Une courtoisie de Richard Morin

 

Chroniques / Review III

DIFFERENT LIGHT - The Burden of Paradise - User Friendly records - 2016

Par Philippe André

 

Petit voyage dans le temps avant d'aborder l'examen du nouvel album de DIFFERENT LIGHT ; le groupe s'est formé fin 1994 (plus de vingt ans déjà) à Malte à l'initiative de Trevor TABONE, il a réalisé deux albums "All About Yourself" en 1996 (que j'écoute toujours avec plaisir aujourd'hui) et "Icons That Weep" en novembre 2009 dont j'ai longtemps ignoré l'existence car je pensais que la formation avait purement et simplement disparu…. Ce long laps de temps entre les deux albums peut s'expliquer par la séparation du groupe originel en 1999 & sa réactivation en 2008, Trevor TABONE ayant quitté sa terre natale pour s'établir à Prague, capitale de la République Tchèque.

 

Coté musiciens, Petr LUX le guitariste était déjà présent en 2009, par contre la section rythmique est nouvelle sur "The Burden of Paradise" et s'articule autour de la fratrie MATOUSEK, Jirka à la guitare basse et Petr à la batterie.

 

Globalement DIFFERENT LIGHT peut être considéré comme une formation de néo prog, vaste appellation si l'en est et que nous pouvons rapprocher d'un groupe comme PENDRAGON par exemple, en plus popisant, attention je n'ai pas dit DIFFERENT LIGHT = PENDRAGON, c'est pour donner à l'auditeur potentiel une piste de réflexion !

 

"The Burden of Paradise" commence par une suite de plus de vingt-deux minutes divisées en huit parties intitulée "In The Grand Schemes of Things" et là je suis tombé sur le cul, c'est du grandiose tout bonnement, un plaisir auditif de très haut niveau, du néo prog oui mais avec la Classe en plus !!!

 

Très belle Introduction purement floydienne (c'est un peu normal tant les anglais ont déteint sur des milliers de musiciens à travers le monde....), et c'est parti pour un intense bonheur musical, Petr LUX s'invite à la table de Nick qui lui meme avait siégé à la table de David (c'est une boutade que vous comprendrez j'en suis sur) et l'on peut dire que Trevor TABONE a trouvé là un compagnon de grande qualité à la six cordes qui outre les deux précités me fait aussi penser par son jeu très énérgique à John LEES (BARCLAY JAMES HARVEST bien entendu). La perfection n'existe pas bien sur mais avec ce "In The Grand Schemes of Things' nous la tutoyons au plus proche, au risque de vous abreuver de superlatifs nous touchons au sublime.

 

Le second tiers de l'oeuvre continue sur le même mode opératoire, une guitare en fusion, plaisante, brillante, brulante et les claviers de Trevor (piano en tête) qui enrobent le tout dans un écrin délicat et chatoyant, ça coule de source......progressive évidemment.

 

Le troisième tiers ne dépare pas non plus mais il n'est pas possible dans une chronique de tout disséquer morceau par morceau surtout quand l'opus en question est d'une infinie richesse, notez que quelques instrumentaux permettent de respirer entre les titres chantés.

 

Si je n'ai pas parlé du chant, moi qui suis très pointilleux habituellement sur le sujet, c'est tout simplement parce qu'il est irréprochable et colle parfaitement en toutes circonstances à la musique proposée. 

 

L'iconographie du livret intérieur nous propose des scènes de la vraie vie quotidienne, et même si ce n'est que mon interprétation, nous retrouvons le petit garçon qui jouait au cerceau dans les rues de Sliema en 1996, faire de la trottinette dans les rues de Prague en 2016 ?

 

Vous l'aurez compris, DIFFERENT LIGHT nous offre avec "The Burden of Paradise" un disque de très haut niveau, merci Trevor.

 

Au sommet.

Cote : 5/5

 

 

Pistes :

1. In the Grand Scheme of Things (22:20)

i. The Schemer Wakes (2:13)

ii. Letters for Alice (3:00)

iii. Happiness (5:17)

iv. The Stalker Walks (2:30)

v. Pascal's Wager (3:56)

vi. Out of the Goldilocks Zone (3:00)

vii. Together There (1:49)

viii. The Schemer Sleeps (0:35)

2. Voice of Outside (5:38)

3. A St. Martin's Summer (3:07)

4. Eternal Return (14:12)

i. New Promise (2:57)

ii. At First Light (2:00)

iii. Nectar Junky (2:24)

iv. A Carpathian Day (1:49)

v. Default Setting Escape (1:25)

vi. Waking Moment (3:37)

5. Transient Dream (5:25)

6. Mare Imbrium (1:17)

7. In Love and War (10:09)

i. Love (3:35)

ii. War (6:34)

8. All for You (4:25)

 

Musiciens :

Trevor Tabone - vocals, keyboards

Jirka Matousek - bass

Petr Matousek - drums

Petr Lux guitars, backing vocals

 

TICKET TO THE MOON – Æ Sense Of Life – Indie – 2015

Par Denis Boisvert

 

Voici un groupe moins connu qui nous vient de Suisse. Il s’agit de leur deuxième album. De structure plus classique et définitivement dans le camp prog métal, cette formation nous propose ‘Æ Sense Of Life’ un ouvrage, ma foi, bien roulé, énergique et ressenti. Les jeux de riff du guitariste et les staccatos poly rythmiques sont étonnants. Les pièces sont introspectives et se veulent émouvantes. Le chant ne domine pas. Chaque pièce contribue différemment. Les claviers sont là pour l’atmosphère. Il y a utilisation de divers ‘clips’ dont le discours complet de Charlie Chaplin extrait du film Le Dictateur, un monologue à la Wilson sur ‘Father’, un autre en allemand pour le patient 730100.

 

‘The Call Within’ donne le ton et tout comme ‘Perpetual’ rappelle par hasard la voix et le phrasé du groupe progmétal Australien Anubis. ‘ Patient 730100 ‘ contient de très bons moments. ‘Hynkel’ propose un concept intéressant (le discours du dictateur) mais détonne un peu avec le reste de l’album. La conception manque un peu de rigueur et de finition mais le jeu des musiciens et les élans du guitariste ainsi que la force des passages mélodiques nous le font oublier rapidement. J’ai apprécié le jeu du bassiste et le support tenace du batteur. Le claviériste contribue solidement souvent en arrière-plan. En somme tous les éléments d’un groupe prog métal stimulant, engageant et riche qui mérite que vous les supportiez afin qu’il puisse continuer de produire.

 

Un coup sûr pour les amateurs du genre. Une belle découverte pour ceux qui comme moi préfère le symphonique. Une belle heure à passer. A surveiller dans l’avenir.

Cote 4 sur 5

 

Pistes:

1. Intro (:03)
2. The Call Within (8:11)
3. Patient 730100: Conformism (4:41)
4. Patient 730100: Resurrection (7:03)
5. Father (2:01)
6. Foetus (10:31)
7. Perpetual, Pt. I (7:22)
8.
Perpetual, Pt. II (6:28)
9. Interlude (1:56)
10. Hynkel (5:36)

 

Musiciens:

Andrea Portapia: guitares, voix
Matt Zwick : claviers, échantilloneur
Danny Gosteli :batterie,voix
Guillaume Carbonneau : basse

 

HEADSPACE – All That You Fear Is Gone – InsideOut– 2016

 

Par Denis Boisvert

 

La sortie très prochaine et attendue de ‘All That Fear Is Gone’ via l’étiquette InsideOut est à la porte. Ce groupe qui s’était fait remarqué avec la sortie de leur premier album ‘I Am Anonymous’ revient à la charge avec ce nouvel album. Les gars ont un curriculum vitae intéressant.  Ils se connaissent de longue date et font la musique qu’ils aiment. Ils ont tout ce qu’il faut pour réussir. Commençons par le chanteur, Damian Wilson a une de ces voix rock classique, puissante, expressive et sans complexe dans toutes une variété de styles. Une voix comme bien des groupes aimerait en avoir une. Et sans surprise la voix domine. Lee Pomeroy est un bassiste accompli qui a performé avec de grands noms et fait de nombreuses sessions. Pete Rinaldi est le guitariste musclé qui se greffe admirablement bien au tout qu’est Headspace mais qui arrive à surprendre en blues ou en acoustique aussi. Il a fait un caméo pour Haken ‘Restoration’ récemment.  Falkner est le nouveau batteur, un sessioniste chevronné qui s’amuse avec les autres. Finalement Wakeman est le fils de Rick mais disons tout de suite que son style est bien plus proche de Sabbath que de Yes et que son jeu se marie à l’ensemble et ne domine jamais. Je ne crois pas qu’il porte une cape aussi ; )

 

Le concept du nouvel album, basé sur un ancien album double ( 2 LP ) semble tourner sur le cheminement de l’individu qui surmonte les obstacles de la vie moderne. Le ton est un peu angst qui sied si bien au prog métal. On sent que la composition et le message ont été approfondis et traités en détail. ‘Semaphore’ est un bel exemple. Un thème poétique mais un peu mystérieux qui passe par le tordeur guitare métal, la planche à repasser de la batterie et l’empesage des synthés et l’adrénaline du commentateur. Pas beaucoup de faiblesse dans les morceaux, pas de longueur non plus.

 

Donc un son bien moderne, néo-prog, puissant dans la lignée Haken ou Pain of Salvation mais avec l’expressivité de Marillion/Rush et une qualité britannique. Le tout est éminemment écoutable et plaisant et devrait faire belle figure au palmarès prog-rock des prochains mois.

 

Cote 4.5/5

 

Pistes:

 

1. Road to Supremacy (4:57)
2. Your Life Will Change (6:42)
3. Polluted Alcohol (6:10)
4. Kill You With Kindness (8:17)
5. The Element (1:51)
6. The Science Within Us (13:15)
7. Semaphore (5:40)
8. The Death Bell (1:50)
9. The Day You Return (3:25)
10. All That You Fear Is Gone (4:54)
11. Borders and Days (5:23)
12. Secular Souls (10:35)

 

 

Musiciens:

Damian Wilson: voix principale
Pete Rinaldi: guitares, voix
Adam Wakeman: claviers, piano, voix
Lee Pomeroy: basse, chapman stick
Adam Falkner: batterie

 

HOMUNCULUS RES – Come Si Diventa Ciò Che Si Era (Comme si on devient ce qu'on était) AltRock – 2015

Par Denis Boisvert

 

Ce groupe originaire de Sicile s’amène avec cet album riche et complexe qui couvre beaucoup de terrain. Le titre fait référence à un ouvrage philosophique italien moderne. La facture est toute à fait italienne, raffinée, renaissance, multi-instrumentale et par moment résolument exploratoire. Des moments jazz, des bouts médiévaux mais aussi des thèmes modernes et un message social. Nous avons affaire définitivement à des artistes expressifs. 

 

On chante en italien, les harmonies vocales sont fréquentes et les arrangements très précis et complexes (pensez Gentle Giant).  Les pièces se suivent et ne se ressemblent pas.  Les pads de synthé abondent tout comme les polys rythmes et les signatures complexes. En appoint on a droit à tout une panoplie d’amis qui apportent des touches de hautbois, de saxophones, de flûtes etc…  Les sites officiels font mention de leur tendance Canterbury (Soft Machine, Caravan ) et je crois que ceci leur va bien. La plupart des pièces sont trop courtes sauf les 18 minutes de ‘Ospedale Civico’ (l’hôpital publique) qui forme un tout plus consistant et très RPI. J’ai bien aimé Opodeldoc et Vesica Piscis.

 

Vraiment un mets très fin, pas pour la consommation courante, un peu comme du caviar pour les oreilles. Des artistes originaux, confiants et sans complexe. Un deuxième album aussi bon que le premier et laissant voir un beau potentiel.  Sûrement que les écoutes répétées seront récompensées mais pas de quoi à écouter dans son auto…

Cote 4.5 sur 5

 

 

 

Pistes:

1. Operazione Simpatia (2:11)
2. Doppiofondo del Barile (2:50)
3. Vesica Piscis (6:22)
4. Dogface reprise (1:50)
5. Opodeldoc (4:26)
6. La Felicità (1:27)
7. Ottaedro (2:45)
8. Egg Soup (0:50)
9. Belacqua (3:39)
10.
Ospedale Civico (17:52)
11. Dogface (3:40)
12. S invertita (0:52)
13. Paum/ (1:53)
14. Schermaglie (1:51)

Musiciens:

Dario D'Alessandro: voix, guitare, basse, synthés, glockenspiel
Davide Di Giovanni: claviers, voix, basse et percussion
Daniele Di Giovanni: batterie
Mauro Turdo: guitare
Daniele Crisci: basse

Et une longue brochette d’invités divers

DWIKI DHARMAWAN – So Far So Close – Moonjune Records 2015

Par Richard Hawey

 

Dwiki DHARMAWAN, qui jusqu’à l’écoute de « So Far So Close », m’était totalement inconnu, est une vedette dans le monde du jazz rock indonésien. Alors qu'une abondance de musiciens formidables opère déjà dans ce domaine dans le pays, je pense à Dewa BUDJANA, simakDialog, TOHPATI, I Know You Well Miss Clara, Dwiki DHARMAWAN est en quelque sorte le tuteur du jazz fusion indonésien. Il gagne ses premiers galons avec le groupe Krakatau, qu'il rejoint en 1985, à l'âge de 19 ans. Ce groupe de jazz rock sortira huit albums entre 1987 et 2005, se forgeant une réputation d'excellence en Indonésie.


 Dwiki DHARMAWAN mène une carrière solo, concrétisée par les albums "Nuansa" (2000) et "World Peace Orchestra" (2009). Aujourd'hui, il revient avec "So far so close", une collection de morceaux jazz rock parmi les plus authentiques du genre. Pour ce faire, Dwiki DHARMAWAN réunit quelques-uns de ses camarades les plus fidèles
: Jimmy HASLIP (basse), Chad WACKERMAN (batterie), Dewa BUDJANA (guitare), TOHPATI (guitare), Jerry GOODMAN (violon) ainsi que I Nyomhan WINDA qui intervient sur des instruments traditionnels indonésiens sur un titre. Le nom de Jimmy HASLIP n'est pas inconnu des amateurs de musique. Cet excellent bassiste s'est forgé une réputation dès les années 1970 en s’exécutant dans différents projets. Aujourd’hui il est plus ou moins à la retraite et se joint à l’occasion à différents projets qu’il évalue intéressant. Chad WACKERMAN quant à lui est aussi une postérité parmi les batteurs, puisqu'il est un des rares à avoir satisfait aux exigences ultra-techniques de Frank Zappa. Quant à Jerry GOODMAN, ce violoniste a également une réputation assez flatteuse, pensez à Mahavishnu Orchestra ou Jan Hammer pour ne nommer que ceux –là. Avec en plus les deux surdoués indonésiens de la guitare, Dewa BUDJANA et TOHPATI, Dwiki est en voiture. « So Far So Close » est un album particulièrement technique, de facture classique et qui finit par déployer tout son intérêt sur la longueur, en particulier avec les trois derniers morceaux, toutefois le monsieur, je ne sais pas si cela est voulu, nous offre en ouverture cinq morceaux plus classique et plus facile à digérer. Mais si vous êtes connaisseurs, la dernière partie de l'album vous ravira, avec le psychédélisme planant de "Jembrana's fantasy", la dynamique irrésistible de "NYC 2050" et les incantations tantriques de "The return of Lamafa", parvient à surprendre davantage.

 
Encore une fois Moonjune Records réussit à nous surprendre avec un album de qualité sans équivoque. Comme je le disais les amateurs de jazz fusion solidement technique et virevoltant seront ici comblés mais aussi ceux qui sont tentés par ce style.

Cote 4/5 

 

 

Pistes 

 

Musiciens

DWIKI DHARMAWAN / Piano Fender Rhodes, Mini Moog,

Orgue Hammond, synthés, piano, chant

JIMMY HASLIP / basse

CHAD WACKERMAN / batterie

DEWA BUDJANA / guitare (Pistes 1, 2, 6, 7, 8)

TOHPATI / guitare (Pistes 3, 4, 5)

JERRY GOODMAN / violon (Piste 1)

 

 

IFSOUNDS– Reset – Melodic Revolution Records – 2015 

Par Denis Boisvert

 

IFSOUNDS est un ensemble italien qui bosse depuis plusieurs années et qui connaît du succès localement. Ils ont changé leur nom vers 2009 et ils s’appelaient If comme le groupe britannique des années 70. Leur style continue de changer et de défier la classification. Je révise ici la version italienne (comme PFM le faisait auparavant il y a une version anglaise).

 

‘Reset’ est vigoureux et rythmé. Les musiciens sont habiles et inventifs. La palette sonore est complexe mais un peu éparpillée. On retrouve des moments pur rock, des écarts franchement dignes de Pink Floyd psychédélique précoce, du RPI classique et d’autres que je n’arrive pas à caser. En bons italiens le lyrisme abonde et les petits cotés renaissances ne manquent pas. Le vocaliste principal Runal à une voix riche mais tout le monde met la voix à la pâte si on peut dire. Les pièces sont plutôt courtes et de structure classique. La créativité se retrouve surtout dans une approche originale du traitement musical et des thèmes.  ‘Reset’ est le meilleur morceau.

 

Malgré une facture et une exécution sans faille, un ton qui plaît et des textures imaginatives, on a l’impression que le groupe se cherche une identité. Je recommanderais d’écouter avant ou de choisir ses pièces.

Cote 3.5/5

 

Pistes:

1. Sono Nato due Volte / When I Was Born Again (6:00)
2. FR9364 (4:02)
3. Forty-Fourteen (5:04)
4. Laura (4:11)
5. Io non Volevo Odiarti/I've Never Hated Anyone (3:34)
6. Scappa Via/Run Away (5:39)
7. Flashback (2:42)
8. Svanisco nel Blu/Fading to Blue (4:38)
9.
Reset (4:39)
10. La Marea/The Tide (3:58)

Musiciens

Fabio De Libertis: basse

Claudio Lapenna: piano, claviers, orgue, voix
Dario Lastella: guitares, claviers, synthés, voix
Gianni Manariti : batterie et percussion, voix
Runal : voix principale
Avec:
Alessandra Santovito, Francesco Forgione et Alessandro Pensa (Hexperos): flûtes and instruments à corde sur Laura


PROFUSION – Pershu –  Progressive Promotion Records – 2015

Par Marc Thibeault

 

Le groupe italien en est à son troisième album. Formé en 2001 sous le nom de MARDI GRAS EXPERIENCE, les membres optèrent pour changer leur nom de groupe en fusionnant les mots «Progressif» et «Fusion» pour former le nom PROFUSION. Un son très Rock avec des mélodies accrocheuses. La chanteuse Anita RACHVELISHVILI partage le micro avec Luca LATINI.

 

«Snooze» nous donne un aperçu du pouvoir de leur musique. Un peu du style des groupes  THRESHOLD ou DREAM THEATER. «Free Fall» a un rythme entrainant. Ça ressemble malheureusement trop à des chansons d’autres artistes. Il n’y a que le refrain qui est différent. Heureusement car c’est ça qui donne à la chanson une touche originale. «Forgetful Hero» est une jolie pièce. Le début fait EVANESCENCE comme style. Puis, le rythme accélère pour ressembler plus au groupe STAIND. Il n’y a que la voix de différente. «Wrinkled Maiden» est chantée par Anita RACHVELISHVILI. Le style Rock Symphonique et la voix de cantatrice de RACHVELISHVILI rendent cette pièce particulière. Agréable et différent. «Nomen» est un Rock Lourd à la Threshold. LATINI a la voix qui ressemble à celle d’un jeune Dennis DeYOUNG du groupe STYX. Les ajouts d’accordéon sont intéressants et les paroles chantées en duo ajoutent de la couleur à la pièce. «Infinite» diffère des autres pièces par son style. On dirait de la harpe à l’intro. Le piano et la guitare sont ici mis à l’avant. Bonne pièce. «Masquerade» est un Hard Rock. J’aime les 2 dernières minutes où Jazz-Rock et Hard Rock se croisent. «Veteran» est un Rock où piano et guitare sont les plus dominants. J’aime bien. «Vanity Fair» est un Prog-Rock sans fioritures ou couleurs. La dernière minute sauve cette pièce de l’ordinaire. Bon, mais sans plus. «Forbidden» est la pièce la plus douce de l’album. Du piano partout et la voix (un peu trop étiré ?) de LATINI avec un peu de vocalise à l’arrière, et c’est tout.

 

Même si le troisième album de PROFUSION est bon, il manque peut-être un peu plus d’originalité pour pouvoir se démarquer des autres groupes de ce style. Agréable mais pas essentiel.

Cote 3/5

 

Pistes

1. Snooze – 05:47
2. Free Fall – 06:03
3. Forgetful Hero – 05:20
4. Wrinkled Maiden – 02:32
5. Nomen – 06:17
6. Infinite – 04:02
7. Masquerade – 04:41
8. Veteran – 04:33
9. Vanity Fair – 04:16
10. Forbidden – 04:37

 

Membres

- Vladimer Sichinava / Batterie
- Gionatan Caradonna / Claviers
- Luca Cambi / Guitare Basse
- Thomas Laguzzi / Guitares
- Luca Latini / Voix
Artistes invités
- Anita Rachvelishvili / Voix
- Mamuka Ghaghanidze (The Shin) / Percussions, Voix
- Jakub Mietła / Accordéon


LUBOMIR « KAYANIS » JEDRASIK Transmundane – Lynx Records – 2015

Par Richard Hawey

 

C’est la première fois que je suis appelé à faire une chronique sur KAYANIS, pourtant son plus récent album intitulé « Transmundane » n’est pas le premier que ce multiinstrumentiste polonais réalise. On y va pour les présentations, derrière ce pseudonyme se cache un artiste de grand talent, Lubomir JEDRASIK, il a réalisé en 1994 un premier album puis trois autres pour en arriver à ce dernier « Transmundane » qui a tout d’abord été disponible en téléchargement en début d’année puis Lynx Records l’a distribué au début de l’été 2015.Sur cette production Lubomir s’est associé au Chœur de l’Académie de l’Université de Gdansk dirigé par Marcin TOMCZAK.

