AMENOPHIS a vu le jour en Allemagne en 1978, lors de la création le groupe ce composait de Michael et Stefan ROESSMANN ainsi que de Wolfgang VOLLMUTH. Ils enregistrent leur premier album dans leur propre appartement  durant l'été 1983. Le manque de ventes force le groupe à vendre la totalité de leur équipement. Mais en 1987 la chance leur sourit avec une offre d'enregistrer un deuxième album intitulé « You and I ». La tournée a duré jusqu'à l'été 1989. Par la suite, le succès commercial leur échappant encore, le groupe décide de se séparer pour de bon. Vingt-six ans plus tard AMENOPHIS revient avec un nouvel album qui a pour titre »Time ». Aujourd’hui j’ai le grand honneur de vous présenter l’entrevue réalisée avec l’initiateur de ce retour, le guitariste Michael ROSSMANN.

 

Michael ROESSMANN

 

 

Pour commencer, pourquoi après 26 ans de silence, avez-vous décidé de revenir?

 

Michael ROESSMANN: Le point majeur qui nous encouragea à revenir fut le fait que les gens ne nous avaient pas oubliés.  Au fil des années, nous avons continué de recevoir des commentaires motivants de gens qui aimaient ce que nous avions fait. Encore aujourd’hui il y a du monde qui écrit sur nous sur internet, qui analysent et commentent nos albums et qui nous écrivent.  C’est merveilleux et cela nous donne le sentiment que nous avons toujours une audience qui n’attend qu’un signe de vie d’Amenophis.  Maintenant que mes enfants ont atteint l’âge adulte et que la vie familiale est moins exigeante, j’ai réalisé que les conditions idéales sont enfin réunies pour mettre de l’énergie dans un nouveau projet d’Amenophis.   

 

 

PR: En lisant votre biographie, on réalise rapidement que les années 80 ne furent pas faciles pour Amenophis?

 

MR: Ce fut en effet une décennie difficile pour les groupes de rock progressif en général et pour nous en particulier. Le genre était devenu passablement impopulaire. La stratégie de survie de beaucoup de groupe y compris Amenophis fut de faire des chansons moins complexes, plus courtes et d’éviter les longues parties instrumentales – évitant de fait, toutes les qualités primaires du rock progressif.  Cela fonctionnait un peu. Mais, cela voulait dire de faire de la musique qui ne venait pas du cœur. C’était ça le plus dur.

 

 

PR: On a qu’à regarder les photos de votre studio avant et après rénovations pour comprendre que vous étiez plus que de simples musiciens.

 

MR: Heureusement que nous n’étions pas que des musiciens : ).  En 1982 nous avons cessé de donner des concerts pour pouvoir enregistrer notre premier album. Comme nous n’avions pas d’argent,  on s’est dit : transformons notre salle de répétition en studio.  Par bonheur, notre claviériste Erwin, qui travaillait dans la construction, pris le leadership de ce projet de rénovation. Je dois admettre que je n’ai pas fait grand-chose. Comme je n’étais pas très habile de mes mains, on m’a laissé faire le nettoyage ;-

 

M.Roessmann, W. Vollmuth, E. Hillebrand, S.Roessmann, R. Plattner

 

PR: Votre premier album a été réédité en 1992 par Musea, c’est à ce moment que je vous ai découvert. Cette réédition a-t-elle connue du succès?

 

MR: Oui, définitivement.  Notre association avec Musea fut un point tournant puisque cela a permis une distribution internationale, ainsi le gens de partout au monde ont pu nous connaître.  Avec Musea les ventes montèrent. Nous avons vendu le plus de copies dans des pays comme le Japon, les États-Unis, le Canada, le Brésil, l’Italie et la France.  Pour nous qui n’étions qu’un groupe obscur avec un album enregistré et produit pour nous-mêmes à la maison, c’était inespéré.

 

PR: Le deuxième album avait des pièces d’un format différent, était-ce le fruit d’une pression extérieure pour devenir plus accessible ou était-ce votre choix?

 

MR: Ce fut notre décision. Nous n’avions vendu que quelques douzaines de copies de notre premier album.  Nous étions convaincus que le format du premier album n’était pas le bon.  Pour atteindre une plus grande audience, nous avons décidé de changer pour un format plus commercial. Au moment, cela semblait la chose à faire.  Plus tard quand Musea acquit nos droits de distribution, personne ne fut plus surpris que nous de voir cet album devenir plus populaire que l’album ‘You and I’.

 

PR: Pour quelles raisons avez vous quitté Rene et Wolfgang en 1989?

