme ses premières pièces et, surtout, la dernière chanson.

Cote: 2.5/5

 

Pistes

1. Overture (3:55)
2. The Beginning (7:05)
3. The Run (9:46)
4. The Memory Returns (6:05)
5. The Party (2:16)
6. Closing Doors (6:06)
7. New Age (8:08)
8. Continuum (9:51)
9. Sarah's Dream (3:59)

10. 13th Floor (6:25)

11. Nightmare (16:17)

 

Musiciens

- Gerald Peter / Synthés,
- Rupert Träxler / Guitares

- Aaron Their / Batterie

- Stephan Först / Guitare Basse
Chanteurs:
- Taris Brown,
- Elga Shafran,

- Cara Cole


ALESSANDRO BERTONI – Keystone – Generation Prog Records - 2013

Par Marc Thibeault

 

Claviériste émérite, Alessandro BERTONI est membre du groupe prog instrumentale italien APHELION. Ayant débuté sa carrière en Italie, le groupe fit quelques démos avant de sortir un album, « Franticode » (mai 2008). Bien qu’enregistré en Italie, cet album fut mixé à Los Angeles, Californie, par Derek Sherinian, développant ainsi une solide amitié entre les 2 claviéristes qui partagent beaucoup de goûts musicaux communs. BERTONI vit depuis quelques années en permanence à Los Angeles où il participe à divers projets connexes dont les albums de Kevin SERRA & celui d’Alberto RIGONI.

 

L’album « Keystone » est sorti à l’automne 2013. C’est une création fait de saveurs Jazz-Rock, Fusion, Hard Rock instrumental à la Derek Sherinian ou à la Joe Satriani avec quelques relents prog ici & là, sans plus. BERTONI avait toujours rêvé de pouvoir faire de la musique avec ses idoles d’adolescence et il en profite au maximum sur cet album : Brett GARSED (guitare), Ric FIERABRACCI (basse) & Virgil DONATI (batterie) sont des musiciens étant reconnus parmi les sommités du domaine du Jazz-Rock/Fusion.

 

« Pt. I - The Great Portrait » est la première partie de la trilogie nommée «Mega Alexandros». Un bon rock rythmé bourré de synthés qui n’est certes pas sans rappeler le son du producteur Derek Sherinian sur ses propres albums. On se laisse emporter par le rythme. « Pt. II – City Of Gordium » est une pièce qui baisse un peu de cadence et montre un peu plus le côté Jazz-Rock d’Alessandro. Ça fait penser un peu à du Spyro Gyra ou même aux albums de Tomas Bodin (Flower Kings). Agréable. «Pt. III – To The Ends Of The Earth» est un amalgamme des 2 premières parties. Une belle façon de clore cette trilogie. «Pacifica Rampage» est une pièce Jazz-Rock/Fusion avec une légère teinte Hard Rock. « Tertium Non Datur » sonne comme le Dream Theater des premiers albums (lorsque Sherinian faisait encore parti du groupe) ou même Joe Satriani avec un peu plus de synthés. «Galactic Halo» est un Jazz-Rock me rappelant le défunt groupe québécois Uzeb. Changements à des beats différents et avec un riff accrochant. «The Keystone Age» est un Hard Rock. Ici les synthés sonnent lourds comme du Deep Purple et la guitare est comme celle de comme Satriani. Un bon mariage de son! «Magnolia Sunrise» nous amène vers une toute autre direction musicale. Contretemps, piano, basse & synthés dominent cette pièce au rythme moyen. Cette pièce détonne vraiment du reste de l’album mais demeure néanmoins très bonne à l’écoute.

 

À bien des égards, « Keystone » est un album « clone » du son de Derek Sherinian, mais Alessandro BERTONI ne s’en plaint pas du tout, bien au contraire! La ressemblance du son avec celui du groupe de Sherinian « Planet X » est volontaire, mais ça reste un album créatif  avec ses moments forts. Les passionnés du son de Derek Sherinian se retrouveront en terrain connu ici.

Cote : 3.5/5

 

Pistes

Megas Alexandros Trilogy

1. Pt. I – The Great Portrait (3 :55)

2. Pt. II – City Of Gordium (4:40)

3. Pt. III – To The Ends Of The Earth (4:44)

4.  Pacifica Rampage (5:10)

5. Tertium Non Datur (5:30)

6. Galactic Halo (3:38)

7. The Keystone Age (4:15)

8. Magnolia Sunrise (4:12)


Musiciens

- Alessandro Bertoni / Claviers

- Brett Garsed / Guitares

- Ric Fierabracci / Basse

- Virgil Donati / Batterie 

 

RELOCATOR – Relocator – Generation Prog Records – 2010

Par Richard Hawey

 

Pour tous ceux qui suivent les nouvelles concernant la musique progressive et surtout les aimants des albums instrumentaux, vous avez certainement entendu parler de RELOCATOR. Sinon, lisez ce qui suit, ça vaut le coup. RELOCATOR est une jeune formation allemande, leur style le fusion, et là je vois presque certains d’entre vous se crisper en lisant cet adjectif, mais restons calme. RELOCATOR a été fondé en 2004 par Stefan ARTWIN (guitares) et Michael PRUCHNICKI (basse). L’idée de base était de créer un groupe qui ferait de la musique sans l’aide de la technologie. Cette idée s’est vite estompée et les deux compères se sont mis à la recherche de musiciens. Ils ont recruté Frank TINGE à la batterie, Bartek STRYCHARSKI au violon et nul autre que Derek SHERINIAN aux claviers.

 

La musique de RELOCATOR est accessible, je dirais qu’il y a des points communs avec le Mahavishnu Orchestra. Le côté métal que l’on retrouve souvent dans ce type de groupe ne fait pas ou très peu parti de l’ensemble. On y retrouve plutôt un style jazzé mélodique à laquelle se rattache différentes influences, «Aavishkar» avec ses ambiances indiennes, «Proxima » et son côté Jan HAMMER. Les mélodies se développent sans nous faire décrocher à cause d’éléments plus tordus. Autre facette intéressante, c’est la présence d’un violoniste qui apporte une fluidité aux compositions. Il ne faut pas oublier la section rythmique qui est absolument époustouflante, c’est la colonne vertébrale du groupe. Enfin, la guitare et les claviers qui, comme c’est souvent le cas dans ce type de musique, y vont de duels endiablés. Derek SHERINIAN se donne à fond la caisse avec des sonorités de claviers imparables tandis que Stefan ARTWIN y va de solos dignes d’un grand virtuose. La qualité de ces moments est exceptionnelle, quelquefois on se demande même qui de SHERINIAN  ou de ARTWIN exécute le solo.

 

En conclusion, je ne peux que vous recommander cet album. Cette jeune formation a su créer une musique digne des grands. Il est certain que l’ajout d’un claviériste comme Derek SHERINAIN apporte à RELOCATOR une maturité que plusieurs autres recherches toujours.

Cote : 4/5

 

Tracks listing :

1. Red Vibes – 06:15
2. Biosphere – 08:02
3. Relocator – 05:26
4. Proxima – 06:18
5. Aavishkar – 10 :33
6. 13 Reasons – 06 :33
7. Urban Blue – 06 :35
8.
The Alchemist – 11 :33

Line-Up :

Stefan Artwin : Guitars
Michael Pruchnicki : Bass
Frank Tinge : Drum
Derek Sherinian : Keyboards
Bartek Strycharski : Violin


THEO – The Game of Ouroboros – Generation Prog Records – 2015

Par Richard Hawey

 

Jim ALFREDSON est un claviériste compositeur de la région des Grands Lacs qui s'est mis au clavier dès son enfance. Dans sa jeunesse et grâce à sa famille il a découvert Yes, ELP, Pink Floyd et Genesis et il s’est dit qu’un jour il aimerait faire un album dans ce genre là. Avec « The Game of Ouroboros » il a réalisé ce rêve et c’est sous le patronyme de THEO qu’il le fait. Aujourd’hui Jim nous présente son album qui se veut un concept futuriste. Il ne faut pas penser à un album à consonance rétro où vous pourrez accoler les noms mentionnés plus tôt, pas du tout. Avec l’aide de musiciens comme Gary DAVENPORT (basse, stick Chapman, basse fretless), Kevin DePREE (batterie, percussions, chœurs), Jake REICHBART (guitares) ainsi que quelques invités spéciaux Zach ZUNIS (guitare solo sur The Game of Ouroboros), Greg NAGY (guitare 12 cordes sur « The Game of Ouroboros », guitare rythmique et chœurs sur « Exile ») Jim nous offre un album plutôt original et aux sonorités modernes.

 

« The Game of Ouroboros », la pièce titre ouvre cet album de façon mystérieuse et sombre surtout à cause du piano et des autres claviers qui accompagnent un chant très à propos. Les claviers répandent une ambiance de science-fiction troublante, le sentiment d'angoisse et d'emprise est total. « The Blood that Floats My Throne » débute avec une séquence se rapprochant de Tangerine Dream, la musique couve sous cette ambiance toujours aussi sombre et explose un peu à la manière d’un IQ ou Galahad. L’excellent solo d’orgue Hammond est à faire rêver. Le troisième titre « Creatures of Our Comfort » est plus léger, il repose sur une combinaison de note relativement simple qui nous amène dans un simple reggae très agréable. La pièce suivante me fait beaucoup penser à Bruce Hornsby, je ne sais si vous souvenez mais le rapprochement est là. « These Are The Simple Days” nous offre un simple petit motif répété au piano, et immédiatement la nostalgie est là. Une belle ballade sans heurt, conventionnelle certes mais la recette marche toujours. « IdleWorship », un des meilleurs titres de cet album du haut de ses 13 minutes, remet du punch et des ondes positives. Un titre jazzy, une belle introduction mêlant les changements de rythme aux interventions de la guitare électrique. Un silence, et les paroles laissent la place à un superbe solo d'orgue jazzy, à se demander s'il ne s'agit pas là d'une improvisation. Un nouveau silence, deux accords au piano, le rythme de départ reprend et l'on finit avec une conclusion éblouissante.  Avec « Exile », le piano joue encore une part prépondérante dans la première partie de ce titre, bien épaulé par la basse. Les moments de tension et de détente varient au gré de l'état du personnage, de sa perte de statut jusqu'au moment où il s'aperçoit qu'il est finalement libre du système dans lequel il était totalement prisonnier. Après un silence apaisé, quelques coups de boutoir annoncent une nouvelle ouverture, un jour nouveau. Une belle conclusion aux saveurs des années 70 menée tambour battant par les claviers. Le tout se compose d'un feu d'artifice de références du début des années 1970 entremêlées d'une manière tout à fait imprévisible dans une atmosphère enveloppante.