 

À l’écoute de l’album on remarque rapidement que les influences classiques sont dominantes sur cette réalisation mais on y retrouve aussi celles de Jean-Michel Jarre et Vangelis. Le premier titre « Intricate Notion » me rappelle ces deux compositeurs avec sa rythmique particulière et le jeu des claviers. « Disturbing Glow » est plus classique, le Chœur de l’Académie de l’Université de Gdansk jouant ici un grand rôle avec une prestation majestueuse. Suit une autre belle pièce où les styles se mélangent avec « Case #1158 », l’atmosphère est très symphonique et les passages où l’on entend le violoncelle nous donne l’impression qu’un mystère plane sur nous. Ici je passe directement à la pièce titre « Transmundane Suite » qui est la plus longue de l’album. Pas de déception ici, les claviers sous toutes ces formes sont présents, le tout accompagné par des percussions et une batterie programmée de belle façon. Vers la moitié de la piste une guitare acoustique timide nous surprend puis c’est le déferlement de sonorité qui explose. Nous avons droit à de la grande musique. L’album se poursuit avec deux titres « You Were Saying » et « As Close as One Gets » qui sont construit sur un moule quasi identique. Puis l’album se termine avec « Transmundane » où une nouvelle fois le Chœur est présent. L’ambiance est classique, les claviers et les instruments à corde y sont pour quelque chose. C’est une finale grandiose pour nos oreilles.

 

Pour conclure, je vous dirai que cette musique m’a fait le plus grand bien, c’est un changement de son totale qui m’a transporté dans un nouvel univers sonore. Oui c’est un changement d’habitude auditif, laissez-vous allé et écouter cette belle musique qui vous apportera un grand plaisir.

Cote 4/5

 

Pistes

1. Intricate Notion 03:57
2. Disturbing Glow 04:22
3. Case #1138 05:14
4. Run, Mr. Eldritch 04.52
5. Overexposed Sunday Photography 04:11
6. Atate 03:40
7. Transmundane Suite 10:08
8. You were saying 03:33
9.
As close as one gets 05.06
10. Transmundane 06:21

 

Musicien

Lubomir « Kayanis » Jedrasik – Tous les instruments

Avec le Chœur de l’Académie de l’Université de Gdansk


PERFECT BEINGS – II – My Sonic Temple - 2015

Par Louis Hamel

PERFECT BEINGS c’est 5 talentueux musiciens issus d’horizon musical différent, mais avec la même passion pour le rock progressif. Créé à Los Angeles en 2012 par Johannes LULEY ex- Moth Vellum (guitare) et Ryan HURTGEN (chant) se joignent à eux Chris TRISTAM (basse), Jesse NASON (claviers) et Dicki FLISZAR (batterie).

 

Après un premier album éponyme qui avait charmé les amateurs de musique rock progresif en 2014, ils nous reviennent en 2015 avec un second intitulé Perfect beings II. C’est un CD de 10 compositions de styles musicaux différents qui font références au passé rock progressif mais à la façon d’aujourd’hui. Vous allez reconnaitre entre autre les groupes Yes, Pink Floyd, Genesis. Vous allez aimer la basse de Chris TRISTAM qui fait référence à la belle basse du groupe Yes. Les claviers de Jesse NASON font penser à Big Big Train, le guitariste Johannes LULEY rend bien le jeu d’un certain virtuose de Yes, et que dire du chanteur Ryan HURTGEN avec son instrument vocal surtout sur la pièce « Rivermaker ». Les pièces qui m’ont le plus fait vibré sont : « Mal del Fuego », « Rivermaker » et la magnifique « Cause and Effect ».

 

Un excellent CD très bien travaillé par 5 musiciens qui gagnent à être connu. J’ai passé des bons moments à l’écouter et je vous le souhaite également. J’ai déjà hâte au prochain.

Cote 5/5

Pistes
1. Mar del Fuego (4:22)
2. Cryogenia (3:49)
3.
Samsara (1:36)
4. The Love Inside (8:52)
5. Volcanic Streams (5:55)
6. The Yard (5:27)
7. Go (4:49)
8. Rivermaker (5:08)
9. Cause and Effect (5:12)
10.The Thrill Seeker (4:38)


Musiciens
Johannes Luley – Guitare
Chris Tristram – Basse
Jesse Nason – claviers
Dicki Fliszar – batterie
Ryan Hurtgen – chant

SPETTRI – 2973 La Nemica Dei Ricordi –  Black Widow Records - 2015

Par Marc Thibeault

 

On croise du vieux BLACK SABBATH avec du vieux DEEP PURPLE et on mélange dans une sauce Italo-Prog, le tout assaisonné de sax, de flute, de harpe et de Mellotron. Le résultat est un album énergique, diversifié et très agréable à écouter! La bande de «Spectres» (français de Spettri) originaire de Florence ont dû attendre 39 ans avant de sortir leur 1ier album (Spettri, 2011). Heureusement que ce n’était que le début!  2973 - La Nemica Dei Ricordi (Les Ennemies de la Mémoire) a un son beaucoup plus léché que celui de son prédécesseur. Cet album concept continue là où le premier nous avait laissé: après un voyage à travers les abysses de son esprit, notre ‘héros’ est amené par un vaisseau vers une ile où il y trouvera son havre de paix intérieur.

 «Il Lamento Dei Gabbiani» (la lamentation de la mouette) débute comme si on écoute une chanson du groupe Black Sabbath. Riffs lourds et Mellotron agrémente le tout.  «La Nave» (le navire) débute comme une comptine puis change en rock avec du Mellotron, du piano et des guitares électriques. «La Profezia» (la prophétie) est entrainante à souhait. Les soli de saxophone dans la chanson mettent de la couleur de plus. Les derniers 3 :20 transforment complètement cette pièce. «Onda Di Fuoco» (l’onde de feu) part en folie avant de ralentir de temps à autre pour laisser place au chanteur Ugo PONTICIELLO. Énergique. «La Nemica Del Ricordi» (les ennemis de la mémoire) débute comme une pièce de DEEP PURPLE avant de prendre sa propre tangente Italo-Progressive. Même le solo de guitare fait penser au guitariste Ritchie BLACKMORE! La fin de cette pièce surprend encore une fois. «Il Delfino Bianco» (le dauphin blanc) est une pièce avec piano, flute, clavecin et la voix d’Elisa MONTALDO. Belle intermède avant de repartir de plus belle!  «La Stiva» (le vaisseau) nous ramène vers le son plus proche de BLACK SABBATH, mais avec du saxophone & du piano à travers. Un solo digne de Jon LORD au Mellotron puis un solo de guitare termine bien cette pièce. «L’Approdo» (l’accostage) est une chanson pleine d’espoir. Piano, harpe, guitare sèche nous apaisent de notre voyage vécu pendant que le bruit des vagues se fait entendre à la fin de la pièce. J’aime bien!

 

Même si les membres du groupe sont la plupart dans leurs 70 ans et plus, la famille PONTICIELLO (Ugo, Vincenzo & Raffaele) mène encore le bal avec justesse. Ce fut un plaisir de faire le voyage de cet album avec eux.

Cote: 4/5

 

1. Il Lamento Dei Gabbiani (5:37)
2. La Nave (7:24)
3. La Profezia (7:07)
4. Onda Di Fuoco Pt. I (3:56)
5. Onda Di Fuoco Pt..II (2:50)
6. La Nemica Dei Ricordi (7:17)
7. Il Delfino Bianco (4:05)
8. La Stiva (5:50)
9. L'Approdo (4:55)
10. Il Lamento Dei Gabbiani (Mono)
11. La Profezia (Mono)
12. La Stiva (Mono)

 

Musiciens:

- Stefano Melani / Hammond, Leslie GRS, Arp Odissey, Piano, Mellotron, Wurlitzer
- Raffaele Ponticiello / Guitares
- Vincenzo Ponticiello / Guitare basse
- Mauro Sarti / Percussions, batterie, flute
- Matteo Biancalani / Sax
- Ugo Ponticiello / Chanteur
Avec:
- Elisa Montaldo (Il Tempio delle Clessidre) / Chant sur "Il Delfino Bianco"
- Stefano Corsi (Whisky Trail) / Harpe Celtique & Harmonica sur "L'Approdo"


MERRY GO ROUND – Merry Go Round – Black Widow Records – 2015

Par Marc Thibeault

 

Des instruments venus du passé, la fusion des groupes STORKS et STANDARTE, avec un guitariste supplémentaire et une chanteuse à la voix de Janis JOPLIN : voici MERRY GO ROUND. C’est un vrai retour dans le temps que nous offre ce groupe italien originaire de Pise. Mellotron, Moog et orgue sont les instruments de prédilection sur cet album. Les guitares électriques ne sont pas en reste. Un peu Psychédélique, un peu Prog.

«Dora’s Dreams» est livrée avec un rythme presqu’endiablé jusqu’au moment où Martina VIVALDI se met à chanter avec une voix chaude, presque possédée. Puis le rythme repart de plus belle! «After» est plus accessible, voir radio-friendly. La voix de Mme VIVALDI se rapproche de celle de Shirley Manson du groupe GARBAGE ou même de Gwen STEFANI du groupe NO DOUBT. «Autumn’s Days» & «Poison Ivy» ressemblent à quelques pièces de JEFFERSON AIRPLANE. Rythmée sur presque la longueur totale des pièces, les 2 auraient pu être fusionnées ensemble tant elles se ressemblent. «Free Ride» fait dans le Blues-Rock avec le son des claviers très en recul comparativement aux autres pièces. «Changeling» début avec un son lourd d’orgue Hammond et de guitare qui me font penser aux premiers albums de DEEP PURPLE. Martina VIVALDI chante, crie & s’époumone presque vers la fin de cette pièce. «To Die Of Fear» détonne par son style plus Jazz que vieux Prog. Le titre & le style en font que ça pourrait peut-être devenir une des prochaines chanson-thèmes d’un des films de James Bond!  «Indian Rope Man» est une énième reprise de cette pièce de Richie HAVENS. Beaucoup plus rapide & Funky que l’originale, elle est entrainante à souhait. «In Search Of Lost Time» est peut-être, à mon goût, la pièce la plus intéressante de l’album. D’abord parce qu’elle présente, comme «To Die Of Fear», un style & un riff pas tout à fait comme les autres. Ensuite, la voix de chaude VIVALDI passe par toutes sortes d’émotions. C’est ma préférée du lot. «Mesmerized Worlds» a un rythme lent mais entrainant, à la «Free Bird» du groupe LYNYRD SKYNYRD. Une chanson qui termine un album en beauté. «Friday The 13th» sonne comme un vieux Rock. On a droit à un ‘jam-session’ de 4 :35 suite à un silence de ±70 secondes après la fin de la pièce.

 

Agréable à l’écoute, l’album de MERRY GO ROUND ne passera pas à l’histoire, mais demeure quand même un beau retour au son du début des années 70. Pour amateurs de vieux Rock Psychédélique.

Cote: 3/5

 

Pistes

1- Dora's Dreams (5:41)

2- After (6:03)

3- Autumn's Days (4:20)

4- Poison Ivy (4:15)

5- Free Ride (4:19)

6- Changeling (5:37)

7- To Die Of Fear (5:03)

8- Indian Rope Man (3:24)

9- In Search Of Lost Time (4:42)

10- Mesmerized Worlds (5:41)

11- Friday The 13th (9:13)

 

 

Musiciens:

- Martina Vivaldi – Chant

- Renzo Belli – Guitares

- Sandro Vitolo – Guitares

- Michele Profeti – Orgue Hammond / Mellotron / Moog

- Stefano Gabbani – Guitare Basse

- Sandro Maccheroni – Batterie / percussions

 


THE ANAGRAM PRINCIPLE – Inventor – Earth Cat Records – 2015

Par Philippe André

PITTSBURGH, PENSYLVANIE, la ville aux 400 ponts (oui, oui, étonnant mais vrai) au confluent de l'Allegheny & de la Monongahela, deux rivières qui vont former l'Ohio, & ville dont sont issus les deux compères qui forment THE ANAGRAM PRINCIPLE, Bob NEFT & Tedd ARNOLD. Musicalement THE ANAGRAM PRINCIPLE œuvre dans la musique progressive électronique ce qui veut dire des voix, des guitares & des claviers avec une base rythmique supplée par des programmations, d'habitude pas ma tasse de thé, mais là je vais faire une exception, comme quoi il ne faut jamais dire "Fontaine je ne boirai pas de ton eau".

 Une précision Tedd est l'auteur de trois albums solos dont le dernier en juillet 2015 & Bob en a un à son actif en 2014, des opus que je n'ai pas l'honneur d'avoir écoutés :si l'on remonte beaucoup plus loin Tedd a animé le groupe FLUIDE dans les années soixante-dix puis le groupe RADIANT dans les eighties, deux formations restées confidentielles en dehors de l'est des ETATS UNIS ; pour ce qui est du duo en tant que THE ANAGRAM PRINCIPLE l'opus dont nous parlons ici est leur second . THE ANAGRAM PRINCIPLE nous propose donc quarante minutes de musique qui s'enchainent quasiment comme dans un rêve, sans temps faible, sans temps mort, le genre de disque agréable à écouter sans prise de tete & pour lequel vous appuyez sur "replay" inconsciemment une fois la première écoute terminée. Bien sûr & comme souvent dans ce type de disques, nous pouvons retrouver ici ou là des traces de PINK FLOYD (dès l'entame de "Fathom 3327"), des nappes claviéristiques réminiscences des allemands d''ELOY & des emprunts stylistiques à VANGELIS dans les moments les plus calmes.

Nous ne détacherons pas un titre plus qu'un autre puisqu'ils sont tous enchainés & donc écoutables d'une seule traite sur le site même du groupe : www.theanagramprinciple.com comme est également mis en ligne aussi le premier album de 2013 "Realm of Being", belle preuve de confiance & d'honnêteté qui nous est donnée par Bob & Tedd.

Pour la curiosité, signalons que le nom du label "Earth Cat" est aussi le surnom de Tedd ARNOLD.

Bravo Messieurs, vivement la suite.

Cotes: 4/5

Pistes:

1) Fathom 3327 (8:33)

2) Napalm (4:27)

3) Occam's Razor (2:01)

4) Master of Distance (12:23)

5) The Light Consumed (1:43)

6) Black Cloud (5:36)

7) Quake (3:40)

8) Transmission (2:47)

Musiciens:

Bob Neft : chant, guitares, claviers

Tedd Arnold : chant, guitares, claviers

ABIGAIL’S GHOST – Black Plastic Sun – Asperus Music - 2015

Par Marc Thibeault

 

Avec son style Néo-Prog très accessible, c’est le troisième album studio des américains en 8 ans. Moins lourd que ses précédents, « Black Plastic Sun » reste quand même un album intéressant à découvrir. Le trio de base composé de Joshua THERIOT (chant, guitares), Kenneth WILSON (guitare basse) & Brett GUILLORY (claviers) nous livre encore la marchandise mais sans artifice ou surprise.

 

«Thereafter» débute l’album en douceur. La voix de Joshua THERIOT nous entraine en terrain connu. Les comparaisons avec PORCUPINE TREE, ENCHANT ou encore JADIS sont facile à faire mais la touche AG est un peu partout. «Sliver» fait une suite logique à «Thereafter». Encore plus ressemblant au groupe JADIS, elle prend toutefois la teinte d’AG à partir du solo de guitare de THERIOT. «For Damien» fait presque dans la ballade. Bon, mais sans plus. Je me retrouve plus en terrain connu d’ABIGAIL’S GHOST avec «Bloodlust» : les accords ou notes qui sont un peu discordantes & qui accrochent un peu plus par leur côté ‘‘sombre’’. Le solo passionné de THERIOT à la fin clôt bien la pièce. «Widowmakers» débute bien. On a presque l’impression d’entendre le duo BLACKFIELD avant que le refrain n’embarque. Encore ici le solo de guitare de THERIOT rehausse la chanson vers la fin. Le beat de «King Of All» et la guitare de style hawaïenne me rappelle une chanson que j’aime beaucoup mais dont j’ai oublié le titre (pas grave!). Entrainant. «Le Metteur» est ABIGAIL’S GHOST comme je l’aime : des sons un peu retro, des bruits et effets divers à travers la chanson, un air un peu mystique / sombre. La meilleure pièce à mon goût! «Protist» est un retour au son d’origine. Presque PORCUPINE TREE (The Creator Has A Mastertape), elle reflète le son plus brut d’AG. Un solo enflammé de guitare de THERIOT, encore vers la fin, accentue la folie de la pièce. J’adore! «Sweet Serenity», est un peu style Baroque / un peu Country (?), mais avec un air et un beat entrainant & THERIOT qui chante avec une voix pleine d’espoir pendant les refrains. «Smotherbox» est un bon Prog-Rock de style RIVERSIDE. Contretemps, bons riffs, solo de guitare déchainé. «Unorthodox» est une petite mélodie avec piano & violon qui finit en douceur l’écoute de cet album. C’est probablement la seule pièce qui n’est pas trop longue (à mon goût).

 

Chaque pièce est bonne, mais on a l’impression qu’elles s’étirent tous un peu trop, diluant leur impact sur le mélomane qui l’écoute. Ça reste tout de même un album au-dessus de la moyenne.

Cote: 3.5/5

 

Titres

1. Thereafter - 08:20
2. Sliver - 05:50
3. For Damien - 05:39
4. Bloodlust - 05:37
5. Widowmakers - 05:22
6. King Of All - 05:23
7. Le Metteur - 07:14
8. Protist - 04:43
9. Sweet Serenity - 04:42

10. Smotherbox - 08:51

11. Unorthodox - 03:48

 

 

Musiciens:

- Joshua Theriot / chant, guitares
- Kenneth Wilson / voix, guitare basse
- Brett Guillory / claviers

- John Rodrigue / batterie

Avec

-Zachary Dufrene / Piano solo (10-11)

- Vanya Karachabanova / violon

- Sam Cherry / Bongos


LEPROUS – The Congregation – Inside Out – 2015

Par Marc Thibeault

 

Belle surprise! Encore du talent musical à découvrir! Ce groupe norvégien débute ce quatrième album en nous donnant l’impression d’écouter un autre album de Métal, presque Industriel. Puis embarque les contretemps et un petit ajout de son un peu Techno. Le mélange est étonnant, mais nous donne envie d’écouter encore un peu plus. Et tout à coup on est rendu à la fin de l’album avec une envie de le réécouter! Fondé en 2001, il ne reste du groupe original que le chanteur / claviériste Einar SOLBERG et le guitariste Tor ODDMUND SUHRKE. Le second guitariste Øystein LANDSVERK est arrivé dans le groupe en 2004 et le percussionniste / batteur Baard KOLSTAD en 2014. Après 2 albums Démo en 2004 & 2006, LEPROUS enregistra les albums «Tall Poppy Syndrome» en 2009, «Bilateral» en 2011 & «Coal» en 2013 avant de nous servir ce nouvel opus.

 

L’album débute avec «The Price». La voix de SOLBERG me fait penser à celle du chanteur de GAZPACHO Jan H. OHME pendant la première minute de chant. Mais ce n’est que pour mieux s’élancer dans son propre ton de voix, puissante et douce à la fois. Plus Extreme Métal au début de la chanson, «Third Law» fait penser à quelques perles faites par les groupes TOOL, SYSTEM OF A DOWN ou même HAKEN.  «Rewind» part sur des synthétiseurs et un riff de guitare basse avec un beat du tonnerre! Elle est complètement montée à l’inverse des 2 premières chansons. J’adore! «The Flood», avec une intro à la RIVERSIDE, est hypnotisant avec son riff en boucle comme fond à la chanson. Ma préférée! «Triumphant» est entrainante avec son beat presque militaire et ses riffs de guitares. Je trouve que la voix de SOLBERG est à son meilleur lorsqu’il l’utilise avec puissance dans cette chanson. Excellente pièce aussi! «Within My Fence» est rapide & repetitive, presque Punk. «Red» est une autre pièce qui débute avec un beat de fond en boucle. Encore ici, SOLBERG utilise sa voix pour accentuer les changements de styles de doux à plus agressif ou lourd. Très efficace. «Slave» me ramène aux belles chansons «sombres» du groupe PAIN OF SALVATION ou de Devin TOWNSEND. Encore une réussite!

«Moon» est Progressive dans tous les sens : du contretemps, des changements de styles, des riffs assassines de guitare basse, de la guitare électrique et solo de guitare presque bizarre à la fin de la chanson. Une autre petite perle! «Down» est en contretemps tout le long, presque saccadé, sauf lors du refrain. La pièce la moins forte de l’album. Elle aurait peut-être été meilleure si moins longue. «Lower» débute presque comme une ballade avant de virer en lamentation Prog-Rock. Ça clos de belle façon ce surprenant album.

 

Je ne m’attendais pas à un album aussi bien ficelé. Pour ceux qui aiment les styles ressemblant à HAKEN, PAIN OF SALVATION, DEVIN TOWNSEND, OPETH ou AGALLOCH mais avec la voix sirupeuse du même style que Jan H. OHME. 

Cote: 4/5

 

Pistes

1. The Price (5:14)
2. Third Law (6:18)
3. Rewind (7:07)
4. The Flood (7:51)
5. Triumphant (4:25)
6. Within My Fence (3:16)
7.
Red (6:35)
8. Slave (6:37)
9. Moon (7:13)
10. Down (6:26)
11. Lower (4:34)

 

Musiciens

- Einar Solberg / Chant, Claviers
- Tor Oddmund Suhrke / Guitare
- Øystein Landsverk / Guitare
- Baard Kolstad / Batterie
- Martin Skrebergene / Basse


NEXT TO NONE – A Light In The Dark – 2015 – Radiant Records / Inside Out

Par Marc Thibeault

 

« La pomme n’est pas tombé loin de l’arbre! Tel père, tel fils!»,  etc. On pourrait sortir toutes les autres expressions semblables tellement les similitudes entre MAX & MIKE PORTNOY sont flagrante! Le style des 2 à la batterie est pareil et le choix des pièces jouées pourraient être autant du père que du fils. Si ce que MIKE PORTNOY dit au sujet de ces jeunots de 15-16 ans est vrai, nous avons des prodigues sur cet album. Reste que c’est drôlement bien joué!

 

Next To None a vu le jour au début des années 2010. Ce groupe américain est composé de MAX PORTNOY (percussions),   RYLAND HOLLAND (guitares), KRIS RANK (guitare basse) et THOMAS CUCE (claviers & voix). Bien que leur carrière ne fasse que débuter, ils ont déjà fait plusieurs représentations et même un festival d’envergure telle que la croisière Progressive Nation At Sea de 2014.

 

«The Edge Of Sanity» & «You Are Not Me» sont des copies conforme de Dream Theater. La voix, les rythmes, les cris rauques à travers le refrain… l’influence est indéniable! «Runaway» & «Social Anxiety» sont plus de style Hard Rock. Plus directe mais aussi efficace. «A Lonely Walk» est une balade qui nous sort complètement du son lourd de l’album. «Control» nous ramène au style Prog-Métal de DT. Les envolées de synthétiseur semblent être faites par leur claviériste JORDAN RUDESS. «Lost» est une pièce Électro-Métal répétitive. La moins forte pièce de l’album. «Legacy» est une pièce jouée au piano. Triste & noire, elle fait un peu penser à LINKIN PARK. «Blood On My Hands», plus lourd & rythmée, nous rappelle aussi LINKIN PARK par ses voix et ses refrains mi- chanté, mi- crié.