 

MR: Il y avait plusieurs raisons. Le rock progressif était mort et il n’y avait aucun signe que cela changerait bientôt.  Une carrière de musicien apparaissait sans espoir.  Ma fille avait 2 ans et ma femme était enceinte. D’une façon ou d’une autre, je devais ramener de l’argent à la maison. Donc j’ai pris un job à Munich et j’ai cessé de jouer de la guitare.

 

PR: As-tu continué à faire de la musique durant ces années?

 

MR: Je n’ai pas touché à une guitare pour plus de 10 ans. Cela changea quand ma femme me donna un petit ampli pour ma fête. C’était reparti. J’ai recommencé à pratiquer et pour un bout de temps j’ai joué du rock classique jusqu’à ce que je sente que le moment était venu pour écrire mes propres chansons à nouveau.  C’est là que j’ai pris contact avec Wolfgang et Kurt pour refaire un album d’Amenophis.

 

      De gauche à droite : Wolfgang, Michael, Kurt et Karsten

 

PR: Tu veux nous présenter votre nouvel album ‘Time’? Que signifie le titre?

 

MR: Bien sûr. Eh bien, 26 années entre deux albums, c’est long.  Donc il ne faut pas se surprendre si le sujet du ‘temps’ est omniprésent dans le projet. Cette longue période de temps nous a tous transformé – et pas seulement physiquement ; . Nous avons vite réalisé que même si le rock progressif demeurait notre base commune, chacun de nous avait évolué musicalement dans des directions légèrement différentes. Nous voyons cela comme un avantage puisque cela permet de faire des chansons plus colorées et un album plus varié. Tout comme pour notre premier album,  nous avons produit ‘Time’ par nous-mêmes. La production a pris place dans une atmosphère très relaxante et complètement libre d’attente ou de pression commerciale.

 

Et pourquoi le titre ‘Time’? Le titre original devait être ‘Overdue’ (longuement attendu). Un jour quelqu’un suggéra plutôt le titre ‘Time’ puisque le thème du temps se retrouve dans beaucoup de pièces.  On en discuta et finalement on opta pour ‘Time’ mais notre premier morceau garda le titre ‘The Overdue Overture’.

 

PR: Sur votre album vous avez inclus deux compositions inédites de la fin des années 80:  ‘Avalon’ et ‘Wheel of Time’ étaient-elles destinés à l’album qui devait suivre?

 

MR: Oui, ces pièces étaient destinées à l’album qui devait suivre ‘You and I’. En fait nous les avions joués en concert pour la tournée de ‘You and I’.  Nous avons donc décidé de les récupérer pour l’album ‘Time’. Nous avions ainsi du matériel pour commencer pendant que le reste de l’album était en développement.

 

PR: La composition de votre groupe est presque similaire à celui de 1988.  Cependant vous avez un nouveau batteur. Veux-tu faire les présentations?

 

MR: Avec plaisir! Puisque Rene, notre batteur initial n’était pas disponible pour ce projet, j’ai introduit Karsten Schubert au groupe. J’avais joué avec Karsten dans un groupe Hommage au Rock Classique. Je le savais un excellent batteur avec une expérience en prog. Nous partageons les mêmes préférences musicales et une compréhension commune de la place de la batterie dans un environnement progressif.  Karsten est un gars gentil qui possède un bon sens de l’humour.  Il fait dix ans de moins que nous mais son jeu apporte un vent de fraîcheur au groupe. C’est fantastique de l’avoir à bord.

 

PR: C’était ton initiative de reformer Amenophis, quelle a été la réaction de Kurt et Wolfgang?

 

MR: Ce fut comme défoncer une porte ouverte. J’ai envoyé un courriel aux deux annonçant l’idée d’un nouvel album, détails à discuter plus tard. Nous avons accepté de se rencontrer. Je me suis rendu chez eux bien préparé et avec des tonnes d’arguments. En fait ils étaient convaincus d’avance. Les deux étaient excités à l’idée de jouer ensemble de nouveau. Au bout du compte ce fut une mission facileJ.

 

PR: Selon toi, est-ce plus facile de faire de la musique progressive aujourd’hui que dans les années 80.

 

MR: Hmm, bonne question. Je dirais que le défi particulier des années 80 était de rester motivé et de maintenir sa vision. Il n’y avait pas d’internet ou de courriel – la scène était le seul endroit pour avoir du feedback.  Jouer devant des salles vides était courant dans ces années là. Mais cela pouvait facilement affecter la confiance et la motivation d’un groupe.