 

La conclusion est évidente, « The Game of Ouroboros » est génial. J’ai été totalement conquis par toutes les atmosphères accrocheuses qui se trouvent sur « The Game of Ouroboros ». Si vous êtes un fan de claviers cet album est pour vous et si vous ne l’êtes pas vous le deviendrez. À écouter avec un volume élevé. Recommandé!

Cote 4.5/5

 

 

Pistes

1.Game Of Ouroboros - 9:42

2.The Blood That Floats My Throne - 8:17

3.Creatures Of Our Comfort - 6:45

4.These Are The Simple Days - 8:03

5.Idle Worship - 13:27

6.Exile - 11:14

 

Musiciens

Jim Alfredson - chant, clavier

Gary Davenport - basse

Kevin DePree - batterie

Jake Reichbart - guitare

 

Invités:
Zach Zunis : guitare (The Game of Ouroboros)
Greg Nagy : guitare (The Game of Ouroboros), voix et guitare (Exile)

 
 
 
 
 

 

DRIFTING SUN - Trip the Light Fantastic - Autoproduction - 2015

Par Philippe André

 

DRIFTING SUN ou comment vivre deux vies dans la musique progressive ?

 

Il y eut tout d'abord le DRIFTING SUN originel qui œuvra de 1990 à 1998 avec deux albums à la clé, passés relativement inaperçus malgré une parution & une distribution du label français MUSEA. Et puis voici le nouveau DRIFTING SUN en 2015, qui n'a en commun avec son prédécesseur que la présence de l'omnipotent Pat SANDERS, claviériste & compositeur........de grand talent. Avec une telle équipe renouvelée c'est carrément d'un nouveau groupe qu'il s'agit.

 

Si vous appréciez le chant assez haut perché de Pete FALCONER, il y a de fortes chances que vous aimiez les mêmes titres que votre serviteur, c'est à dire dans l'ordre du programme, le morceau d'ouverture & éponyme "Trip The Life Fantastic" mené par un motif de piano classisant, facilement mémorisable, plutot pop que prog à la manière d'un ASIA qui aurait gardé un zeste d'inventivité ; puis "The Wizard" dans la même veine nanti d'un joli  travail de la six cordes & des chœurs chaleureux ; l'évanescent et pianistiquement délicat "Five Ever" qui prend du nerf & du volume dans sa seconde moitié ; il faudra bien évidemment ajouter à ceux là les quatre mini instrumentaux qui parsèment l'opus de DRIFTING SUN & qui complètent joliment les partitions imaginées par Pat SANDERS.

 

Par déduction, vous comprendrez que les titres restants n'emportent pas mon adhésion, intrinsèquement moins intéressants que les susnommés, ce qui laisse sur le tableau noir une impression mitigée quant à l'œuvre ici proposée.

Comme l'on dit : Peut mieux faire........... 

Cote : 3/5

 

Pistes :

1. Trip The Life Fantastic (6:22)

2. Peach Blossoms (2:00)

3. The Wizard (6:34)

4. Sunsets (2:42)

5. Lady Night (7:53)

6. Ode To Nevermind (2:15)

7. Five Ever (8:33)

8. XXX Forever (2:32)

9. Tormented (4:37)

10. Last Supper (9:35)

 

Musiciens :

Dan Storey - Guitares, basse

Will Jones - Batterie

Pat Sanders - Claviers

Pete Falconer - Chant

Andrew Howard - Guitares

 

ANNOT RHÜL – Leviathan – Black Widow Records 2014

Par Richard Hawey

 

Originaire de Trondheim/Norvège ANNOT RHÜL n'est pas le nom d’un groupe dans le sens traditionnel du terme, mais un pseudonyme, celui de Sigurd Lühr TONNA, l'homme derrière la musique et les arrangements. Il joue la guitare et les claviers et s’occupe de tous les effets spéciaux. « Leviathan » est son troisième album studio qui est sorti en octobre dernier sur le label Black Widow. Il est comme les deux précédents un effort musical solo qui a été réalisé par Sigurd sur les guitares et les claviers. Il a toutefois obtenu de l'aide au chant, à la basse, aux claviers et à la batterie. « Leviathan » est relativement court avec ses quarante-huit minutes mais il est rempli au ras bord d’excellent musique dominée par les deux suites de plus de treize minutes qui ouvrent et ferment l’album.

 

Comme mentionné plus tôt, l’album ouvre avec la pièce « Leviathan Suite » et contient sept parties incluant plusieurs changements de rythme. L’introduction est sombre et mystérieuse, les influences psychédéliques sont présentes sans trop d’exagération. Le chant féminin et masculin agrémente ici et là quelques courtes parties de cette suite. La tension augmente avec l’utilisation du mellotron où vous entendrez l’influence de Pink Floyd. Vous apprécierez la partie plus rythmée avec l’orgue en finale. L’autre épique « R ' Lyeh », comporte cinq parties où s’intercalent des moments mélodiques de Mellotron et des parties de guitare plus agressives. Ici  Pink Floyd rencontre King Crimson. C'est aussi une piste où vous gouterez le space rock et les influences psychédélique du rock. Outre les deux superbes suites du début et de la fin, il faut savoir que « Leviathan » a bien plus à offrir. Les titres situés au centre de l’album sont aussi excellents, ils sont plus ou moins influencés par la musique de Floyd, comme sur « The Colour Out Of Space » ou « The Mountains of Madness ». Tandis qu’en revanche, les pièces où le mellotron domine « Surya » et  « Distant Star » sont plus proches d’un Genesis ou King Crimson.

 

Que vous dire de plus à propos de « Leviathan » si ce n’est qu’il est excellent. N’ayez aucune crainte!

Cote 4/5

 

 

Pistes

1. Leviathan Suite (13:54)
i) The Traveller, part I
ii) The Sailors, part I
iii) In Limbo at 5000 Fathoms
iv) Maybe they Sailed out Too Far?
v) Between Scylla and Charybdis
vi) The Sailors, part II
vii) Interstellar Foe
2. The Colour out of Space (7:03)
3. Surya (4:46)
4. Distant Star (3:27)
5. The Mountains of Madness (7:17)
6. R'Lyeh (12:04)
i) The Elder Ones
ii) 47°9 S 126°43 W
iii) Every Man For Himself
iv) In the Wake of Cthulhu
v) The Traveller, part II

 

Musiciens

- Sigurd Lühr Tonna / Claviers, guitars
Avec:
- Halvor William Sanden / Batterie
- Lars (Seid) / Piano, Synthés, mellotron
- Lars Fredrik Frøslie (Wobbler) / Mellotron
- Burt Rocket (Seid) / Chant, basse and synthé
- Erlend Naalsund (Asagio) / Guitare
- Jørgen Kosmos (Seid) / Chant
- Svei Arne Skarvik (Love Revolt) / Lapsteel
- Ingrid Velle (Love Revolt) / Chant
- Allessandro Eide (Manifest) / Percussion

 

 

GENTLE STORM – Diary– InsideOut  2015

Par Denis Boisvert

 

Voici un projet particulier. Arjen LUCASSEN qui continue de montrer une énergie créatrice quasi-maniaque s’est attaqué à un projet opératique mettant en relief la voix extrêmement expressive d’Anneke GIERSBERGEN. Le thème : des lettres d’amour entre un marin hollandais en mer et sa femme. La particularité : on a droit à deux versions de chaque pièce, une version folklorique et une version électrique. Seul un gars comme Arjen peut penser à faire des trucs comme cela et en plus les faire aboutir.  Attention on s’éloigne du prog. Pas de moog ou de mellotron! L’expérimentation est plus au niveau d’instruments et de sonorité d’époque (j’ai lu quelque part près de 40 instruments exotiques).  Le maestro expérimente aussi avec des bouts d’orchestres authentiques comme une contrebasse, un cor et un chœur vocal.  Voilà pour le contexte.

 

Maintenant que dire des compositions.  Si vous aimez les thèmes folkloriques nord-européens ou si vous aimer danser avec les marins dans une taverne vous serez comblés. Sinon vous pourrez toujours essayer la version musclé rock (rappelant à l’occasion Jethro Tull). Trois pièces ressortent : ‘The Heart of Amsterdam’, un hymne enlevant qui sied à merveille à la voix dynamique d’Anneke (le vidéo YouTube est disponible) et ‘The Shores of India’ avec une instrumentation et des gammes orientales étonnantes. Finalement the ‘Storm’ est un intriguant avec des chœurs wagnériens en compétition avec des cordes frénétiques.

 

Dans l’ensemble un effort louable mais qui m’a laissé sur ma faim.  Malgré la facture de qualité et la prestation superbe de GIERSBERGEN, je trouve des moments répétitifs, un ensemble un peu mélo et les deux versions sont tellement semblables qu’on dirait obtenir un CD boni plutôt qu’un album double. Essayer avant d’acheter.

Cote 4 sur 5

 

Pistes :

CD1 version Gentle et CD2 version Storm

01 Endless Sea (5:59)

02 Heart of Amsterdam (6:36)

03 The Greatest Love (4:08)

04 Shores Of India (6:40)

05 Cape Of Storms (5:28)

06 The Moment (6:08)

07 The Storm (5:55)

08 Eyes Of Michiel (3:56)

09 Brightest Light (4:46)

10 New Horizons (5:24)

11 Epilogue: The Final Entry (2:02)

 

Musiciens:

Anneke Van Giersbergen – voix

Arjen Anthony Lucassen –guitares, guitare basse acoustique, banjo, mandoline, percussion et dulcimer

 

Avec:

Ed Warby:  batterie
Rob Snijders:  percussion
Johan van Stratum:  basse
Joost van den Broek:  piano
Timo Somers:  guitare solo
Ben Mathot:  violon
Hinse Mutter:  contrebasse
Maaike Peterse:  violoncelle
Jenneke de Jonge:  cor français
Jeroen Goossens:  Instruments à vent
Epic Rock Choir:  choeur


MARCO RAGNI – Mother From The Sun – Melodic Revolution Records – 2015 - Italie

Par Denis Boisvert

 

J’avais très peu d’attente pour le dernier opus de ce musicien multi-instrumentaliste italien reconnu pour ses tonalités psychédéliques.  Un autre clonage de Pink Floyd me suis-je dit! Et bien non! Ragni qui bosse depuis longtemps nous sert tout un album double.  Sensible, articulé, doux et poétique.  La pochette capture bien l’ambiance. Tout au long de l’album, on navigue sur un long poème où dominent les guitares classiques et folkloriques et les ambiances naturelles.