 

Un album fait par des jeunes dont leurs influences musicaux (DT, LINKIN PARK) transpirent dans leurs chansons. Très bien fait, le paternel de MAX aidant, mais rien d’innovateur. En souhaitant qu’ils prennent un peu plus le temps de se trouver un style propre à eux avant leur prochain album, sinon ils ne risque pas de faire long feu une fois laissé à eux-mêmes.

Cote: 3/ 5

 

Pistes

01. The Edge Of Sanity (9:40)

02. You Are Not Me (4:55)

03. Runaway (4:58)

04. A Lonely Walk (5:31)

05. Control (9:58)

06. Lost (6:13)

07. Social Anxiety (3:44)

08. Legacy (3:56)

09. Blood On My Hands (8:14)

 

Musiciens:

Ryland Holland – Guitares

Kris Rank – Guitare Basse

Thomas Cuce – Claviers, Voix

Max Portnoy – Batterie

 

GENTLE KNIFE – Gentle Knife – Bajkal Records - 2015

Par Richard Hawey

 

GENTLE KNIFE est une nouvelle formation originaire d’Oslo en Norvège, elle compte 10 musiciens. La musique de GENTLE KNIFE allie les ambiances des années 70 et des sonorités modernes. Il nous présente leur premier album, un concept divisé en 8 parties. Le chant est à la fois féminin et masculin, soutenu par  des guitares subtiles, des synthés, du mellotron et des instruments à vent. Le groupe est composé d'Astraea ANTAL (flute, visuel), Pål BJØRSETH (claviers, chant, trompette),  Odd GrØNLVOLD (basses), Thomas Hylland ERIKSEN (saxophone et instruments à vent), Håkon KAVLI (chant, guitare acoustique), Eivind LORENTZEN (guitares et synthés), Melina OZ (chant), Ove Christian OWE (guitares), Ole Martin SVENDSEN (batterie, percussion) et Brian M. TALGO (échantillonnage, paroles).

 

L’album débute avec deux épiques « Eventide » et « Our Quiet Footsteps », le premier titre est propulsé par les claviers, puis le piano introduit la voix de Håkon KAVLI appuyée par celle de  Melina OZ. La trompette et le saxophone y font des présences sensibles, puis le solo de guitare fait son entré très remarqué. Excellente chanson qui augure bien pour la suite. « Our Quiet Footsteps » avec une longue introduction qui me rappelle King Crimson, puis le piano et la flûte modifient l’atmosphère. Le duo entonne le chant comme  un cantique et la guitare qui change l’allure accompagnée de l’orgue. La référence à K.C. se fait à nouveau sentir dans une montée rageuse. « Remnants of Pride » est une ballade d’une grande sensibilité bien rendu par Håkon et Melina. « Tear Away the Cords That Bind » et son introduction à la guitare proche de K.C. ravira les adeptes du genre. La flûte et le saxophone travaille en contraste sonore, ils changent à leur façon l’ambiance de ce titre. Le chant est excellent. Vient « Beneath the Warning Moon », c’est une pièce instrumentale qui plaira à plusieurs, la présence du mellotron, de la flûte et du sax y sont pour quelque chose avec en prime un solo de guitare accrocheur. « Gentle Knife » offre à l’auditeur la voix de Melina OZ en ouverture. Sous la forme d’une ballade légèrement baroque cette chanson vous donnera l’occasion d’apprécier les synthés et le mellotron même s’il est timide. Les deux dernière pistes sont des instrumentales, « Epilogue : Locus Amoenus » nous donne huit minutes surprenantes, une impression mystérieuse s’installe brisée par l’arrivée de la guitare acoustique, ce qui en résulte est simplement magique. Pour clore ce merveilleux album « Coda :Impetus » avec ses teintes crimsonnienne  jusqu’à ce que le saxophone et la trompette dégage une atmosphère de bar enfumé et que la guitare déchire l’environnement sonore.

 

Un premier album qui démontre beaucoup de caractère, ce qui présage un bel avenir pour GENTLE KNIFE. Les qualités des compositions et l’excellent jeu des musiciens leur octroient le droit d’être maintenant un groupe sur qui il faudra compter.

Cote 4.5/5

 

Pistes

1. Eventide (10:06)
2. Our Quiet Footsteps (12:34)
3. Remnants of Pride (7:57)
4. Tear Away the Cords That Bind (4:53)
5. Beneath the Waning Moon (4:34)
6. The Gentle Knife (5:17)
7. Epilogue: Locus Amoenus (8:03)
8.
Coda: Impetus (5:15)

 

Musiciens

Astraea ANTAL (flute, visuel)

Pål BJØRSETH (claviers, chant, trompette) 

Odd GrØNLVOLD (basses)

Thomas Hylland ERIKSEN (saxophone et instruments à vent)

Håkon KAVLI (chant, guitare acoustique)

Eivind LORENTZEN (guitares et synthés)

Melina OZ (chant)

Ove Christian OWE (guitares)

Ole Martin SVENDSEN (batterie, percussion)

Brian M. TALGO (échantillonnage, paroles)


ROSA LUXEMBURG – Chapitre III : Seuls / Chapitre IV : Ensemble – Spartakus Musique – 2014

Par Richard Hawey

 

Formé autour du milieu des années 2000 à Paris, ROSA LUXEMBURG est mené par le très compétent guitariste/claviériste/chanteur MINOUCHE. Le groupe tient son nom d’après la révolutionnaire féminine juive russe du XXe siècle. « Chapitre III : Seuls / Chapitre IV : Ensemble » est le deuxième album du groupe, le premier, paru en 2009 s’intitule « Chapitre I : Révolutions / Chapitre II : Avancer vers Demain ». Le line-up de la formation a subit quelques modifications depuis, de la formation initiale il reste Minouche et Pipo et Marie-Catherine qui est présente comme artiste invitée. Un nouveau multi instrumentiste en la personne de Tomas LEGON s’est joint à la formation. Tandis que quelques invités se greffent à l’ensemble : Julie LAIK (chant), Julien CHAMAILLARD (violoncelle), Etienne PAPEGHIN (cor anglais) et Violen DONNET (trompette). Donc cinq années se sont écoulées depuis la parution de “I & II”, premier album du groupe français ROSA LUXEMBURG. « III et IV, sous-titré « Seuls & Ensemble », reprend à peu près les mêmes recettes avec un son plutôt vintage et une philosophie ouvertement progressive alternant les ambiances.


A contre-courant de bien des productions, ROSA LUXEMBURG évite certains pièges : pas de sons délirants, pas de grosse rythmique appuyée, pas de délires vocaux. On peut interpréter cela comme si l’album était monté avec des moyens limités, pas tout à fait. Ces moyens sont très exactement utilisés, avec une efficacité et une sensibilité qui font plaisir à entendre. Les mélodies vocales sont souvent attachantes, écoutez « Je ne Suis Plus Seul » et les chœurs sur « Ils se Tiennent la Main », vous comprendrez. Le groupe ne se gêne pas de commencer par un segment plus rock comme sur  « Raptus » ou plus pop sur « Marche » pour dériver sur des voies plus progressives et sait se faire plus tranchant avec « Babylone », et épique sur « Les Pilleurs ». En multipliant les détails d’arrangements - la basse mélodique, les ornements à la batterie, les claps, les finesses de claviers, le côté légèrement symphonique dans au début de « Les Pilleurs », ROSA LUXEMBURG a conçu un album extrêmement captivant - mais très court, à peine moins de 45 minutes. Mais je l’ai dis plus tôt, « Chapitre III :
Seuls / Chapitre IV : Ensemble » ne contient aucune fioriture, pas de longs solos qui ne finissent pas, seulement l’essentiel.

 

Cet album est le premier contact que j’ai avec ROSA LUXEMBURG et je ne serais pas surpris de voir le groupe faire partie de la vague qui fera avancer le progressif français. Avec ce second album ROSA LUXEMBURG s’est créée une place dans ce monde où l’espace est restreinte et surtout difficile à conserver. Bravo!

Cote 4/5

 

Pistes

1. Les Pilleurs (9:39)
2. Je ne Suis plus Seul (3:53)
3. Nuage (1:36)
4. Ils se Tiennent la Main (3:33)
5. Babylone (7:31)
6. Raptus (5:28)
7. Marche (4:25)
8. Nous ne Sommes plus Seuls (7:11)

 

Musiciens

- Minouche / chant, claviers, guitares, basse, batterie, arrangements
- Pipo / chant, claviers, guitares, basse, batterie, arrangements
- Tomas Legon / chant, claviers, guitares, basse, batterie, arrangements
Invités
- Julie Laik / chant
- Julien Chamaillard / violoncelle
- Etienne Papeghin / cor Anglais
- Vilien Donnet / trompette
- Marie Catherine / chant

 

 


GLACIER - Ashes for the Monarch – Autoproduction 2015

Par Richard Hawey

 

GLACIER est un groupe de prog de Durham en Angleterre qui existe depuis 1979. Leur premier album « Monument » est paru en 2001, il est essentiellement une compilation de matériel plus ancien. Quatorze ans plus tard GLACIER nous offre « Ashes for the Monarch » qui renferme sept  compositions qui comme son prédécesseur, présente une sélection de chansons dont les origines remontent à plusieurs années. Elles ont été écrites par des membres présents et passés du groupe. Le line-up sur cet enregistrement est essentiellement le même que celui de « Monument », à savoir le membre fondateur et guitariste John YOUDALE, le chanteur Dave BIRDSALL (avec le soutien de Mike WINSHIP), claviériste Dave KIDSON, bassiste Bob MULVEY et le batteur Graeme ASH.

Comme référence on peut considérer que le style de GLACIER se rapproche de Genesis, Marillion ou Big Big Train, cela est particulièrement visible sur les titres comme « Whichone », « Hell And High Water » et « Garden of Evil ». Sur « Whichone » et « Hell And High Water » le groupe démontre leur capacité à écrire des compositions finement forgées et compactes avec de  solides mélodies. Le titre « Projections » divisé en trois parties à une rythmique joviale, avec la guitare et la flûte affichant une forte influence de Camel. « Garden Of Evil » est un conte d'horreur dans la même veine que « The Return of the Giant Hogweed » de Genesis. Musicalement, il a encore une fois le cachet incomparable de Camel et Hackett, avec un arrangement orchestral majestueux. « Lightwing » est un délicat solo acoustique du guitariste John YOUDALE, qui est utilisé de la même façon qu’Horizons de Hackett et qui sert d’introduction à l’épique « One Man Alone ». Basé sur le classique de l’horreur «The Wolf Man», c'est près de 23 minutes de musique qui permettent à GLACIER de démontrer toutes leurs compétences. Il est difficile de ne pas penser à Steve Hackett  à certains moments en raison du jeu de guitare subtile et fin. Un des invités la violoniste Gemma ELYSEE ajoute un grand plus à cette longue suite, d’ailleurs j’entends quelques saveurs proches de Solstice ou Kansas ici et là dans la pièce. Suite à l'étalement de « One Man Alone », la finale est plus courte avec l’instrumental « The Isle Of Glass (Outro) »qui clos « Ashes for the Monarch » avec ses accords hypnotiques s’estompant dans le lointain.

  

Cet album devrait être sur votre liste d’achat car il plaira à tout bon fan de progressif mélodique. Il s'agit d'un album qui devrait être apprécié pour ce qu'il est censé être, une célébration d'un genre qui refuse tout simplement de disparaitre et représente ainsi un exemple de la plus haute qualité.

Cote 4/5

 

Pistes

1. Whichone (4:35)
2. Hell and High Water (5:56)
3. Projections (Parts I - III) (8:14)
I. Sweet Dreams (2:42)
II. From Ego to ID (3:11)
III. Another Day (2:21)
4. Garden of Evil (7:03)
5. Lightwing (2:49)
6. One Man Alone (Parts I - XI) (22:47)
I. Barkus (1:26)
II. Mooning About (2:39)
III. Going Nowhere (1:22)
IV. Boundless (1:00)
V. Crystal Balls to It All (1:43)
VI. The Great Ocean of Lament (3:56)
VII. Epitaph for the Spirit (1:24)
VIII. Call to Arms (2:35)
IX. Come to a Conclusion (1:20)
X. . in a Peaceful Movie Release (2:50)
XI. We Don't Need Any 'E.L.P. and YES, It's A Barkus Mad Mutation (2:32)
7. The Isle of Glass (Outro) (3:43)

 

Musiciens

- John Youdale / 6, 12 Guitares, Guitare Classique, Chant and FX
- Dave Birdsall / Chant
- Mike Winship / Chant
- Dave Kidson / Claviers
- Bob Mulvey / Basse, Basse Pédales, FX & voix
- Graeme Ash / Batterie
With:
- Gemma Elysee / Violon (2, 4, 6)
- Dale Harbron / Narration (7)


PREMIATA FORNERIA MARCONI (PFM) – The World – Aereostella Records - 2015

Par Richard Hawey

 

Le contenu de cet album est sorti initialement sous le titre « The World Became the World » en 1974 et pour ceux qui ne le sauraient pas c’est la version anglaise de « L’Isola di Niente ». Pour moi « The World Became the World » c’est le premier album de PFM que j’achète, donc il y a une petite histoire de cœur derrière cet évènement. « The World » a été enregistré à Tokyo, au Domo City Hall le 30 mai 2014 ainsi que l’album « A Ghost ». Donc en plus de la chronique sur « The World » vous pourrez lire mes commentaires sur « A Ghost » et « Un Minuto ». Trois des principaux membres du prestigieux groupes sont présents, Franz Di CIOCCIO (chant, batterie et percussion), Patrick DJIVAS (basse, flûte) et Franco MUSSIDA (chant, guitares électriques et acoustiques et 12 cordes). Trois autres musiciens les accompagnent Alessandro SCAGLIONE (claviers et chœur), Roberto GUALDI (batterie et percussion) et Edouardo De ANGELIS (violon et claviers).

 

Dès l’ouverture de ce live qui est introduit avec la chorale Moment Chior (9 membres), la magie de « The Mountain » se réinstalle pour notre plus grand plaisir. Dix minutes jubilatoires où les bons souvenirs remontent avec aussi pour certains cette question, quel était la meilleur version, l’anglaise ou l’italienne. L’argument majeur étant qu’il nous était possible de comprendre les textes. On se souvient que les paroles ont été fournies par ex parolier de King Crimson Pete Sinfield et sont donc bonne poésie. J'invite tous les amateurs de classique Progressive à l'expérience de la majesté et la puissance de la beauté et le caractère poignant de « Just Look Away » et la chanson-titre et l'énergie de «Four Holes in the Ground». Les deux voies finales ne sont pas aussi mémorables, mais, dans l'ensemble, c'est un excellent enregistrement qui vaut bien la savourer !

 

C’est un de ces enregistrements des années 70 qui représente en quelque sorte un moment important de ma vie passée car c’est avec cet album que s’est développé mon admiration pour le progressif italien. Pour les nostalgiques, les aimants de classiques progressifs, cet album et la série sont un plus à posséder dans sa collection. Surtout que leur présence est confirmée à Québec pour le mois de novembre prochain.

Cote : 4/5

 

Pistes

1. The Mountain (10:53)
2. Just Look Away (3:50)
3. The World Became the World (5:14)
4. Four Holes in the Ground (7:38)
5. Is My Face On Straight (6:20)
6. Have Your Cake and Beat It (Via Lumiere) (7:21)

 

Musiciens

- Franz Di Ciocco / chant, batterie et percussion
- Patrick Djivas / basse, flûte
- Franco Mussida / chant, guitares électriques et acoustiques et 12 cordes
With:
- Alessandro Scaglione / claviers, choeur
- Roberto Gualdi / batterie, percussion
- Edoardo De Angelis / violon, second clavier

Moment Chior sur The Mountain


PREMIATA FORNERIA MARCONI (PFM) – A Ghost – Aereostella Records - 2015

Par Richard Hawey

 

Comme vous l’aurez deviné ce live vient de l’album « Photos of Ghosts » paru en 1973. L’enregistrement de « A Ghost »  c’est fait le même soir que « The World ». Le line up est le même à l’exception de la chorale.  

 

Je ne sais pas si vous avez déjà témoin d’un spectacle de PFM, si ce n’est pas le cas il faut admirer leur énergique et leur performance qui est tout à fait impeccable. Ces différentes  versions live annoncent fièrement qui ils sont, sans artifice ou déguisement. Chanson après chanson il nous dévoile chaque détail de l’œuvre originale. Au-delà de la performance sans faille, le groupe peut sans difficulté vous apporter dans le temps comme si le monde s'était arrêté, ou mieux encore s'apprêtait à devenir le monde.

 

Difficile de savoir si vous souffrirez d’une carence si vous avez manqué cette période mais dans l’affirmative « A Ghost » pourrait être un excellent départ pour un auditeur qui n’a pas déjà écouter PREMIATA FORNERIA MARCONI. Que puis-je ajouter ?

Cote  4/5

 

Pistes

1. Rain Birth (1:54)
2. River of Life (6:55)
3. Celebration (4:19)
4. Photos of Ghosts (6:17)
5. Old Rain (4:12)
6.
Il Banchetto (5:21)
7. Mr 9 till 5 (4:44)
8. Promenade the Puzzle (7:00)

 

Musiciens

- Franz Di Ciocco / chant, batterie et percussion
- Patrick Djivas / basse, flûte
- Franco Mussida / chant, guitares électriques et acoustiques et 12 cordes

With:
- Alessandro Scaglione / claviers, choeur
- Roberto Gualdi / batterie, percussion
- Edoardo De Angelis / violon, second clavier

PREMIATA FORNERIA MARCONI (PFM) – Un Minuto – Aereostella Records - 2015

Par Richard Hawey

 

Voici le dernier album de cette série de spectacle de PFM réalisée au Japon en 2014. « Un Minuto » c’est la version live de « Storia di un Minuto ». Cet album fut enregistré à Tokyo au Shibuya Duo Music Exchange le 31 mai 2014. Initialement paru en 1972 « Storia di un Minuto » est le premier album paru sous le nom de PFM.

 

Il s'agit d'un autre joyau du progressif italien des années 70. « Storia Di Un Minuto » contient de très grands moments de musique que plusieurs considèrent comme le meilleur. Avec ce live vous replongez dans ses sonorités mémorables. D’ailleurs l’auditoire semble y prendre un grand plaisir. Car il assiste à la prestation d’un grand chef d’œuvre  faite par l’artiste original qui l’a produit. Des chansons comme « Impressioni Di Settembre » ou « Dove... Quando » sont pourtant très italiennes, mais en même temps elles sont universelles. Et soyons honnête le chant en italien contribue encore une fois à l’atmosphère de l’album.  

 

Je ne peux qu’affirmer que ce classique de la musique progressive italienne est un essentiel pour tous les

Cote 4.5/5

 

Pistes

1. Introduzione (1:27)
2. Impressioni di Settembre (6:04)
3. È Festa (5:50)
4. Dove ...Quando (Parte 1) (4:22)
5. Dove ...Quando (Parte 2) (4:44)
6. La Carrozza di Hans (6:25)
7. Grazie Davvero (5:47)

 

Musiciens

- Franz Di Ciocco / chant, batterie et percussion
- Patrick Djivas / basse, flûte
- Franco Mussida / chant, guitares électriques et acoustiques et 12 cordes

With:
- Alessandro Scaglione / claviers, choeur
- Roberto Gualdi / batterie, percussion
- Edoardo De Angelis / violon, second clavier


MAYBESHEWILL – Fair Youth – Superball Music  2014

Par Richard Hawey

 

MAYBESHEWILL est qu'un groupe de post-rock de Leicester, Royaume Uni, formé en 2005 par Robin SOUTHBY (guitare) et John HELPS (guitare) alors qu'ils étaient encore au Collège. Auteur jusqu’à ce jour de trois albums complets, MAYBESHEWILL nous offre en août 2014 « Fair Youth » paru sous l’étiquette Superball Music. Il faut préciser qu’il ne faut pas s’attendre comme auditeur à de longues démonstrations techniques de la part des musiciens mais plutôt à un travail minutieux comme une broderie. Les instruments jouent sur les ambiances et les sonorités, de temps à autres les guitares saturent à la  post-rock, les claviers enchaînent des petites mélodies répétitives…

 

Ce qui attire aussi, après plusieurs écoutes, c’est cette différence d’appréciation que vous pouvez en avoir : c’est toujours plaisant, voire reposant, et cela vous emmène vers de nouvelles destinations que vous n’aviez pas anticipées, changeantes dans leur couleur, leur clarté, et leur profondeur. « Fair Youth », est comme un prisme qui dévoile diverses contrées selon l’angle de vue par lequel vous l’avez abordé. Et cela fonctionne à chaque écoute, dans la simplicité des mélodies, la précision des arrangements et l’équilibre du mixage. Je vous l’ai dit, nous n’avons pas là un groupe virtuose et technique… Eh bien, pour tout vous dire, ce n’est pas important, et même, c’est mieux comme ça. Des techniciens virtuoses auraient peut-être bousillé l’élégance raffinée des compositions. Entendons-nous bien : MAYBESHEWELL savent jouer, mais plus encore, ils savent composer.


A l’instar de groupes tels God Is An Astronaut ou Collapse Under The Empire, MAYBESHEWELL nous emporte dans des sphères ouatées et liquoreuses ou l’absence de voix ne procure finalement plus aucune gêne, les titres portant l’intention du groupe et l’universalité des émotions…

Cote 4/5

 

Pistes

01.(00:54)
02. In Amber (05:47)
03. You and Me and Everything in Between (04:02)
04. Fair Youth (04:23)
05. All Things Transient (04:14)
06. Sanctuary (03:45)
07. Asiatic (04:18)
08. Waking Life (05:58)
09. Permanence (04:29)
10. In the Blind (05:32)
11. Volga (06:33)

 

 

Musiciens

- James Collins / batterie
- John Helps / guitare
- Robin Southby / guitare
- Jamie Ward / basse
- Matthew Daly / claviers

 

The Psychedelic Ensemble – The Sunstone– Glowing Sky Records – 2015   

Par Denis Boisvert

 

La pierre soleil est une pierre qui aidait les navigateurs vikings à retrouver le soleil dans un ciel complètement couvert. Déjà un 5ième opus pour le mystérieux compositeur américain que nous appellerons TPE, et qui nous dit avoir créé le genre ‘progfusical’ (prog/fusion/classical). Le projet studio continue d’évoluer positivement. Sur cette itération on retrouve plus souvent la belle voix de Caren pour augmenter la voix plutôt ordinaire de l’artiste lui-même. La batterie semble plus ‘live’ aussi. Finalement on retrouve plus d’invités et d’instruments classiques dont un orchestre complet semble-t-il. La thématique est à la fois plus folklorique (à la Ian Anderson et classique en même temps si c’est possible.