 

De nos jours, l’internet nous donne une magnifique plate-forme où les groupes peuvent introduire leur musique.  Même si vous jouer un genre très pointu, il y a de bonnes chances que vous allez pouvoir rejoindre les gens qui aiment ce que vous faites.

 

Donc pour répondre à ta question, oui, c’est plus facile pour les groupes progressifs de rejoindre leur audience et de demeurer motivé.  Cependant, si vous voulez devenir plus qu’un groupe amateur le défi est aussi grand de nos jours que dans ces années-là.

 

PR: Crois-tu que le rock progressif est de retour pour de bon ou qu’il demeurera une musique underground que seulement quelques fans continueront d’écouter?

 

MR: Je pense que le rock progressif est encore un genre spécifique mais il a gagné beaucoup de terrain durant les 25 dernières années.  La scène musicale est devenue encore plus orienté vers une pluralité de genres. L’Internet y est pour beaucoup. Je crois personnellement que cette tendance va continuer.  Il y a tellement de groupes prog talentueux maintenant.  Le potentiel est gigantesque – Je ne serais pas surpris de voir la communauté prog grandir encore plus.

 

PR: Si je te demandais tes souvenirs les plus chers comme musicien?

 

MR: Par chance il y en a eu quelques uns,  mais le meilleur souvenir qui me vient à l’esprit est probablement le premier concert d’Amenophis. Nous avons fait la première partie d’un groupe bien connu localement.  La salle était comble.  Je ne me sentais pas bien parce j’avais peur de jouer devant un si grand nombre de gens. Quand le spectacle a commencé j’avais tellement peur que les gens rient de nous. J’ai joué tout le spectacle le dos tourné à l’audience. Au dernier morceau j’ai risqué un regard et j’ai vu les gens en délire qui sautaient, battaient la mesure.  Ils nous appréciaient! Ce fut tout un choc – évidemment un choc plaisant. Ce fut toute une poussée pour ma confiance et ceci représente encore un de mes plus beaux souvenirs.

 

PR: Quels sont vos plans futurs?

 

MR: Nous discutons présentement la possibilité de faire un quatrième projet. Il y a déjà quelques bonnes idées que j’aimerais voir aboutir sur un futur album. Au cours des prochains mois on va déterminer si un quatrième projet peut s’accorder avec les plans individuels de tous les membres du groupe.

 

Une autre option possible serait un projet solo. J’aime cette idée parce que cela signifie un autre défi et un degré de liberté différent. Mais ce ne sont que des idées pour le moment. Je crois que nous serons fixés dans les prochains mois. D’une façon ou d’une autre, je suis très confiant que cela ne prendra pas un autre 26 ans avant de se concrétiser : )

 

PR: Tu as le mot de la fin...

 

MR: J’aimerais prendre cette opportunité pour dire merci à tous ceux qui ne nous ont pas oubliés, merci pour votre encouragement et soutien durant toutes ces années. Cela signifie beaucoup pour nous et fut une grande source de motivation pour refaire un autre album. Dans le passé  comme aujourd’hui, vos réactions sont toujours bienvenues.  Si vous avez des commentaires, des questions ou des suggestions, n’hésitez pas à nous contacter. Nous avons cette règle : chaque courriel aura une réponse.  Et merci à toi, Richard, pour cette demande d’entrevue, ce fut un plaisir.

 

PR : Merci pour ta grande coopération.

 

 

Entrevue réalisée par Richard Hawey

 

Traduction Denis Boisvert

 

25-04-2014

 


NOUVEAUTÉS À VENIR

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Et oui un nouvel album pour cette formation suédoise qui paraitra le 14 mars sous le titre "Seaside Air". Une entrevue avec le groupe est prévue. À suivre!

Trio américain auteur d’un premier album baptisé "A is for Ampledeed" en 2013, Ampledeed est assurément une formation originale.

 

Évolutif, moderne et conséquent - sur When We Were Beautiful, DANTE a pris le meilleur des albums précédents pour créer un chef-d’œuvre musical. Disponible sur Gentle Art of Music le 18 mars.

 

 

SECTION IV est une nouvelle formation du Royaume Uni qui offre avec "Superhuman"une musique progressive accessible, remplie de richesses sonores qui rempliront vos oreilles. À découvrir !

 

 

EL TUBO ELÀSTICO, un jeune quatuor originaire de Jerez au sud de l’Andalousie, qui nous présente leur premier album éponyme.

 

 

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ROCK PROGRESSIF  

20, 21 & 22 MAI 2016   Québec


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