 

Oui, il y bien ça et là des accords vibratos à la Floyd mais les mélodies sont riches et hypnotiques presque méditatives.  J’ai bien aimé les moments de guitares et les styles différents des invités, on croit reconnaître un peu la 5ième saison d’Harmonium si on se ferme les yeux.  Ceci étant dit l’album pourrait encore être mieux fignolé surtout au point de vue technique. La qualité d’enregistrement est moyenne. Il y a tellement de bons batteurs que c’est presqu’insultant de se faire servir du ‘drum machine’. Les paroles en anglais sont un peu légères avec quelques erreurs irritantes. Les albums doubles courent toujours le risque de contenir des longueurs et des pièces side B. La voix de Ragni est correcte sans plus. Mais ces petits détours ne sont pas si apparents et ne change en rien l’impression générale qui demeurent très bonne.

 

J’ai bien aimé l’atmosphère folk paisible et les multiples ballades, le petit côté Donovan, l’absence de crescendo violent, les longs moments instrumentaux, et les sublimes dialogues de guitares sèches, les petites perles sonores et le bon feeling de l’ensemble.  Donc un album qui laisse sa marque et qui mérite certainement une écoute attentive. Certains adoreront c’est sûr. Un musicien à surveiller.

Cote 4 sur 5

 

Pistes:
1- Into the Wheel of Time (9:13)
2- Sea of Vibes (15:15)
3- Panting (1:04)
4- Haven of Marble (17:46)
5- Faint Memory (4:41)
6- The Light is Burning (2:23)
7- Get Out of Here (2:11)
8- Far Beyond The Line (22:06)
9- The First Time I Saw The Sun (1:20)
10- Skies Painted By The Wind (7:32)
11- In the Air (3:14)
12- Breathing (1:19)
13- Northern Light (4:00)
14- Mother From The Sun (2:13)

 

Musiciens:

Marco Ragni: voix, guitares, claviers, basse, mellotron, arrangements, programmation de la batterie
Avec: Giovanni Menarello, Davide Gazzi, Enrico Cipollini: guitares
Pamela Anna Polland, Alessandra Pirani, Silvia Mazzetto, The Bizarre Talisman Choir: voix  Enrico di Stefano : saxophone

Luigi Iaccobone: flûte


STEVEN WILSON – Hand.Cannot.Erase – KScope - 2015 

Par Denis Boisvert

 

Je suis devenu un fan de Wilson par la bande. Porcupine Tree était intéressant, Grace for Drowning inégal, Storm Corrosion trop expérimental. The Raven m’a fait ouvrir les yeux mais malgré le ton mélancolique dominant. Steven pouvait-il faire mieux? C’est un OUI retentissant. ‘Hand.Cannot.Erase’ est un chef d’œuvre. La facture de l’artiste est partout, tout tombe en place, un album complet, fascinant et profond. Sa voix est plus belle, l’ambiance est délectable, les mélodiques classiques. Son groupe de musicien, avec l’ineffable Beggs qui tapoche les basses fréquences en murale magique, les claviers sophistiqués de Holzman, les guitares inventives de Govan et Wilson, et les accents de Théo Travis, ce groupe dis-je, respire en même temps, forme un tout plus grand que la somme de ses parties et reflète sans aucun doute leur travail de tournée et leur longue expérience.

 

Commençons par le thème, Joyce Vincent 38 ans, jolie, travaillante et bien vivante est retrouvé près de 3 ans après sa mort dans son appartement par les huissiers qui veulent savoir pourquoi le loyer est en souffrance. La télé est en marche et le corps momifié est entouré de petits cadeaux de Noël. Wilson de sert de cette histoire pour faire un album sur l’anomie urbaine et la solitude. Pour ce faire il va créer à partir de la perspective d’une femme et ajoute l’apport vocal féminin de Ninet Tayeb. Il réussi une reconstruction de cette vie anodine et poignante en passant par la sœur (3 Years Older) la vie parfaite, la routine, les regrets, la famille et la fin pathétique. Le même thème traité par quelqu’un d’autres pourrait ne rien dire.

 

La musique maintenant. Ce qui frappe le plus c’est la douceur des sons, la délicatesse du traitement.  Dans les moments plus musclés comme ‘3 years older’ et ‘Home Invasion’ on retrouve ces passages prog dignes de plus beaux moments du prog classique tardif.  ‘Ancestral’ est une pièce d’anthologie - un peu comme ‘Luminol’ sur Raven, un morceau hantant de 13+minutes avec de la flûte, des mellotrons, une percussion moderne, des arrangements de violons et un chœur. Une ode arrache-cœur à ceux qui vivent seuls dans les grandes villes. Les gémissements des voix et de la guitare et ces arpeggios menaçant que Wilson maîtrise si bien. Les centaines d’heures à remastériser le catalogue de King Crimson n’ont pas été perdues croyez-moi! La finale est triste à mourir. On soupire.  La version téléchargeable de luxe contient un beau livret digital et deux versions alternatives qui ne manquent pas d’intérêt (Perfect Life et Routine).

 

Donc, sans contredit un album à se procurer, à date la meilleure sortie de l’année. Souhaitons que l’étoile de Wilson continue de nous éclairer pour longtemps.

Ear. Cannot. Miss

Cote  5 sur 5

 

 

Pistes

1. First Regret (2:01)
2. 3 Years Older (10:18)
3. Hand Cannot Erase (4:13)
4. Perfect Life (4:43)
5. Routine (8:58)
6. Home Invasion (6:24)
7. Regret #9 (5:00)
8. Transience (2:43)
9. Ancestral (13:30)
10. Happy Returns (6:00)
11. Ascendant Here On.(1:54)

Musiciens

Guthrie Govan: guitare
Nick Beggs: basse, stick
Marco Minnemann:  batterie
Adam Holzman:  claviers
Theo Travis: saxophone, flûte
Steven Wilson: voix, guitares, claviers, basse
Ninet Tayeb: voix

 

SYLVAN – Home – Gentle Art of Music – 2015

Par Denis Boisvert

 

Bien que Sylvan (Sylve = la forêt) puisse évoquer quelque chose de verdoyant et léger, c’est un peu la Forêt Noire que ces allemands nous proposent avec un neuvième (déjà) album. Très lyrique, mélancolique et par moment lourd et menaçant, ‘Home’ promet quand même un écoute fascinante.  Un album concept centré sur la notion du domicile, le groupe nous lance avec maîtrise un mur de son symphonique ambitieux et sans relâche. Dans leur style bien à eux qui rejoint quand même par moment les élans de groupes dans la même veine comme Anathema et Anubis, on est ici plus dans l’expression émotive et artistique. Solidement construit avec des passages doux comme une berceuse qui virent en rêves mouvementés avec des tons prog-métal,  les pièces s’enchaînent.  La production est très bonne, il y a plein de petits détails savoureux comme des clips audio sur Gorbatchev, un son de table tournante en fin de cycle et une boîte musicale.

 

Soyez prêts à un assaut.  C’est d’ailleurs ma plus grande critique, l’album n’est pas reposant, il est même lancinant par moment comme si à chaque fois qu’un répit se présente, le couvercle se rabat.  Ceci étant dit on a droit à une musique captivante, entraînante et forte. L’exécution est magistrale, les gars sont des pros. Quand les claviers sont là, les arrangements synthé sont sublimes comme sur ‘In Between’ par exemple. Le piano nostalgique e.g. la pièce éponymique ‘Home’ est bien rendu aussi. L’intro avec ‘Not Far From the Sky’ est prometteuse avec des cordes classiques.  Mais ce sont les moments plus répétitifs comme ‘The Sound of Her World’ qui m’ont rappelé ce commentaire acerbe de ma mère entendant ma musique et son chanteur gémissant : Écoute donc, a-t-il mal aux dents!  Les plus rock métal d’entre vous apprécieront ‘Shine’ avec ses distorsions et ses progressions crescendo.

 

En somme,  bien tourné, pas aussi bon que Posthumous Silence ou même Sceneries, mais rodé, puissant et expressif. L’écoute répétée améliore l’impression. Un groupe qui maîtrise son genre et qui mérite sa licence artistique. Pas pour toutes les occasions mais certainement 75 minutes recommandables.

Cote 4 sur 5

 

Pistes:
1. Not Far From the Sky (6:30)
2. Shaped Out of Clouds (6:02)
3. In Between (10:50)
4. With the Eyes of a Child (4:19)
5. Black and White (7:14)
6. The Sound of Her World (9:23)
7. Sleep Tight (5:31)
8. Off Her Hands (3:42)
9. Shine (6:18)
10. Point of No Return (5:25)
11. All These Years (5:40)
12. Home (6:05)

M
usiciens:

Marco Gluehmann: voix
Matthias Harder: batterie
Sebastian Harnack: basse
Volker Soehl: claviers
Avec Jonathan Beck: guitares


DAVE GREENSLADE – Castus Choir – Angel Air Records 1976/2014

Par Richard Hawey

 

Qui ne connait pas le groupe du Royaume Uni, GREENSLADE ? Et bien aujourd’hui c’est du leader que l’on parlera et de la réédition du premier album solo de Dave GREENSLADE paru en 2014 sur Angel Air Records. Paru initialement en 1976, l’album est sorti peu de temps après la séparation du groupe. Il est certain que l’auditeur retrouvera quelques effluves de GREENSLADE mais c’est aussi pour plusieurs d’entre-nous le moyen d’en connaitre plus sur le maestro. L’album est surtout instrumental mais nous avons l’opportunité d’écouter la voix de Steve GOULD sur deux chansons. Sur cette nouvelle édition de « Cactus Choir » vous y trouverez l’intégrale de l’album original avec un bonus « Gangsters » que Dave a écrit en 1974 pour un thème de série de télévision à la BBC avec comme chanteur Chris FARLOWE. Dernière note, la superbe couverture de l’album est l’œuvre de Roger DEAN.