 

Je demeure un peu perplexe sur l’ensemble (sans jeu de mots). Le créateur est indéniable, sa capacité de pondre des opus aussi variés que profonds avec des thématiques qui vont de la folie, au médiéval en passant par la mort est un signe de génie d’ailleurs reconnu par des nombreux prix reçus par la communauté progressive. J’accroche un peu sur le jeu quelquefois frénétique et énervant des claviers et comme disait l’empereur en écoutant un nouvel opus de Mozart  ‘bien, mais… trop de notes’. On sent des moments où le tempo se naturalise et ou le désir d’en mettre plein la vue laisse place à des accalmies bienvenues (ex. la pièce ‘Sun Mad’)

 

« Sunstone » nous donne une belle heure de musique complexe, évocatrice et traduisant bien le folklore maritime nordique (tiens un parallèle avec The Death Defying Unicorn de Motorpsycho vient de surgir : naufrage, ouragan, fusion jazz et classique et maelstrom musical mais aussi une certaine difficulté d’accès). Très inventif, très symphonique, de belles orchestrations, des couches et des couches de couleurs prog et certainement épique. Mes favoris:  ‘The Quake’, ‘Gaze’ et ‘Back to the Sea’. On a apprécié l’apport du Hammond (une touche Steppenwolf via Wilk).

 

Si vous aimez le prog symphonique, cinématique avec des touches orchestrales c’est bien fait. Un fleuron de plus dans l’œuvre de l’énigmatique TPE. Pourrait ne pas convenir à tous.

Cote 4 sur 5



Pistes:

1. Prologue-The Voyage (2 :14)
2. The Sunstone (5:32)
3. The Siren's Spell (4:17)
4. The Storm (4:50)
5. A Hundred Years On (8:04)
6. Sun Mad (7:59)
7. Digging Up the Past (5:45)
8. The Quake (5:42)
9. Gaze (7:43)
10. Endgame (4:07)
11. Back to the Sea (7:19)

 

Musiciens:

The Psychedelic Ensemble: guitares, claviers, batterie, percussion, basse, mandoline, dulcimer, voix
Ann Caren: voix
Avec: Michael Wilk: Hammond B3, C. Francis: voix, Davis Brooks: violon, Kurt Fowler: violoncelle, Jonathan Roberts: Conducteur, Orchestre The Psychedelic Ensemble

SYLVIUM - Waiting for the Noise - Freia Music - 2015

Par Philippe André

 

Les germes de la formation SYLVIUM remontent à l'année 2000 quand le guitariste Ben VAN GASTEL décide de mettre ses idées en musique mais le "vrai" groupe ne fait ses premiers pas que dix ans plus tard en 2010 et publie son premier mini album en 2012 "Purified" qui se présente sous la forme d'un seul titre de vingt et une minutes découpé en trois parties. 2013 voit la parution du prometteur "The Gift of Anxiety" suivi en ce début d'année 2015 par "Waiting for the Noise" qui nous intéresse ici. Deux changements dans le line up depuis l'album précédent avec l'arrivée d'un nouveau claviériste et d'un nouveau batteur.


La première chose que j'apprécie chez SYLVIUM c'est l'emploi de la basse tellurique de Gijs KOOPMAN, chose que j'aimais déjà dans les trois premiers KNIGHT AREA , la guitare basse joue souvent un role ingrat dans notre musique de prédilection mais quand elle est utilisée comme elle l'est dans SYLVIUM , le résultat est tout simplement magnifique tant ça pulse fort les amis !!!! Ecoutez le titre d'ouverture "Quietus" et vous comprendrez, le canevas de samples égyptologiques baigné dans les entrelacs de la basse c'est quelque chose !


Nous ne pouvons passer sous silence le somptueux "Signal to Noise" et ses neuf minutes introduites par un piano délicat avant que Gijs n'intervienne à nouveau sur le devant de la scène et laboure le champ musical de son groove inimitable bien aidé par la guitare de Ben VAN GASTEL, une six cordes à vous déchirer les tympans pendant les trois minutes suivantes, du rock ,du vrai avec du lyrisme en plus, le plein d'énérgie positive pour toute la saison.L'autre long titre "Fade In/Out" ne dépare absolument pas dans le paysage musical sylviumnesque,  lyrique & énergique à la fois, une première & une troisième partie calme enchassent la seconde beaucoup plus remuante.


Un bémol pour le basique instrumental "Headlong" qui n'apporte rien selon votre serviteur au crédit de SYLVIUM, ce qui n'est pas le cas du superbe et diaphane "Fragile" où l'on retrouve le chant de Richard DE GEEST à son meilleur niveau, qui évolue sous le tapis multicolore des claviers & des échantillons légèrement cuivrés d'Antal NUSSELDER. Un petit Coda pour la route, "For a Dream" = "For the Noise" vient clore brillamment cette seconde livraison discographique de SYLVIUM.

Cote : 4/5

 

Pistes :

1. Quietus (5:37)

2. Signal to Noise (9:14)

3. Fade In/Out (8:23)

Part I: Revelation

Part II: Confrontation

Part III: Reconciliation

4. Altered State (5:46)

5. Headlong (4:58)

6. Fragile (6:15)

7. Coda - For a Dream (4:16)

 

Musiciens :

Ben van Gastel - Guitares

Gijs Koopman – Basse, pédales basses

Richard de Geest - Chant, Guitare

Antal Nusselder – Synthés, échantillonneur

Fred den Hartog - Batterie


FRANCK CARDUCCI – Torn Apart – Autoproduction 2014

Par Richard Hawey

 

En 2011 Franck CARDUCCI, multi-instrumentiste et compositeur, nous présentait son premier album « Oddity », et pour plusieurs d’entre nous ce fût une belle et surprenante découverte. Mais après cet accueil très positive du premier album, les attentes pour le second sont plus élevées. Franck CARDUCCI nous présente son deuxième album « Torn Apart » qui se veut un périple de soixante cinq minutes à travers le monde intérieur de l’auteur, c'est un album qui sort de ses tripes. Pour ceux qui ne pourraient attendre la fin de cette chronique sachez que Franck CARDUCCI réussi une nouvelle fois à attirer notre attention en nous offrant une production de haut niveau.


Le tout débute avec « Torn Apart » et son intro qui me rappelle Genesis et qui se transforme pour devenir plus rock avec une ligne de basse bien en place, des guitares très présentes, une batterie bien sentie et l’orgue qui ne donne pas sa place. Franck innove en faisant des mélanges étonnants de genre : « Journey Through The Mind » est un bon exemple, avec son début à la Genesis, il ne tarde pas à brasser le mélange en faisant intervenir un sitar, une flûte et des tablas. Le blues-rock est aussi présent sur « Closer To Irreversible » avec la présence d’un certain Steve HACKETT à la guitare qui nous prouve une nouvelle fois son talent, il faut d’ailleurs écouter cette performance. Vient l'excellent  « A Brief Tale Of Time » divisé en quatre parties qui sont p
arfois douce, parfois plus relevée, mais  magnifiquement construit. Ce titre renferme plusieurs parties de synthétiseur tenu par Richard VECCHI qui sont tout simplement fantastique. Le tout débute avec « The Quest », une douce introduction chant/guitare, puis la seconde partie « Higher and Higher », cette section me semble la plus longue du titre, puis « 2078: Möbius Trip » avec des effets stupéfiants digne d’un film de science-fiction puis la finale « Back to Reality » planante qui nous ramène  à la réalité avec un court et beau duo entre Mary et Franck. « Mr Hyde & Dr Jekyll », nous dirige vers un vrai morceau de pur rock où le travail de la guitare et de la basse est excellent. « Artificial Paradises » est la plus longue de l’album, elle voit l’ombre de Genesis planée sur elle. Le développement symphonique de la pièce se fait doucement pour en arriver à une explosion musicale. C’est un moment important de « Torn Apart », les développements instrumentaux y sont nombreux et bien ficelés. Il y a bien des chansons plus courtes qui pourraient passé inaperçues comme « Artificial Love » excellent titre avec beaucoup d’émotion et la très courte ballade rock « Girlfriend For A Day » qui nous surprend.

  
Dans l'ensemble Franck CARDUCCI livre un excellent album. J'entends beaucoup d'influences du passé qui pour certains pourraient apparaître comme un défaut, mais les grandes compétences musicales de CARDUCCI aidé par les nombreux et talentueux musiciens invités donnent une sonorité très moderne à chacune des compositions. N’ayez aucun doute, « Torn Apart » comblera tout vos désirs et ne vous gênez pas de répandre la bonne nouvelle. Recommandé!

Cote: 4.5/5

 

Pistes

1. Torn Apart (10:17)
2. Closer to Irreversible (4:49)
3. Journey Through the Mind (8:00)
4. Artificial Love (2:09)
5. A Brief Tale of Time (12:36)
6. Girlfriend for a Day (1:52)
7. Mr. Hyde & Dr. Jekyll (6:15)
8. Artificial Paradises (14:09)
9. School (Bonus track, Supertramp cover) (5:40)

 

Musiciens

- Franck Carducci / guitare, basse, mellotron, chant

Avec:
- Christophe Obadia / guitare
- Oliver Castan / orgue Hammond
- Mathieu Spaeter / guitare
- Laurent Falso / batterie
- Richard Vecchi / synthétiseur, orgue
- Mary Reynaud / chant
- Steve Hackett / guitare (2)
- Michael Strobel / guitare (7)

- Fred Boisson / Batterie

- Roy Van Oost / Flûte

 

MARK WINGFIELD with Yaron STAVI & Asaf SIRKIS – Proof of Light – Moonjune Records 2015

Par Richard Hawey

 

Mark WINGFIELD est un compositeur anglais qui, en matière de jazz rock et de musique contemporaine, fait office de sommité. Et j’avoue m’avoir dit, un nouveau guitariste qui fait dans la fusion. Je me suis royalement trompé sur le terme nouveau, car l’influence et le respect que Mark WINGFIELD suscite dans le milieu très select du jazz rock est considérable. Ayant appris la musique par lui-même avant d’étudier l’orchestration à l’université de Cambridge, Mark WINGFIELD a gravi régulièrement et solidement chacune des étapes. Intéressé par le jazz et plus particulièrement par des artistes comme John Coltrane, Jan Garbarek ou Keith Jarrett. Toutefois Mark WINGFIELD n’est pas non plus insensible aux univers rock ou musique du monde (avec un intérêt poussé pour les sonorités africaines ou japonaises). Ajoutons à cela la musique classique contemporaine et on trouve chez WINGFIELD un vaste univers varié et complexe dans lequel la dextérité et l’imagination du personnage trouve un terrain d’expression.


Dernière création en date, « Proof of Light », que Mark WINGFIELD sort sur le label Moonjune en compagnie de deux génies de l’improvisation. Yaron STAVY (basse et contrebasse) a travaillé avec Robert Wyatt, Phil Manzanera ou David Gilmour. Et Asaf SIRKIS (batterie et percussion) fait tout aussi bien avec des collaborations impliquant Larry Coryell, Tim Garland et quelques autres. Ensemble, le trio construit en neuf morceaux instrumentaux de jazz fusion basé sur des improvisations et plusieurs prouesses techniques. La guitare de Mark WINGFIELD lance les solos et élabore des nappes vaporeuses ou nerveuses servant de toile de fond aux élans de la batterie ou aux savantes constructions de la contrebasse. Les trois musiciens prennent le temps de concocter des ambiances denses et compliqués au cours des morceaux plus longs comme sur « Mars Saffron », « The Way to Etretat », « Voltaic », « Proof of Light », chacun s’accompagnant sur de longs solos puissants.


Mark WINGFIELD est un musicien remarquable qui démontre habilement sa fabuleuse dextérité et son sens aigu de l’expression. « Proof of Light » se situe à la fois dans la tradition jazz fusion mais aussi dans des tentatives pour faire évoluer ce genre peu connu et reconnu par plusieurs auditeurs. A découvrir pour la performance des protagonistes mais aussi pour s’ouvrir à ce style.

Cote 4/5

 

Pistes:
1. Mars Saffron (6:10)
2. Restless Mountains (4:15)
3. The Way to Etretat (7:56)
4. A Conversation We Had (4:50)
5. A Thousand Faces (3:23)
6. Voltaic (8:38)
7. Summer Night's Story (5:41)
8. Koromo's Tale (5:16)
9. Proof of Light (7:06)

 

Musiciens

Yaron Stavi - basse et contrebasse

Asaf Sirkis - batterie et percussion

Mark Wingfield - guitares


DEWA BUDJANA – Hasta Karma – Moonjune Records 2015

Par Richard Hawey

 

Le temps passe et le guitariste indonésien Dewa BUDJANA continue de monter en puissance dans l’estime des connaisseurs du jazz rock et de la fusion. Je ne suis pas un grand connaisseur mais j’ai découvert un musicien qui m’offre quelque chose concret, une musique différente qui s’écoute. Depuis déjà quelques années, nous avons appris à connaître Dewa BUDJANA, dont l’influence a fini par quitter les frontières de son Indonésie natale pour venir se frotter du côté de l’Amérique, et par conséquent ouvrir des portes sur le monde. Depuis son premier album avec Moonjune Records, je parle de « Dawai in Paradise » en 2013, nous avons eu l’occasion de parler de lui à plusieurs occasions, je pense à « Joged Kahyangan » (2013) et « Surya Namaskar » en 2014, et à chaque fois c’était toujours en bien. On s’est aussi aperçu qu’au fil des albums, Dewa BUDJANA attirait de plus en plus de musiciens prestigieux qui collaboraient sur ses œuvres.

 

Avec ce nouveau « Hasta Karma », on continue de découvrir la palette de talents de Dewa BUDJANA, ainsi que les nouveaux invités qui, on s’en doute, font toujours partie de l’Olympe des musiciens fusion. Ici, ce n’est ni plus ni moins que Joe LOCKE (vibraphone), Ben WILLIAMS (contrebasse) et Antonio SANCHEZ (batterie) qui viennent mettre leur génie au service du jeune guitariste. Avec des pointures de cet acabit, il n’est pas étonnant de trouver en « Hasta Karma » un album magnifiquement ciselé, précis et inventif. Dewa BUDJANA a mis ici au point seulement six titres dont les durées de sept à onze minutes permettent des constructions mélodiques complexes où guitare, contrebasse, vibraphone et batterie trouvent chacun de formidables terrains d’expression, sans oublier Indra LESMANA au piano et mélodica sur trois pièces. « Saniscara » est un titre aux allures optimistes de jazz aéré, « Desember » offre son côté givré avec des moments plus croquants tandis que l’autre nous laisse voir une guitare plus douce. « Just Kidung » un titre de jazz rock sans souci ou  « Payogan Rain » et le jeu exceptionnel de Ben WILLIAMS. L’ambitieux « Ruang Dialisis » est un hommage au père de Dewa. La musique flotte comme un rêve avant que la flambée tranchante de la guitare se pointe. Ce qui amène le solo de vibraphone et travail de cymbale qui nous dirige vers un changement car la musique vire dans un style plus avant-garde avec cette fois une guitare gonflée ajouté à cela la voix de Jro KTUT. La finale nous ramène au début.

 

« Hasta Karma » permet aux talents individuels des protagonistes de s'épanouir en toute splendeur, sans nuire au collectif. Je n’ai aucune hésitation à recommander cet album à des fans de jazz. Si vous ne l’êtes pas, faite connaissance avec la musique de Dewa BUDJANA et vous m’en reparlerez.

Cote 4.5/5

 

Pistes

1. Saniscara (8:01)
2. Desember (7:32)
3. Jayaprana (8:32)
4.
Ruang Dialisis (11:43)
5. Just Kidung (6:45)
6. Campuhan Hill (10:01)

 

 

Musiciens

- Dewa Budjana / guitare électrique et acoustique
Avec:
- Joe Locke / vibraphone
- Antonio Sanchez / batterie
- Ben Williams / contrebasse
- Indra Lesmana / piano, melodica (4, 5, 6)
- Jro Ktut / voix (4)


THE BEST Of MAGUS & THE WINTER TREE: 1988-2013 – Autoproduction 2014

Par Richard Hawey

 

Andrew LAITRESS a fondé le groupe MAGUS dans les années 80, accompagné de ses deux amis Mark BOND et Debbie BOND il publie un premier album en 1995. Vers la fin de 2010 Andrew décide de changer le nom du groupe pour celui THE WINTER TREE. Jusqu’à aujourd’hui trois albums sont sortis sous cette appellation. Mais voici que le multi instrumentiste réalise une seconde compilation intitulée  « The Best of Magus and The Winter Tree : 1988-2013 »,  qui est une anthologie axée sur les groupes  MAGUS et The WINTER TREE. Cette compilation contient plus de 50 minutes de musique révisé/remixé des chansons de MAGUS et 30 minutes des meilleures des trois albums THE WINTER TREE.

 

C'est une sélection presque différente de celle déjà paru en 1999 dont le titre était « Echoes From the Edge of the Millennium: 1987-1999 » à l’exception de « And The River Joins The Sea » et « RIF » qui se retrouvent aussi sur cette dernière. Pour tous ceux qui ne connaissent pas l’époque de MAGUS et qui n’ont aucune idée de qui est THE WINTER TREE, ce « Best of » vous donnera ce privilège. Parmi les treize titres je peux vous mentionné certains qui ont attirés mes oreilles, « Rainforest » ouvre cette compilation et on pourrait penser que cette chanson est nouvelle composition, le rythme, les claviers, la flute et l’excellent solo de guitare et on peut noter l’excellent travail de remixage effectué par Andrew. « L’instrumental « Highway 375 » que je ne connaissais pas, m’a ravi, les notes coulent doucement dans un rythme hypnotisant. « And The River Joins The Sea » est un des deux plus longs titres de l’album qui se laisse écouter, comme l’eau qui coule calmement.  « RIF » qui clos ce « The Best of Magus and The Winter Tree : 1988-2013 » de façon magistral.

 

Andrew LAITRESS a fait un travail remarquable, cette compilation offre une excellente qualité sonore avec en plus une musique qui vous fera plaisir de découvrir ou de redécouvrir pour peu de sous. Il est à noter qu’un nouveau The WINTER TREE sortira ce printemps, et Andrew m’a avisé que l’artiste qui fait la couverture est un québécois, il s’agit de Claude MARTIN.

Cote 4/5

 

Pistes

1- Rainforest (6:06)

2. Highway 375 (6:15)

3. Now that You’ve Flown (4:36)

4. Angels and Demons (5:05)

5. Elune (3:16)

6. The Stone Circle (6:59)

i)   Lament for the Lost Age

ii)  Ruins

iii) The Secret of the Stones

7.  A Twilight in the Middle March (3:22)

8.  Lemurians (2:29)

9.  Dolphin (3:13)

10.Beautiful World (4:14)

11.And the River Joins the Sea (9:34)

12.Home (3:23)

13.RIF (20.00)


Musiciens

Andrew Laitress –Claviers, guitars, basse, chant, percussion et programmation

Mark Bond – Chant, guitares (3,5.7,10)

Deb Bond – Claviers (3, 5, 7, 10, 13)

Tim Lundberg – Guitare (1)

Paul Schonberg – guitare (13)

Lynnette Shelly – Chant (6)

Nathan Andrew Dewin – Harpe (6)

Jesse Cross Nickerson – Claviers (6)

Dan Dewitt – Claviers (12)

Tomas Hjort – Batterie (6)

Gary Strater – Basse (6)

Bob Stabach – Flute (1)

Jeff Costello – Percussion (13)

Bryce Chicoine – Batterie (13)


SIMEON SOUL CHARGER – A Trick of Light – Gentle Art of Music – 2015

Par Denis Boisvert

 

Nous voici dans un registre bien différent. D’abord nettement plus rock que progressif. Ensuite un son un peu rétro : souvent deux guitares dominantes, du wah-wah, du trémolo. Les artistes ont la particularité de venir du cœur des Etats-Unis (Ohio) mais de vivre et de travailler en Bavarie.  La nuance est importante car leur son a définitivement une touche américaine à la Kansas et un petit côté folkorique/rigodon comme c’est souvent le cas. Ils se sont fait un nom en Europe grâce à des concerts intéressants et possiblement un peu d’américanophilie. Qu’à cela ne tienne, ils sont solides, inventifs, énergiques et créatifs.

 

Le contenu va un peu partout et rend hommage au rock des années 70. On a même droit à une reprise du classique de Hawkins version CCR ‘I Put A Spell on You’.  On vogue de Jethro Tull, aux Doors avec des touches beatlesques ici et là. Klaatu quelqu’un? Mais la production est excellente, l’enregistrement très bon et la voix du chanteur est riche et vraiment dans le registre rock avec une belle adaptabilité. La pochette fait très western et spirituelle indienne avec un logo rappelant Rubber Soul des Beatles.  La pièce d’ouverture rappelle étrangement une ballade d’Ian Anderson mais on retrouve aussi plus tard des moments plus heavy comme la pièce ‘The Illusionist’ bien réussie et accrochante. ‘Workers Hymn’ est probablement le morceau le plus original. On débute avec des glissandos étranges, une cadence percussive militaire et orgue à la Deep Purple puis un duo de guitares et un chœur vocal un peu sardonique.

 

Les musiciens ne cachent pas leurs multiples influences et s’en donne à cœur joie. L’ensemble fait un peu collage mais le tout est très divertissant et nous rappelle que malgré la sophistication du progressif nous avons tous des racines stoner rock. Un produit de qualité, plus une bonne bière et un joint qu’un scotch rare.

Cote 4/5


Pistes

1. The Prince of Wands (A Trick of Light) (6:05)
2. Heavy (3:49)
3. Evening Drag (6:19)
4. How Do You Peel (6:17)
5. Where Do You Hide (3:19)
6. Workers Hymn (4:15)
7. The Illusionist (4:38)
8. Jane (3:21)
9. I Put a Spell on You (6:30)
10. Floating Castles (6:07)


Musiciens:

Aaron Brooks: voix, guitares, claviers
Rick Phillips: guitares, voix, mandoline
Joe Kidd: batterie, percussion, voix
Spider Monkey: basse, banjo

 


KALLE VILLPUU – Silver Lining – Autoproduction 2014

Par Richard Hawey

 

Kalle VILPUU est un artisan guitariste estonien, qui après avoir joué pour les autres pendant trois décennies à décider qu’il était temps qu’il soit en avant. Je ne connaissais pas le musicien auparavant et  comme c’est souvent le cas c’est une suite de circonstances qui nous font déboucher sur une nouvelle découverte. À l’écoute de « Silver Lining » vous découvrirez une musique où les fortes influences du hard rock sont très présentes. Ses bases musicales il l’est a faite dans le hard rock. Ce qui ne veut pas dire que vous avez affaire à des compositions uniquement rock, car vous aurez le privilège de pouvoir entendre plusieurs instruments proches du progressif comme violons, violes et la flûte. Pour en savoir plus sur ce musicien je vous invite à jeter un œil à l’entrevue réalisée avec Kalle VILPUU plus tôt cette année.


L'album se révèle un album concept instrumental centré autour de la venue possible et probable des aliens. L'auditeur est convié à un voyage spatial dès la piste d'ouverture qui ravira les cinéphiles avec l'utilisation sonore du générique de présentation des studios RKO Pictures (ce qui est logique, car le studio a produit des films de série B). Le voyage ne sera pas de tout repos car dès la première piste « Anomalies », l'auditeur sentira planer une menace sourde qui éclatera dans une longue progression menée tambour battant par une guitare toujours sur le qui-vive, proche d’un certain Jimi et une basse étourdissante, tandis qu'un clavier fantomatique se charge d'apaiser le climat.


La trajectoire se fait à travers des paysages apaisants comme l'atmosphérique « Trappings » avec ses bruitages technologiques, « The Touch of an Angel » et son chant monosyllabique, « Rosie » et ses violons de velours. Ces ambiances sont parfois un peu plus poussées, lorgnant du côté du métal, avec « Forgiven » et son contraire « Unforgiven » couplés à une flûte qui peut rappeler
CAMEL. Ajoutons à cela le feu d'artifices sonore que constitue « In the Back of my Head » dans lequel Kalle VILPUU fait montre de prouesses techniques à la guitare, le pittoresque 'The aliens (have landed) ». L'album renferme également une perle, « Inferno », ciselée avec beaucoup de sensibilité, grâce à son chant hypnotique féminin et ses impressionnants arpèges de guitare.


Même si l'on peut regretter l'absence de paroles au profit de mélopées féminines universalisant le propos, 'Silver Lining' nous invite à lever la tête vers les étoiles, avec la promesse d'un long voyage enchanteur à écouter les yeux fermés...

Cote 4/5

 

Pistes

01. Anomalies (6:26)

02. Unforgiven (3:47)

03. Inferno (3:43)

04. Industrial nr 4 (4:16)

05. In the back of my head (5:22)

06. The Aliens (have landed) (3:33)

07. Trappings (5:43)

08. The touch of Angel (4:40)

09. Rosie (2:33)

10. Forgiven (3:06)

11. Silver lining (4:16)

Musiciens

Kalle Vilpuu (guitares, claviers, voix),

Andrus Lillepea (batterie)

Henno Kelp (basse)

Mari Pokinen (vocal),

Tarvi Jaago (flute)

Tiit Kikas (violon)

Martti Mägi (violon),

Imre Eenma (basse, viole)

Eduard Akulin (trombone)

Indrek Kruusimaa (guitare flamenco)


MOONGARDEN – Voyeur – Ma.Ra.Cash – 2014 - Italie

Par Denis Boisvert

 

Voici le septième album de ce groupe italien solide, issu de la belle complicité durable entre Cremoni et Roversi.  Voguant allégrement sur les flots du rock symphonique, influencé par les courants du progressivo italiano leur dernier bébé offre un thème intéressant : les méandreuses activités de Vickey qui joue au voyeur. Chaque chapitre traite d’un sujet différent. Comme toujours la facture artistique est nettement professionnelle comme en fait foi la vidéo d’intro de l’album disponible via YouTube (c.f. www.moongardenband.com).  La première écoute surprend un peu car il y a là une tendance Art ou Glamour Rock indéniable mais les écoutes répétées révèleront toutes ces nuances audacieuses qui leur donnent de plus en plus un style propre plus néo et moins RPI classique. 

 

Le diable est dans le détail.  On sent les musiciens relaxes et expressifs.  Les claviers charpentent le tout, on vogue dans des paysages étonnants mais sans jamais perdre la trame mélodique. Les voix sont justes et traduisent bien les ambiances.  La basse elle est moderne et jongleuse. La pièce Voyeur à elle seule vaut le détour. ‘Usurper’ est très bien aussi, mariant des arpèges modernes avec des langueurs de violons et des plaintes de guitares électriques.

 

En général l’influence génésienne est subtile et plus dans le style de l’Agneau de Broadway. On sent aussi les Rois-Fleurs. Certains se plaindront peut-être d’une touche de crossover mais si vous écoutez bien, l’instrumentation est complexe et le gâteau a plusieurs étages. On sent qu’on se rapproche d’un son moderne comme RPWL et qu’on ne fait pas dans la ballade médiévale. Je ne sais pourquoi exactement, mais j’ai perçu des passages de Bowie, et c’est un compliment qui me fait plus penser que Bowie était franchement génial et en avance sur son temps par moment.

 

Décidément du progressif progressant, des musiciens accomplis et une belle réussite. Recommandé. Leur meilleur à date.

Cote  4/5

 

Pistes:

1. Vickey Goes to the Skyscraper Basement (1:10)
2.
Voyeur Part one (2:16)
3. Vickey Mouse (5:14)
4. Barbiturates Gentleman (7:14)
5. Mr. Moore (7:02)
6. The Usurper (5:20)
7. Shiny Eyes (5:30)
8. TV Queen (6:52)
9. The Queen Goes to Bed (2:18)
10. Message from the Last Floor (7:08)
11. Voyeur Part Two (4:25)

 

Musiciens:

Cristiano Roversi: claviers et programmation
Mirko Tagliasacchi: basse
David Cremoni: guitares
Simone Baldini Tosi: Voix, violon

THE EMERALD DAWN – Searching for the Lost Key – World’s End Records - 2014

Par Denis Boisvert

 

Dès l’invitation inaugurale de la première pièce : ‘Allez prendre une marche dans la forêt de votre esprit’ on plonge dans un univers mystique, un peu sombre mais combien dense et magique.  Le premier opus de ces anglo-saxons nous tient en haleine par ses paysages soniques variés et puissants. Si j’avais à passer une commande pour un CD prog à mon goût, je voudrais : un album concept, des pièces longues avec l’emphase sur l’instrumentation, plein de claviers, de variations de tempos, des voix envoûtantes et empreintes de lyrisme, et une ambiance planante et mystérieuse. Ne cherchez plus, la clé est trouvée. Les comparatifs sont difficiles car on vogue d’impressions en impressions, de saveurs en saveurs et de souvenirs en souvenirs.

 

Le vert domine, celte, médieval, écolo. Tree Stewart donne le ton. Ses claviers sont riches et expressifs, sa voix cadre bien avec le style et son sens artistique ne fait aucun doute comme en fait foi son art graphique pour la couverture.  Ally CARTER apporte des nuances avec ses cordes électriques ou acoustiques et ses soli délirants. Il se débrouille magnifiquement au saxophone aussi. Le dernier membre du triumvirat, Thomas JACKSON, est solide, imaginatif et un excellent complément.  La qualité et la balance du son est exemplaire.

 

Les quatre pièces sont très différentes mais joliment complémentaires. L’ouverture se fait avec « Beyond The Wall », une mise en scène qui nous met directement dans l’ambiance et annonce la suite.  « Buridan's Lament » est mellotronique à souhait au début et nous mène à ces saxophones de cathédrale qui font la réplique à un leitmotiv qui m’a rappelé le groupe Maneige par moment.  « Shadow in Light » a quelque chose de lourd et menaçant avec des guitares un peu guerrières et agitées et un crescendo qui nous amène soudainement dans l’impro jazz puis reprend les plaintes des guitares qui se relancent en écho. La pièce de résistance,  « In Search of the Lost Key » tient parole et reprend le voyage gentiment, obstinément et apporte un refrain plus accessible, des orgues dégoulinants, des mouvements symphoniques et une synthèse finale très cohérente.

 

Le mot cinématique me vient à l’esprit, d’ailleurs par moment on croit se souvenir de la trame sonore de films comme le magnifique Furious Angels de Rob Dougan dans The Matrix. Mais ce que j’apprécie le plus c’est le fait que la randonnée nous fait revivre la période d’or du prog (pensez Moody Blues-Threshold, Pink Floyd-Meddle) dans sa simplicité, ses tons chaleureux et ses thèmes simples mais évocateurs.  Il sera très intéressant de voir la progression de ce groupe et leur développement futur. Une belle trouvaille!

Cote sur 4.5/5

 

Pistes:

1. Beyond the Wall (12:03)

2. Buridan's Lament (10.48)
3. Shadow in Light (10.12)
4. In Search of the Lost Key (11.08)

 

Musiciens:

Tree Stewart: Claviers, flûte, guitar acoustique, percussion, voix
Ally Carter: guitares, guitare synthé, saxophones, claviers, voix
Thomas Jackson : batteries


PROTEO - Republikflucht!... Facing East – Ma.Ra.Cash Records – 2013

Par Richard Hawey

 

PROTEO est un groupe de rock progressif originaire d'Italie. Le groupe a débuté ses activités en 1996. Leur intérêt pour le progressif s’est vite développé, après trois démos le groupe enregistre son premier album en 2009 sous le titre de « Under A Polar Red Light » sous l’étiquette Ma.Ra.Cash Records. PROTEO a été formé par Marco PAULICA  (guitare, claviers, programmation et au chant), Matteo COPETTI (guitare, claviers) Alessandro SURIAN (basse) et Fabio GORZA (batterie). Les influences progressives citées le plus souvent concernant PROTEO sont GENESIS, KING CRIMSON et MARILLION pour ne nommer que ceux là. Toutefois les influences ne sont pas uniquement prog, on peut entendre des sonorités des années 80 comme THE FIXX, STEELY DAN ou RUSH. Avec «Republikflucht!... Facing East», PROTEO nous convie a un voyage dans le temps, un temps pas si lointain.

 

L’album s’ouvre sur le titre « Echoes Mankind (Part II) » qui est la suite de la dernière piste du premier album. Elle dépeint sombrement des installations militaires et des fils de fer barbelés le long d’une frontière, des personnes sont détenus là comme prisonniers. L’introduction est oppressante puis l’environnement se modifie, la guitare et la rythmique offre une belle séquence dans la veine de groupe comme The POLICE ou The FIXX. Et le chant de Marco PAULICA, en anglais, est excellent. Vient ensuite la longue et complexe pièce « Berlin », une peinture musicale surréaliste d'une ville qui pourrait ressembler à un musée d'art moderne et où le ciel est taché par des nuages gris inquiétants. Ce second titre est excellent avec une longue introduction où la guitare qui est superbe, le chant arrive seulement vers la cinquième minute et l’orgue apporte de la profondeur à cette chanson. « Eastern Fields » suit avec une guitare délicate et une rythmique tout en retenue.  L'animé "Funny Girls Playing Double Dutch" est le plus court morceau de l'album et décrit certains des enfants innocents jouant dans une cour inconscients de leur destin. Cette chanson offre une certaine légèreté malgré le sérieux du propos. «Four-Leaf Clover» est une autre longue piste qui exprime des sentiments tels que la foi, l’espérance et la charité sous le rideau de fer. Ici c’est la guitare acoustique qui prend la place. Encore une fois la musique est relativement gracieuse jusqu’à la septième minute où un changement subtile s’opère avec l’arrivée du solo de guitare, j’aime beaucoup.  «Republikflucht» conclut l'album avec un come back de cet étrange voyage à travers le temps et dans l'espace menant à des lieux mystérieux et ténébreux, plus de fausses théories et des liturgies désaffectées sous les souvenirs perdus et photos noir et blanc.

 

Par le biais de différentes influences PROTEO a réussi son coup. Leur musique offre un son qui leur est propre et si vous aimez le rock progressif moderne avec une approche mélodique, il vous faut vraiment cet album.

Cote 4/5

 

 

Pistes

01 - Echoes Mankind (part II) (9:22)
02 - Berlin (12:55)
03 - Eastern Fields (11:52)
04 - Funny Girls Playing Double Dutch (3:04)
05 - Four-Leaf Clover (10:37)
06 - Republikflucht (10:54)

 

Musiciens

- Matteo Copetti / Guitares
- Marco Paulica / Chant, guitares, claviers
- Alessandro Surian / Basse
- Fabio Gorza / Batterie


GONG – I See You– Madfish 2014 -Multinational

Par Denis Boisvert

 

Ah le son du gong,  percussif, surprenant, qu’on ne peut ignorer! Ce groupe classique persiste et signe un opus fascinant et mystérieux dans la ligne pure du Canterbury psychédélique et délinquant 65-75. Belle réussite! Daevid Allen ex-Soft Machine continue d’innover avec ses amis.  Le jazz acide,  les textes zappaesques, les thèmes iconoclastes ou hippies tout y est. 

 

La première écoute est un peu étourdissante je l’avoue, mais les auditions subséquentes révèlent des trésors. J’ai adoré ‘The Eternal Wheel Spins’ un peu : Fripp rencontre Motorpsycho! ‘Occupy’ se promène entre l’homme schizoide du 21ième et les cuivres de Dark Side of the Moon tout en passant son message activiste, vous voyez le genre! ‘Pixielation’ est plein de flûtes délirantes en pleine psychose. ‘Thank you’ nous sert un petit tour magique et mystérieux.  J’essaie encore de figurer  ‘Shakti Yogi & Dingo Virgin’ en finale. Gong qui au cours de ses multiples incarnation est toujours resté fidèle au credo initial risque de survivre encore longtemps.  On notera en passant que le batteur Orlando est le fils de Daevid qui vient d’avoir 77 ans et qui trippe encore très fort.

 

Musicalement les explorations sont délicieuses, l’ensemble est anarchique mais cela va de soit.  Définitivement pas un album pour plaire à sa blonde (ou à sa mère…). Mais un album qui prendra de la valeur avec le temps et qui vous fera sourire en fermant les yeux.  Plus ça change plus c’est pareil…  A prendre avec modération (quand on dit ça, c’est parce que c’est dangereusement bon).

Cote 4.5 sur 5

 

Pistes:

1. I See You (3:33)
2. Occupy (2:54)
3. When God Shakes Hands with the Devil (5:40)
4. The Eternal Wheel Spins (7:04)
5. Syllabub (4:32)
6. This Revolution (3:50)
7. You See Me (2:40)
8. Zion My T-shirt (6:18)
9. Pixielation (4:42)
10. A Brew of Special Tea (1:22)
11. Thank You (10:35)
12. Shakti Yoni & Dingo Virgin (9:30)

 

Musiciens:

Orlando Allen: batterie, voix

Dave Sturt: basse & échantillonneur
Kavus Tobabi: guitare
Fabio Golfetti: guitare
Ian East: saxophone, flûte
Daevid Allen: guitare et voix

Invité:
Mark Robson: claviers sur (11)


TRAUMHAUS - Das Geheimnis – Progressive Promotion Records 2013

Par Richard Hawey

 

« Das Geheimnis » est le troisième et le plus récent album de TRAUMHAUS qui est paru en septembre 2013 sur Progressive Promotion Records.  un, sujet très vaste. Depuis leur premier le groupe n’a pas cessé de s’améliorer.  Ce  concept album qui traite de l'inconscient compte cinq titres comprenant deux longs épiques, « Das Vermächtnis » qui dépasse allègrement les vingt sept minutes et « Das Geheimnis Teil 2 », qui lui, plus raisonnable se contente d’un peu plus de treize minutes. TRAUMHAUS ce sont Alexander WEYLAND aux claviers, chant, guitare et programmation, Tobias HAMPL à la guitare, Stefan HOPF à la programmation de la batterie et Sebastian KLEIN à la basse, qui en début d’année 2014 a été remplacé par Till OTTINGER. Et un invité Jimmy KEEGAN (Spock's Beard) à la batterie.

 

Pour ceux qui n’auraient pas eu la chance de lire les précédentes chroniques, c’est du prog chanté en allemand que le groupe nous offre. Les musiciens de TRAUMHAUS ne sont peut-être pas demais leur musique accroche tout de suite et le chanteur Alexander WEYLAND maîtrise bien sa voix tout du long de l’album. La présence de Jimmy KEEGAN donne une belle dynamique à l'ensemble. Disons tout de suite que j’étais prêt à écouter ce disque. On peut noter qu’une des force de TRAUMHAUS c’est les claviers très présents aux sonorités très 70’s qui donne a leur musique un style à mi chemin entre prog classique et néo progressif. Je n’ai pu m’empêcher de penser à ASTRA lorsque que j’ai découvert « Das Geheimnis ». Les constructions sont sans doute plus simples mais la même émotion s’empare de moi à l’écoute de leur musique. Il n’y a pas vraiment d'étalage de technique. Certes, les parties claviers et batterie sont denses et quelques passages de guitare magiques, cependant tout cela reste très abordable, voir même grand public si ce n’est la longueur du second morceau « Das Vermächtnis ». Ce long titre utilise des motifs qui reviennent à plusieurs moments, alterne instrumentaux chant et refrains, de telle manière qu’il s’écoute sans que l’on s'aperçoive de sa durée. Mais il n’y a pas que « Das Vermächtnis » sur cet album, il reste quatre autres titres. On pourrait presque écrire finalement que l’album ne comporte qu’une seule pièce de cinquante minutes tant l’ensemble est cohérent sans pour autant être un copier coller. Chaque morceau possède son identité propre et s’associe parfaitement avec les autres. « Frei » est sans nul doute le morceau le plus rentre dedans des cinq, nerveux avec un bref refrain tranchant.


Malgré les apparences, TRAUMHAUS offre une musique très mélodique et accrocheuse. On peut expliquer ces qualités lorsque le chant se fait entendre avec ses refrains bien construits qui rendent leur musique accessible malgré quelques passages plus complexes. Un vaste sujet auquel je ne comprends pas grand chose… Une très belle découverte, des artistes à suivre et à découvrir sur scène si vous avez l’occasion.

Cote 4/5

 

Pistes

01. Intro - Das Geheimnis I (4:30)
02. Das Vermächtnis (27:12)
03. Wohin der Wind Dich Trägt (6:24)
04.
Frei (5:45)
05. Das Geheimnis II (12:37)

 


Musiciens

Alexander Weyland: Claviers, Chant
Tobias Hampl: Guitares
Sebastian Klein: Basse
With:
Jimmy Keegan (Spock's Beard): Batterie

 


TRAUMHAUS – Die Andere Seite – Progressive Promotion Records (réédition 2014)

Par Richard Hawey

 

TRAUMHAUS fut la révélation du Progressive Promotion Festival 2013 avec leur album « Das Geheimnis » qui venait juste de sortir. Le groupe allemand qui a déjà réalisé deux albums et un EP, fut au moment de la sortie de « Die Andere Seite », leur second album, une belle découverte pour moi malgré le chant germanique. Lors de l’annoncé des rééditions de leur deux premiers albums, je me suis dit, il faut que j’écoute ça. Il faut dire que tout le monde ne partage pas forcément un enthousiasme déraisonné pour TRAUMHAUS, bien souvent à cause de la barrière linguistique ou du style de musique, parfois un peu lourd. Mais sachez-le, c’est un groupe à découvrir. Ce qui m’attire particulièrement chez eux c’est le timbre de voix d’Alexander WEYLAND, à la fois feutré et rauque, ensuite le son vintage, rétro-progressif de leur musique, chargée de claviers avec la belle basse de Jordan H.GAZALL, les guitares de Tobias HAMPL qui s’envolent magnifiquement de temps à autre et la batterie de Hans SCHMITZ, variée, riche et nerveuse, aujourd’hui remplacé à ce poste par Stephen HOPF. Toutefois, il ne faut pas oublier deux invités importants, qui apparaissent sur la réédition. Il s’agit de Jimmy KEEGAN (batterie) que nous connaissons en raison de son affiliation à SPOCK’S BEARD et Sebastian KLEIN (basse) sur « The Secret », titre chanté en anglais.

 
« Die Andere Seite » initialement composé en 2008, comporte sept titres dont les trois parties du « Die Andere Seite » qui à elles seules totalisent plus de trente-trois minutes de musique. Le plus petit morceau, « Bleibe hier » frôle les sept minutes. L’instrumental prend une grande place dans les albums de TRAUMHAUS, ce dernier n’échappe pas à la règle comme sur « Kein Zurück », un des titres les plus nerveux de l’opus, où la voix d’Alexander ne fait que quelques brèves apparitions. Pas un seul morceau n’est en dessous de l’autre sur cet album, l’ensemble donne une grand impression d’unité même si dans le détail chaque titre possède une teinte toute particulière, avec ici et là quelques références qui pour plusieurs passeront inaperçues. C’est le genre de disque à écouter d’une traite, sans avoir envie de le passer un microscope, laissez-vous porter par la musique et l’atmosphère, les claviers, la basse, la batterie, le chant et les mélodies d’Alexander. Chaque nouvelle écoute livre un nouveau secret. L’album à été remasterisé en 2014 par Alexander WEYLAND, il contient deux titres bonus, « Zu andern Seite » version instrumentale et « The Secret » et ses douze minutes. Une version remasterisée avec plus d’une heure vingt d’écoute, alors prenez votre temps.


Que dire pour conclure ? Si je m’arrête à l’argument de la barrière linguistique, vous écoutez bien des albums en anglais, en japonais ou en russe depuis des années non ? TRAUMHAUS est un groupe, si vous ne le connaissez pas qu’il faut découvrir. Leur musique très vintage a tous les atouts nécessaires pour plaire.

Cote 4.5/5

 

Pistes

1. Die andere Seite (Part 1) (10:17)

2. Hinaus (10:07)

3. Kein Zurck (10:27)

4. Die andere Seite (Part 2) (7:08)

5. Zwiespalt (7:28)

6. Bleibe hier (6:57)

7. Die andere Seite (Part 3) (10:41)

Bonus Tracks réédition 2014:

8. Zur anderen Seite (piano + vocal verison 2009)

9. The Secret (English vocal band verison 2014)

 

Musiciens

- Tobias Hampl / guitares
- Alexander Weyland / chant, claviers
- Hans Jrg Schmitz / batterie,percussion

Musiciens invités
- Jordan H. Gazall / basse

- Jimmy Keegan / batterie sur (9)

- Sebastian Klein / basse (9)


TRAUMHAUS – Ausgeliefert  Progressive Promotion Records-  2014

Par Richard Hawey

 

TRAUMHAUS est une formation allemande dont les débuts remontent aux années 90. Ce n’est qu’en 2001 que le groupe sort son premier album dont voici la version 2014, « Ausgeliefert » est en fait sa réédition avec 2 titres supplémentaires. Depuis ce premier effort, ces jeunes musiciens nostalgiques ont déjà enrichi leur palmarès de 2 autres albums, globalement bien accueillis par la critique. D’ailleurs parlant de réédition il faut savoir que « Die Andere Seite », ce dernier fera aussi l’objet d’une chronique, a lui aussi été ressorti avec un titre bonus en anglais « Le Secret ».