 

Si vous vous demandez s’il y a une grande différence entre cet album et les productions de GREENSLADE, je vous dirai qu’il n’y en a pas vraiment. C'est le même compositeur et la qualité des musiciens qui l’entourent, un impressionnant line-up de musiciens de l’époque. À la basse, Tony REEVES sur quelques titres, avec Dave MARKEE et John PERRY sur chacun une pièce, à la batterie Simon PHILLIPS, à la flute et la clarinette Bill JACKMAN et Mick GRABHAM (Procol Harum) est à la guitare sur une plage. L’ouverture se fait avec « Pedro Party » est un morceau de prog/fusion dynamique et assez court, avec la panoplie de claviers se rapprochant du groupe GREENSLADE, additionné de quelques rythmes complexes. Steve GOULD prête sa voix sur la chanson « Gettysburg » une belle chanson qui nous montre l’efficacité des claviers et de la rythmique. Sur l’album original de 1976, les titres « Swings and Roundabouts » et « Time Takes my Time » étaient des enregistrements séparés. Mais sur la réédition ils ne font qu’un pour plus de dix minutes. La première partie offre un prog audacieux avec Dave MARKEE et Simon PHILLIPS qui jongle avec la rythmique. La seconde partie est plus jazzy avec une touche de blues. Arrive « Forever and Ever » un instrumental où Dave nous sort tous ses instruments y compris le mellotron, il est accompagné seulement de Simon PHILLIPS. La pièce « Cactus Choir » débute avec les claviers avec en toile de fond des bruits de vent, puis le tout s’allège ce qui amène le chant de Steve GOULD, le rythme est posé sans trop de fioritures. Puis c’est la finale tout en claviers comme seul Dave peut le faire. Contrairement au précédent, « Country Dance » est plus rythmé et joyeux. Vient le titre le plus long de l’album avec ses huit minutes, « Finale », est symphonique dans son introduction avec dans son centre une pluie de note d’orgue Hammond, cette pièce est surprenante avec l’arrivée des violons de l’orchestre conduit par Martin FORD qui offre une finale majestueuse. « Gangsters » est une courte chanson thème interprétée par Chris FARLOWE avec sa voix proche d’Arthur BROWN pour vous donner une idée, disons que c’est une rareté à écouter sans trop d’abus.

 

Angel Air Records a fait un travail remarquable sur cette réédition d’un album qui sans cela serait tombé dans l’oubli. Si vous avez cru qu’après la séparation de GREENSLADE tout s’était arrêté pour Dave, et bien non. Il y a eu autre chose qui a le mérite que l’on s’y attarde et « Cactus Choir » fait partie de notre histoire de la musique.

Cote 4/5


Pistes

1. Pedro's Party (3:37)
2. Gettysberg (3:57)
3. Swings and Roundabouts - Time Takes my Time (10:06)
4. Forever and Ever (3:38)
5. Cactus Choir (6:14)
a) The Rider (2:52)
b) Greeley and the rest(2:00)
c) March at Sunset (1:22)
6. Country Dance (5:30)
7. F
inale (8:36)

Bonus

8. Gangsters

 

Musiciens

Dave Greenslade – Claviers

Invités

Tony Reeves – Basse (1, 2, 6, 8)

Simon Phillips – Batterie

- Steve Gould / Chant (2, 6)
- Dave Markee / Basse (3, 4)
- Mick Grabham / Guitare (4)
- John Perry / Basse  (7)
- Bill Jackman / Basse flute, basse clarinette (8)
- Orchestre conduite par Martin Ford, arrangement  Simon Jeffes

 

 


PREMIATA FORNERIA MARCONI - Un Amico /Un’ Isola -Immaginifica Records - 2014

Par Philippe André

 

Présenter PFMc'est comme présenter GENESIS ou YES, PREMIATA FORNERIA MARCONIc'est le top du top du progressif italien depuis le début des années soixante dix à égalité avec LE ORME et BANCO DEL MUTUO SOCCORSO. Même s'il ne reste que Franz DI CIOCCIO et Franco MUSSIDA comme membres d'origine et le lointain "Il Quelli" de 1969 que l'on passera pudiquement sous silence, mais il faut bien commencer un jour.......nous allons nous intéresser ici aux troisième et cinquième albums du groupe "Per Un Amico" de 1972 et "L'Isola di Niente" de 1974 qui viennent de faire l'objet de versions live et réarrangés à la sauce 2014, deux oeuvres qui demeurent des must pour tout amateur de musique progressive qui se respecte.

 

Les deux performances que nous retrouvons ici ont été enregistrées à Tokyo le 31 mai 2014, avec le concours de vocalistes japonais en ce qui concerne le second cd. Pour "Un Amico" nous avons un petit bonus instrumental "Rain Birth" avant de plonger dans le magnifique "Appena un Po", que suit le jazzy et plus abrupte "Generale" et l'indémodable "Per un Amico" que tout le monde se doit de connaitre et où le violon de Lucio FABBRI fait des merveilles et réinvente ce titre classique."Il Banchetto" était très entrainant dans sa version d'origine, il l'est toujours avec en supplément une superbe digression claviéristique dans sa partie médiane ; nous terminons cette première moitié avec "Geranio", intro violonisante et pianistique, voix posée et feutrée de Franz Di CIOCCIO, réminiscence machiavélique quoique MACHIAVEL soit apparu après PFM..........un classique du combo transalpin tel une marche militaire saupoudrée de violon, original à défaut d'être un sommet de leur oeuvre.

 

Passons à "Un’ Isola" et là je ne pourrais pas être impartial puisque la mouture de 1974 est depuis la nuit des temps mon album préféré de PFM. Le titre éponyme, introduit par des vocalistes japonais (bah oui nous sommes à Tokyo) est égal à sa splendide version seventies, quelque peu allongé d'une quarantaine de secondes avec la délicate guitare de Franco MUSSIDA et Patrick DJIVAS qui flutoie entre deux accords de basse pour notre plus grand bonheur, un vrai classique indémodable cela va de soi. J'ai toujours honni "Is my Face on Straight" un titre banal en anglais qui m'est toujours apparu comme une verrue dans la musique de PFM, ce n'est pas en 2015 que je vais changer d'avis...........même si la version présentée ici est moins moche que celle de 1974, surtout grâce au violon et aux claviers de Lucio FABBRI, six minutes vingt secondes c'est long quand même.... Reste les trois splendeurs que tout le monde connait dans des versions proches des originaux, là vous vous posez dans votre sofa avec ou sans casque sur les oreilles et vous écoutez, religieusement, les dix neuf minutes de pur bonheur qui s'offrent à vous, que PFMa offert à ses fans tokyoïtes l'an dernier, un régal, un nanan, un dessert progressif du plus bel effet, avec un bémol, la prise de voix de Franz n'est pas parfaite......

 

Bravo messieurs ou comment faire du neuf avec du vieux, une belle leçon de musique raisonnée et pleine de justesse et d'humilité.

Cote 5/5

 

Pistes :

Un Amico

1. Rain Birth(1:47)

2. Appena un Po' (8:50)

3. Generale (4:51)

4. Per un Amico (6:25)

5. Il Banchetto (5:21)

6. Geranio (7:17)

 

Un’ Isola

1. L'isola di Niente (11:15)

2. Is My Face On Straight (6:20)

3. La Luna Nuova (7:50)

4. Dolcissima Maria (4:08)

5. Via Lumiere (Have You Cake And Beat It) (7:24)

 

Musiciens :

Franz Di Cioccio – chant, batterie, percussion

Franco Mussida – guitars électrique et acoustique, chant

Patrick Djivas – guitare basse, flute

 

Guest musicians:

Lucio Fabbri - violon, claviers, guitare

Alessandro Scaglione - claviers

Roberto Gualdi - batterie


NARROW PASS – A New Day – Musea – 2014 - Italie

Par Denis Boisvert

 

Nous voici en pleine filière italienne. Avant tout la création de Mauro Montobbio qui compose et joue claviers et guitares, cet opus, sorti fin décembre 2014 et qui dure plus d’une heure est un album basé sur un texte de science-fiction où les jours et les nuits durent plusieurs années à la fois et qui traite de la persévérance dans les moments difficiles (voir l’entrevue avec Montobbio sur Profil pour plus de détails). On voit que la musique a été composée sur une longue période et fait cinématographique. On reconnaît les influences Premiata Forneria Marconi et surtout Eris Pluvia via le jeu d’Alessandro Serri. Mélodique, romantique, plein de flûte (3 flûtistes différent contribuent y compris le frère de Steve Hackett, John).

 

La suite développe de beaux passages opposant des mouvements symphoniques pastoraux avec des moments plus électriques dans des tons jazz ou par brefs moments Genesis phase tardive.  Montobbio est un fan de Steve Hackett et on le sent. L’apport vocal d’Anna Marra, et dans une moindre part de Serri, sont remarqués. La dynamique homme-femme est intéressante.  Les paroles sont en anglais et on détecte un accent.  Les pièces sont souvent axées sur l’instrumentation. 

 

Très beau, bien construit mais ultimement prévisible et familier. Plaira assurément aux amateurs de RPI mais un peu rétro à mon goût. Mérite quand même une recommandation car c’est un produit de qualité et représente un bel effort.

Cote 4/5   

 

Pistes:

1. A New Day (8:21)
I: One Day, One Night (Instrumental)
II: Don't Dare!
2. The Challenge (Instrumental) (8:15)
I: Early Steps
II: Omen
III: Black Wings
3. Fireflies (6:15)
4. Acquiring Wisdom (6:56)
5. Metamorphosis (7:34)
6. Flaming Snakes (8:21)
7. Hard Work (Instrumental) (5:27)
8. Xroads (9:17)

 

 

Musiciens:

G.B. Bergamo: piano à queue, Hammond
Mauro Montobbio: guitares, guitares synthés, claviers, synthés
Luca Grosso: batterie, percussions
Alessandro Serri: voix, guitares, basse, hautbois, percussions
Anna Marra: voix


Invités:
Edmondo Romano: saxophones, flûtes
Fabio Gremo: basse
Elisa Montaldo: piano
Sandro Marinoni: flûte
Cathy O'Gara: voix
John Hackett: flûtes


MAGIC BUS - Transmission From Sogmore’s Garden – Autoproduction 2014

Par Richard Hawey

 

J’ai découvert un petit bijou par l’entremise de Progstreaming une formation qui vient du Royaume Uni, son nom MAGIS BUS. Le groupe nous offre leur second album intitulé « Transmission From Sogmore’s Garden ». Leur musique déborde de finesse, elle se promène entre des sonorités folks et Canterbury sans jamais nous lasser. Le groupe est composé de Paul EVANS (guitare et chant), Jay DARLINGTON (claviers), Terence WALDSTRADT  (guitares, chœurs), Benny BROOKE (basse, chœurs), Viv Goodwin-DARKE (flûte, chœurs), Matt BUTLIN (batterie). Dans les influences, on n’en sort pas, vous entendrez CARAVAN, CAMEL ou HARMONIUM pour en nommer quelques-uns.