 

Donc c’est la première étape de deux retours aux sources pour TRAUMHAUS. Le groupe offre un intelligent travail de composition qui peut égaler celui des groupes anglais par exemple. Les compétences d'un groupe prometteur qui tente d'explorer un paysage musical assez diversifié qui varie entre atmosphérique rock néo progressif et une variété serrée et accessible de métal progressif. Nous pouvons y voir plusieurs indications qu'il s'agit bien d'un groupe qui est conscient de leur capacité. Le chant en allemand reste évidemment un obstacle pour certains auditeurs tout en sachant, qu'il reste malgré tout fluide et mélodique. Toutefois le timbre de voix d’Alexander WEYLAND  favorise d'ailleurs le fait d'appréhender plus facilement la langue germanique. Le moment majeur de cet album demeure « Ausgeliefert » avec ses dix-sept minutes où nous retrouvons tous les points forts de TRAUMHAUS. Les expérimentations rythmiques et sonores se mêlent ici à des ambiances planantes dans un ballet à la fois imposant par sa violence et sa douceur. Comme je le disais les passages de métal progressif sont aussi légions avec une belle intensité et la présence de breaks là où il faut! Près de 80 minutes de musique de qualité où les musiciens ont retravaillé ces anciennes compositions avec passion. Notons aussi la présence de deux bonus en versions instrumentales, je parle ici de « Die Reise » et « Die Andere Seite » qui sont excellentes.

 

Malgré les défauts de jeunesse de « Ausgeliefert », il demeure un très bon achat pour tous les audiophiles. Dans la balance des plus et des moins, l’album en ressort gagnant et vous aussi naturellement. À découvrir!

Cote 3.5/5

 

Pistes

1. Aufwärts (4:36)
2. Ausgeliefert (17:39)
3. Zu Spät (6:05)
4. Peter Und Der Wolf (5:05)
5. Wandler (8:42)
6. Das Neue (5:37)
7. Navanita (5:20)
8. Am Abgrund (6:45)
9. Die Reise (Bonus Track) (8:05)
10. Die andere Seite (Bonus Track) (9:48)

 

Musiciens

- Alexander Weyland / Keyboards & Vocals
- Bernhard Selbach / Guitar, backing vocals
- Michael Dorniak / Drums, bass and guitar
- Frank Woidich / Keyboards
- Nina Weyland / Background Vocals
- Tobias Hampl / Guitar on bonus tracks
- Kuno Wagner / Touch Guitar on bonus tracks


MINOR GIANT - On the Road - F2 records - 2014

Par Philippe André

 

Rindert LAMMERS a commencé à composer les titres du premier album de MINOR GIANT en 2010 à l'âge de 16 ans !!!! Oui, oui vous avez bien lu, pas encore majeur mais le talent n'attend pas le nombre des années......Et quel talent, il vous suffira d'écouter le premier morceau éponyme pour vous en convaincre, c'est beau, tout simplement beau, des enchainements musicaux évidents comme s'il en pleuvait.

 

Le second titre "Dream with Eyes Wide Open" est bien différent car basé sur une pulsation rythmique jazzy pendant les deux tiers du morceau avant que n'interviennent les synthétiseurs joués en soli sous la bienveillance des enluminures de la guitare électrique de Jordi REPKES. Beau aussi et plus aventureux que le titre d'ouverture. Le plus commun et beaucoup plus court "Lead me Home" permet une respiration utile après les deux premiers épiques et sert d'introduction à "Hand in Hand" le titre le plus nerveux de l'œuvre proposée par MINOR GIANT, attention j'ai dit "nerveux" je n'ai pas dit "violent", peut être aussi celui qui est le moins passionnant car le plus conventionnel, le plus classique une fois noyé dans la masse.......un titre qui me fait irrésistiblement penser au premier album de KNIGHT AREA, pour rester au pays des tulipes, pas étonnant puisque Gerben KLAZINGA est l'un des deux ingénieurs du son de l'album de MINOR GIANT......... Autre morceau de faible durée "We are Strangers Here" est dans la même veine, agréable sans être transcendant, plutôt pop que prog, idéal pour intéresser les radios, extrêmement bien chanté de surcroit. Nous terminons ce voyage de MINOR GIANTavec le troisième épique, pas loin des seize minutes, "The Last Road" qui retrouve la trame et l'inspiration du morceau d'ouverture, du rock progressif symphonique de haute volée, des développements claviéristiques à vous couper le souffle, un piano et un chant délicats, des arpèges de guitare taillés dans la dentelle, une rythmique discrète et feutrée, bref que de la bonne "zique" pour les mélomanes que vous êtes.

 

MINOR GIANT nous offre donc un premier album prometteur auquel il ne sera pas facile, suivant la formule consacrée, de donner une suite, une oeuvre qui figurera en bonne place dans mon classement 2014.

Cote 4.5/5

 

Pistes :

01. On the Road (12:34)

02. Dream with Eyes Wide Open (10:22)

03. Lead me Home (3:52)

04. Hand in Hand (6:32)

05. We are Strangers Here (4:46)

06. The Last Road (15:46)

 

Musiciens :

Rindert Lammers - Synthétiseurs, piano, rhodes, Hammod, soundscaping et chants

Roy Post - Batterie, percussion, basse synthé, soundscaping et chants

Jordi Repkes - guitares et chant principal

Rick Van Dommelen - guitare basse et chants

Jos Heijmans - Hammond, orgue, mellotron, synthés et chants

Narration sur 1 - Sean Filkins, Alan Reed et Jem Godfrey


LIGHT DAMAGE – Light Damage – Autoproduction 2014

Par Richard Hawey

 

Est-ce qu’il y a encore quelqu’un qui affirmera que le progressif est en perte de vitesse. Aujourd’hui encore je vous présente LIGHT DAMAGE, une nouvelle formation du Luxembourg qui nous offre en 2014 leur premier vrai album. En 2009 le groupe enregistre sa première démo intitulée « Acronym ». LIGHT DAMAGE c’est une musique qui beigne légèrement dans le progressif vintage, avec des influences de groupes marquants d’une époque faste. D’ailleurs à leur début le groupe se produisait sur scène en proposant des reprises de GENESIS et PINK FLOYD. LIGHT DAMAGE ne renie pas le passé mais il nous offre une musique qui leur est propre plus axée vers le progressif malgré les influences personnelles de chacun des musiciens. Leur musique  est très mélodique et accessible, ce qui ne veut pas dire simple. Donc j’y jette deux oreilles pour vous.

 

Précisons que trois des titres de l’album proviennent de la démo « Acronym », ils ont été retravaillées, les trois autres sont des inédits. L’ensemble est assez varié allant de sons de guitare acoustique à des passages plus sombres et violents, des parties calmes et douces propices à la réflexion et d’autres plus denses et riches. Peut-être que certains passages vous feront penser à IQ ou SYLVAN et même GALAHAD mais ça s’arrête là. Avec en ouverture la chanson « Eden », qui est une des chansons qui était sur la démo, frappe fort avec son intro sombre et mystérieuse mené une basse proche de celle de « One of These Days » de qui vous savez. La guitare et les percussions entre dans la danse avec les claviers sifflants ses notes. Puis ça démarre, une longue introduction musicale qui cesse brutalement pour donner la place au chant qui se rapproche à Stu NICHOLSON de GALAHAD. On passe maintenant à « Empty » nouvelle pièce, ici c’est le chant intense qui domine le titre sur un titre légèrement plus court, la section rythmique est très efficace et la finale se laisse écouter. Seconde longue chanson « The Supper of Cyprianus » est une des trois nouvelles chansons, musicalement l’expérience entre en jeu et les musiciens nous démontrent une belle maitrise. Le chant est à son mieux, beaucoup d’émotion et encore intense. « Heaven » est la seconde reprise de la démo, avec une longue intro claviers, piano et guitare où le chant fait son entrée doucement en se laissant apprivoiser. C’est un titre très accrocheur qui vous marquera. « F.H.B. » (For Helpful Boddies) avec ses deux minutes instrumentales qui vous offre une guitare et un piano savoureux. « Touched » démarre en trombe et sa rythmique est très appuyée, une très bonne guitare simple mais énergique fait son apparition.

 

Comme premier essai LIGHT DAMAGE marque des points, j’ai été impressionné par le caractère de cet album. J’ai bien aimé le chant juste et ressenti, les passages musicaux qui sont aussi remarquables. En résumé, LIGHT DAMAGE vous offre un premier album de grande qualité.

Cote 4/5

 

Pistes

01. Eden (9:39)

02. Empty (6:08)

03. The Supper Of Cyprianus (9:08)

04. Heaven (6:32)

05. F.H.B (For Helpful Buddies) (2:36)

06. Touched (6:32)

 

 

Musiciens

Frédérik Hardy – Basse, chant

Nicholas-John – Chant, guitare et E-bow

Sébastien Pérignon – Claviers, percussions

Stéphane Lecocq – Guitares

Thibaut Grappin – Batterie et percussions


KAIPA – Sattyg – Inside Out Records 2014

Par Richard Hawey

 

Deux ans après l’album « Vittjar », qui a suscité de très bonnes réactions, n’en déplaise aux détracteurs, la formation d’Hans LUNDIN reprend le collier avec « Sattyg ». Disons tout de suite que l’on ne change pas une formule gagnante, alors nous avons droit au même line-up que sur le précédent album avec deux invités. « Sattyg » aurait pu être un album de plus à la discographie de KAIPA mais ce n’est pas le cas ici, l’imagination inventive d’Hans LUNDIN réussi une nouvelle fois à nous surprendre.

 

Dès l’ouverture, les notes initiales nous rappelle que c’est du KAIPA qui joue et c’est la voix d’Aleena GIBSON qui nous accueille sur l’épique de plus de quinze minutes, « A Map of your Secret World ». Le mélange de rock appuyé et de folk est toujours présent, et c’est ce que nous offre ce premier titre où les parties complexes, marques de commerce du groupe, se déchainent jusqu’à l’apparition de la flûte et du chant de Patrick LUNDSTRÖM. La guitare de Per NILSSON est toujours aussi efficace avec l’appui d’une section rythmique impitoyable. Les claviers ne donnent pas leur place pour autant, les ambiances sont magiques. « World of the Void » ne desserre pas l’étreinte avec ses arpèges magiques et la sublime mélodie du chant d’Aleena GIBSON qui marque ce disque indéniablement. Hans LUNDIN fait de belles interventions et NILSSON continue sa démonstration impressionnante. Voici le second épique « Screwed-Upness » avec son introduction classique mais voilà qu’arrive la guitare  saturée, avec les baguettes qui martèlent. Le chant de LUNDSTRÖM est impressionnant et intense. NILSSON tisse des mélodies autour de la ligne de chant et la rythmique en impose subtilement. La flûte de Fredrik LINDQVIST sur « Sattyg » nous entraine avec le violon d’Elin RUBINSZTEIN dans une danse folklorique dont seul KAIPA a le secret. Et l’on repart dans l’épique avec « A Sky Full of Painters » ma préférée. Ici KAIPA nous démontre qu’il est capable de ce renouveler, la voix de Patrick LUNDSTRÖM, supporté par les chœurs, un Per NILSSON très inspiré  qui développe ses solos comme d’autres enfilent des perles, c’est un titre qui porte bien son nom : un ciel rempli de peintres, un monde de couleurs, un violon lumineux, comme une forme de bonheur musical total. « Unique When We Fall » démarre encore dans ce style folk médiéval qui va bien à KAIPA, avec des échanges de voix masculines et féminines portés par une rythmique devenue subitement presque métallique. L’orgue soutient le tout, avec des chœurs solennels. On retrouve une très courte référence à YES sur « Without Time – Beyond Time », au début surtout, puis tout se bousculent, incluant des passages plus légers, mais tout de même alimentée au prog, avec un AGREN et un REINGOLD éblouissants ! LUNDIN et NILSSON s’éclatent, les chœurs répondent, la basse les suit, le tout se concluant en douceur sur un dernier solo de guitare larmoyant, laissant un dernier accord de piano s’étendre au loin.


KAIPA connait la musique et son maitre Hans LUNDIN sait ce qu’il faut faire pour créer une musique qui surprend et qui fait qu’on en redemande. Se renouveler dans la musique progressive demande de grandes connaissances à tous les niveaux de création. Les performances de chacun des protagonistes nous amènent à un niveau de satisfaction élevées, avec une mention toute spéciale à Per NILSSON dont la dextérité est époustouflante. « Sattyg » est certainement une grande réussite et il demande d’être découvert. Si la perfection existait cet album serait candidat. Recommandé!

Cote 5/5

 


Pistes

1. A Map of your Secret World (15:02)
2. World of the Void (7:49)
3. Screwed-upness (13:06)
4. Sattyg (3:13)
5. A Sky Full of Painters (14:42)
6. Unique When We Fall (5:17)
7. Without Time - Beyond Time (9:49)

 

Musiciens

- Hans Lundin / Claviers et chant
- Per Nilsson / Guitare électrique et guitare acoustique
- Morgan Ågren / Batterie
- Jonas Reingold / Basse
- Patrik Lundström / Chant
- Aleena Gibson / Chant

Invités spéciaux:
- Fredrik Lindqvist: Flute & sifflets
- Elin Rubinsztein: Violon


Pour votre information, je vous laisse le commentaire de Hans LUNDIN suite à la parution de cette chronique. Thanks for the great review. "Just for your information so you understand the musical landscape of Kaipa:

Most people think that Patrik is singing all male vocal on the Kaipa albums. The fact is that I’m singing lead vocal on at least one track on all our albums since “Keyholder” 2003. On “Sattyg it’s the song “Screwed-upness” and the verses on “A sky full of painters”.

 

Also many people think that everything sounding like a guitar is played by Per. I’m using a distorted keyboard sound with wha-wha close to a guitar sound, for example the end section of “Without Time – Beyond Time” is played by me."

Voici la vidéo des sessions de Sattyg.


STEVE ROTHERY – The Ghosts of Pripyat – Auto production 2014

Par Richard Hawey

 

Après la parution d’un second album live intitulé « Live at Rome » paru chez Inside Out Records, plus tôt en 2014, cet album live est considéré par le principal intéressé comme un prélude à son premier album solo « The Ghosts of Pripyat ». Steve ROTHERY n’a pas vraiment besoin d’une longue présentation, son association à MARILLION depuis ses débuts parle pour lui. Sur cet album Steve ROTHERY s’est associé à son grand ami Dave FOSTER (Mr. So & So) guitare, Leon PARR (Leeds College of Music) sur la batterie, Yatim HALIMI (Panic Room) à la basse et Roccardo ROMANO (Ranestrane) aux claviers. C’est quasiment les mêmes musiciens présents sur « Live at Rome ». Il y a deux autres musiciens de prestige sur ce « The Ghosts of Pripyat », Steve HACKETT (1) et Steven WILSON (3) pour les solos de guitare. Dernier point en introduction, la production est magique, d’une grande qualité alors vous avez quoi faire.

 

Deux caractéristiques importantes à propos de « The Ghosts of Pripyat » premièrement c’est un album totalement instrumental et deuxièmement il a été financé par le public. Le sujet traité est la ville ukrainienne de Pripyat abandonnée suite au désastre de Tchernobyl. « Morpheus » ouvre l’album en douceur au début mais l’intensité ne tarde pas avec des retours plus doux en raison du piano. Le rythme est lent ce qui permet un jeu de guitare touchant tenu par un autre maître Steve HACKETT, excellent en ouverture. Je désire préciser que pour profiter de chaque moment de ce disque, il ne faut lésiner sur le son, alors défendu l’écoute en sourdine. Suit « Kendris »,  où le rythme donné par les tambours profite à la guitare, non pas qu’elle soit soliste mais plutôt au niveau de sa sonorité que monsieur ROTHERY maitrise parfaitement, rappelez-vous « Anoraknophobia ». Premier et seul épique « Old Man of the Sea » débute lentement avec des arpèges de guitare sur un fond de vagues. Et le son magique de l’instrument de monsieur ROTHERY fait le travail, le solo est une gracieuseté de Steven WILSON qui y va en feeling sans exagération mais combien efficace. « White Pass » est plus léger presque folk dans sa première partie mais ça change carrément dans la seconde avec une guitare qui a du mordant, excellent. Avec la suivante, si vous avez oublié de le faire montez le son, car avec « Yesterday's Hero » vous manquerez plein de belles sonorités et ne manquez pas la finale. Avec « Summer’ End » c’est à se damner tellement le son est pur. Le jeu sur la stéréo est habilement amené, une rythmique à gauche, une lead à droite, classique mais parfaitement bien balancé, encore un argument en faveur de cet album. Ce titre est monté sur le même schéma que la plupart des pièces précédentes, une première partie plus douce puis vers le centre un changement s’opère avec une guitare plus agressive et une rythmique qui nous reste à l’esprit sans compter le solo à faire rêver. « The Ghosts of Pripyat » ferme la marche, c’est le seul morceau avec une introduction acoustique un peu folk qui lance une séquence plus longue et plus musclée, relativement rock où les claviers reviennent sur un thème folk quand l’orgue se tait. Le titre est plus démonstratif que ses prédécesseurs, un jeu auquel nous ne sommes guère habitués avec Steve ROTHERY. Par contre, il se finit un peu abruptement, sans vraiment se conclure, laissant une sensation frustrante d’inachèvement ou de suite prochaine.

 

Il n’y a pas beaucoup de matière à critiquer sur ces sept pistes, Steve ne bouscule pas. Plus contemplatif, il construit des thèmes assez lents où la finesse du jeu et la beauté du son l’emportent sur le tape à l’œil. « The Ghosts of Pripyat » est un plaisir du son, un plaisir du jeu et de la belle mélodie. Faites vous ce plaisir. Recommandé!

Cote 4.5/5

 

Pistes

1. Morpheus (7:55)
2. Kendris (6:09)
3. Old Man Of The Sea (11:42)
4. White Pass (7:51)
5. Yesterday's Hero (7:21)
6. Summer's End (8:47)
7. The Ghosts Of Pripyat (5:32)

 

Musiciens

- Steve Rothery / guitare
- Dave Foster / guitare
- Riccardo Romano / Clavierss
- Yatim Halimi / basse
- Leon Parr / drums

With:
- Steve Hackett / guitare solo (1)
- Steven Wilson / guitare solo (3)


WHITE WILLOW – Ex Tenebris – Termo Records – Réédition 2014

Par Richard Hawey

 

Pas de chômage du côté de chez Termo Records, le label de WHITE WILLOW. Un an après avoir réédité son superbe premier opus « Ignis Fatuus », publié à l’origine en 1995, Jacob Holm-LUPO s’attaque aujourd’hui à la réhabilitation du nostalgique « Ex Tenebris » datant pour sa part de 1998. Conçu à l’origine comme une œuvre personnelle suite à la dissolution de la première mouture de WHITE WILLOW, « Ex Tenebris » se révèle beaucoup plus sombre que son prédécesseur. Cet album possède tous les atouts nécessaires pour enthousiasmer la partie la plus ouverte d’esprit des fans de rock mélodique.

 

Renforcé par Mattias OLSSON, le batteur  d’ANGLAGARD, le groupe norvégien y délaisse, en règle générale, les longues plages éthérées de son prédécesseur au profit d’une approche musicale beaucoup plus sombre et resserrée, comme exemple citons « The Thirteen Days », aux délicats arpèges de guitare acoustique et au mellotron fluté momentané, le martial « A Strange Procession » ainsi que le bouleversant instrumental « Soteriology ». Les instruments analogiques (piano, theremin, orgue, mellotron, flute à bec, etc…) sont toujours à l’honneur sur les sept titres structurant cette œuvre noir, écrite et arrangée avec le plus grand soin. Sans renier pour autant ses premières amours folk-symphoniques avec la jolie ballade « Helen And Simon Magus », la formation s’engage bien souvent dans les eaux d’un rock mélancolique et aventureux. Le chant, très fouillé et varié de la belle Sylvia ERICHSEN, convertis alors avec grâce des mélodies remplies de tristesse et d’émotion dont l’époustouflant et unique epic « A Dance Of Shadows ». Le combo s’offre par ailleurs quelques expérimentations sonores des plus réjouissantes, comme sur le guerrier « A Strange Day » aux climats quasiment suicidaires. Bénéficiant d’une nouvelle pochette, d’un packaging luxueux (digibook trois volets), d’un livret magnifique et d’un son colossal, cette mouture 2014 de « Ex Tenebris » s’avère tout bonnement remarquable d’autant qu’elle nous offre, en guise de cerise sur le gâteau, quatre inédits très intéressants.

 

Penchons nous sur ceux-ci sans plus tarder. En raison de sa nature, le WHITE WILLOW de cette période s’est très peu produit sur scène. Le ProgFest 1995 fut l’un de ces rares moments capturés sur le vif. En voici un autre sur ce CD, sous la forme d’une version live de "Leaving The House Of Thanatos". Dans ce contexte, on peut excuser une prise de son loin d’être idéale. Outre cette remarquable performance, datant de 2001, l’on retrouve trois maquettes inédites de belle facture. Bien que souffrant des limitations inhérentes à toute démo, ces titres peuvent tout à fait être appréciés. Enregistrés en quatre-pistes avec une formation légèrement remaniée, ils préfigurent déjà ce que sera le troisième album, "Sacrament" (2000). "The Last Rose Of Summer" sera d’ailleurs réenregistré pour être inclus sur ce dernier. Mais ceci est une autre histoire…

 

Vous l’aurez compris, la suite des rééditions remasterisées du catalogue de WHITE WILLOW arrive à grands pas. Place donc à « Sacrament »!

Cote 4.5/5

 

Pistes

1. Leaving the House of Thanatos (8:06)
2. The Book of Love (4:56)
3. Soteriology (5:05)
4. Helen and Simon Magus (9:16)
5. Thirteen Days (2:50)
6. A Strange Procession... (4:07)
7. A Dance of Shadows (13:52)

Bonus

8. Clothes of Sand (Démo)

9. The Last Rose of Summer (Démo)

10. Coniunctio (Démo)

11. Leaving the House of Thanatos (Live)

 

Musiciens

Sylvia Erichsen – Chant

Jacob Holm-Lupo – Guitares acoustique et électrique

Jan Tariq Rahman – Piano, orgue Hammond, mellotron, synthétiseurs, theremin et chant

Frode Lia – Basse

Mattias Olssen – Batterie


WHITE WILLOW – Sacrament – Termo Records – Réédition 2014

Par Richard Hawey

 

Voici déjà le troisième disque de WHITE WILLOW réédité dans un superbe écrin et avec une qualité sonore impeccable par Termo Records. Après le folk symphonique de « Ignus Faatus » et les ambiances ténébreuses à souhait de « Ex Tenebris », Jacob Holm-LUPO dépoussière aujourd’hui avec talent "Sacrament" (sorti en 2000) qui se présente à la fois comme une synthèse des deux premières œuvres du combo et comme une ouverture vers de nouveaux horizons musicaux. Il s’agit peut-être là de la première véritable œuvre de WHITE WILLOW en tant que groupe. C’est ce que semble confirmer son leader lorsqu’il affirme, dans ses instructives notes de livret, que ce troisième effort est le premier à réellement satisfaire l’ensemble des musiciens qui y ont participé. Utilisant une vaste panoplie d’instruments estampillés seventies, mais avec une production résolument moderne et soignée, cet album évite toute forme de bavardage, de digression et d’auto-complaisance, bref on est loin des Flower Kings des années 2000.