MAGIC BUS nous parlent du monde, de ce qu’il peut avoir de magnifique, du soleil, des fleurs, des parfums délicats de l’existence – vous avez certainement en mémoire le premier album de MOON SAFARI et de son côté un peu naïf. Nous retrouvons sur cet album plusieurs qualités qui se rapprochent du premier opus des suédois. Comme ce n’est pas souvent, c’est largement suffisant pour que je vous en parle car au milieu de tant de disques à la prétention trop sérieuse on peut de temps à autre s’alléger le système avec un bon disque sans complication inutile. Sur « Transmission From Sogmore’s Garden », vous entendrez de l’orgue, une flûte magnifique, des guitares brillantes, un chant et des chœurs aériens, une section rythmique tranquille qui forment un ensemble équilibré et coloré. Mention particulière au titre d’ouverture « Sunflower » qui en à peine quelques secondes à réussi à m’accrocher, il y a aussi « Ballad of Lord Sogmore » avec son introduction à l’orgue et son petit côté léger/sérieux. Le chant accompagné d’une belle flute qui fait ses apparitions marquantes ici et là au cours de la pièce. Il y a bien la guitare qui vient électrifier le son et cela à plusieurs occasions sur l’album.


Le plus long titre est « Jupiter 3am », un peu plus de huit minutes totalement instrumental. Un petit bijou de sensibilité. J’ai eu beau me dire que je parlerai que des meilleurs mais ils ont tous un petit quelque chose qui m’accroche. « Seven Wonders » est une belle ballade avec en son centre les chœurs qui s’élèvent et la portion musicale avec la flute, et les claviers et son solo qui se rapproche de CARAVAN, un vrai délice. « Morning Mantra » avec son côté BEATLES et ses « Love, Love, Love » ou CARAVAN dans le refrain qui nous démontre la délicatesse des compositions et le doigté des musiciens. La clôture de ce superbe album se fait avec « Earthpod », une autre chanson délicate, simple mais efficace. Cet album amène avec lui une fraicheur musicale incontestable. 


Ce « Transmission From Sogmore’s Garden » n’est pas parfait mais il demeure une valeur sûre. Ne cherchez pas d’explosions musicales, de longs solos, il n’y en a pas. Mais si vous aimez la flûte, des claviers efficaces, un chant superbe et que vous êtes nostalgique de cette époque hippie, cet album vous comblera.

Cote 4/5

 

Pistes

Sunflower (3:52)

Ballad of Lord Sogmore (5:16)

Cosmic Rays of Dawn (3:49)

Three Days (7:33)

Jupiter 3am "instrumental" (8:37)

Seven Wonders (5:34)

Morning Mantra (6:58)

Earthpod (4:46)

 

Musiciens

Paul Evans – chant, guitares
Jay Darlington – claviers
Terence Waldstradt – guitares, chœurs
Benny Brooke – basse, chœurs
Viv Goodwin-Darke – flûte, chœurs
Matt Butlin – batterie

 


SOLARIS – Marsbeli Kronikak II (Chroniques Martiennes) – Periferic  2014

Par Denis Boisvert

 

Plusieurs attendaient vaillamment la sortie de cette phase II du magnifique opus Chroniques Martiennes qui avait brillé au firmament pâlissant du prog en 1984. On se rappellera avec délices le son symphonique, la flûte, les synthés étagés.  Malheureusement cette deuxième incarnation fait rétro. Pourtant la pièce principale est solidement bâtie mais on fait trop rapidement des liens avec Pink Floyd puis Le cirque du Soleil... C’est après que cela se gâte. ‘Voices from the past’ de se développe vraiment pas et la collection de piécettes qui suit détonne incluant la finale Aliens qui fait musique de télé.

 

La qualité sonore est quand même excellente et les musiciens expérimentés. La facture d’ensemble est bien tournée,  il y a des petits passages ingénieux mais on aurait eu droit de s’attendre à plus. ‘Nostradamus’ l’album précédant (1999) avait pourtant démontré de belles choses. Je ne peux m’empêcher de sentir un relent de commercialisme. Peut-être que mes attentes sont trop élevées mais on sent peut de progrès et malgré de beaux élans et un mélodisme certain, on reconnaît les vieilles recettes : saxo par ci, solo vocal jazz par là, synthés bouclés.

 

La première pièce vaut un détour. Les nostalgiques du groupe aimeront l’ensemble sans doute.  Mais, souhaitons qu’il n’y ait pas de Chroniques III et que Bodgan et ses amis explorent d’autres planètes dans le futur.

Cote  3.5 sur 5

 

Pistes:

1. Martian Chronicles II Suite (22:26)
a/ 1st Movement (6:12)
b/ 2-6th Movement (12:44)
c/ 7th Movement 3:30
2.Voices from the Past/ movement 1st ( 2:05)
3. Voices from the Past /movement 2nd (5:33)
4. The World without us (4:03)
5: Pride of Human insect (3:04)
6. Impossible, 'We are Impossibility in an impossible Universe' Ray Bradbury (4:12)
7. Alien (4:03)


Musiciens:
Csaba Bogdan: guitares
Robert Erdesz: claviers
Attila Kollar: flûte
Laszlo Gomor: batterie
Attila Seres: basse
Ferenc Raus: batterie


ROCKET SCIENTISTS - Refuel - Think Tank Media - 2014

Par Philippe André

 

Nouvel album pour les ROCKET SCIENTISTS......Enfin me direz vous ! Cette fois ci c'est un véritable album, le mini trente minutes du mois d'avril 2014 était une mise en bouche mais une mise en bouche d'une qualité exceptionnelle...... Ce "Refuel" n'est donc que le cinquième opus longue durée du groupe américain depuis 1993 et le premier depuis le double album "Revolution Road" de 2006.Tous les titres oscillent entre deux et huit minutes, de quoi garantir des passages radiophoniques des plus faciles.

 

Dès le premier titre, l'éponyme "Refuel" simplement vocalisé, nous reconnaissons la patte des ROCKET SCIENTISTSet ce n'est pas le moindre de leurs mérites, nous sommes en terrain connu.Et pour la suite ce sera pareil, la voix joliment grave de Mark MacCRITE porte bien haut "She Getting Hysterical" agrémenté des coups d'archet du violoncelle de Don SCHIFF et d'un sobre solo de six cordes du déjà nommé MacCRITE, quelques notes de trompette en fond sonore finissent de rendre ce titre attachant."Martial" est profondément réminiscent d'un titre de RPWL, à vous de deviner lequel, Mark chante ce titre avec la même voix que Yogi LANG et Erik NORLANDER promène ses doigts magiques sur les claviers. La suite se déroule sous les mêmes auspices musicaux, avec "It's Over" malgré une fin trop abrupte, et surtout les deux splendides instrumentaux "Regenerate" et "The Fading Light" qui le suit, et qui sont empreints tous deux d'une mélodicité à tomber, du beau, du grand rock progressif indémodable. Toujours du violoncelle et du viola (l'autre nom de l'alto) dans les deux titres suivants "The World Waits for You" et "Reconstruct", calmes, reposants et remarquablement chanté par MacCRITE pour le premier. On poursuit avec le cuivré "Sourire du chat du Cheshire" qui est un clin d'oeil à Lewis Caroll et sa belle Alice, un personnage fictif qui est le pendant imaginaire de Dinah, la chatte à qui Alice récite ses leçons avant d'entrer au pays des merveilles, où quand la philosophie rejoint la musique !!! "La Chute de Rome" est cuivrée elle aussi, le trio américain ayant visiblement choisi de cumuler plusieurs morceaux de ce sous genre de leur musique en fin d'album, ce qui est forcément mieux pour l'unité de l'oeuvre et quand les cuivres sont utilisés et mélangés avec les bois cela s'avère plutot sympathique. L'instrumental "Galileo" n'est pas ma tasse de thé, c'est franchement le titre que j'aime le moins sur cet album des ROCKET SCIENTISTS, il est nourri lui aussi aux cuivres mais ceux ci sont plus bruts, moins mélodiques.

 

"The Lost Years" ne sont pas perdues pour tout le monde, surtout pas pour les fans du groupe étatsunien, seul titre où apparait Lana LANE, madame NORLANDER à la ville bien sur, et elle y chante peu mais avec une grande justesse de sa belle voix rauque, les claviers du maitre de céans boostant ce très beau morceau conclusif qui clot un album de qualité, en espérant que nous n'attendions pas huit ans pour connaitre la suite.....

Cote 4/5

 

Pistes

1. Refuel (2:13)

2. She's Getting Hysterical (6:05)

3. Martial (3:41)

4. It's Over (6:25)

5. Regenerate (4:33)

6. The Fading Light (7:29)

7. The World Waits for You (4:20)

8. Reconstruct (1:29)

9. Cheshire Cat Smile (5:25)

10. Rome's About to Fall (8:15)

11. Galileo (5:05)

12. The Lost Years (5:59)

 

Musiciens

Mark McCrite - Chant, guitares

Erik Norlander - claviers, chant

Don Schiff - NS/Sticks, basse, violoncelle, viola, mandoline

 

Avec l’aide de :

Gregg Bissonette - batterie

Lana Lane - chant (12)

Kelly Keeling - chant (9)

Emily McCrite - chant

Jon Papenbrook - trompette

Rich Hofmann – trompette piccolo

Eric Jorgensen - trombone


WALFAD - An Unsung Hero, Salty Rains & Him – Lynx Music 2014

Par Richard Hawey

 

La Pologne est depuis quelques années en effervescence musical, surtout, pour ce qui nous concerne, du côté de la musique progressive. MILLENIUM et RIVERSIDE, pour ne nommer que ceux-là, ont créé une base solide où plusieurs groupes désireux d’y être inclus se présentent à nous. WALFAD, est l’un de ceux-là il cherche à se faire une place aux côtés de ces bâtisseurs. Le groupe s’est formé en septembre 2011 et un premier album est paru en 2013, « Ab Ovo », qui n'est pas sorti du lot. N’empêche que c’est sous l’étiquette de Lynx Music qu’il a été produit. Et il faut dire que Ryszard KRAMARSKI a un don certain pour découvrir le potentiel d’un groupe. Toujours est-il qu’en 2014, WALFAD nous offre leur second album « An Unsung Hero, Salty Rains & Him ». Le groupe est formé de Wojciech CIURAJ - chant, guitare / Kacper KUCHARSKI – batterie / Daniel RODZON – claviers et Maciej KUCHARSKI – basse. Leur musique peut être qualifiée de soft prog où sont incorporée de belle mélodie et des bons moments musicaux.

 

Personnellement je trouve que le groupe sonne un peu à la manière d'un TAÏ PHONG, développant des ambiances mélancoliques, des nappes de claviers tapissant les fonds sonores sur lesquels une guitare électrique vient régulièrement exécuter de courts solos. Le chant bien que peu puissant, est convaincant dans son style doux-amer. Les compositions utilisent toutes les ficelles classiques du rock progressif : variation des thèmes musicaux, cassures de rythme, longues épisodes instrumentales, présence de rigueur d'un épic, « Leaves » qui frôle les 19 minutes, utilisation d'une large panoplie d'instruments : guitares électriques avec ou sans effets, guitare acoustique, synthés, orgue, piano, basse, batterie, chacun ayant droit à son solo, même si ceux des guitares et claviers prédominent. Oui, il y a sur « An Unsung Hero, Salty Rains & Him » la longue suite « Leaves », mais « Sullen Lady » m’a aussi accroché, rien de bien malin, cette chanson a su me retenir pour aller plus loin. Le troisième titre « Four Fingers » ressemble à « Sullen Lady » malgré une rythmique plus rapide. Bon solo de guitare, les claviers sont aussi présents. « The Dance of a Straw-Man » est plus sombre surtout en raison des claviers, qui jouent un rôle prédominant sur cette chanson et cela même si le solo de guitare est bien exécuté. La conclusion vient avec « Satan’s Tears », qui vient au second rang pour ce qui est du temps, avec un peu plus de sept minutes. C’est une ballade bien fignolée qui s’écoule doucement, du moins jusque vers la sixième minute où la portion guitare solo s’installe doucement amenant un changement de rythme plus appuyé avec des claviers transperçant l’environnements sonores.

 

« An Unsung Hero, Salty Rains & Him » n’a rien qui ne fasse s'exclamer au génie mais c'est suffisamment bien fait pour être agréable. Cependant, on ressent parfois l'impression que le groupe reprend tous les artifices du prog vintage avec une application un peu trop « by the book », manquant de spontanéité. Ce qui peu s’expliquer par la manque d’expérience, il faut se rappeler que leur premier album est sorti deux ans après leur formation. Il reste qu’à la fin je vais réécouter cet album avec grand plaisir.

Cote 3.5/5

 

Pistes

01. Sullen Lady – 04:30

02. Leaves (And His Name His Leaf / It's For Us That Chestnut Trees Blossomed / A Hundred Lightings / To Stop The Whirl Of Leaves) – 18:43,

03. Four Fingers – 04:11,

04. The Dance Of A Straw-Man – 05:01,

05. Satan's Tears – 07:43

Musiciens

Wojciech CIURAJ - chant, guitare

Kacper KUCHARSKI – batterie

Daniel RODZON – claviers

Maciej KUCHARSKI – basse

 


MOON SAFARI – Live in Mexico – Blomlijud – 2014

Par Richard Hawey

 

Ce nouveau double live de MOON SAFARI nous arrive deux après « The Gettysburg Address », ces spécialistes des harmonies vocales nous offrent deux heures de grand divertissement enregistré au Festival Baja Prog au Mexique. Malgré le fait que le groupe a seulement sorti un nouvel album et un EP depuis le précédent enregistrement live, cette nouvelle version reproduit seulement deux pistes. Tous deux sont issus de l'album « Lovers End », il s’agit de « Heartland » et A Kid Called Panic », ce qui signifie que les fans seront les grands gagnants. Surtout ceux qui n’ont jamais eu la chance d’assister à leur concert. 

MOON SAFARI est vraiment un groupe exceptionnel, leurs compositions sont chargées de mélodie agrémentées d’harmonies vocales exceptionnelles. Pour ce spectacle, les chanceux qui étaient là ont vu Petter SANDSTRÖM (guitare acoustique & chant), Johan WESTERLUD (bass & chant), Pontus ÅKESSON (guitares & chant), Sebastian ÅKESSON (orgue, Mellotron, percussions & chant) et Simon ÅKESSON (synthétiseurs, piano, orgue & chant) s’exécuté pour leur plus grand plaisir. Petite précision, le batteur Tobias LUNDGREN n'était pas disponible pour faire le voyage vers le Mexique, de sorte que Mikael ISRAELSSON l’a remplacé de belle façon.

L’album débute avec la pièce « To Young To Say Goodbye » tirée de l’album « Himlabacken Vol 1 » où les harmonies vocales sont roi. « Heartland » sonne un peu plus énergique, avec quelques grandes lignes de guitare et de clavier avec les frères Pontus et Simon. Mikael ISRAELSSON fait sentir sa présence et la section instrumentale de la chanson rejette tous les doutes sur les qualités des musiciens. Seulement deux autres chansons proviennent de « Himlabacken Vol.1 », « Barfly », plus agressif, qui contraste par le son plus doux de « Mega Moon ». Les arrangements modifient cette piste de brillante façon, elle offre différents tempos en évolution constante avec une nouvelle fois des harmonies vocales sublimes et une performance musicale à couper le souffle. « A Kid Called Panic » avec ses seize minutes clos ce premier disque de manière grandiose. Le second album débute avec « Crossed the Rubicon » une très belle chanson qui débute tout en douceur avec la guitare acoustique et le piano et le chant magique. Elle évolue lentement, avec plusieurs moments frissonnants pour notre plus grand plaisir. Si jusqu’à présent je vous ai mis en appétit, alors le dernier titre est la cerise sur le sundae, « Lover's End Pt.III: Skellefteå Serenade » qui est la troisième partie de la trilogie de « Lover’s End ». Pour tous ceux qui n’ont pas eu la chance de se procurer l’édition limitée, voilà votre chance, plus de vingt-quatre minutes de magie musicale. Le groupe  a écrit plusieurs chansons qui dépassent de la marque des 20 minutes et ils sont un peu des maîtres dans cet art qui n’est pas donné à tous. Mais avec ce dernier titre MOON SAFARI nous démontre tout le talent qu’il possède surtout en live.

MOON SAFARI mérite d'être considéré comme un des grands groupes de progressif de notre époque. Il mérite que plus de gens découvrent leur musique. MOON SAFARI a toutes les compétences pour   la voie à plus de gens écouter et apprécier les merveilles de la musique progressive. Ils ont la compétence et peut-être plus important encore, les airs de le faire. Il devrait être notre responsabilité de les aider à atteindre cet objectif. Faites passer le mot.

Cote 4.5/5

 

Pistes

CD 1

1. Too Young to Say Goodbye (7:37)
2. Heartland (6:13)
3. Barfly (5:05)
4. Mega Moon (8:43)
5. A Kid Called Panic (15:55)

 

CD 2

1. Crossed The Rubicon (10:45)
2. Lover's End Pt.III: Skellefteå Serenade (24:54)

 

Musiciens

- Simon Åkesson / chant, piano, orgue, moog, mellotron, claviers
- Petter Sandström / chant, guitare acoustique  & harmonica
- Pontus Åkesson / chant, guitare acoustique & électrique
- Johan Westerlund / chant, basse

-  Mikael Israelsson – chant, batterie & percussion
- Sebastian Åkesson / chant, claviers, guitares

  

ANUBIS – Hitchiking to Byzantium– Bird’s Robe Records, 2014, Australie

Par Denis Boisvert

 

Ce groupe néo-progressif qui tient le cap depuis une dizaine d’année, récidive avec son troisième album.  Le magnifique opus « Tower of Silence » de 2011 mettait la barre haute. On peut dire que le groupe a maintenant son style et sa texture propre bien que quelquefois on reconnaît des passages qui font penser à IQ.  Des claviers symphoniques, une batterie musclée et des guitares bien présentes, c’est surtout la voix de MOULDING qui les caractérise. Certains aiment beaucoup mais d’autres moins.  Quelquefois gémissant, surtout dans les passages plus lourds et rapides, on trouvera plus d’harmonies vocales sur cet album.  On a dit que « Hitchhiking to Byzantium » souffrait de ne pas être un album concept et de manquer de direction, c’est un peu vrai.

 

Malgré tout l’album est bien tourné, bien exécuté et démontre bien la maîtrise des musiciens et leur aise à amalgamer du progressif qui puise son inspiration dans Pink Floyd et Genesis fin de décade 70.  Ce sont les moments plus calmes que j’ai apprécié le plus. Les pièces « Dead Trees », « Hitchhiking » et « Silent Wandering Ghosts » ont tous des mélodies attrayantes et émouvantes.  Vous apprécierez aussi le magnifique solo de synthé rappelant Dark Side of the Moon qui vient enrichir « A King With No Crown ». « A Room With No View » avec ses 16 minutes explore une panoplie de styles et de sentiers qui valent le déplacement. Ma favorite demeure « Crimson Stained Romance » qui montre qu’en 7 minutes on peut construire un édifice prog magnifique, serré et délicieux.  Les criquets du début mettent la table mais les grandes orgues qui annoncent la finale lyrique sont sublimes.

 

Donc définitivement un joueur majeur sur la scène progressive qui en trois albums se sont hissés avec les grands et qui représente bien le courant néo-prog. « Hicthhiking » n’est peut-être pas aussi bon que ‘Tower’ mais il est encore très bon  et nécessitera plusieurs écoutes pour une pleine appréciation.  Il ne décevra pas les auditeurs acquis et certainement devrait encourager les nouveaux fans à revoir le catalogue antérieur.

Cote 4/5

 

Pistes:

1. Fadeout (2:40)
2. A King with no Crown (4:37)
3. Dead Trees (6:38)
4. Hitchhiking to Byzantium (9:44)
5. Blood is Thicker than Common Sense (9:27)
6 .Tightening of the Screws (6:51)
7. Partitionists (7:43)
8. Crimson Stained Romance (6:58)
9. A Room with a View (15:51)
10 Silent Wandering Ghosts (7:13)

Musiciens:

Robert James Moulding: voix, basse, percussion, guitare

David Eaton: claviers, guitares et voix

Douglas Skene: guitare électrique et acoustique, voix

Dean Bennison: guitare électrique, acoustique, voix

Anthony Stewart : basse et voix

Steven Eaton: batterie, percussion et voix

Martyn Cook :saxophone, flûtes et cuivres

 


TIMES UP – Sea of Schemes – Autoproduction 2014

Par Richard Hawey

 

Cette formation du Royaume Uni a été créée en 2006, à cette époque ils étaient quatre, Geoff SMITH (chant, claviers), Andy GIBBON (basse), Mike HAGLAND (guitares) et Steve LEMAN (batterie). En 2008 sort un premier album intitulé « Storm Coming In » qui passe inaperçu. En 2012 le groupe revient avec « Snow Queen » qui les fait connaitre. Pendant cette période Geoff SMITH a annoncé son départ du groupe à la fin de 2011, les membres restants continuent de composer, deux chansons voient le jour « « Luna Disturbance » et « Let the North Wind Blow », qui sont sur « Sea of Schemes ». Il est devenu évident pour eux qu’il leur fallait trouver une voix féminine, l’arrivée de Linda BARNES au chant a réglée le problème, j’en reparlerai plus loin. Mais ce n’est pas fini, la venue de Rick LAWTON (chant, cuivre et claviers) a améliorée le son et le groupe recrute Bob TEAGUE aux claviers.