 

Fort d’un line-up sérieusement modifié, le combo marie, avec bonheur, certaines ambiances nostalgiques propres à « Ex Tenebris » « Anamnesis » et le superbe « Paper Moon » mais également des accalmies folks comme la longue suite « Gnostalgia » ou l’instrumental « The Crucible » qui nous renvoient au temps de « Ignus Faatus ». La formation ne tombe jamais dans le piège de l’autocitation stérile. Elle ne cesse, au contraire, de diversifier les ambiances, zigzaguant entre différentes influences comme sur « Paper Moon » et son solo de guitare qui me rappelle un certain monsieur ROTHERY ou GENESIS sur le titre « The Reach ». Le chant féminin est toujours aussi divin et prend une nouvelle envergure, Sylvia ERICHSEN nous offre ainsi quelques réjouissantes envolées vocales qui feraient rougir certaines de ses consœurs. Penchons nous maintenant sur la présentation de l’objet. Elle respecte les codes des deux précédentes rééditions, à savoir un magnifique digipack aux reflets délicieusement glacés. En outre, à l’instar de ses prédécesseurs, « Sacrament » présente une pochette retravaillée, parfaitement en osmose avec le blanc de neige qui l’entoure désormais.

 

Hormis les six compositions originales de l’album, Jacob Holm-LUPO nous offre trois titres supplémentaires. Ces bonus sont deux versions alternatives et une interprétation capturée en public. Dans le premier cas, on retrouve "Gnostalgia" et "The Crucible" au stade de démos agrémentées d’arrangements légèrement différents et du violon de Tirill MOHN. Dans le second, « Paper Moon » est rejoué par le line-up de « Signal To Noise » en 2005.

 

En définitive, ce savoureux mélange de tristesse et d’apaisement donne naissance à un CD mature et abouti, sans doute le meilleur de la formation à cette époque. Comme il est mentionné sur le site du groupe l’album « Storm Season » devrait être réédité cette automne avec une présentation spéciale pour souligner ses 10 ans. À suivre !

Cote 4.5/5

 

Pistes

1. Anamnesis (9:07)

2. Paper Moon (6:49)

3. The Crucible (7:31)

4. The Last Rose of Summer (3:21)

5. Gnostalgia (10:18)

6. The Reach (11:15)

Bonus

7. Gnostalgia (Démo)

8. The Crucible (Démo)

9. Paper Moon (Live)

 

Musiciens

Sylvia Erichsen – Chant

Jacob Holm-Lupo – Guitares acoustique et électrique, basse, claviers, chant sur (4)

Ketil Vestrum Einarsen – Flute, recorders, mélodica, claviers

Brynjar Dambo – Claviers

Johannes Sæbøe – Basse

Aage Moltke Schou – Batterie, percussions

 

Invités

Simen E. Haugberg – Hautbois sur (1, 3, 5)

Øystein Vesaas – Voix sur (1)


TOHPATI – Tribal Dance – Moonjune Records 2014

Par Richard Hawey

 

En photo, TOHPATI ressemble à un jeune et petit adolescent qui se demande ce qu’il fera plus tard. Mais mettez-lui une guitare électrique entre les mains et il devient un demi-dieu, un monstre sacré, un géant. Ce n’est pas pour rien que TOHPATI est considéré comme l’un des meilleurs guitaristes de jazz-fusion d’Indonésie. Eh oui, l’Indonésie, un pays où on ne s’attend qu’à trouver de la musique traditionnelle javanaise ou balinaise mais qui surprend par sa formidable scène jazz-rock et ses artistes comme SIMAK DIALOG, Dewa BUDJANA ou I KNOW YOU WELL MISS CLARA.

 

Nous avons déjà eu l’occasion de dire du bien de tous ces groupes mais celui qui arrive ici a tout le potentiel pour devenir le patron de l’affaire. Du haut de ses 42 ans, TOHPATI a l’air d’en avoir vingt de moins. Il se fait remarquer tout jeune en Indonésie en raflant méthodiquement tous les prix de concours de guitare qui se déroulent dans son pays. Sa maîtrise époustouflante de sa guitare le pousse rapidement à devenir professionnel. Il rejoint en 1993 le mythique groupe SIMAK DIALOG et entreprend une carrière solo en parallèle, qui débute avec l’album « Tohpati » en 1998.


TOHPATI pratique le jazz-rock mais il est aussi attiré par des expériences plus métalliques, comme le montre son album « Riot » qu’il réalise en 2012 sous le nom de TOHPATI BERTIGA. Et avec son troisième album solo « Tribal dance », TOHPATI rassemble toutes les facettes de son art pour un résultat littéralement divin. Dès « Rahwana », TOHPATI et ses camarades Jimmy HASLIP (basse) et Chad WACKERMAN (batterie) nous collent près de huit minutes de folie guitaristique virevoltante, qui voient TOHPATI dévaler son manche sous un impérial cadre rythmique, élastique et groovy. Entre chaque morceau, de petits interludes de musique traditionnelle nous rappellent que nous ne sommes pas sous la coupe de l’empire américain mais bien en Indonésie (bien que l’album ait été enregistré en Californie). Et après, ça déroule comme à la parade
: pesants sur « Spirit of Java », tendus sur « Tribal Dance », véloces et précis sur « Red Mask », funky sur « Run », brutaux sur « Supernatural » et cosmiques sur « Midnight rain », TOHPATI et ses acolytes nous ont lessivé le cervelet en 42 minutes chrono.


Si vous êtes un fan de Jeff BECK, Allan HOLDSWORTH et que vous aimé ce que fait Dewa BUDJANA, sachez qu’il y a un autre joueur dans la partie, TOHPATI est un nom à retenir.

Cote 4/5

 

Pistes

1. Rahwana (7:47)
2. Spirit Of Java (5:21)
3. Tribal Dance (7:00)
4. Red Mask (5:12)
5. Savana (1:56)
6. Run (4:26)
7. Supernatural (6:41)
8. Midnight Rain (4:29)

 

 

 

Musiciens

- Tohpati Ario Hutomo / guitare
- Jimmy Haslip / basse
- Chad Wackerman / batterie


MARBIN – The Third Set – Moonjune Records 2014

Par Richard Hawey

 

Ils ne sont pas ou peu connus ici au Québec et c’est mon premier vrai contact avec le groupe. Mes recherches sur MARBIN m’ont appris ceci; le groupe nait en 2007 à Chicago de la rencontre entre MARKOVITCH et RABIN, vous l’aurez peut-être deviné MARBIN vient de la première syllabe du nom du premier et la dernière du nom. Les deux sont Israéliens d’origine et se trouvent rapidement des affinités musicales. Ils fondent un duo qui tourne en permanence aux États-Unis, s’aidant de musiciens locaux pour assurer la batterie et la basse.


La première concrétisation musicale de MARBIN se fait en 2009, avec la rencontre de Paul WERTICO, un batteur américain connu pour son séjour de près de vingt ans dans le Pat Metheny Group. Les trois hommes éditent l’album "Impression of a City" sous le nom de Paul Wertico’s Mid-East/Mid-West Alliance. Ce disque rencontre un grand succès auprès de la critique jazz qui en fait un des albums majeurs de 2010. Dans la foulée, RABIN et MARKOVITCH sortent leur premier album éponyme, réalisé avec Paul WERTICO et le bassiste David RODBY (également du Pat Metheny Group). Ce premier album sort sur Moonjune Records et se fait aussi remarquer par la critique pour le jeu de guitare innovateur et fonceur de Dani RABIN. Le saxophoniste Danny MARKOVITCH et le guitariste Dani RABIN passent en moyenne 300 jours par an en tournée aux États-Unis, ce qui leur laisse peu de temps pour venir visiter d’autres villes comme Québec. Mais heureusement que leur groupe MARBIN a fait quelques albums pour permettre de se faire une idée de leur style, un jazz fusion percutant et dynamique qui repose sur les folles performances guitaristiques de Dani RABIN.
Suivent alors "Breaking the Circle" (2011) et "Last Chapter of Dreaming" (2013), toujours chez Moonjune et qui se vendent très bien à la sortie des concerts, la grande spécialité des musiciens de MARBIN.


Un groupe qui passe quasiment tout son temps sur les routes ne doit pas être mauvais sur scène. On s’en rend vite compte à l’écoute de ce "The Third Set", album live enregistré dans divers clubs entre mars et avril 2013. Sur ce coup, ce sont Justyn LAWRENCE (batterie) et Jae GENTILE (basse) qui viennent prêter main forte à nos deux musiciens ambulants. Dès "Special Olympics", la folie s’empare de nos oreilles
: on vient de faire connaissance avec la rapidité et le doigté exceptionnels de Dani RABIN, guitariste incroyable, fantastique, percutant et vif comme l’éclair. Derrière lui, une section rythmique déploie une machinerie monstrueuse, à la fois jazz, blues et funk. Là-dessus, Danny MARKOVITCH pose ses parties de saxo démoniaques, virevoltantes et échevelées. Et c’est comme cela durant tout le show, avec ces épisodes pétaradants que sont "The Depot", "Redline", "Rabak", "Splaw" ou "Volta". Chaque fois, on se prend sept à huit minutes de performances instrumentales suprêmes, avec beaucoup de feeling et du solo à revendre, à l’aise dans tous les registres.



Encore une fois Moonjune Records nous surprend en nous présentant ce groupe qui est une totale découverte pour moi. Je ne suis pas un grand fan d’album live, désolé pour tous les autres que je n’ai pas écouté. Mais il y a des exceptions et « The Third Set » en est une. L’écoute de cet album m’a aussi permis de découvrir des musiciens au top de leur art et une certaine partie de leur répertoire.

Cote 4/5


Pistes

1. Special Olympics (5:13)
2. The Depot (6:33)
3. Crystal Bells (6:46)
4. Redline (8:28)
5. Culture (7:05)
6. Vanthrax (5:40)
7. Rabak (8:21)
8. Splaw (6:08)
9.
Northern Odyssey (3:11)
10. Volta (8:05)

 

Musiciens

- Dani Rabin / guitares
- Danny Markovitch / saxophone
- Justyn Lawrence / batterie
- Jae Gentile / basse


MORAINE – Groundswell – Moonjune Records 2014

Par Richard Hawey

 

Une nouvelle fois Moonjune Records nous offre le privilège de découvrir une autre formation de son écurie. Aujourd’hui c’est de MORAINE que je vous parlerai qui est le nom d’un groupe de jazz-rock progressif de Seattle. Actif depuis quelques années autour de Dennis REA (guitare), Alicia DeJOIE (violon), James DeJOIE (saxophone, flûte, percussions), Kevin MILLARD (basse) et Stephen CAVIT (batterie, percussions, remplacé depuis par Tom ZGONC), MORAINE sort son troisième album « Groundswell », qui fait suite à « Manifest density » (2009) et « Metamorphic rock » (2011). C’est ma première rencontre avec la musique du groupe et ma curiosité était très grande.


Les trois années qui séparent le nouvel album du précédent ont été mises à profit pour développer le son du groupe vers davantage de complexité, si l’on en juge par les longues pièces qui jalonnent « 
Groundswell ». MORAINE élabore ainsi un mélange réussi entre jazz, rock et musique progressive. J’entends les murmures de certains lorsque l’on parle de jazz et qui se rebutent à l’idée d’écouter ce style. Tout ce que je peux dire à ces personnes c’est que l’appétit vient en mangeant et que si vous avez à commencer quelque part MORAINE ou TOHPATI, qui sera chroniqué bientôt, est une belle façon d’apprivoiser le genre. On trouvera aussi des réminiscences de groupes progressifs classiques, comme Soft Machine, Gong ou King Crimson, surtout du fait de l’intervention d’un violon et du saxophone. Si MORAINE démarre son album avec des morceaux instrumentaux courts (précisons tout de suite que l’album est exclusivement instrumental), il le termine avec un enchaînement de longues pièces qui permettent une expression totale et une exploitation complètes des idées du groupe. Il faut dire aussi que le producteur Steve FISK, légendaire ingénieur du son du Nord-Ouest américain, impliqué dans des albums de nombreux groupes fameux (Soundgarden, Nirvana etc.), permet à MORAINE d’explorer toutes les possibilités du studio, ce qu’on remarque bien à l’écoute de l’album.


L’expérience des musiciens de MORAINE apparaît au grand jour sur ce remarquable « Groundswell ». Il faut dire que tous ces gens ont plus d’une vingtaine d’années d’expérience en termes de groupes, de pratique musicale multi-instrumentiste et de cheminement à travers des genres musicaux variés. L’album démarre dans la lenteur inquiétante de « Mustardseed », puis s’ébroue sur les rythmes véloces de « Skein » où nous voyons Dennis REA placer des solos princiers. « In that distant place » est un titre écrit pour MORAINE par le compositeur Jon DAVIS, de même que « Mustardseed » a été écrit par Daniel BARRY. Tous les autres morceaux proviennent des musiciens de MORAINE. C’est avec « Waylaid », « Spiritual Gatecrasher » et « The Okanogan lobe » que MORAINE termine son album en pleine possession de ses moyens. Le violon d’Alicia DeJOIE tisse des toiles complexes et envoutantes. La flûte de son conjoint James DeJOIE plane sur les lourdes ambiances de « Spiritual gatecrasher » et le saxophone fait corps avec la guitare sur « The Okanogan lobe », pour un résultat dynamique et musclé.


Le résultat, on l’aura compris, est un album intéressant qui parvient à apporter un souffle neuf dans un registre progressif maintes fois visité par les jazzmen. Cela vaut vraiment la peine de laisser traîner une oreille pour en découvrir les bienfaits.

Cote 4/5

 

Pistes

1. Mustardseed (3:11)
2. Skein (3:52)
3. Fountain of Euthanasia (3:25)
4. Gnashville (4:12)
5. In That Distant Place (6:20)
6. Synecdoche (3:52)
7. The Earth Is an Atom (5:12)
8. Waylaid (7:20)
9. Spiritual Gatecrasher (7:18)
10. The Okanogan Lobe (7:41)

 

Musiciens

Alicia DeJoie: Violon électrique
James DeJoie: Saxophone baritone, flute
Kevin Millard: Basse
Dennis Rea: Guitare, électronique, Mellotron
Tom Zgonc: Batterie


IL CASTELLO DI ATLANTE – Capitolo 8 (Live) – Azafran Media – Distribué par Musea - 2014

Par Richard Hawey

 

NDLR : L’entrevue avec Paolo FERRAROTTI d’IL CASTELLO di ATLANTE est disponible sur le site de Profil.

 

La présence d’IL CASTELLO DI ATLANTE au Festival Terra Incognita en 2013 fut une expérience exceptionnelle pour chacune des personnes présentes. Pour tous ceux qui n’ont pas eu cette chance IL CASTELLO DI ATLANTE vous offre « Capitolo 8 Live » enregistré en mars 2012 à Turin et du même coup c’est l’occasion pour eux de célébrer leur quarantième anniversaire d’existence. C’est sous la forme d’un CD/DVD en édition de luxe cartonnée en quatre volets garnie de très belles photos qu’il nous est offert. Petites précision avant d’entrer dans le vif du sujet, il faut noter que le titre « Leggi e Ascolta » apparait seulement sur le DVD et que l’information sur l’endroit où cette prestation a été captée n’est pas mentionné.

 

Le tout débute avec l’instrumental « Non Puoi Fingere », seul représentant de l’album « Quintessenza ». Puis vient deux chansons de « Sono io il Signore delle Terre a Nord », « Il Saggio » et « La Foresta dietro il Mulino di Johan » avec en ouverture le piano, puis le violon qui sera développé de merveilleuse façon par la guitare d’Aldo BERGAMINI. De plus ça donne l’occasion aux deux batteurs de se s’échauffer un peu. Mattia GARIMANNO le représentant de la jeune génération versus Paolo FERRAROTTI, personnage hilarant, qui s’occupe aussi des claviers et du chant. C’est aussi lui qui fait les liens en s’avançant sur la scène pour s’adresser au public. Puis nous sommes dirigé vers « Capitolo 7 - Tra Le Antiche Mura » et la pièce titre où les claviers de Roberto GIORDANO nous propose des sonorités proche de Genesis et cela bien secondé par la guitare de BERGAMINI. Depuis mon premier contact avec IL CASTELLO j’ai toujours eu un faible pour eux, peut-être en raison du côté vieillot de leur musique et de la sensibilité de leur composition qui est vraiment dans le pur style italien. Je ne m’en cache pas j’aime le vieux prog italien, des groupes comme LOCANDA DELLE FATE ou QUELLA VECCHIA LOCANDA sont des groupes qui ont marqués les années ’70, IL CASTELLO DI ATLANTE est un de ceux qui  marque les années 90 et 2000. Comme je le mentionnais au début « Leggi e Ascolta » n’est pas sur le CD, il nous démontre toute la technique et l’esprit qui anime le groupe. Parlons un peu du violon tenu par Massimo di LAURO dont les sonorités se rapprochent de celle de QVL, et qui a donné à ICDA leur son unique, ne sera plus présent sur scène lors des concerts. Mais rassurez-vous un remplaçant a été trouvé (voir l’entrevue sur le site de Profil). Sur ce « Capitolo 8 » il laisse sur « Malebolge » un témoignage majestueux de son rôle primordial bien appuyé par la voix magique d’Aldo BERGAMINI. Les deux derniers titres « Stava scritto » de l’album « Come Il Seguitare delle Stagione », qui sert de prétexte pour la présentation des musiciens, est une pièce de près de douze minutes totalement frissonnante  et « Il Vessillo Del Drago » de « Sono io il Signore delle Terre a Nord » ferme ce témoignage unique. À propos de la captation des images je vous dirai qu’il est dynamique, plusieurs caméras donnent différents angles de prises de vue très intéressantes, le tout sous des lumières multicolores.

 

Pour tous ceux qui, et je me répète, n’ont pas pu les voir à Québec l’an dernier « Capitolo 8 » est une merveilleuse occasion de corriger cette absence. Ce CD/DVD est un objet que tous les amateurs du groupe devraient avoir même ceux qui étaient présents en mai 2013. Quant aux autres qui ne connaissent pas IL CASTELLO DI ATLANTE, c’est une excellente occasion de les laisser se présenter à vous. Et si vous vous demandez si le DVD est compatible avec notre système, il l’est.

Cote 4.5/5

 

Pistes CD

01. Non Puoi Fingere (13:28)
02. La Foresta Dietro Al Mulino Di Johan (9:26)
03. Il Saggio (8:45)
04. Tra Le Antiche Mura (11:21)
05. Malebolge (11:03)
06. Stava Scritto (11:53)
07. Il Vessillo Del Drago (5:49)

 

DVD

01. Non Puoi Fingere
02. La Foresta Dietro Il Mulino Di Johan
03. Il Saggio
04. Tra Le Antiche Mura
05. Leggi E Ascolta
06. Malebolge
07. Staba Scrito
08. Il Vessillo Del Drago

 

Musiciens

- Aldo Bergamini / guitare, claviers, percussion, chant
- Massimo Di Lauro / violon, claviers
- Roberto Giordano / claviers, guitar acoustique, chant
- Dino Fiore / basse
- Paolo Ferrarotti / batterie, claviers, chant
- Mattia Garimanno / batterie


ABEL GANZ – Abel Ganz – Abel Records – 2014

Par Richard Hawey

 

Il y a dans ce monde des choses qui bougent moins vite que d’autres et en musique progressive c’est souvent le cas. ABEL GANZ en est un exemple, après avoir sorti en 2008 « Shooting Albatros » le groupe ne nous a pas envahis d’information. Il faut dire que les mouvements de personnel ont été fréquents dans les dernières années, ce qui a peut-être ralenti les activités. Pour ceux qui ne connaissent pas ABEL GANZ il vous faut savoir que c’est une génération de musiciens aguerris qui savent mélanger au bon vieux progressif des éléments comme le folk, le jazz et le classique, d’ailleurs le meilleur exemple selon moi serait Nick MAGNUS. ABEL GANZ c’est aussi un judicieux mélange de sonorités acoustiques et électriques bien dosées. Avec ce disque éponyme, le groupe nous présente son album le plus différent de sa discographie. Le groupe est constitué à ce jour de Denis SMITH à la batterie, Davie MITCHELL aux guitares, Mick MACFARLANE au chant et guitare acoustique, Stephen DONNELY à la basse, Stephen LIGHTBODY et Jack WEBB aux claviers. De plus il faut noter plusieurs musiciens invités comme les participations d’anciens membres soient : Hew MONTGOMERY et Hugh CARTER pour nommer seulement les plus connus.

 

« Abel Ganz », est un disque de soixante-treize minutes, donc il vous faut prévoir le temps nécessaire. Le groupe ne fait pas dans la simplicité même si on pourrait le croire, le mélange des styles et des sonorités vous surprendra agréablement mais il faudra le réécouter pour tout saisir. La guitare électrique qui côtoie le folk et le progressif et les orgues souvent très rock succèdent aux flûtes et à ses sons acoustiques, sont des exemples bons à savoir. La production est très soignée, elle taquine délicatement les tympans. On ne pourra pas reprocher à ABEL GANZ de faire de la reproduction, l’album est original, varié, riche, étonnant parfois et sait ne pas sombrer dans le trop cérébral. Le symphonique « Delusions of Grandeur » léger mais tenace lance cet album, c’est un instrumental qui flirte avec le classique du début du siècle. Une guitare acoustique proche de Steve HACKETT sera le point de démarrage de « Obsolescence », un morceau en cinq parties, riche en rebondissements et influences délicieuses. « Sunrise » est très épuré, teinté de prog classique alors que « Evening » est plus dans le folk avec ses flûtes et percussions même s’il glisse lentement vers un son plus country. « Close Your Eyes » change de registre, le titre est de conception assez simple avec une section instrumentale centrale généreuse, le solo de synthé est superbe et est l’œuvre de Hew MONTGOMERY. Sa magie opère tout de suite, le chant séduit, bref j’adore cette partie. Retour au rock progressif classique avec « The Dream » qui vole en éclat sur de grands moments d’orgues. « Dawn » ferme « Obsolescence », une partie instrumentale dominée par la guitare électrique sur fond d’orgue, une finale assez sobre qui demeure tout de même excellente.