 

Pour ceux qui ont écoutés « Snow Queen » vous noterez des changements dans le style de compositions offert sur « Sea of Schemes ». Même si parfois il est difficile pour un groupe de modifier certaines conventions établies, ils ont décidé de foncer et ma foi c’est une excellente décision car le résultat est là. « Chasing Ghosts » ouvre l’album doucement et se transforme lentement grâce aux claviers qui lui donne une note mystérieuse. Le chant de Linda BARNES est particulièrement surprenant et excellent. Suit « Meat the Bone » une chanson de plus de onze minutes divisées en quatre parties, après une introduction qui me fait penser à Peter GABRIEL, mais c’est très court, on change réellement de dimension par la suite. La section instrumentale est superbement bien montée, les ambiances changent mais en conservant le côté mélodique, le tout en raison des claviers, mais aussi de la guitare qui offre des riffs enchevêtrés  passant du rock au classique puis au rock. C’est une de mes préférées. « When King Fall » est un second épique qui est une superbe suite en quatre mouvements qui voit TIMES UP entrer dans une  aventure audacieuse, l’introduction est plutôt oppressante et mystérieuse, la section rythmique y va d’une séquence répétitive, la guitare sort ses aigus puis le chant et les claviers allègent la mélodie. La guitare et la batterie sont au cœur du débat avec comme une ambiance à la YES. Après l’écoute des trois premières chansons on se demande comment ils ont réussi à partir d’un paquet d’idées en arriver à cette magie auditive. Vient ensuite « Snakes & Ladders », qui est une autre suite de plus de huit minutes, divisée en trois parties. L’introduction qui s’étire sur plus de quatre minutes, voit le saxophone changer un peu le style du titre pour l’amener vers des consonances jazzy. Le rythme change et le banjo introduit le chant dans une ballade qui se développe de façon surprenante. Le chant de Linda BARNES est particulier et ressort inévitablement de chacune des chansons, il apporte ce petit quelque chose de plus sur chaque prestations. À l’ouverture de la pièce titre on ne peut s’empêcher de penser à E.L.O. c’est très court mais j’ai beau l’écouter et cette référence est encore là. La complicité entre les claviers, la guitare et la batterie est évidente et elle nous amène vers des sonorités plus acoustiques et le chant très court. Dans une atmosphère troublante nous entendons une voix chuchotée le récitatif « Welcome to Corruption ». « Let The North Wind Blow » ferme ce superbe album avec le vent qui souffle et quelques accords de guitare qui introduise les claviers et les percussions, c’est léger. Mais ça ne dure pas, la guitare se veut incisive et conserve la mélodie qui est très belle, le rythme s’accélère un peu et le chant conclue ce dernier titre avec le vent qui souffle encore.

 

J’ai écouté « Sea of Schemes » à plusieurs reprises, et à chaque fois j’y ai découvert de nouveaux attraits. Il y a plusieurs points qui  m’impressionnent sur cet album, le premier est l’émotion qui ressort de ces six pièces cela grâce à Linda BARNES, les montées en puissance inattendues des instruments, en particulier de la guitare, la présence d’instruments comme le banjo, le sax et la flûte qui apportent aux compositions un cachet unique. Donc laissez vous apprivoiser par la musique de TIMES UP, vous y gagnerez un très bon album.  

Cote 4/5

 

Pistes

1. Chasing Ghosts (4:50)
2. Meat on Bone (11:37)
(i) Meat on Bone (00-2:19)
(ii) Betwixt Extremes (2:20-5:32)
(iii) For Whom the Bell Tolls (5:33-8:02)
(iv) Be Prepared for a Change (8:03-11:37)
3. When King Fall (9:50)
(i) My Liege in Decline (00-2:50)
(ii) When King Fall (2:51-7:53)
(iii) When I'm Dead and Free (7:54-9:50)
4. Snakes & Ladders (8:28)
(i) Lunar Disturbance (00-3:09)
(ii) In My Desolate Dreams (3:10-5:50)
(iii) Snakes & Ladders (5:51-8:28)
5. Sea of Schemes (8:48)
(i) Have Faith in Adam (00-0:57)
(ii) Total Immersion (0:58-3:39)
(iii) Sea of Schemes (3:40-5:45)
(iv) An Interval of Brief Alignment (5:46-6:50)
(v) Sea Witch (6:51-8:48)
6. Let The North Wind Blow (6:26)

 

Musiciens

- Linda Barnes / chant
- Andy Gibbon / basse, guitare, chant
- Mike Hagland / guitare, guitar slide, banjo
- Steve Leman / batterie, percussion
- Richard Lawton / sax, flute, claviers, chant
- Ron Rogers / claviers, percussion
- Bob Teague / claviers, narration

 

 


ANIMA MORTE - Upon Darkened Stains - Transubstans Records – 2014

Par Philippe André

 

Le quatuor suédois ANIMA MORTE nous propose son troisième album, complètement instrumental et digne musicalement des plus glaçants films des vertes contrées scandinaves dont ils sont originaires. Avertissement en préambule pour ceux qui vivent dans la joie et la bonne humeur, ici nous sommes à leur total opposé avec une musique ancrée dans les années soixante dix et réminiscence de GOBLIN et de la filmographie de Dario ARGENTO ou plus près de nous d'ANGLAGARD et autres formations du même tonneau.......avec une noirceur très prononcée sans être pour autant morbide.

 

"Upon Darkened Stains", où d'une certaine façon tout est dit dans le titre nous offre une bande son inquiétante, crépusculaire mais diablement belle, à l'image ou plutôt au son de ce que nous avait offert en 2013 le groupe italien L'ALBERO DEL VELENO, ceux qui suivent mes chroniques sur le site français progressive-area.com peuvent aller y jeter un petit coup d'œil ; la différence principale est qu'ANIMA MORTE nous taraude l'esprit et les oreilles encore plus profondément grâce à une palette d'instruments plus fournie que celle du groupe transalpin, mais les intentions musicales sont les mêmes. Difficile dans pareil cas de détacher un titre plus qu'un autre mais nous allons quand même essayer afin de vous donner une piste d'écoute plus aisée.Nous avons tout d'abord le ton volontairement martial du titre d'ouverture "Blessing of The Dead", éclairé par le violon  lancinant de Jerk WAAG qui débouche sur l'un des plus beaux morceaux de l'œuvre "Illusion  of  The Catalyst" avec du rhodes, du melllotron, une rythmique du feu de l'enfer, de la guitare acoustique, des percussions d'un autre monde(celui des ténèbres ?) bref c'est sombre et lumineux à la fois, cette dichotomie n'est pas seulement philosophique, elle est aussi et surtout organique !

 

Une flute puissante et volubile jouée par Ketil Einarsen de WHITE WILLOW introduit et traverse de part en part "Ephemeris" sur une base rythmique bien carrée tandis que la " peur qui veut passer au dessus de l'esprit "  apporte la touche anglagardienne prévisible compte tenu de la set list humaine au programme.Aucun aveu de faiblesse avec le superbe "Wakeless" plutot enjoué par rapport au titre précédent, du beau et du grand rock progressif intemporel....... Le top niveau est encore atteint avec "The Darkest Pattern" plus sombre et plus dissonnant, différent aussi, nanti d'un beau solo de guitare de Daniel CANNERFELT et d'une magnifique partition de claviers avec le roi mellotron en accompagnement, c'est tout simplement grandiose !"The Carrion Crow" est certainement le titre le plus "noir" sans vouloir faire de jeu de mots et aussi le plus rock surtout combiné avec le suivant "Echoing The Red" du rouge et du noir au pays du roi cramoisi, STENDHAL aurait il pu imaginer cela ? ANIMA MORTE l'a mis en musique...... Pour "Isomorphia" il faut probablement chercher la référence à "deux corps chimiques qui présentent la meme structure cristalline", mais je ne suis pas chimiste, dès lors..... c'est certainement le titre le plus difficile d'accès pour le mélomane de base, vraiment crimsonien période FRIPP/BELEW.

 

Le calme "First Snow on The Last Ashes" nous emmène en douceur vers les couloirs de la mort, je vous avais prévenu que nous n’étions pas dans l'hilarité permanente, même remarque que pour plusieurs plages précédentes c'est beau, sombre, violent, aventureux (le bouzouki et la flute donnent le petit plus), vos grandes oreilles devraient pouvoir écouter cette CHOSE qui laissera sa trace dans la musique progressive que nous chérissons tant.

 

Merci messieurs les suédois d'ANIMA MORTE pour cette ballade cinématique et musicale hors du temps.

5/5   

 

Pistes

01. Blessing of The Dead (3:31)

02. Illusion is The Catalyst (7:01)

03. Ephemeris (4:25)

04. Fear Will Pass Over Your Mind (4:44)

05. Wakeless (5:39)

06. Interruption (3:44)

07. The Darkest Pattern (5:11)

08. The Carrion Crow (5:26)

09. Echoing The Red (5:19)

10. Isomorphia (4:59)

11. First Snow on The Last Ashes (3:47)

12. Halls of Death (7:02)

 

 

Musiciens :

Daniel Cannerfelt - guitares

Fredrik Klingwall - claviers, mellotron & rhodes

Stefan Granberg - bouzouki, basse, guitares & clavierss

Teddy Möller - drums

With:

Mattias Olsson (ex-Änglagård, Necromonkey, Kaukasus) - drums, percussion

David Lundberg (Gösta Berlings Saga, Necromonkey) - claviers

Ketil Einarsen (Kaukasus, White Willow) - flutes

Jerk Wååg - upright piano, violon


HIDDEN LAND - Lycksalighetens ö – Progress Records 2014

Par Richard Hawey

 

Deux années se sont écoulées depuis l’album "In Our Nature" qui manifestement, a attiré plusieurs nouveaux adeptes. Rappelez-vous de cet album où les orgues et les synthétiseurs étaient placés en évidence afin de nous étonner. C'est toujours Hannes LJUNGHALL qui tient les rênes du projet au niveau de l'écriture et de la maitrise des instruments à claviers. La formation initiale reste la même à une exception près Björn WESTÉNn’est plus là.


C'est dans un très beau digipack que nous trouvons l’album qui devrait nous démontrer hors de tout doute, les qualités de ce groupe. "Corsican Daydream" démarre cet opus comme une complainte symphonique hautement atmosphérique et progressive où, on retrouve rapidement le fabuleux doigté d'Hannes. Passant d'une orchestration d'église vers des sons d'orgue qui nous rappelle Jon LORD, la section rythmique s'accoquine avec les synthétiseurs. Le jeu soutenu de la batterie fait jeu égal avec les claviers. N'oublions pas le piano qui est majestueux depuis le début et qui permet l'arrivée du chant. Ce dernier nous enivre à nouveau pour mieux nous envoler. En tout cas, ce premier épique de plus de 12 minutes tient toutes les promesses attendues avec ce savant mélange de délicatesse et de démonstrations techniques. Passons au second morceau "Dakkar" toujours grand format puisqu'il culmine à plus de 10 minutes. Départ toujours symphonique avant de partir sur des ambiances atmosphériques où la voix de Bruno EDLING fait merveille avec toute sa sensibilité. Le travail de la section rythmique est remarquable avec la palme d'or pour le batteur Gustav NYBERG qui, assiste remarquablement son compère bassiste le très doué Philip BASTIN. Concernant le maitre de cérémonie, Hannes survole son sujet avec un niveau incroyable aussi bien aux claviers qu'au piano. La délicatesse est partout et l'ensemble, nous apporte apaisement et rêveries. Il me reste à parler des passages à la guitare où l'on perçoit l'ombre du grand Mike OLDFIELD période "Exposed"
!


"In The Wind" est une composition au format plus classique où les claviers portent encore la sensible voix de Bruno. Morceau plus lancinant et plus calme, ce dernier prouve une nouvelle fois la force d'écriture et de composition du claviériste. "Over Again" à la fois plus rock et plus entrainant, nous entraine vers d’autres cieux. Mais on revient toujours à cette ambiance de ballades synthétiques souvent imprimée sur le précédent opus. Les claviers virevoltent inlassablement dans de nombreux registres de sons qui nous rappellent le travail de Thomas BODIN. Enfin, il y a le retour de la guitare qui s'envole dans un très beau solo qui sonne le glas du très haut niveau atteint. C'est un piano classique et chatoyant qui lance "PI", morceau qui monte en puissance avec l'addition progressive des instruments. Arrive alors l'épique de fin avec ses 19 minutes et son titre évocateur puisqu'il se nomme tout simplement "Hidden Lands"
! Peut-on considérer ce morceau comme un signe de la marque de fabrique du groupe? C'est en tout cas une orchestration classique et majestueuse proche de la composition de départ, qui nous est présentée. Le piano classique calme l’atmosphère jusqu’à l’apparition des synthés et du chant. Tout s'emballe avec le jeu de claviers, tel un tourbillon de notes de musique, l'auditeur se voit transporté dans une autre dimension où la guitare parachève le travail accompli. Mais nous ne sommes qu'à mi-chemin de cette longue composition, il nous reste encore de nombreuses minutes de découvertes d’un bonheur qui peut nous rappeler GENESIS. Enfin le piano ouvre le chemin pour l'orgue qui nous emporte vers une finale fantastique.


Se terminant en apothéose, HIDDEN LANDS et surtout son mentor Hannes LJUNGHALL nous offre un second recueil hors du commun. Un opus qui transporte l'auditeur dans un monde lointain où, la musique n'est que passion et enchantement.

Cote 4/5

 

Pistes

1. Corsican Daydream (12:49)
2. Dakkar (10:37)
3. In the Wind (4:40)
4. Over Again (5:34)
5. Pi (3:09)
6. Hidden Lands (19:07)

 

Musiciens

- Bruno Edling / chants
- Hannes Ljunghall / claviers and guitares
- Phillip Bastin / Basse
- Gustav Nyberg / Batterie


UMPHREY’S McGEE – Similar Skin – Autoproduction 2014

Par Richard Hawey

 

UMPHREY’S McGEE est un groupe de six musiciens des USA. Le groupe existe depuis plus de seize ans avec toujours la même formation. Les membres du groupe sont actuellement Brendan BAYLISS (guitare, chant), Jake CINNIGER (guitare, chant), Joel CUMMINS (piano, chant, claviers,), Andy FARAG (percussions), Kris MYERS (batterie, chant) et Ryan STASIK (basse). Ils ont déjà sorti sept albums studio et « Similar Skin » est leur huitième album.

 

« The Linear », première de onze chansons m'a vraiment accroché, elle débute l’album avec son rythme reggae proche du groupe The POLICE. Les riffs de guitare sur le refrain viennent alourdir cette chanson qui est une excellente introduction à ce qui va suivre. « Cut the Cable » offre un rythme moderne qui pourrait être facilement un succès radiophonique. Elle est simple mais très efficace avec son jeu de guitare tranchant qui est une des caractéristiques que nous retrouverons sur tout l’album avec en plus les belles voix de tous les membres du groupe. Chacune des chansons est relativement courte, la moyenne est dans les quatre minutes sauf pour quatre d’entre elles. Le son rock des années 80 est de retour avec « No Diablo » qui est totalement différente, l’influences des BEATLES et de d’autres groupes anglais du milieu des années soixante sont très perceptibles. Avec  la pièce titre « Similar Skin » est une autre chanson qui vous accrochera, avec ses échos guitaristiques à la RUSH.  Après une introduction tranquille vous serez surpris par les parties de basse colorées par Ryan STASIK sur la chanson « Puppet String ». Le titre suivant « Little Gift » vous fera penser à KISS, c’est une courte chanson qui ne marquera pas la carrière du groupe mais que vous écouterez sans nécessairement la retenir. On peut entendre plusieurs variations modernes de rock progressif sur « Educated Guess », avec la participation très courte de Nathan SWANSON au violon. Cet invité apporte un contraste frappant, le jeu sonore guitare/violon est plus qu’intéressant. Une de mes pièces favorites de l'album est « Loose End », cette ballade offre un son mystérieux et provocateur en même temps, elle vous pénètrera sans aucun effort de votre part, vous répéterez le refrain après une seule écoute. «Hindsight » est tout le contraire, d’ailleurs je me demande pourquoi le groupe a inclus cette chanson qui à mon avis, ne cadre pas beaucoup avec le reste, sans être métal elle sonne lourde et le chant semble être forcé. La dernière et la plus longue chanson est « Bridgeless », on peut facilement dire qu’elle est la digne fin de cet album. Chaque membre du groupe nous démontre leurs compétences sur leurs instruments respectifs.

 

« Similar Skin », sans être un album très progressif, nous offre plusieurs grandes qualités. Le chant et les harmonies vocales sont excellents. Le brio des musiciens est particulièrement à noter, les guitares et la section rythmique performent au maximum, quant à la production elle est sans reproche. Si vous ne connaissez pas UMPHREY’S McGEE « Similar Skin » est une bonne façon de faire connaissance, pour les autres vous ne serez pas déçus.  

Cote 3.5/5

 

Pistes

1 - The Linear (3:48)

2 - Cut the Cable (3:54)

3 – Hourglas (3:24)

4 - No Diablo (4:13)

5 - Similar Skin (6:06)

6 - Puppet String (6:30)

7 - Little Gift (3:15)

8 - Educated Guess (5:49)

9 - Loose Ends (5:02)

10-Hindsight (3:24)

11-Bridgeless (9:00)

 

Musiciens

Brendan BAYLISS (guitare, chant)

Jake CINNIGER (guitare, chant)

Joel CUMMINS (piano, chant, claviers)

Andy FARAG (percussions)

Kris MYERS (batterie, chant)

Ryan STASIK (basse)


ANTON ROOLAART – The Plight of Lady Oona – Autoproduction – 2014

Par Richard Hawey

 

Le premier album d'Anton ROOLAART avait mis en évidence ses talents d'auteur-compositeur, laissant espérer un deuxième opus riche en mélodies savoureuses. Il aura fallu sept ans de patience pour enfin se pencher sur le successeur de « Dreamer ». Cet album s'inscrit dans cette tranche de prog symphonique mélodique très occupée par des gens comme David MINASIAN et Nick MAGNUS. Ne vous attendez pas à une musique énervée quand vous entrez ici mais plutôt à de luxuriants arrangements de style orchestral avec des ajouts de guitares et de synthés avec une approche calibrée relativement calme.

 

Dès le premier titre, « Gravity », on entre immédiatement dans le monde aérien du compositeur. Même les sons saturés de guitare se font planants répondant en écho à des nappes de claviers mélodieuses et mélodiques. Cette ambiance proche de CAMEL se prolonge sur le deuxième titre « Stars Fall Down » et nous amène tout en douceur à la pièce maîtresse qui donne son nom à l'album : « The Plight Of Lady Oona ». Cette composition d'une durée de près de quatorze minutes est ponctuée d'interventions instrumentales qui évoquent, plus ou moins brièvement, aussi bien YES sur des arpèges de guitare ou des sonorités de grandes orgues, que MANFRED MANN sur des fulgurances de synthé. Le seul petit bémol se situe dans la partie médiane du titre où, malgré le chant d'Annie HASLAM, le tempo est lent et nous avons le sentiment que cette chanson dure plus longtemps. Pour le reste, on retrouve l'ambiance et les qualités des premières compositions, surtout avec la dernière piste, « The Revealing Light » qui clôture en beauté cet album. On passera assez vite sur « Memoires », piste quasiment instrumentale et acoustique qui semble ne pas être à sa place sur un opus qui par ailleurs serait plutôt homogène.

 

Ce deuxième album d'Anton ROOLAARTest différent de son premier mais il reste plus qu'écoutable. L'artiste à de réels talents de compositeur et propose des mélodies toujours attachantes qu'il interprète de belle façon. "The Plight Of Lady Oona" devrait facilement retenir l'attention des amateurs de soft prog.

Cote 3.5/5

 

 

Pistes

1. Gravity (7:04)
2. Stars Fall Down (5:24)
3. The Plight of Lady Oona (13:49)
4. Standing in the Rain (4:53)
5. Memoires (4:56)
6. The Revealing Light (8:18)

 

 

Musiciens

- Anton Roolaart / Chant, guitares, mandoline, claviers, piano, basse (5),percussion, programmation additionnelle, arrangements
Avec:
- Vinnie Puryear / Basse
- Rave Tesar / Piano/claviers (3) et autres pièces, narration (6)
- Kendall Scott / Piano, synth solo (1), claviers (3)
- Pieter van Hoorn / Drums  (1, 2, 4, 6)
- Michael Frasche / Drums  (3)

- Annie Haslam / Invité spécial voix (3)


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