 

« Spring » est une courte pièce instrumentale acoustique dans la veine d’Anthony Phillips, « Recuerdos » – qui signifie se souvenir, est également une piste acoustique décontractée qui est magnifiquement colorée avec une section de cuivres qui colle bien aux sonorités contemporaines tels que Big Big Train et, par conséquent, elle devrait plaire aux fans. « Unconditional » est le second épique de l’album, après une entrée en matière des plus classiques, ABEL GANZ ajoute un peu de jazz très sage à sa palette, des cuivres et une partie de piano brillante sur une section instrumentale fabuleuse. Il y a cette basse et la batterie qui feront pendant quelques secondes le support au chant, passage purement génial et puis cette guitare qui s’envolera. Un titre quasi parfait. Pour moi le titre parfait. « The Drowning » boucle la boucle, cuivre et chant profond clôturent ce magnifique album.

 

En fin de compte, j’ai le profond sentiment que cet album valait l’attente, le vite et bien fait ne correspond pas dans ce cas. Cette collection de merveilleuses chansons n'est pas le seul attrait, la présentation est somptueuse et savamment produite. Elle pourrait être une des meilleures sorties de 2014. « Abel Ganz » est un indispensable. Recommandé!

Cote 4.5/5

 

Pistes

1. Delusions of Grandeur (2:11)
2. Obsolescence
Pt.i Sunrise (3:40)
Pt.ii Evening (4:41)
Pt.iii Close Your Eyes (5:01)
Pt.iv The Dream (6:12)
Pt.v Dawn (3:49)
3. Spring (2:25)
4. Recuerdos (4:21)
5. Heartland (5:08)
6. End of Rain (5:33)
7. Thank You (6:57)
8. A Portion of Noodles (3:22)
9. Unconditional (14:05)
10. The Drowning (5:26)

 

Musiciens

- Stuart "Mick" MacFarlane / chant, guitares
- Denis Smith / drums, chant
- Stevie Donnelly / basse
- Stephen Lightbody / claviers
- Davie Mitchell / guitare

 


SEVEN IMPALE – City of the Sun – Karisma Records – 2014

Par Richard Hawey

 

Nouvelle formation de la scène progressive norvégienne, SEVEN IMPALE avait déjà laissé une belle impression en 2013, avec son premier EP où nous retrouvions 5 titres numériques. Toujours sous l’égide de Karisma Records, le sextet de Bergen nous propose pour sa rentrée un premier vrai album garni de cinq titres (dont 2 dépassent les 10 minutes). On sait que la scène scandinave est féconde et est capable d’accoucher du meilleur comme du pire. Et là, on tient un petit bijou qui confirme tout le potentiel décelé chez ces jeunes musiciens. « City of the Sun  est brillant : porté par une musique qui met en avant un saxophoniste doué et un chanteur à la voix proche d’un Magnus LINDGREN (Black Bonzo), l’album présente un groupe qui n’est pas en reste dans son intégration des originalités les plus maîtrisées et abouties d’un jazz-rock progressif dont l’étendue va de KING CRIMSON en passant par VAN Der GRAAF GENERATOR.

 

« City of the Sun » ouvre sur un long « Oh My Gravity! » débutant sur une ligne de saxophone tout en décalage rythmique avant que l’ensemble de la bande ne nous gratifie d’une ouverture crimsonienne où tout le monde s’en donne à cœur joie incluant le chanteur Stian ØKLAND. Les musiciens enchaînent les changements de tempo, une guitare basse bien sentie, une batterie qui tient la structure, un clavier qui nous envoie de l’orgue où jaillisse un festival de notes, des guitares acérées et le saxophone de Benjamin Mekki WIDERǾE qui s’amusent à entremêler toutes une gamme de sonorités.  Le morceau se termine en douceur, nous laissant déjà accroché par l’attraction de son titre ! « Wind Shears » s’annonce comme une brise légère où les accents jazzy du groupe se mettent en avant avec des guitares pures, une rythmique qui swingue, avant que les boucles frippiennes ne viennent donner alternativement un aspect psychédélique ou métallique. Le chant, toujours dans un anglais irréprochable, est plutôt discret sur ce morceau, mais le traitement du mixage lui donne une ampleur hypnotique, avec des chœurs et des envolées finales qui permettent au saxophone et aux guitares de nous emporter à nouveau… Pas le temps de s’en remettre que déboule « Eschaton Horo » et son thème entre musiques arabe et espagnole, débouchant sur une partie chantée d’une beauté renversante accompagnée par une ligne de basse magnifique de Tormod FOSSO. Une guitare expressive, un clavier tout en nuances, un saxophone savoureux et SEVEN IMPALE lâche la cavalerie où les guitares de Stian ØKLAND et Erlend Vottvik OLSEN ont la part belle, à l’unisson d’un saxophone orgasmique qui prouve toute sa qualité vers la fin du morceau, de concert avec le retour d’un chant qui vous laisse vraiment interloqué. « Extraction » attaque comme une furie et cette fois, c’est l’orgue de Håkon VINJE qui aura la vedette au final. ØKLAND change de registre vocal et nous montre qu’il a également de la puissance. On est dans un répertoire plus classique avec au milieu du morceau un solo de guitare bluesy et un piano tout en légèreté avant que l’orgue ne reprenne ses droits pour emmener l’ensemble vers un final déjanté. Une petite merveille ! Sur « God Left Us for a Black-Dressed Woman » le son des claviers se rapproche de celui de Pink Floyd, de même que le riff de guitare qui revient comme des vagues incessantes. SEVEN IMPALE exprime toute sa maîtrise sur ce morceau, passant d’ambiances douces à tendues en peu de temps. On monte le son, on ferme les yeux, la musique vous pénètre  et vous fait tressaillir à tous les instants, portée par un chant déchirant. Au mitant, le jazz-prog s’invite et le meilleur du Crimson des 70s apparaît comme une évidence. Les alternances d’arrangements tombent toutes à propos, les musiciens se font subtils ou enragés, les chœurs emportent tout sur leur passage, le profil de la femme en noir se dessine, avant que les trois dernières minutes d’une finale merveilleuse entamées par les claviers de VINJE et avant que la guitare nous plantent en pleine ascension.

 

Difficile de vous  préciser davantage l’effet suscité par ce « City of the Sun ». Auditeur averti et curieux qui s’ennuie de l’époque sacré où KING CRIMSON était le roi de la cour. Et bien je vous invite à écouter SEVEN IMPALE qui nous sert avec « City of the Sun » un prog éclectique déstabilisant.

Cote 4/5

 

Pistes

1. Oh, My Gravity! (10:08)
2. Windshears (6:44)
3. Eschaton Horo (8:46)
4. Extraction (6:48)
5. God Left Us for a Black-Dressed Woman (14:41)

 

Musiciens

Stian Økland : chant, guitares
Fredrik Mekki Widerøe : batterie
Benjamin Mekki Widerøe : saxophone
Tormod Fosso : basse
Erlend Vottvik Olsen : guitare
Håkon Vinje : claviers

 


POLSKA RADIO ONE - Cosmos Inside - Trail Records 2014

Par Richard Hawey

 

POLSKA RADIO ONE est une nouvelle formation qui nous arrive de Russie. Le line-up s'articule autour de Dmitry KUTNYAKOV au chant et la guitare, d'Andrei GOLUBEV aux claviers et à la basse, de Feodor SANATIN à la batterie, d'Alexender NAUMOV à la tampura électrique et  Stepan JEE au sitar. Ces deux derniers musiciens apportent quelques précisions sur l'orientation du quintet. En effet « Cosmos Inside » premier album de POLSKA RADIO ONE, édité cette année sur le label Trail Records, s'inspire largement du trip Hare Krishna des années soixante. Pour les plus âgés vous vous souviendrez certainement de cette époque et du but qui était d'atteindre le cosmos de manière assez spéciale et dans un délire tribal accentué.

 

On sent grandement l’influence des BEATLES période Sgt Pepper’s ou celle de George HARRISSON particulièrement, associés à des chœurs sous influences, de riffs space-rock altérés à la Sid BARRETT et de voix comateuses. Le tout mélangé à des synthés, à du folk, ce qui donne un résultat assez surprenant et moderne. Toutefois la recette ne prend pas forcément tout au long de « Cosmos Inside ». Si les titres une fois séparés ont une bonne accroche, l'ensemble par moment devient répétitif et manque un peu de relief, et devient presque prévisible.

 

Pourtant les musiciens nous invitent à d'agréables moments. L’originalité est une des caractéristiques importantes du groupe. À plusieurs occasions de bonnes idées surgissent sur certaines compositions. Reste que POLSKA RADIO ONE doit confirmer le prochain essai.

Cote 3.5/5

 

Pistes

01. The Final Mantra (5:12)
02. The Fractalized Sky (5:16)
03. Time Eternity (5:40)
04. Morosim (2C-P Dub) (6:04)

05. To The Delta Of Aquarius(7:14)
06. Shangri-La (5:50)
07. Launch #93 (2:58)

Bonus Track :
09. Rhymes & Armonies (6:43)

 

Musiciens

Dmitry Kutnyakov - Guitare, Vocals & claviers
Alexander Naumov - Tampura électrique
Andrei Golubev - Claviers & Basse
Feodor Sanatin - Batterie & claviers
Stepan Jee - Sitar


ASTROLABIO – L’Isolamento dei Numeri Pari – Andromeda Relix / Lizard 2014

Par Denis Boisvert

 

Voici une offrande intéressante. Directement de Vérone, Italie, la réincarnation d’un groupe qui s’était fait connaître surtout localement sous le nom d’Elettrosmog.  Tout à fait dans la veine du vaisseau emblème que fut Premiatia Forneria Marconi, ces italiens-ci sont tellement fidèles au son de l’âge d’or des années 70 qu’ils se considèrent avec un sourire comme ‘Rock Degressivo Italiano’!  Autre petite particularité, comme le titre ‘L’isolement des nombres pairs’ l’annonce les pièces sont strictement numérotés avec des nombres impairs. 

 

Les plus astucieux/vieux reconnaîtront un joli clin d’œil à King Crimson avec quelques mesures (vers 3m20s) du célèbre ‘21st Century Schizoid Man’ sur la pièce adroitement nommée ‘ Tout a été dit’ (E’stato detto tutto). L’instrumentation est assez classique pour du prog italien. Les pièces sont lyriques, toutes en italiens et variées tant dans la  couleur que dans le tempo. Antonelli a une voix correcte et ajoute de la flûte traversière. Les claviers de Babbi sont présents et riches. La pièce la plus longue, environ 10 minutes contient des passages de guitare frippienne.  Pas vraiment de concept mais des thèmes sociaux sarcastiques comme en fait foi la « Un Minuto di Silenzio per il Sistema Bancario Internazionale » (minute de silence pour le système bancaire international). A mon avis certains morceaux auraient pu être développés un peu plus. 

 

Finalement, très agréable à écouter, des tons joyeux et un menu intéressant.  You Tube offre un extrait.  Un dernier  conseil, achetez directement du groupe car le prix du CD en importation est un peu exorbitant.

 

Cote 4/5

Pièces :

1. E'Stato Detto Tutto (4:46)
3. 31 Aprile (5:04)
5. Brie-Collage (8:14)
7.
Aurora (1:01)
9. Fotografic (5:29)
11. Sono io o Sono Te? (Parquet) (5:31)
13. Corso di Eurostima (1:04)
15. Servito (4:26)
17. Non Ricordo (10:29)
19. Un Minuto di Silenzio per il Sistema Bancario Internazionale (Bancomat)
21. Pugni Chiusi (3:48)

 

 

Musiciens

Michele Antonelli: voix, guitares, flûte
Alessandro Pontone : batterie
Massimo Babbi : Claviers
Paolo Iemmi : basse, voix


 

DICE – Twentaurus – Scene Records – 2014

Par Richard Hawey

 

DICE est une formation allemande qui nous présente son vingtième album intitulé « Twentaurus ». Fait inusité, DICE fête en 2014 ses quarante ans d’existence, grosse année donc pour le leader Christian NÓVĖ. Le groupe fut fondé en 1974 en Allemagne de l’Ouest, un album studio et un live furent produits à cet époque et disons qu’ils sont assez difficile à trouver aujourd’hui. Au début des années 90, Christian NÓVĖ est en Allemagne de l’Est et il décide de reformé DICE, depuis ce moment le groupe n’a jamais cessé ses activités. En 2012, Profil a eu le plaisir d’avoir en entrevue Christian NÓVĖ, c’était au moment de la sortie du dix-huitième album « Comet Highway ». Le style de musique offert par le groupe se rapproche de PINK FLOYD, avec une présence importante de la guitare certes mais aussi de l’harmonica à l’intérieur de morceau plutôt long, ce qu’affectionne particulièrement Christian.

 

« Twentaurus » contient six chansons dont la majorité dépasse facilement les neuf minutes et une très courte de moins de trois minutes. Les compositions, comme je le disais plus tôt, sont menées par la guitare avec de nombreuses incursions d’harmonica ce qui leurs donnent un petit côté bluesy mélangé à du space rock ce qui n’est pas méchant du tout. Il ne faut pas oublier les claviers qui assurent de la profondeur aux chansons, le tout dans la sobriété. Le chant en anglais est assuré par Christian, sa voix est fragile mais elle se mélange bien à l’ensemble.

 

L’album démarre avec   « I See the Light », le rythme est lent, le chant n’est pas ce qui prime, la guitare, l’harmonica et le synthé y vont tour à tour de leurs solos qui ne cassent pas la baraque mais qui sont d’une incroyable efficacité. Contrairement à ce l’on pourrait croire on ne tombe pas dans la performance ultime d’un seul musicien mais dans un travail d’ambiance mené par chacun d’eux. Et c’est ce que vous retrouverez sur toutes les pièces. On poursuit avec « Sometimes in the Silence », offre en ouverture quelques distorsions de la six cordes dans un rythme légèrement relevé, et rapidement la mélodie, que nous garderons en tête, s’installe. Dès les premières minutes Peter VIERTEL y va d’un excellent solo de guitare, suivi par celui de Thomas HENKE à l’harmonica. Cette chanson et les autres sont découpées presque de la même façon, les portions chantées sont courtes pour donner toute la place aux instruments, que ce soit la guitare, l’harmonica ou les synthés chacun y va de son solo et on n’aime cela. Je passe rapidement sur « The Darkness of Universe », qui se rapproche de la précédente en moins intéressante. « Twentaurus (Dreamscene 17 » est un court instrumental. « The One and Only » se rapproche sensiblement de la chanson « Sometimes in the Silence » surtout dans le refrain. Musicalement, c’est une très bonne chanson et on entend un peu ce que je crois être du mellotron, mais je ne suis pas certain. Le dernier morceau et qui est aussi la plus longue est « Time Takes Time ». Cette chanson est modelée de façon à vous présenter de bons moments musicaux qui raviront vos oreilles. Christian NÓVĖ n’invente pas la roue, il s’en sert de façon intelligente.

 

La conclusion est relativement simple, c’est un bon album qui plaira aux amateurs de space rock et à ceux qui aime les sonorités différentes. La présence importante de l’harmonica donne un autre sens au style space. Si vous voulez découvrir une musique distincte, relever le défi DICE.

Cote 4/5

 

 

Pistes

1. I See The Lights (12:06)
2. Sometimes In The Silence (10:44)
3. The Darkness Of The Universe (9:45)
4. Twentaurus (Dreamscene 17) (2:44)
5. The One And Only (10:18)
6. Time Takes Time (14:08)

 

 

Musiciens

- Christian Nóvé / chant, claviers, basse
- Peter Viertel / guitares
- Thomas Hanke / harmonica
- Tom Tomson / batterie
- Ramona Nóvé / vocals

 

DAWN – Darker – Laser’s Edge Records – 2014

Par Richard Hawey

 

Il aura fallu attendre sept ans après la parution de « Loneliness » pour voir arriver le second album de DAWN intitulé « Darker ». Cette formation nous vient de la Suisse et existe depuis plus de quinze ans, elle est constitué de Manu LINDER (Batterie), Nicolas GERBER (Claviers), Julien VUATAZ (Basse) et René DEGOUMOIS (Chant / Guitares). Le groupe nous offre sa musique dans une enveloppe aux sonorités vintage. Son inspiration vient des grands noms du progressif, comme King Crimson ou Genesis mais aussi de groupe plus récent comme IQ. Sur « Darker » l’auditeur sera confronté à une ambiance relativement sombre avec quelques moments envoûtants.

 

« Darker » contient huit compositions qui tournent autour d’un même thème, l’homme du 21e siècle et ses interrogations face à la vie. Les sonorités vintage que l’on entend surtout au niveau des claviers, mais aussi dans le jeu de la guitare sont importantes car ces deux instruments ont un grand rôle dans la création de l’ambiance. Pour ce qui est du chant de René DEGOUMOIS, peut-être avez-vous souvenir de cette voix spéciale, sinon je dirai qu’elle va comme un gant au style de DAWN.  En ouverture une courte intro, puis c’est le saut vers des pièces travaillées qui placent les claviers en évidence. Il faut noter dans cette première partie de l’album des titres comme « Cold » aux saveurs crimsoniennes et « Darker » qui se rapproche des sonorités de grands noms du prog scandinave. Suit une pièce plus courte, « Lullabies for Guterflies », un instrumental, qui semble plus léger du moins en apparence, Nicolas GERBER y va d’une série d’accords répétitives et la guitare de René DEGOUMOIS se fait stridente et incisive. La section rythmique tenue par Julian VUATAZ et Manu LINDER assure totalement, d’ailleurs c’est une évidence pour tout l’album. Et maintenant nous voici au cœur de cet album avec « 8945 » avec ses dix-neuf minutes d’une musique qui nous présente tout un plat garni à souhait d’influences passant par PINK FLOYD ou GENESIS. « 8945 » est sombre et oppressante grâce aux claviers et plus particulièrement en raison du mellotron. Le chant et la guitare sont d’autres parties importantes de cette suite. Ajouter à cela, le jeu exceptionnel de la basse et de la batterie. À l’intérieur de cette composition ambitieuse se retrouve tous les éléments qui font de ce titre une pièce maitresse. Dernier commentaire, écouter la finale, elle fait frissonner. « Out of Control » en est une autre devrait plaire, elle dominé par un chant prenant et un rythme entrainant. Musicalement la guitare et les claviers nous surprennent une nouvelle fois. Après une fin abrupte « Lost Anger » enchaine, c’est la seconde piste instrumentale. En finale vient « Endless » qui clos de belle façon cet album fascinant.

 

 

Rendons à DAWN tout le crédit de cet album magistral, même si les influences notées dans cette chronique semblent importantes, elles ne sont là qu’a titre de références. Tout le mérite vient à Nicolas GERBER, René DEGOUMOIS, Julian VUATAZ et Manu LINDER. En espérant que nous ne soyons pas obligé d’attendre sept autres années. « Darker » vous est chaudement recommandé.

 

Cote 4/5

 

Pistes

1. Yesterday's Sorrow (2:39)
2. Cold (9:41)
3. Darker (10:56)
4. Lullabies for Guterflies (4:31)
5. 8945 (19:02)
6. Out of Control (7:45)
7. Lost Anger (2:22)
8. Endless (10:49)

 

Musiciens

- Julien Vuataz / basse
- Nicolas Gerber / claviers
- René Degoumois / chant, guitares
- Manu Linder / batterie

 

 

 

NICK MAGNUS – N’monix – Esoteric Antenna Records – 2014

Par Richard Hawey

 

Nick MAGNUS est bien connu pour avoir travaillé avec Steve HACKETT pendant onze ans et il a été brièvement un membre du groupe THE ENID. Ce que j’ai aussi appris c’est qu’il a été le claviériste d’AUTUMN qui, en 1976, a sorti un mini Cd intitulé « Oceanworld ». Pour cette réalisation, notre claviériste mais aussi compositeur a fait appel à de nombreux grands noms comme Tim BOWNESS (No Man) et Steve HACKETT, et ce, afin de réaliser une collection de chansons dans la pure tradition du progressif anglais. C'est en fait une pléiade de grands chanteurs et musiciens qui accompagnent notre artiste sur « n’monix ». Le titre de l’album est une orthographe phonétique de "mnémonique", qui est un système ou un dispositif d'aide mémoire.

 

Le coup d’envoi se fait avec « Time » qui est assez dramatique, une chanson au tempo lourd, elle est faite pour attirer l'attention du fan de progressif. Toutes les compétences du claviériste sont rendues sur cette piste. D’ailleurs tous les sons sont générés par ses claviers, on dirait qu’il y a derrière un groupe au complet. Tony PATTERSON fait un travail splendide au chant et comme on pourrait le soupçonner il y a quelques similitudes avec Peter GABRIEL. « Memory » s’enchaine directement et c’est dans un territoire plus classique avec une mélodie très pastorale que nous conduit le principale compositeur, nous découvrons alors la merveilleuse voix de la soprano Kate FABER. Deuxième présence vocale pour Tony PATTERSON sur « Kombat Kid », cette chanson raconte la dépendance d’un enfant à un jeu vidéo ce dernier entre dans le cerveau de l’enfant. C’est à une ambiance de musique de film que nous penserons ici. « Eminent Victorians » est le titre qui m’a le plus accroché, la principale raison est que c’est le premier que j’ai eu la chance d’écouter et de voir grâce à la vidéo. Vous trouverez dans cette pièce plusieurs influences telles que Genesis ou Big Big Train. À noter aussi le très beau titre « Broken », où la voix de Tim BOWNESS fait un travail remarquable et que dire du jeu de Rob TOWNSEND au sax et flute, cette chanson est magique.

 

À l’écoute de « N’monix » vous vous sentirez dans un espace/temps réconfortant, c’est un classique en devenir qui se laisse écouter. Pour les fans, vous saurez apprécier et pour les autres laissez vous aller à découvrir cette musique que vous écouterez encore et encore.

 

Cote 4/5

 

Pistes

1. Time (6:23)
2. Memory (5:24)
3. Kombat Kid (6:28)
4. Headcase (3:49)
5. Eminent Victorians (7:01)
6. Broken (8:05)
7. Shadowland (2:51)
8.
Entropy (6:46)

 

 

Musiciens

- Nick Magnus / claviers, percussion, chant sur 4, voix de Richard of York (6 ans) sur 3
Avec:
- Steve Hackett / guitares  5, 6, 7
- Rob Townsend / soprano saxophone and flute on 7
- Tony Patterson / chant 1, 3
- Pete Hicks / chant 5
- Tim Bowness / chant 7
- James Reeves / chant 8
- Kate Faber / chant soprano  2
- Andy Neve / backing vocal 5, 8

 


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